dimanche 2 mai 2021

Camptopus lateralis, une grande punaise aux tibias arqués.

 

Tout en longueur Camptopus lateralis, cette punaise qui appartient à la famille des Alydidae se distingue d’une espèce proche ( Alydus calcaratus)e par ses tibias incurvés.

Camptopus lateralis aux tibias bien arqués!


 Je l’ai rencontré dès le mois de mars dans la végétation. Elle passe l’hiver sous forme adulte pour se reproduire au printemps. Elle est de belle taille, entre 12 et 18mm.

Une très grande punaise


Sa tête est aussi large que son pronotum avec ses deux gros yeux placés latéralement.

Une tête aussi large que le pronotum avec ses gros yeux latéraux


Les antennes ont 4 articles , le dernier étant le plus long.

 

La partie membraneuse de l'élytre avec ses nombreuses nervures

Une autre de ses caractéristiques concerne la partie membraneuse de ses ailes aux nombreuses nervures (plus que 7).

Fémurs dentés et tibias arqués!


Les pattes arrières avec des fémurs dentés et les tibias bien arqués sont remarquables.

Des glandes odorantes sur l'abdomen


Les larves ressemblent à des fourmis, certains auteurs disant même que cette forme leur permet de vivre dans une fourmilière ; mais je n’ai pas vraiment d’avis concluant.

Une larve qui ressemble à une fourmi!

 Moi je l’ai trouvé dans la végétation, mais les fourmilières ne manquent pas chez nous ! Les glandes odorantes se trouvent sur leur dos. Chez l’adulte c’est sur le thorax.

Le pronotum est terminé par 2 pointes


Ces punaises sont phytophages.

Elles se nourrissent sur les Fabacées, mais aussi d’autre familles de plantes et même parfois de carcasses d’animaux. Elles ne représentent pas un danger pour les cultures.

samedi 24 avril 2021

Abeilles et fleurs

 


En photographiant les diverses abeilles ou bourdons qui visitent les fleurs du jardin je me suis amusée à comparer, les usages des uns et des autres.

Apis mellifera avec ses corbeilles bien remplies de pollen rouge offert par le géranium.


La fleur offre pollen et nectar et selon leurs besoins les hyménoptères prélèvent ce qu’il leur faut.  Ainsi sur le géranium, les abeilles mellifères collectent le pollen et c’est bien visible.

Osmia bicornis mâle va chercher le nectar au fond de la corolle!


Le mâle de l’osmie à deux cornes, lui n’a pas de progéniture à approvisionner et va chercher le nectar au fond de la fleur. La flèche sur la photo montre les étamines dépourvues de pollen, prélevé par les femelles qui en ont besoin pour leur descendance.

Parfois  l’accès au nectar de certaines fleurs est bien plus difficile car leur corolle est trop longue ou étroite, peu importe, les hyménoptères ont trouvé une solution.

Bombus terrestris, une reine brigande! 


La plus visible est celle adoptée par les gros bourdons terrestres. Nous voici devant la fleur de la consoude officinale : elle est longue et son entrée, bien trop étroite pour ce gros insecte ! Qu’importe, le nectar convoité est au bout de la fleur : on perce la corolle à l’endroit adéquat et on se sert !

Vue de la trouée opérée à la base de la fleur par les bourdons


Voici le bourdon terrestre perceur de coffre-fort.

Bombus humilis, accède par la bonne porte au nectar


Le bourdon humilis se comporte lui en invité bien plus respectueux.

Ce geste de percer la fleur est connu, je l’avais déjà observé sur les fleurs de la sauge ananas qui est encore plus longue et plus étroite.

Apis mellifera accède au nectar de la consoude officinale


Plus étonnant encore il y a les suiveurs : ceux qui une fois le coffre percé, en profitent aussi pour prélever ce qui reste disponible du nectar.

Apis mellifera accède au nectar de la sauge ananas.


C’est le cas de l’abeille mellifère. La porte étant  ouverte, elle va se servir tranquillement.


