jeudi 9 août 2018

Nomioides facilis, une très petite abeille solitaire!


Les abeilles solitaires sont très nombreuses (1000 espèces en France !!). Elles ont des tailles, des aspects  et des couleurs vraiment variés. On  reconnait souvent les femelles grâce aux pattes postérieures ou à la brosse ventrale qui collectent le pollen .
Nomioides facilis, sur fleur de carotte sauvage, photo originale.

Quand j’ai vu arriver ce tout petit insecte voletant autour des fleurs de carottes sauvages, je me suis arrêtée sur ses couleurs claires, une tête dorée et un abdomen jaune. Mais à travers le viseur il m’a semblé voir du pollen sur les pattes arrières. Et j’ai essayé de suivre l’insecte sur ces petites fleurs.

Nomioides facilis femelle, sur fleur de carotte sauvage,crop de la photo précédente.

Une abeille de moins de 5mm, des ailes hyalines, un abdomen jaune clair avec quelques traits de marron, tête et thorax d’un vert métallique brillant au soleil,  voilà celle dont il fallait trouver le nom.

Nomioides facilis femelle.*

Inutile de dire que dans mes guides  elle ne figurait pas. J’ai eu comme d’habitude recours au net. Et c’est en épluchant les photos sur cette page chez monsieur Aramel que j’ai trouvé Nomioides facilis.

Nomioides facilitis, femelle faisant sa toilette, la patte médiane sur le thorax! *

Ensuite tout devient facile, le site d’Atlas hymenoptera, nous informe qu’elle est présente dans le sud de l’Europe entre autre. Elle fait partie de la famille des Halictidae. On peut éliminer les deux autres espèces de la même sous-famille :   N.minutissimus qui  a une tête plus allongée, et  N.variegatus où les marques brunes sont situées à l’apex des tergites.

Nomioides facilitis, femelle,  des ailes hyalines *

C’est  sans doute une des plus  petites abeilles qui visitent des zones chaudes et plutôt sèches, les Allemands les nommant « abeilles des steppes ».
Les adultes sont polylectiques, récoltant le pollen  et nectar sur diverses espèces de fleurs.
Nomioides facilitis, femelle au  nettoyage des ailes *

Elle niche dans le sol où elles creusent des galeries verticales  allant de 15 à 45 cm de profondeur et ensuite  horizontalement  pour y pondre dans les cellules. Parfois elles forment des bourgades, plusieurs abeilles se regroupant sur un même site.
 Elle se rencontre  essentiellement dans tout le bassin méditerranéen.
 
Nomioides facilitis, femelle, vue de la tête *
Elle vole de juin à août-septembre en une seule génération. Les adultes hivernent.

 
Nomioides facilitis, femelle se nourrissant sur fleur de carotte sauvage.
Et pour conclure cette belle rencontre voici un document du Spipoll qui vous dit tout sur ces petites abeilles.Je   suis toujours contente de partager avec vous la beauté et   la richesse de notre entomofaune.

 * Images grossies 3 fois


jeudi 2 août 2018

Milesia semiluctifera(Milésie bigarrée), un de nos plus grands Syrphes.




C’est une belle surprise qui m’a été offerte au jardin.
Milesia semiluctifera sur catananche bleue

En allant cueillir mes légumes de la journée je passe toujours devant un coin fleuri de lavandes et j’y ai vu alors un grand insecte, de loin  un frelon me suis-je dit ! En m’approchant ce fut avec plaisir que j’ai vu qu’il n’en était rien, une jolie Milésie s’approchait des fleurs de la catananche bleue.
Milesia semiluctifera sur catananche bleue, vue de profil

Elle m’a laissé le temps de remonter dans la maison chercher mon appareil photo. En fait je devrai dire: il m’a laissé le temps, car c’est un mâle. On voit ses yeux accolés, ceux de la femelle sont écartés.
Milesia semiluctifera sur catananche bleue, un mâle avec ses yeux accolés.

Facile à identifier car nous n’avons que deux gros Syrphes , Milesia crabroniformis présenté ici et celui-ci Milesia semiluctifera.

