samedi 16 janvier 2010

Le chardonneret et la cardère

C’est plutôt la cardère et le chardonneret qu’il me faut écrire.
Les chardonnerets sont des habitués de mon jardin, ils y vivent toute l’année, bien sûr l’hiver ils sont visibles aux mangeoires qu’ils animent de leurs zinzins sonores mais aussi de leur chant d’approche délicat !
En été, ils se promènent goûtant les graines des fleurs fanées de pissenlit, séneçon et de chardon que je laisse pousser tranquillement !
Les chardons !
Le nom latin du genre est carduus.
Le chardonneret porte le nom savant de carduelis carduelis, qui a la même racine latine : carduus.
On voit bien que les deux font la paire !

chardonneret élégant sur cardère
Chardonneret sur cardère cultivée.

Nous sommes déjà en janvier et dans mon jardin cela fait belle lurette que les chardons sont fanés et leurs graines envolées (surtout avec quelques bons coups de vent que l’automne nous réserve) !
Alors les photos suivantes sont faites en ce moment au jardin sur un support bien plus original ! C’est leur longue histoire que je vais vous conter ! Elle a commencé il y a plus de 2 ans ! Comme vous, je parcours les forums photos et certaines images me font rêver ! Par exemple des chardonnerets en hiver, sur des cardères, dans une friche ! C’est un support naturel des plus légers ! Dans certaines zones les cardères sauvages dressent leurs têtes piquantes et les chardonnerets se régalent des graines qu’elles contiennent ! Pourquoi cet intérêt pour de petites graines bien cachées ? Les graines de cardère peuvent contenir jusqu'à 22% d’huile, pas étonnant que les chardonnerets en raffolent en hiver !!!


Le chardonneret mange les graines de la cardère riches en huile!

Mais dans ma zone, pas de cardère, les terrains sont bien trop secs ! Alors lorsque je lis que La Hulotte entreprenait le sauvetage de la cardère des villes, je me suis dis voilà la solution ! .
Voilà la page de ce bon journal qui explique comment il faut procéder ! Rappelons aussi que les numéros 61 et 62 de ladite revue sont consacrés aux cardères avec tous les détails et d’excellentes illustrations !
Le hic pour moi, c’est que la cardère est une bisannuelle !! Eh oui, il lui faut du temps pour fleurir! En général le jardinier sème au printemps et récolte en été ou à l‘automne ! Non ici, il faut attendre l’été suivant et l’automne pour voir de belles têtes de cardère !!
Donc après avoir semé mes graines, bichonné mes plantules, veillé pendant l’hiver qu’elles ne soient pas victimes des sangliers qui prennent parfois mon jardin comme terrain de jeux (entre autre, car ils y viennent surtout pour consommer..), j’ai vu au printemps dernier de belles tiges commencer à grandir ! Malheureusement pour moi, les tiges ont vite dépassé ma tête, alors pour faire des photos ce n’était pas facile ! Installer un escabeau dans la terre meuble du jardin ce n’est pas l’idéal. Donc après maintes vicissitudes mes cardères m’ont donné ces jolis capitules.


Le bec très fin du chardonneret est parfait pour extraire la graine  de la cardère.

L’histoire n’est pas finie ! Faisant près de 3 mètres de hauteurs, les plantes se sont renversées sous les coups de vent, la pluie et les intempéries de ces derniers mois !
Mais obstinée, je les ai taillées à la bonne hauteur et plantées à proximité de mon poste de nourrissage !
Et enfin, les chardonnerets sont allés là où je les attendais ! Il m’aura aussi fallu attendre le soleil !
Tout cela pour dire que la patience et la suite dans les idées sont nécessaires pour arriver à ses fins, en photo comme pour le reste !!!
Comme je suis patiente je n’étais pas satisfaite des 2 premières images car je voulais montrer que le chardonneret prélève la graine. Enfin hier, entendant mon souhait un de mes petits visiteurs s’est prêté au jeu ! Sur la photo précédente on voit son bec fin qui extrait la graine.


C'est réussi, on se régale.

Maintenant on peut goûter tranquillement ce qui n'a pas été facile à obtenir! Dois- je préciser que l'extraction demande précison et  force, conséquence, emporté par son élan, il arrive que l'oiseau perde sa graine. De plus, il faut être bien équilibriste pour tenir sur ces têtes se balançant au gré du vent! Mais là encore, patience et obstination mènent au résultat!
Merci mes petits amis, vous m'avez offert un superbe spectacle, je suis contente d'avoir mené à bien cette culture de la cardère des villes (Dipsacus sativus(L.) Honckeny) .

jeudi 14 janvier 2010

La grande sauterelle verte, une amie du jardinier!