C’est aussi le cas de la femelle Osmia bicornis, on la comprend, la porte est ouverte et elle a fort à faire pour pondre, fournir ses œufs en pollen il en faut de l’énergie pour cela ! …

Osmia bicornis femelle profite aussi de l'accès facilité au nectar.


Ces observations m’ont aussi permis de découvrir la présence dans le jardin d’un nouveau bourdon : Bombus pratensis

Le haut de la corolle de la fleur est bien troué et Bombus pratensis, le bourdon des prés en profite bien.

Observer le "travail" des abeilles est un spectacle qui offre bien des surprises. Je dois dire que je me laisse facilement fasciner par leur ballet incessant!



samedi 17 avril 2021

Osmie caerulescens : un couple presque en or !

 Première précision , je pense qu’il s’agit d’Osmie caerulescens à cause d’un certain nombre de détails que je vais exposer mais ne l’ayant pas examinée de près, je n’en ai pas la certitude absolue.

 

Osmia caerulescens se nourrit sur Ajuga reptens

Il y a plus de 36 espèces d’Osmie chez nous.

C’est une abeille printanière qui mesure entre 8 et 10mm.

Son corps est noir avec des reflets bleus métalliques, c’est ce qui m’a frappé en premier lieu.

Au repos, femelle Osmia caerulescens


Les Osmies collectent le pollen sur une brosse de soies ventrales dont la couleur varie selon les espèces : ici elle est noire. La pilosité du thorax est légèrement coloré et plus longue , alors que celle des tergites , blanche, est courte.

Le corps est noir brillant avec ces fameux reflets bleutés qui lui ont donné son nom. Les ailes un peu enfumées.

Une cuticule noire avec des reflets bleus


Le second tergite est densément ponctué. .

Une pilosité blanche plus ou moins longue


Le mâle lui est bien différent:

  • plus petit(7à9mm)




Un mâle, Osmia caerulescens, des reflets dorés et une pilosité  rouille

  • le corps entier brillant à fort reflet métallique, et sur mes images apparaît habillé d’or.

Les Osmies collectent du pollen sur plusieurs familles de plantes et parmi elles on cite les lamiacées comme ici les ajugas reptens et les fabacées comme le  trèfle sur lequel j’ai rencontré le couple , en 2012 ! En voici quelques images.

Couple , on note la taille du mâle et la différence de couleurs des individus.


En remontant encore dans mes dossiers je trouve une photo de mâle resté "inconnu " en 2009.

Une vue latérale de cet accouplement ayant eu lieu fin avril 2012!


Ces abeilles sont assez répandues et doivent se plaire chez nous puisqu’elles visitent régulièrement le jardin.

Vue de face: les femelles ont de fortes mandibules 


 Mais petites, au vol rapide et  choisissant des fleurs moins observées, je ne les photographie pas très souvent.

 On les voit du printemps à l'été , il peut y avoir 2 générations. Elles sont largement répandues en Europe. Les nids sont faits dans des cavités diverses (tiges creuses, anciens nids d'autres insectes, mais aussi gîtes artificiels.)

  • Sources: Guide des abeilles boudons , guêpes et fourmis d'Europe, Hans Bellmann
  • Fauna helvetica, 9, Amiet, Herrmann, Muller, Neumeier

 


dimanche 28 mars 2021

Sur la monnaie du pape : ils voient tous la vie en rose

 

Un grand carré de monnaie du pape, Lunaria annua, pousse dans le fond du jardin. Cela  fait une dizaine de jours que j’essaie d’y photographier tous ceux qui viennent s’y nourrir. Cela nous fait une page tout en rose, ce qui me plait beaucoup en cette période où voir la vie en rose manque beaucoup !

Commençons le catalogue.

Apis mellifera, plutôt brune

Celles que je vois le plus sont les abeilles mellifères(Apis mellifera). J’ai eu la chance d’y voir les deux variantes qui fréquentent le jardin. Si toutes sont Apis mellifera, je sais qu’il existe des sous- espèces et que certains apiculteurs ont fait des croisements et préfèrent certaines variantes à d’autres.

