vendredi 10 septembre 2021

Eumenes mediterraneus, une guêpe potière

 Le chemin pour arriver à identifier un insecte est  parfois long et bien tortueux.

Hier en allant chercher quelque chose dans notre réserve, j’ai i trouvé une guêpe pas trop vaillante se promenant sur un meuble blanc. Son gastre bien renflé a tout de suite attiré mon regard. Et comme j’ai pu la photographier de très près j’ai bien avancé pour trouver son identité.
Eumenes mediterraneus que je vois toujours sur du fenouil en fleurs.


Eumenes mediteraneus est une guêpe de la famille des Vespidés qui se reconnait  au premier article de son abdomen étroit et allongé et au second très renflé. Ce second article est terminé par une lamelle qui a bien de l’importance pour séparer les 11 espèces du genre Eumenes  que l’on trouve chez nous.

Second article du gastre à bien observer.*


Mais la première observation concerne la pilosité du  1er tergite, c’est difficile au premier abord. Elle peut être courte, penchée et peu visible ou dressée.

Sur mon sujet, elle est dressée. On le voit bien sur la photo ci-dessous.

Détail du premier article du gastre


Ensuite le second tergite : » Deuxième tergite, vu de profil, clairement concave devant l’apex : sa petite plaque terminale enfoncée, toujours claire et transparente.( voir la seconde photo)

Le second article du gastre avec sa partie distale concave(flèche)


Ces détails ont été trouvé grâce une étude espagnoletraduite ici .


Je me suis  ensuite aidée d’une clé en allemand qui est disponible sur le net


Dans cette clé plus détaillée, il faut  aussi observer la pilosité :

-de la tête qui  peut être courte et régulière ou longue et hirsute ,

Un pilosité longue et hirsute*


-du second tergite ici courte( voir la photo qui présente la lamelle)

Ensuite il faut observer  la lamelle de ce tergite : elle est transparente de couleur claire.

L'observation du gastre permet ensuite de voir davantage que deux segments avec des marques jaunes


Puis on retrouve la partie terminale du second tergite nettement concave.

Autre détail noté : les angles du clypeus ne sont pas orientés vers l’extérieur.

Vue du clypeus


En cherchant sur le net j’ai aussi trouvé un autre détail qui est facilement visible : la tache noire des fémurs augmente de taille du fémur 1 au fémur 3, on le voit bien sur la photo ci -dessous

Détail des fémurs où la couleur noire augmente progressivement


 L'apex de l'antenne des femelles est rougeâtre par dessous

Détail de l'apex des antennes de la femelle.


Je suis allée chercher ensuite dans mes dossiers des années passées où dormaient des Eumenes non identifiées. C'est ainsi que j'avais déjà photographié cette guêpe régulièrement depuis 2017.

J'ai essentiellement trouvé ces guêpes sur le fenouil, mais je n'y ai jamais trouvé des urnes  qui contiennent la larve de la guêpe. Par contre je les vois le plus souvent sur la lavande , mais jamais je n'ai vu la potière à l'ouvrage!

 


Eumenes mediterraneus est une guêpe de grande taille (entre 11 et 14mm), on le voit sur cette photo où une autre abeille bien plus petite s'en approche(Hylaeus).

*Images grossies 3 fois

lundi 28 juin 2021

Information destinée aux abonnés du blog.

 

Bonjour à tous,

Un petit message destiné aux abonnés qui sont avertis par mail d’un nouveau message. Le petit programme qui est utilisé pour le faire sera désactivé par à partir du 1er juillet. 

« Le widget "Suivre les mises à jour par e-mail" (FeedBurner) va disparaître »

Je n’ai pas trouvé d’équivalent gratuit pour l’instant ( si vous avez une piste… je suis preneuse).Je vous conseille simplement de faire un tour sur le blog une fois de temps en temps, les publications ( actuellement au nombre de 990 ) sont désormais ralenties !

Merci de votre intérêt et bonne continuation dans l’observation de notre belle nature à tous.

Lucie

vendredi 18 juin 2021

Odontoscelis fuliginosa : une punaise presque toute noire avec un joli dessin sur le pronotum

 

Chez nous c’est souvent sur la piscine que je découvre de nouveaux insectes, en particulier ceux qui sont de couleurs sombres et qui se cachent sur le sol, dans la végétation. C’est le cas de cette punaise toute noire à première vue. Mais c’est la forme de son scutellum qui recouvre tout l’abdomen et ces lignes très légères jaunes qui m’ont indiqué que nous ne nous étions jamais croisés !