Cette sauterelle qui représente l’archétype de la sauterelle est commune dans les jardins ! C’est un des orthoptères les plus grands de nos contrées !
Tout le monde la connait : grandes pattes, grandes ailes , elle saute très bien et en plus elle vole !
grande sauterelle verte
Tettigonia viridissima , femelle adulte.
Verte , elle se fond dans les herbes et les légumes! Accusée à tort de s’en prendre aux cultures, elle est, au contraire, un précieux auxiliaire du jardinier car elle mange de nombreux petits insectes : mouches, chenilles et même larves de doryphore, pourtant évitées par la plupart des prédateurs. Elle ne consomme des végétaux qu’en nourriture d’appoint .
Une belle femelle dont , on ne voit qu’une antenne, l’autre est repliée vers l’arrière ! Elle vient de se réveiller ! Car, au repos, les antennes qui sont très mobiles, sont posées sur le corps !
Adulte elle est facile à reconnaître : ses longues tegmina qui recouvrent des ailes vertes transparentes qu’on aperçoit bien sur cette photo de détail ! Le milieu du dos , depuis la tête jusqu’à l’apex des ailes est souligné de brun.La couleur dominante est bien sûr le vert !
détail ailes grande sauterelle verte
Gros plan sur ses ailes et ses tegmina.

Mais il existe des Tettigonia viridissima qui ont les pattes ….jaunes ! Eh , oui, ce specimen en est un ! La photo nous la montre se cachant dans les inflorescences d’un chardon bien épineux et malgré mes belles paroles, la demoiselle n’a pas voulu en sortir ! Vous remarquerez qu’il lui manque une de ses grandes pattes sauteuses, c’est pourquoi elle s’est sans doute mise bien à l’abri !!
tettigonia viridissima pattes jaunes
Une grande sauterelle verte aux pattes jaunes.

Comme toutes les sauterelles voici son tympan bien visible : une étroite fente sur le tibia antérieur.


tympan
Une fente en guise de tympan.

Et sur un support qui a été très utilisé,(un support de mangeoire pour les oiseaux ! ) une juvénile de nos belles sauterelles vertes, une femelle aussi. Il lui faudra encore muer une fois avant d’être un insecte adulte capable de se reproduire.

juvénile femelle sauterelle verte
Une femelle juvénile .

Je vous disais que la sauterelle verte , Tettigonia viridissima était l’amie du jardinier ! En voici une, bien à l’abri de cette belle corolle de marguerite, qui déguste une réduve, redoutable punaise carnivore ! Mon objectif sous son nez ne lui a pas coupé l’appétit !

repas de sauterelle verte
Cachée derrière la marguerite , elle déguste une réduve!

En se rapprochant on peut voir ses palpes labiaux qui aident à maintenir et à pousser le repas, en somme son couteau et sa fourchette!


repas de grande sauterelle verte
Bon appétit!
Et après ce somptueux repas , madame a fait une toilette minutieuse en commençant par ses lécher...non pas les babines, mais les pieds!!!

D'autres articles consacrés aux sauterelles.

mardi 12 janvier 2010


Du sport à table!!!!
Merci à tous les visiteurs de mes petites chroniques !Je suis vraiment contente de voir que vous vous intéressez autant à notre vie pendant cette période difficile où il nous faut aller à la soupe populaire euh… la mangeoire ! D’habitude on se débrouille tout seul , mais en hiver c’est dur , c’est dur !!!

Je vous avais bien dit qu’il allait y avoir du sport à la mangeoire avec l’attitude de certains Pinsons des arbres que nous avons invités à passer leur vacances d’hiver avec nous !
Pourtant il fait beau, la pluie a cessé, le ceil est bleau, tout est calme par ici !

Ce matin j’ai observé , de loin , le comportement très limite d’un de ces individus !

Je vous plante le décor.Deux jolis Chardonnerets très élégants faisant la conversation tout en se régalant avec ces bonnes graines de tournesols que l’on trouve tous les matins dans les mangeoires..Bzzz par- ci, bzz par là Et comment çà va, patin couffin…


Un clic et..
Quand soudain, un de ces mal élevés arrive, chasse un des Chardonnerets qui effrayé laisse sa place.

Cela arrive souvent, n’est ce pas et l’intrus se remplit le jabot et s’envole ! Mais ici pas du tout ! Pinson des arbres voulait manger SEUL….Tout seul, il voulait toute la place ! Quel égoïste ! Gros comme il est , le pauvre petit Chardonneret aurait dû avoir peur, n’est –ce pas et s’enfuir.
Mais regardez la suite tout en images !


Un clic et ...

Un clic et...

Un clic et

Un clic et
Alors et la fin de l’histoire !!
La dispute a continué dans les airs ! Quelle honte des oiseaux qui se disputent !
Et finalement tout le monde s’est retrouvé …à table !!!

Signé: Miss Parus caeruleus

samedi 9 janvier 2010


Un vrai scoop : Arrivée du premier Pinson du nord chez nous ! !
Lucie l’a vu , moi aussi !!Le premier Pinson du Nord s’est pointé dans le jardin cet après midi !!
Au milieu de ses cousins les Pinsons des arbres très nombreux , voilà que nous repérons un individu différent !
C’est lui , un beau mâle ! L’an dernier c’était une femelle qui avait été vue le 5 Janvier et ensuite plusieurs congénères l’avaient suivi et profité de la mangeoire jusqu’au mois de mars ! Puis ils ont pris la route pour leurs lointaines contrées la Scandinavie ou même la Russie.
Cette année ils ont pris un peu de retard, sans doute avaient-ils trouvé des régions où le climat leur convenait !La vague de froid qui sévit actuellement sur l’Europe doit avoir décidé de leur déménagement, c’est surtout la neige qui recouvrant leurs sources de nourriture,  les fait chercher des zones  plus dégagées.