Moins répandu que crabroniformis, la Milésie bigarrée (alors que semiluctifera signifie demi deuil), est un peu plus petite (15mm) et plus élancée.
La tête dépasse le thorax sur les côtés, la face présente un tubercule saillant sur lequel sont fixées les antennes.
Milesia semiluctifera sur catananche bleue,des tergites en noir et jaune

De très jolis motifs jaunes sur fond noir ornent le thorax. Le scutellum est couleur rouille.
L’abdomen noir est orné de grandes taches jaunes, celles de l’avant dernier tergite étant plus grosses. Le dernier est brun.
Milesia semiluctifera se délecte de pollen

Comment au premier coup d’œil savoir si l’on a affaire à un inoffensif syrphe ? Les antennes sont petites au centre de la face et le 3eme segment bien arrondi porte un poil appelé arista. Même en vol, on peut le distinguer.
Milesia semiluctifera sur la fleur.

On rencontre Milesia semiluctifera de juin à août où l’adulte se nourrit sur diverses fleurs et au bord des rivières pour boire. L’insecte est visible en Europe méridionale et en Asie mineure.
Milesia semiluctifera on voit les ailes typiques de syrphes

Source :
Guide des mouches et des moustiques J. et H. HAUPT, Delachaux et Niestlé



dimanche 29 juillet 2018

Lestica clypeata mâle : une guêpe aux boutons de manchettes nacrés


Après la découverte du joli mâle Mégachile wiilughbiella et ses gants blancs, je savais qu’il existait quelques autres hyménoptères mâles aux tarses postérieurs élargis.


Lestica clypeata mâle sur fleurs de fenouil

Et c’est sur la floraison du fenouil, que j’ai rencontré celui-ci à l’allure  particulière. La petite guêpe (9-10 mm) Lestica clypeata , est venu se nourrir furtivement sur cette plante.


Lestica clypeata mâle aux tarses avant élargis.

L’an passé j’avais déjà vu la femelle et en voyant à travers le viseur ces petites taches blanches  tout au bout des pattes antérieures, j’ai su que c’était lui !


Lestica clypeata mâle avec ses  tarses avant élargis.

Comment le reconnaitre?
 C’est beaucoup plus facile que pour d’autres espèces !
Lestica clypeta mâle est jaune et noir et  ressemble à une petite guêpe. Il fait partie de la famille des Crabroninae .
 Deux détails suffisent quasiment à l’identifier:

  •  Bien sûr les pattes antérieures aux tarses blancs, translucides et décorés.

Lestica clypeata mâle vue rapprochée du tarse, face extérieure.

 Il s’agit surtout du tarse 1 , élargi, essentiellement blanc sur la face externe. Quand on la voit par transparence on devine des rayures allant graduellement de l’ocre au marron. 


Lestica clypeata mâle vue rapprochée du tarse face interne, bien plus colorée.

On note aussi une pilosité blanche sur le fémur et le tibia des pattes antérieures.1
Il me faudra beaucoup de patience pour bien  voir ces détails .


Lestica clypeata mâle vue dorsale la tête fortement rétrécie vers l'arrière


  • L’autre caractère que l’on voit bien en regardant l’insecte sur les fleurs : une tête en forme de poire avec un rétrécissement très net vers l’arrière.
Ces deux caractères réunis, on est sûr du nom de notre visiteur.
Lestica clypeata mâle détail du fémur médian

Le mâle porte aussi une forte épine à la base du fémur 2(visible sur la photo ci-dessus).
Lestica clypeata mâle se nourrissant sur fenouil

Ce bel insecte totalement inoffensif, est visible dans une grande partie de l'Europe jusqu'au mois de septembre.
La femelle aura droit à sa fiche un peu plus tard!

Source: Hyménoptera  Sphecidae, Jacques de Beaumont, 1964

jeudi 26 juillet 2018

Pogonosoma maroccanum, une mouche prédatrice en noir et jaune.


En essayant de repérer les abeilles qui butinent les fleurs jaunes de ce Picris, j’ai vu un drôle d’insecte gesticuler sur la tige. Ses pattes poilues étaient accrochées par les poils très rudes de la plante. Pour l’en délivrer, j’ai cueilli la tige et ainsi ai pu observer ce drôle de visiteur.
Pogonosoma maroccanum

Près de 2 cm et très poilu, ce Diptère est un Asilidae. C’est à dire une « mouche à moustache ».Un sillon net sépare les 2 gros yeux, et une solide moustache en bas de la face, voici deux critères pour les reconnaître. Les yeux sont grands et écartés chez les deux sexes, les ocelles placés sur un tubercule .
Pogonosoma maroccanum, corps noir avec une pilosité jaunâtre.

Avec cette taille, plus de 2cm et cette abondante couleur doré , je suis vite orientée vers Pogonosoma maroccanum.