Odontoscelis fuliginosa*


Comme les antennes comptent 5 articles je me suis aidée de l’ouvrage de Roland Lupoli et François Dusoulier : Les Punaises Pentatomoidea de France.

On observe les premiers  critères :

  • tarses composés de 3 articles
  • tibias sans  fortes épines, couleur variable
  • scutellum recouvrant tout l’abdomen : famille des Scutelleridae.

Un scutellum qui recouvre tout l'abdomen*


C'est vraiment cet aspect visible de suite qui oriente vers les Scutelleridae. En France, il y en a 19 espèces.

La flèche indique le rostre qui se fixe sur la graine de géranium*


Ensuite il faut observer d'autres détails:

  • tête plus large que longue
  • tête, pronotum et scutellum portant des poils : famille des Odontoscelinae
  • courte pilosité noirâtre sur la tête, pronotum, scutellum


La tête avec sa courte pilosité noire*


  • antennes à articles 1 ou 2 noirs
  • taille entre 6 et 10 mm. : Odontoscelis fuliginosa.
*
Les petits détails pour enjoliver le pronotum!!


Ce qui m’a plu sur ce petit insecte, ce sont ces 2 marques glabres sur le pronotum, la Nature a le souci  de nous offrir un joli détail. Les raies jaunes sur le scutellum nous indique un mâle( chez la femelle elles sont absentes)

Elle est surtout présente en France dans le midi, la façade atlantique, et les Alpes jusqu’à 2500 m. Mais elle remonte jusqu’en Grande Bretagne, sur des milieux dénudés  et secs.

C'est un mâle à cause des traits jaunes sur le dos*


C’est une punaise qui se nourrit de graines tombées au sol, et apprécie celles de géraniums, mais aussi d’autres.

Mon exemplaire a d’ailleurs goûté à la graine de  géranium que je lui ai proposée.

 

vendredi 28 mai 2021

Bruchidius bimaculatus une des bruches les plus colorées !

 Voici un tout petit coléoptère, environ 3mm. Son « allure »  m’oriente vers les bruches, ces petits mangeurs de graines qui ne sont pas les bienvenus chez les jardiniers ou les agriculteurs. Mais ils sont très nombreux ( environ 1700 espèces dans le monde !!)

Bruchidius bimaculatus, des yeux très échancrés, des antennes rousses sur les premiers articles seulement*


Il y a 2 sous- familles, les Bruchus au pronotum avec une dent latérale et les Bruchidius sans dent latérale. Mon sujet appartient à la seconde catégories (80 espèces en Europe).

Souvent ternes, ce sont les couleurs de cet insecte qui ont retenu mon attention : beaucoup de roux avec du blanc !

J’ai utilisé Faune de France  numéro 44 par Adolphe Hoffmann et je lis

1. Antennes avec au moins un ou deux  de leurs premiers articles roux …2

2. Pattes intermédiaires avec, au moins, les tibias testacés…..3

La flèche nous indique l'absence de dent latérale sur la pronotum .Le second article des antennes est plus court que le 3ème.*


3. Antennes très longues, dépassant longuement la base des élytres, généralement serriformes, dès le 4 ou 5ème article, même chez les femelles…….4

4. Fémurs antérieurs et intermédiaires, au moins en partie, roux ou testacés…5

5. Antennes à 2ème article deux fois plus court que le 3ème dans les deux sexes…6( photo ci-dessus)

6. Élytres avec une tache latérale noire occupant une partie des côtés,vestiture blanchâtre et fauve; suture plus ou moins largement rousse ,pattes postérieures noires, les huit derniers articles noirs chez le mâle(femelles 5)…..Bruchidius bimaculatus.

Bruchidius bimaculatus, toujours en mouvement et qui vole très bien !*



La description qui suit parle aussi de cette tache au-dessus du scutellum, de forme triangulaire,des antennes du mâle pectinée dès le 4éme article.

Les détails caractéristiques, en particulier les 2 taches noires qui lui donnent son nom.*


L’insecte vit sur la vesce commune et serait plutôt méridional( mais comme tous les autres peut aussi se rencontrer plus au Nord…) Ce sont les larves qui consomment les graines, l'adulte se nourrissant peu et de pollen et de nectar.

Bruchidius bimaculatus, mâle*


*Images grossies 3 fois

mardi 11 mai 2021

Conops vesicularis , un espoir déçu de limiter l’invasion des frelons asiatiques.

 

En rencontrant cet insecte en ce dimanche de mai, j’ai eu une impression de déjà vu, mais il ne ressemblait pas exactement à ce que je connaissais.

Conops vesicularis femelle, du brun , du jaune et du rouge! 


