mercredi 29 septembre 2010

Coccinelles: Hippodamia variegata, Hippodamia undecimnotata, Coccinella 7punctata, Harmonia axyridis à ne pas confondre!

Nous connaissons tous la « coccinelle », bête à bon dieu, qui se promène du printemps à l’automne sur nos plantes.
Je me suis récemment rendue compte que la populaire coccinelle à 7 points avaient de sérieuses concurrentes non seulement en matière de consommation de pucerons mais simplement que plusieurs autres coccinelles lui ressemblaient tellement que cela pouvait prêter à confusion.
Le but de ce billet est d’attirer votre attention sur ces sosies qui n’en sont pas !



Coccinelle à 7 points, la coccinelle que nous connaissons tous.

D’abord la plus connue, la coccinelle à 7 points (Coccinella 7-punctata). Facile, elle a 7 jolis points sur son dos. Celui qui est à cheval à la jointure des élytres compte pour un seul .Elle mesure plus de 5mm, a le dos bien bombé. Elle est rouge avec de gros points noirs bien ronds et réguliers. Une petite marque blanche se situe de part et d’autre du point visible derrière le pronotum.
Le dessin sur le pronotum mérite aussi qu’on l’observe bien car il donne de précieuses informations.
Cette photo a été faite dans la garrigue, sur un fenouil, plante toujours riche en observations.
Car curieusement je n’ai pas cette coccinelle dans mon jardin.


Hippodamia variegata, ses points varient mais le pronotum est caractéristique.

Voici celle que je prenais pour la coccinelle « de base ».
Hippodamia variegata a les mêmes couleurs mais :
• est plus allongée et pas joliment bombée comme la 7 points
• les points ne sont pas tous bien ronds
• le point à la jointure des 2 élytres est allongé,
• elle est petite , moins de 5mm !
• le pronotum présente un dessin bien différent.



Un couple d'Hippodamia variegata, le dessin du pronotum est différent.



Les couples montrent en plus , que, comme le nom de la coccinelle l’indique, le dessin du pronotum varie.



Hippodamia undecimnotata,l'hippodamie à 11 points.


Maintenant encore une espèce qui ressemble aussi à notre coccinelle à 7 points avec les mêmes couleurs : c’est Hippodamia undecimnotata.(elle compte onze points)
• elle est petite, moins de 5mm
• elle est plus ovale que ronde
• la tache au-dessus du pronotum est plus triangulaire que ronde
• il n’y a pas de blanc autour de la tache centrale au- dessus du pronotum
• La tache noire du pronotum est trapézoïdale, pas découpée, mais présente souvent une petite ligne blanche à l’avant. Je dis souvent, car, il y a aussi des petites variations.
• Comme son nom le dit, elle a 11 points, mais certains sont tout petits ou à peine visibles.

C’est une coccinelle qui a aussi été employée dans la lutte biologique contre les pucerons du soja.
C'est sans doute la plus méridionale du lot!



Harmonia axyridis, la coccinelle asaitique, nouvelle née, les points ne sont pas encore visibles.

Et voici celle qui a entrainé toutes ces recherches et observations, bien sûr c’est l’invasive, la vorace, celle qui n’aurait pas dû être ici : l’Asiatique, de son vrai nom Harmonia axyridis.
• Elle mesure souvent plus de 5mm
• Ses points sont en nombre très variable
• Son pronotum présente aussi des dessins différents (mais 4 grands schémas sont les plus courants. Celle que j’ai trouvé sur la menthe, nouvellement éclose présente une des formes (pattes de chat) de ces variantes. Ses points mettent un certain temps à apparaître sur les élytres. Le pli que l’on voit à l’apex de son dos est aussi une caractéristique de cette coccinelle (bourrelet élytral).


Une autre forme d'Harmonia axyridis à l'envol.

J’en ai trouvé une dans le fenouil qui n’a pas apprécié ma présence et s’est vite envolée. Là, le pronotum est orné d’un grand M.
• Elle a les pattes orangées dans leur ensemble(attention , Hippodamia variegata a les tibias antérieurs jaunes)

Nous voilà donc en présence de jolis insectes qui chacun ont leur particularité ! Précisons que les 4 espèces de coccinelles présentées ici sont toutes aphidiphages, c’est-à-dire consommatrices de pucerons.

lundi 27 septembre 2010

Enfin, des chenilles de Machaon sur le fenouil!

Dès le mois d’août, j’ai commencé à scruter mes pieds de fenouils dans l’espoir d’en apercevoir une.
Début septembre, je me suis dit « ce ne sera pas pour cette année, dommage ».
La nature reproduit bien des schémas, mais avec de grandes variations. Souvenons—nous, l’an dernier nous avions connu une importante migration de Belle-Dame(Cynthia cardui ) , cette année je n’en ai vu aucune dans le jardin et très peu lors de mes sorties.
Je me disais que les Machaons(Papilio machaon) avaient choisi d’autres lieux pour pondre. Le fenouil m’a permis de très belles observations, c’était ma consolation.