Pogonosoma maroccanum, tête avec ses gros yeux très écartés

Les adultes se nourrissent d’insectes souvent attrapés en vol , mouche, abeilles…Les moustaches préservent l’asilide des mouvements brusques de la proie.
Pogonosoma maroccanum, avec ses couleurs qui le rendent bien visible.

Celle –ci est « piquée » à l’aide du tube suceur que l’on voit sous les poils de la face. Ce tube est plus ou moins long selon les espèces. Ici, il est rond, court
Un autre détail est facilement visible : les fémurs sont noirs, les tibias jaune orange mais le 5ème article des tarses est noir.

Pogonosoma maroccanum, détail d'une patte

Les antennes de trois articles,  chacun de  forme différente, portent des soies  jaunes aux deux premiers.
La pilosité est jaunâtre essentiellement , longue sur les pattes, plus courte sur l’abdomen. Des poils noirs se retrouvent sur les fémurs, le bout des pattes, mais sur mon sujet j’en vois très peu.
Pogonosoma maroccanum, détail des yeux 

Ce sont bien entendu, les énormes yeux de l’insecte qui attirent le regard, ils sont nettement séparés par ce front en forme de protubérance qui porte 3 ocelles peu visibles au milieu des longs poils raides. Cette longue pilosité est aussi une protection lorsque la mouche s’en prend à des abeilles munies d’un aiguillon.
Pogonosoma maroccanum, apex de l'abdomen du mâle

La mouche pond dans les  galeries faites par les larves de certains buprestes, où sa larve se nourrit de détritus ou d’autres.
Pogonosoma maroccanum, vue ventrale

Les Pogonosoma maroccanum se rencontrent en France,  davantage vers le sud, mais il est fait mention de sa présence récente en Suisse. C’est un insecte présent depuis le NO de l’Afrique à la Turquie.On peut principalement les voir en juin et en juillet.

Deux sources d’information :Guide des mouches et des moustiques de J. et H . Haupt( Delachaux et Niestlé), 2000
Faune de France(17) E . Séguy, Diptères (Brachypcères )Asilidae, 1927


vendredi 20 juillet 2018

Cicada orni, symbole de l'été provençal!


Elles chantent du matin au soir, à condition que le soleil brille et qu’il fasse 22 degrés.
Cicada orni femelle, imago tout neuf!

Cette année elles étaient en retard, mais depuis le début du mois on les entend bien.
D’autant que Cicada orni, la seule présente par chez nous, est aussi une de celle qui s’exprime le plus fort.

Cicada orni femelle, imago à côté de son exuvie

Après chaque grosse pluie orageuse je trouve une exuvie par ci ou par- là dans le jardin.
Les voici côte à côte, la toute fraîche adulte à côté de son ancienne enveloppe. Après avoir passé un ou deux ans dans le sol où ses fortes pattes antérieures lui ont été très utiles elle se retrouve bien élégante.
Cicada orni femelle,détail de la tête

Des ailes translucides marquées de 11 points noirs, caractère distinctif de notre Cicada orni, une tête ornée de 3 ocelles, une pilosité dessinant des motifs géométriques ornés de finition haute couture, pas un point qui ne soit bien  aligné !
Cicada orni femelle,détail du pronotum

C’est une femelle, seuls les mâles chantent. J’ai reconnu son sexe en observant l’exuvie. 

Cicada orni ,détail de l'abdomen de la femelle.

Après une courte période de séchage où les ailes se sont « durcies », elle a pris son envol et doit se trouver dans le jardin à être courtisée par les nombreux chanteurs présents.
Cicada orni ,larve avant l'émergence .

J’avais aussi quelques jours auparavant trouvé une larve, hélas noyée dans la buvette aux oiseaux. Sortant de terre elle a dû  en escalader les bords avant d’y chuter. On voit par transparence quelques taches sombres laissant deviner la coloration du corps.

Cicada orni ,exuvie attachée à une tige de carotte sauvage

Un autre matin j’ai trouvé une exuvie attachée à un support peu solide : une tige de carotte sauvage se balançant au gré du vent, aussi une femelle.
On observe les pattes avant puissantes destinées à la vie souterraine  et à la sortie ensuite du sol.
Cicada orni est une petite cigale, mais sa cymbalisation est une des plus puissantes du monde des Cigales. De quoi nous tenir agréablement compagnie !

Ici une publication antérieure consacrée à Cicada orni et Lyristes plebejus.