Son allure, ses antenne avec 3 articles terminés en pointe, sa trompe, son abdomen légèrement replié m’oriente vers les conopides. Je me suis tout d’abord orientée  vers Sicus ferrigineus à cause de cette couleur rouille dominante. Mais…C’est en vérifiant sur cette page que j’ai lu que les Sicus avait le cellule R  ouverte !!

La flèche indique cette cellule fermée qui sépare les Sicus et les Conops


Or mon individu a la fameuse cellule R fermée et c’est un Conops !

La clé anglaise aide ensuite à déterminer l’insecte. La photo de profil montre qu’il n’a pas de bande argentée sur le thorax et ensuite les antennes, le scutellum et les fémurs rougeâtres nous conduisent vers Conops vesicularis.

Une vue de profil sans bandes argentées


Le mésonotum (pour simplifier, la partie dorsale du thorax) à prédominance noire présente des bosses rouges aux épaules et est coloré de rouge sur les flancs. La face est jaune avec le front brun.

 

Des épaules , un scutellum et des antennes bien rouges!

D’après mes lectures c’est une femelle qui est plus sombre que les mâles.

 Son abdomen est principalement noir ou brun foncé et porte des bandes jaunes bien visibles (celui des mâles est principalement jaune) De plus elle a un appendice , peu visible ici, la theca qui lui est utile pour se fixer sur l’insecte qu’elle parasite car ces diptères sont des endoparisites d’hyménoptères. 

L'œuf est pondu sur l'hyménoptère.

Détail de la tête


Les larves se développent aux dépens du Frelon européen , mais aussi asiatique. On a cru un moment que Conops vesicularis arriverait  ainsi à limiter l’invasion de ce dernier. L'espoir fut déçu car Conops vesicularis pond   aussi sur des bourdons et son impact sur la population des frelons asiatiques est très limité..

Conops vesicularis femelle sur les feuilles de l'arbousier


L’adulte est floricole et il est visible de mars à août partout en Europe.

dimanche 2 mai 2021

Camptopus lateralis, une grande punaise aux tibias arqués.

 

Tout en longueur Camptopus lateralis, cette punaise qui appartient à la famille des Alydidae se distingue d’une espèce proche ( Alydus calcaratus)e par ses tibias incurvés.

Camptopus lateralis aux tibias bien arqués!


 Je l’ai rencontré dès le mois de mars dans la végétation. Elle passe l’hiver sous forme adulte pour se reproduire au printemps. Elle est de belle taille, entre 12 et 18mm.

Une très grande punaise


Sa tête est aussi large que son pronotum avec ses deux gros yeux placés latéralement.

Une tête aussi large que le pronotum avec ses gros yeux latéraux


Les antennes ont 4 articles , le dernier étant le plus long.

 

La partie membraneuse de l'élytre avec ses nombreuses nervures

Une autre de ses caractéristiques concerne la partie membraneuse de ses ailes aux nombreuses nervures (plus que 7).

Fémurs dentés et tibias arqués!


Les pattes arrières avec des fémurs dentés et les tibias bien arqués sont remarquables.

Des glandes odorantes sur l'abdomen


Les larves ressemblent à des fourmis, certains auteurs disant même que cette forme leur permet de vivre dans une fourmilière ; mais je n’ai pas vraiment d’avis concluant.

Une larve qui ressemble à une fourmi!

 Moi je l’ai trouvé dans la végétation, mais les fourmilières ne manquent pas chez nous ! Les glandes odorantes se trouvent sur leur dos. Chez l’adulte c’est sur le thorax.

Le pronotum est terminé par 2 pointes


Ces punaises sont phytophages.

Elles se nourrissent sur les Fabacées, mais aussi d’autre familles de plantes et même parfois de carcasses d’animaux. Elles ne représentent pas un danger pour les cultures.

samedi 24 avril 2021

Abeilles et fleurs

 


En photographiant les diverses abeilles ou bourdons qui visitent les fleurs du jardin je me suis amusée à comparer, les usages des uns et des autres.

Apis mellifera avec ses corbeilles bien remplies de pollen rouge offert par le géranium.


La fleur offre pollen et nectar et selon leurs besoins les hyménoptères prélèvent ce qu’il leur faut.  Ainsi sur le géranium, les abeilles mellifères collectent le pollen et c’est bien visible.

Osmia bicornis mâle va chercher le nectar au fond de la corolle!


Le mâle de l’osmie à deux cornes, lui n’a pas de progéniture à approvisionner et va chercher le nectar au fond de la fleur. La flèche sur la photo montre les étamines dépourvues de pollen, prélevé par les femelles qui en ont besoin pour leur descendance.