C'est lui, le beau Pinson du nord(une photo de l'année dernière, ici cela  fait 2 jours qu'il pleut sans discontinuer, un vrai scandale!!!)

Le Pinson du Nord est aussi un Fringillidés comme le Pinson des arbres .
Et afin que vous ne les confondiez pas et pour ne pas le vexer voici une image de Monsieur Pinson des arbres !
Pinson des arbres

Un fier mâle Pinson des arbres qui réclame sa place à table!

Une petite remarque de votre observatrice préférée du Jardin de Lucie ! Jamais les Pinsons des arbres n’ont été aussi nombreux ! Visiblement, aux habitués se sont joints de nombreux voyageurs !Je me rends bien compte qu’ils sont différents de mes voisins d'ici.Ceux- ci se contentent de manger au sol !
Or, les nouveaux venus sont beaucoup plus hardis : ils grimpent aux mangeoires et essaient de résister quand les tarins ou les chardonnerets veulent les chasser ! Va y avoir du sport cet hiver , je vous le dis !

Pendant que j’écris mon article une nouvelle observation tombe : 2 Pinsons du Nord se restaurent sous la mangeoire ! On va avoir des nouvelles fraîches , sans doute bien fraîches !
Souhaitons  que le beau temps revienne enfin pour que nous puissions mettre tout cela en image !
Bon dimanche à tous !
Signé : Miss Parus caeruleus

jeudi 7 janvier 2010

Decticus verrucivorus, Le Dectique verrucivore, une sauterelle de belle taille!


Voilà une sauterelle qui était très répandue du nord au sud de l’Europe ! Le surnom de verrucivore lui a été donné en Suède. Tout simplement on lui prêtait la faculté de débarrasser des verrues !
Hélas, aujourd’hui elle est beaucoup moins répandue dans les contrées septentrionales ; par exemple elle est au bord de l’extinction en …Ile de France !
Pourquoi ? A cause du réchauffement climatique et de la modification des milieux naturels.
C’est une espèce boréo montagnarde, c’est à dire que l’on rencontre en montagne et dans les plaines du N de la France.

Decticus verrucivorus femelle montrant ses plantules libres(flèche) , c'est une decticelle!

Ce sont des sauterelles que j’ai rencontrées dans les Alpes soit autour de 2000m au col des Champs ou bien plus proche de la Côte, sur le plateau de Caussol à plus de 1000 mètres d’altitude ! Mais jamais dans le milieu plus méditerranéen que je parcours habituellement.
Si elle ne sert plus à manger les verrues cette espèce qui est essentiellement insectivore, ne craint pas de goûter si mes doigts sont comestibles ! Et sa morsure qui ne laisse pas de traces, soyez rassuré jamais une sauterelle ne vous mordra jusqu’à vous faire saigner, se sent bien !!
Vous remarquez justement qu’il y a des images avec mon doigt ou ma main : cette sauterelle est une espèce qui se tient préférentiellement sur le sol ou très près du sol, or pour en faire des images présentables ce n’est pas idéal.

Au sol , dans la végétation , ce juvénile , bien camouflé est difficile à observer!

Voilà ce comment on les voit d’habitude, alors j’essaie de les convaincre de choisir un support où la vue sur les alentours est plus dégagée !

Dans cette famille les individus sont de belle taille presque aussi grands que la grande sauterelle verte à laquelle il faudra bien que je consacre un jour une page, mais les ailes sont plus courtes, elles ne dépassent pas l’abdomen ! Elles présentent des taches noires de formes quadrangulaires qui en sont une caractéristique.

Un mâle ,avec ses ailes aux taches noires quadrangulaires!

Ce sont des decticelles on les reconnaît donc à la paire de plantules libres présentes sur les tarses postérieures ! Tout comme la Decticelle chagrinée (Platycleis albopunctata) que nous avons présentée précédemment !
Les mâles se reconnaissent bien sûr à leurs cerques ! Ces derniers sont dentés juste après leur milieu.


Le juvénile ses ailes sont encore à l'état d'ébauche, il lui faudra une mue encore pour être adulte.

Et voici un juvénile, ses ailes sont encore découvertes et sur l’ébauche de ses tegmina (ailes antérieures)apparaissent déjà les taches noires.

Femelle : détail des ailes, la flèche indique le tympan.
Sur cette photo on voit , marquée la petite flèche, le tympan de ces sauterelles en forme de fente sur la patte antérieure: Eh oui la sauterelle entend par ses genoux!!

Une belle femellle de Decticus verrucivorus!

Voici une belle femelle qui se repose sur cette fleur desséchée comme pour démentir le fait qu’elle soit essentiellement insectivore !Elle nous montre son oviscapte légèrement incurvé, qui lui a valu le nom vernaculaire de Sauterelle à sabre!