jeudi 25 novembre 2010

Stictopleurus abutilon , punaise de la famille des Rhopalidae

Le jardin offre des visiteurs très différents. Certains majestueux comme l’Anax survolent rapidement et adroitement le territoire en cherchant une proie ou un lieu de ponte, d’autres se posent délicatement sur un fleur pour se nourrir en étirant leur trompe, ce sont les papillons.
Mais dans l’herbe, au ras du sol, sous les feuilles , tout une faune discrète est à l’ouvrage.
Au printemps, j’ai installé un noisetier, avec l’arrière pensée d’attirer l’écureuil, le petit lutin roux, dans cet endroit. Pour « meubler » l’espace encore dégagé, quelques pieds de tournesols m’ont fourni de belles graines pour régaler les oiseaux et à leur pied des dimorphotécas se sont étalés.



Stictopleuris abutilon , sur une feuille de Dimorphoteca.
C’est entre tournesol et dimorphotécas que j’ai observé cette petite punaise. C’est un insecte qui ne fait guère plus de 8mm.
De plus , ce n’est pas du tout une punaise qui aime les régions chaudes puisqu’une part des documents dont je me suis servi sont allemands et d’autres anglais.

Que faut -il observer sur cette petite punaise pour l’identifier ?

En premier lieu les antennes:Deux critères permettent de définir à quelle famille appartient l’insecte:
-Le premier article antennaire est moitié aussi large que la tête
-et le 4eme, quant à lui est aussi long que le 3eme. Ces critères nous disent alors que nous sommes dans la tribu(ou famille) des Rhopalidae.On compte en France 3 genres : : Rhopalus-Liorhyssus-Stictopleurus





Détail de la tête, la flèche indique la particularité du pronotum qui oriente vers l'espèce abutilon

Seconde étape: déterminer le genre, pour cela on observe :
-la tête aussi large que longue
-les yeux qui ne touchent pas l’angle antérieur du pronotum
-sur le pronotum une rainure terminée latéralement par deux cercles qui peuvent être ouverts ou fermés.
Nous sommes alors dans la famille des Stictopleurus qui compte 4 représentants dans nos régions

Pour déterminer l’espèce, c’est bien sûr à partir de là que tout se complique puisqu’ il faut examiner les genitalia.C’est à dire inspecter l’insecte à la loupe binoculaire.
Heureusement quelques signe distinctifs extérieurs sont connus.
-Le pronotum n’a pas de stries longitudinales,
-la pointe du scutellum est bien arrondie
-le dessin du scutellum présente les anneaux fermés.(entrouverts cela devient alors Stictopleurus punctatonervosus). La flèche sur la photo de la tête le montre , ce petit anneau fermé que l'on ne voit pas toujours très bien!
On arrive ainsi à l’espèce : abutilon.



Cette punaise vient de muer et ses couleurs tirant sur le roux vont peu à peu changer et devenir plus sombres
Voici une excellente fiche qui présente cet insecte(en anglais)
On trouve aussi sur cette page un PDF qui est une clé d’identification , en allemand, des Rhopalidae
Elle est incluse dans une page plus générale présentant la famille des Rhopalidae
Je trouve leur site excellent
J’ai trouvé ailleurs encore d’autres information concernant Stictopleurus abutilon :la pointe scutellaire est bordée de clair, la tache foncée terminale allongée .


Voici un individu beaucoup plus sombre où les caractères distinctifs sont plus difficiles à observer.

Je présenterai dans une publication suivante une autre punaise de cette famille des Rhopalidae .

9 commentaires:

  1. Merci pour ton bel article, c'est toujours très intéressant!

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  2. Tout à fait. Pour moi, British Bugs est le première site pour les punaises. Je le regard souvent.

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  3. Ouah superbe... Je trouve qu'elle n'a pas une tête de punaise... Joli reportage encore une fois sur une tite bête que je ne connaissais pas!

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  4. Ces aspects qui diffèrent suivant les stades de croissance ne facilent pas les choses... C'est bien l'inconvénient avec ces punaises... Je ne pense pas avoir jamais surpris celle-ci, il me semble que dans la famille rhopalidae je n'ai archivé que la punaise de la jusquiame, .
    C'est très intéressant de suivre cheminement du décryptage des clés qui t'a conduit à la détermination. Il n'est possible que lorsque l'on a pu saisir tous les points importants, ce n'est pas toujours le cas.

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  5. Merci beaucoup pour ces belles photos et ce billet très intéressant sur l'identification des Rhopalidae. Je ne connaissais pas ce site anglais qui va entrer illico dans mes favoris !
    J'aime beaucoup la photo de l'individu venant de muer, très jolies couleurs !
    Bonne soirée Lucie :-)
    Sophie

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  6. Il ne me semble pas la connaître non plus et comme Zygena le site est parti dans mes favoris, ça peut toujours servir. Ton exposé est d'une rigueur exemplaire et bravo aussi pour les clichés et les détails qui contribuent parfaitement à sa compréhension.

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  7. Toujours au top avec avec infos super-précises à l'appui!
    Quel boulot!!
    Ces punaises doivent être presqu'aussi complexes à étudier que les Orthoptères!
    Ayant reçu le Guide du Naturaliste au sujet de ces derniers, je m'affole en regardant toutes ces photos... Tant de criquets se ressemblent et l'on se dit: "Ah, c'est celui-là"! Et puis on tourne quelques pages et puis: "Ben, finalement, ça pourrait bien être celui-là!"!
    Et je suis tranquille qu'en fin de compte ce n'est ni l'un ni les autres mais justement celui qu'on aurait soupçonné le moins pour une histoire d'appendice d'un micron de long!!!!
    Alors j lisse volontiers notre Lucie nationale nous guider dans ces détails infimes et réjouissants... parce que si merveilleusement et humoristiquement bien présentés!!
    bon, voilà... Petite réflexion du jour!!
    Bizzz à tous les 2!!
    A+

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  8. merci du détail de la méthodologie
    pour définir l'identification
    les punaises restant un groupe trés compliqué je t'admire ...

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Votre avis sur ce sujet m'intéresse;je lis toujours les commentaires avec beaucoup de plaisir, ...même si je n'y réponds qu'occasionnellement.