Parfois  l’accès au nectar de certaines fleurs est bien plus difficile car leur corolle est trop longue ou étroite, peu importe, les hyménoptères ont trouvé une solution.

Bombus terrestris, une reine brigande! 


La plus visible est celle adoptée par les gros bourdons terrestres. Nous voici devant la fleur de la consoude officinale : elle est longue et son entrée, bien trop étroite pour ce gros insecte ! Qu’importe, le nectar convoité est au bout de la fleur : on perce la corolle à l’endroit adéquat et on se sert !

Vue de la trouée opérée à la base de la fleur par les bourdons


Voici le bourdon terrestre perceur de coffre-fort.

Bombus humilis, accède par la bonne porte au nectar


Le bourdon humilis se comporte lui en invité bien plus respectueux.

Ce geste de percer la fleur est connu, je l’avais déjà observé sur les fleurs de la sauge ananas qui est encore plus longue et plus étroite.

Apis mellifera accède au nectar de la consoude officinale


Plus étonnant encore il y a les suiveurs : ceux qui une fois le coffre percé, en profitent aussi pour prélever ce qui reste disponible du nectar.

Apis mellifera accède au nectar de la sauge ananas.


C’est le cas de l’abeille mellifère. La porte étant  ouverte, elle va se servir tranquillement.


C’est aussi le cas de la femelle Osmia bicornis, on la comprend, la porte est ouverte et elle a fort à faire pour pondre, fournir ses œufs en pollen il en faut de l’énergie pour cela ! …

Osmia bicornis femelle profite aussi de l'accès facilité au nectar.


Ces observations m’ont aussi permis de découvrir la présence dans le jardin d’un nouveau bourdon : Bombus pratensis

Le haut de la corolle de la fleur est bien troué et Bombus pratensis, le bourdon des prés en profite bien.

Observer le "travail" des abeilles est un spectacle qui offre bien des surprises. Je dois dire que je me laisse facilement fasciner par leur ballet incessant!



samedi 17 avril 2021

Osmie caerulescens : un couple presque en or !

 Première précision , je pense qu’il s’agit d’Osmie caerulescens à cause d’un certain nombre de détails que je vais exposer mais ne l’ayant pas examinée de près, je n’en ai pas la certitude absolue.

 

Osmia caerulescens se nourrit sur Ajuga reptens

Il y a plus de 36 espèces d’Osmie chez nous.

C’est une abeille printanière qui mesure entre 8 et 10mm.

Son corps est noir avec des reflets bleus métalliques, c’est ce qui m’a frappé en premier lieu.

Au repos, femelle Osmia caerulescens


Les Osmies collectent le pollen sur une brosse de soies ventrales dont la couleur varie selon les espèces : ici elle est noire. La pilosité du thorax est légèrement coloré et plus longue , alors que celle des tergites , blanche, est courte.

Le corps est noir brillant avec ces fameux reflets bleutés qui lui ont donné son nom. Les ailes un peu enfumées.

Une cuticule noire avec des reflets bleus


Le second tergite est densément ponctué. .

Une pilosité blanche plus ou moins longue


Le mâle lui est bien différent:

  • plus petit(7à9mm)




Un mâle, Osmia caerulescens, des reflets dorés et une pilosité  rouille

  • le corps entier brillant à fort reflet métallique, et sur mes images apparaît habillé d’or.

Les Osmies collectent du pollen sur plusieurs familles de plantes et parmi elles on cite les lamiacées comme ici les ajugas reptens et les fabacées comme le  trèfle sur lequel j’ai rencontré le couple , en 2012 ! En voici quelques images.

Couple , on note la taille du mâle et la différence de couleurs des individus.


En remontant encore dans mes dossiers je trouve une photo de mâle resté "inconnu " en 2009.

Une vue latérale de cet accouplement ayant eu lieu fin avril 2012!


Ces abeilles sont assez répandues et doivent se plaire chez nous puisqu’elles visitent régulièrement le jardin.

Vue de face: les femelles ont de fortes mandibules 


 Mais petites, au vol rapide et  choisissant des fleurs moins observées, je ne les photographie pas très souvent.

 On les voit du printemps à l'été , il peut y avoir 2 générations. Elles sont largement répandues en Europe. Les nids sont faits dans des cavités diverses (tiges creuses, anciens nids d'autres insectes, mais aussi gîtes artificiels.)

  • Sources: Guide des abeilles boudons , guêpes et fourmis d'Europe, Hans Bellmann
  • Fauna helvetica, 9, Amiet, Herrmann, Muller, Neumeier