Apis mellifera déjà bien fatiguée, ses ailes très abîmées.


Je n’ai pas de ruches dans mon environnement  immédiat et les visiteuses ne sont pas assez nombreuses pour penser qu’elles viennent d’une ruche.

Je vous présente celle que je vois le plus souvent : la brune (qui serait d’origine française)Les deux premières photos.

Et maintenant voici celle que j’appelle la blonde (qui serait italienne , elle) avec les deux premiers segments de son abdomen jaune.

Une blonde d'abeille mellifère.

Avec leur langue elles plongent au cœur de la fleur pour y prélever un peu de nectar. Le pollen compacté sur leurs pattes arrières varie un peu, du très clair au légèrement jaune. l l faut dire que c’est la bourrache qui est la fleur la plus visitée par Apis mellifera et que son pollen est très blanc.

La langue se régale du nectar, la fourrure transporte le pollen, les fémurs arrière portent la pelote compactée.

Le pollen se colle partout quand l'insecte visite une fleur. Il sera transmis à une autre pour la polliniser.

Une jolie blonde qui se régale.


Parmi les visiteurs en nombre très réduit voici le joli mâle de l’Osmie cornue(Osmia cornuta), que l’on reconnait à sa fourrure rousse et surtout à sa moustache  blanche quand il sort la tête de sa fleur.

Osmia cornuta mâle, nez caché dans la fleur!


Et voici maintenant sa jolie face moustachue

Osmia cornuta montrant sa moustache blonde

Pour pouvoir faire une photo de ce mâle  il m’aura fallu patienter près d‘une semaine : tous les matins Anthophora plumipes mâle vient collecter quelques gouttes de nectar dans la monnaie du pape, mais à une telle vitesse et selon un parcours tellement zigzagant qu’il m’est souvent impossible d’en faire une photo !

Anthophora plumipes mâle avec ses belles extensions aux pattes médianes


Cette abeille se reconnait très facilement, du moins pour le mâle, aux longs poils qu’il porte sur la seconde paire de pattes, sur la face aussi on voit une belle plaque jaune, quand il ne cache pas dans la fleur !.

Vanessa atalanta


Les papillons viennent plus tard dans la journée, souvent aux heures plus chaudes à partir de onze heures.

Le Vulcain(Vanessa atalanta) est présent chez nous pendant de longues périodes , il hiverne chez nous et se montre dès les premiers jours doux.

Pieris napi
Les Piérides sont printanières et pondent ensuite leurs  œufs sur les fleurs de la monnaie du pape qui est une brassicacée, hôte de la piéride du chou.

Pieris brassicae

C’est ainsi que l’on voit la piéride du chou(Pieris brassicae)  et aussi celle du navet(Pieris napi) .

 

Pieris napi

La plupart des sujets présentés ici  ont déjà eu les honneurs du blog.

Apis mellifera : http://lejardindelucie.blogspot.com/search/label/Apis%20mellifera

Osmia cornuta : http://lejardindelucie.blogspot.com/search/label/osmie%20cornue

Anthophora plumipes : http://lejardindelucie.blogspot.com/search/label/anthophora%20plumipes

Vanessa atalanta : http://lejardindelucie.blogspot.com/2015/09/vanessa-atalanta-le-vulcain.html


mardi 23 mars 2021

Le premier bébé sauterelle de l'année: un Barbitiste fischeri!

 


Souvent ce sont les bébés grande sauterelle verte qui se promènent au début du printemps  dans le jardin.

Cette année c’est un mini, mini Barbitiste fischeri qui a attiré mon regard sur cette belle fleur d’Anthémis.



Le diamètre de la fleur fait 3cm et l’insecte antennes comprises dépasse à peine le centimètre !C’est sans doute le premier stade de cette sauterelle bien présente dans le jardin. Il faudra sans doute attendre 3 mois pour atteigne sa taille adulte.