Chenille de papilio machaon avant-dernière mue.

Ce n’est que le 18 septembre que, parmi les larves de coccinelles, j’ai aperçu enfin une chenille de Machaon. Elle était encore bien petite et ressemblait peu à la belle chenille verte et ponctuée de jaune, noir et orange.



Elle aura bientôt atteint sa taille définitive, cette chenille qui se nourrit de fleurs de fenouil.


Et scrutant le fenouil encore hier, je l’ai revue, vêtue ses de sa livrée définitive, déjà bien reconnaissable, elle a plus de 3 cm, même si elle est encore un peu pâlotte. Mais elle en est déjà au dernier stade : plus de tache claire sur le milieu du corps et les picots (les scolies ) sont en voie de régression, on les devienne encore un peu .



Ses couleurs vertes et jaunes la fondent dans le décor.


Ce matin je suis retournée la voir, elle avait un voyagé, mais très peu .En levant le nez vers le haut des inflorescences de la plante qui fait plus de 2 mètres, j’ai vu une seconde chenille.
Celle-ci bien en vue, bien grosse, a atteint son stade ultime de chenille. Elle n’a plus de scolies. Elle est amusante perchée au bout de la tige de la fleur dont elle a tout mangé. Et dire que je ne l’avais pas vue, (tu vois Marithé, il y a bien des insectes qui échappent à mon regard !)



Ayant mangé toute les fleurs du fenouil, elle consomme maintenant la tige.


Maintenant elle va se choisir un endroit discret pour se transformer en chrysalide et passer l’hiver.



Un petit portrait: admirez ses pattes aux jolis ongles vernissés!

Déjà l’an passé j’ai bien cherché l’endroit où elles pouvaient se cacher, mais je ne l’avais pas trouvé .Le jeu va recommencer cette année.



Papilio machaon , abîmé.

Ce sont peut- être les descendants de ce vieux sujet bien abîmé qui se promènent sur le fenouil, la relève est assurée, nous reverrons encore ce magnifique papillon l’an prochain.

Rappel : le développement de la chenille depuis ses premiers stades

dimanche 26 septembre 2010

Argiope lobata, l'Argiope lobée

En nous promenant sur le massif de la Clape , dans le département de l’Aude, près de Gruissan , nous avons découvert une des plus grosses araignées que nous ayons en France : l’Argiope lobata .



Même en m'éloignant beaucoup, il m'a été impossible de photographier l'intégralité de cette très grande toile tissée par Argiope lobata.


En Europe , nous avons 2 argiopes , celle qui est la plus répandue : Argiope bruennichi (argiope frelon) et l’Argiope lobata(Argiope lobée), qui est encore plus grande ! Elle aime les endroits ensoleillés, secs et souvent caillouteux.
Sa très grande toile, ici tendue entre différents pieds de fenouil, comporte comme celle de sa cousine, un stabilimentum .



C'est ainsi qu'on la voit, la face ventrale visible.


Nous en trouverons une seconde , installée bien plus près du sol , dans des buissons de thym.
L’araignée est installée sous sa toile , de sorte qu’on lui voit bien le ventre d’ailleurs joliment décoré de ligne beiges et brunes qui se fondent dans ce décor de tiges en train de sécher. Camouflage, toujours gage d’efficacité et de survie. Mais pour voir son dos, il faut faire une belle gymnastique.




Le dos, vallonné est très clair , trop visible.



Le dos est bien moins coloré, mais ce sont les contours de son abdomen et les vallonnements remarquables de son dos qui la distingue des autres araignées : on ne peut pas se méprendre, elle seule a cette silhouette.
Le cépaholothorax est entièrement recouvert de poils blancs argentés qui brillent au soleil, c’est la raison pour laquelle elle présente son ventre aux visiteurs.



En position d'attente au centre de sa toile, les chélicères bien visibles.



Elle consomme de grosses proies qu’elle attrape dans cette très grande toile tendue sous un gros câble qui peut atteindre 1,60mètres de longueur.
Toutes les nuits l’araignée refait sa toile, ce travail lui demandant plus de 3 heures. Elle comprend entre 34 et 45 rayons(infos trouvés dans le numéro73 de La Hulotte consacré aux araignées orbitèles)Et, même si elle se déplace sur sa toile, elle reste attachée à celle-ci par un fil que ses puissantes filières produisent en permanence.


Le fil qui la relie à sa toile!