Ouvrons l'oeil!

jeudi 11 mars 2021

Mogoplistes brunneus, le Grillon écailleux

 

Certains parmi les insectes ont des couleurs rutilantes, d’autres au contraire cultivent la discrétion. Quand on est petit, sans grande défense et que l’on n’a pas beaucoup d’aptitude au vol, les couleurs ternes qui ne vous font pas  remarquer sur le sol où vous évoluez, sont une protection.

Mogoplistes brunneus


C’est le cas de ce grillon qui ne fait guère plus de 8mm.Il a des ailes mais elles sont entièrement dissimulées sous le pronotum. De plus il vit dans la litière de feuilles mortes. C’est surnageant dans la piscine que je l’ai trouvé. Ce sont les écailles claires sur la tête et le tour du pronotum qui ont attiré mon regard.

Détail des écailles qui couvrent le pronotum et la tête.


 C’est sans doute un sujet jeune car ces écailles disparaissent par frottement. En le photographiant j’ai vu qu’il avait servi de « radeau » à un collembole.

Mogoplistes brunneus , mâle aux cerques divergents, avec son collembole accroché à la patte arrière.




Pour en savoir plus sur les collemboles voir ici


Détail du collembole accroché à la patte du grillon.

 

Son pronotum plus long que large le différencie d’un autre grillon de la même famille. Ses cerques sont nettement divergents.

Dans le précédent billet, je parlais de 3 espèces que nous pouvons rencontrer dans la famille des Mogoplistidae: M. brunneus en est le second avec Arachnocephalus vestitus, le troisième Pseudomogoplistes vit sur les côtes, sur  et sous les galets des  plages.

le Grillon écailleux, environ 8mm.

On rencontre ce grillon dans les mêmes zones, autour de la Méditerranée, que le précédent. Très discret il ne stridule pas , il est présent d’août à octobre.(J’ai trouvé mon sujet à le mi-octobre).

lundi 8 mars 2021

Arachnocephalus vestitus, le Grillon des Cistes

 

Arachnocephalus vestitus, femelle

Je ne suis ni grand, ni beau. Je ne suis pas coloré et je ne chante pas. Depuis fort longtemps se suis présent dans le jardin, mais on ne me voit guère, je préfère vivre dans les herbes et les arbustes. De temps en temps je prends un peu le soleil. Mais avec ma couleur brune et ma forme longiligne, immobile, on me prend pour une brindille !

Arachnocephalus vestitus, mâle


C’est ainsi que pourrait se présenter ce petit grillon, moins d’un centimètre, recouvert d’écailles sur le corps et de longs poils essentiellement sur les pattes.

Détail du dos avec les écailles


Les antennes très longues et fines comptent de nombreux articles. J’ai souvent photographié des sujets avec une antenne brisée , elles doivent être bien fragiles!

Arachnocephalus vestitus, jeune mâle sur la lavande ce qui donne une idée de sa taille.


Essentiellement présent dans les départements autour de la Méditerranée où il serait commun, le Grillon des Cistes (bien qu’il  n’y en ait qu’un seul pied dans le jardin) fait partie de la famille des   Mogoplistidae qui sont aptères. Seuls 3 espèces sont  présentes chez nous.(Un second membre de la famille Mogoplistes brunneus dort encore dans mes dossiers et suivra)

Détail des cerques et de la tarière de la femelle


La tarière des femelles est entourée de deux longs cerques  grêles et poilus.

Jeune mâle d'Arachnocephalus vestitus


Chez le mâle bien sûr seuls les cerques sont présents, ils ont la particularité d’être presque parallèles.

Vue dorsale 


 Ne chantant pas, le mâle attire l’attention de la femelle en  tambourinant sur les feuilles avec l’extrémité de son abdomen.

On les voit surtout en été, jusqu'à l'automne, mes photos sont prises entre juillet et octobre.