Le vent très fort ce jour-là avait quelque peu malmené son ouvrage, mais l’essentiel était bien solide.
C’est une araignée que l’on rencontre dans le Sud du pays, mais je ne l’ai jamais rencontrée dans mes garrigues pourtant bien arides.

samedi 25 septembre 2010

Sauterelles de Haute Garonne: Tylopsis lilifolia et Pholidoptera griseoaptera!!

Partageant la même passion pour la nature qui nous entoure et nous révèle tant de merveilles quand on la regarde de très près, en particulier à travers le viseur d’un APN, j’ai eu le plaisir de converser via le net d’abord et ensuite de concrétiser une rencontre « dans la réalité »avec Noushka , l’auteur du blog bien connu et apprécié : 1000 pattes!
Ces moments furent des plus chaleureux et des plus riches ! Nous avons passé de longs moments sur le terrain ! Elle m’a présenté « ses libellules » et bien que la saison fut avancé grâce à ses conseils et à ceux d’Alain que vous connaissez sur le blog des Libellules de France et d’Ailleurs, j’ai fait quelques belles rencontres.
Mais mon principal sujet de curiosité reste les orthoptères. C’est ainsi que nous avons vu ce jeune mâle de Tylopsis lilifolium perlé de gouttes de rosée.




Tylopsis lilifolia, un joli mâle soucieux sde son apparence, se lisse les antennes!



Ce fut ensuite l’occasion d’un portrait croisé, l’élégante sauterelle qui se superpose au visage de notre très belle hôtesse ! Car passant devant nous pour me laisser à mes prises de vue, j’ai appuyé sur le déclencheur à ce moment.

                                                  Un portrait "orthoptérisé" de Noushka!



Ensuite notre belle sauterelle a continué sa toilette paisiblement. Les antennes blanches et si longues, très esthétiquement arquées attirent immanquablement le regard.Regardez avec quelle délicatesse la patte guide l’antenne.


"Je guide mon antenne, j'en prends grand soin, car elle fait partie de mon irrésistible charme"



Un peu plus loin j’ai rencontré une autre sauterelle, moins éclatante, beaucoup moins visible, mais coopérative ! L’ayant trouvé dans l’herbe j’ai voulu l’examiner de près et cette petite femelle de Pholidoptera griseoaptera s’est volontiers installée sur mon doigt. Son nom est bien explicite : griseo , grise et aptera, qui signifie sans ailes ! On ne voit pas d’ailes sur son dos, elle a en effet de très petites ailes qui ne dépassent que d’un millimètre du pronotum .C’est une petite sauterelle dont le corps n’atteint que 2cm(ovipositeur non compris) .



Marchant sur les feuilles mortes, Pholidoptera groseoaptera passe bien inaperçue!




C’est une decticelle avec ses plantules libres sur ses grandes pattes arrière. Elle porte en français le joli nom de Decticelle cendrée.Une étroite bordure claire cerne son pronotum , contrairement aux autres Pholidoptera que l’on rencontre chez nous , où cette bordure est bien plus large.
Elle a un joli ventre bien jaune que l’on distingue dans sa partie terminale. Son oviscapte, fait environ une fois et demie la longueur de son pronotum.



Une jolie femelle avec son oviscapte arqué et son ventre jaune!



Cette Pholidoptera griseoaptera se rencontre partout, mais elle aime les orées forestières, les clairières. Elle se nourrit d’insectes(pucerons, mouches) mais aime aussi les pissenlits ou les orties.
On peut en voir jusqu’en novembre ! Vous avez encore de nombreuses possibilités de l’apercevoir.
Merci encore à Noushka de m'avoir offert cette "coche" orthophérique car je n'avais jamais observé ce bel insecte!

mercredi 15 septembre 2010

Graphosoma italicum:les nouveaux- nés!

Un petit complément à ma publication précédente présentant Graphosome italicum ! Cette après- midi, je suis arrivée un peu après l’éclosion de quelques- unes de ces petites punaises très communes ! Ayant placé une inflorescence de fenouil en lieu sûr, sur ma terrasse j’y jette un regard rapide et je vois des mouvements ! Mais je ne savais pas s’il s’agissait d’un puceron qui se promenait ou d’autre chose ! Je suis allée chercher l’appareil photo et je me suis installée du mieux possible en jouant avec la lumière et en évitant le léger vent qui soufflait !


Des oeufs vides, ils font un millimètre de hauteur!

C’est ainsi que j’ai vu les œufs ouverts ! Le couvercle, légèrement entrouvert permet de voir cette petite excroissance plus dure(deux petits triangles bordés de noir), la dent de l’œuf, que la petite larve pousse pour s’échapper de son tonnelet.
.

Oeufs et larves de Graphosoma italicum sur une petite inflorescence sèche de fenouil!

Ce qui m’a émerveillé c’est la beauté de ce tonnelet ! Il n’est pas lisse mais régulièrement orné de petites pointes qui font une jolie dentelle entourant le réceptacle qui a vu la larve se développer !


On explore le monde!

Le couvercle parfaitement rond laisse voir des petites veinules plus denses ! La larve a soulevé le couvercle en poussant sur cette partie plus dure, la dent ! Le couvercle reste attaché au tonnelet par une petite charnière !
La hauteur de l’œuf tourne autour d’un millimètre ! Un chef d’œuvre de miniaturisation !


Les plus intrépides montent sur les oeufs, beaucoup restent à l'abri dessous!


Une fois quitté l’œuf, les larves restent à proximité et explorent le dessus et le dessous de leur support ! Certaines plus intrépides ou plus aventureuses montent sur les œufs, histoire de voir le monde en prenant de la hauteur !
Sur le côté droit des photos, une graine de fenouil donne l'échelle de cette petite scène!

Mais le soir venu, tout le monde se cache sous les œufs, à l’abri de cette très petite inflorescence de fenouil !

dimanche 12 septembre 2010

Yersinella raymondii,la Decticelle frêle, la plus petite sauterelle de mon jardin!

Quand, observant les punaises et les coccinelles sur le lilas qui orne le fond du jardin , j’ai été bien surprise de découvrir, bien à l’ombre sous les feuilles, une minuscule sauterelle ! A première vue en regardant sa taille et son absence apparente d’ailes, j’ai pensé à un juvénile bien tardif ! J’ai pris quelques rapides clichés et je suis passé à autre chose ! C’est en les observant sur le Pc que je me suis rendue compte de mon erreur ! Ses ailes étaient celles d’un adulte ! Quelle surprise de voir un si petit mâle se promener sur le lilas ! Grâce à ses cerques qu’il faut toujours photographier car ils apportent de précieuses indications, j’ai pu lui mettre un nom :Yersinella raymondii , la Decticelle frêle!


Juste à peine plus d'un centimètre caché sous le sfeuilles du lilas, la Decticelle frêle!


Et j’ai bien regretté de ne pas avoir plus de clichés à ma disposition C’est ainsi que j’ai scruté plusieurs jours de suite, de bon matin, mon lilas !
Et hier, chouette, elle était revenue ! Mais avec une patte en moins ! La vie de sauterelle adulte est bien dangereuse ! J’ai été supercontente de retrouver ce petit mâle ! Et je lui ai proposé d’autre support, histoire de nous faire une belle séance photo!La table de la terrasse ne l’a pas beaucoup inspiré, il ne songeait qu’à s’enfuir !


Avec un bon repas à disposition , voilà un petit mâle de Decticelle frêle très coopératif!

Dépourvu d’ailes efficaces et ayant perdu une patte sauteuse, je me disais qu’il aurait du mal à m’échapper ! Pas du tout, il faisait des bonds de 30cm !!
C’est alors que je l’ai emmené sur cette vergerette du canada, une belle mauvaise herbe qui pousse dans le jardin ! Et alors ce fut un festin ! Il a goûté, les graines, les fleurs à tel point que je l’ai laissé à son repas !


Ces cerques droits, sans épine, et légèrement déprimés, un critère de reconnaissance de Yersinella raymondii!
M’ayant offert toutes les photos que je voulais, voici quelques informations sur cette surprenante sauterelle ! La taille tout d’abord, il fait à peine plus d’un cm, mais dont les antennes démesurées et très mobiles ont parfois du mal à rentrer dans le cadre du viseur !
Les cerques sont cylindriques , non-dentés et légèrement déprimés !C’est cette petite dépression que je prenais pour un défaut de conformation qui confirme son identité ! L’ornementation de son corps est aussi à noter : une bande latérale sombre parcourt tout le corps depuis la tête jusqu’au cerques et elle est très nettement délimitée sur le dos par un trait plus clair.


En 1, la plantule libre, en 2 le tarse: ils sont de longueur égale,CQFD!

Elle porte le nom vernaculaire de Decticelle frêle ! Vous vous souvenez qu’une des caractéristiques des Decticelles est la présence de deux plantules libres sur la dernière paire de pattes ! Or une photo montre ces plantules et en plus on constate que leur longueur est égale à la longueur du tarse !C’est encore un critère de détermination ! On constate bien sûr que ce sont ces petits détails qui permettent avec beaucoup d’exactitude de mettre un nom sur ces petites bestioles !


Bon appétit et merci pour la pose!

C’est une espèce que l’on rencontre dans la moitié sud du pays depuis l’Aquitaine à la Côte d’Azur ! Mais elle se rencontre aussi en Suisse et jusqu’en Grèce.
Pourquoi ne la voit- on pas plus souvent ?
Elle est petite , peu colorée et fréquente surtout les orées forestières et les milieux broussailleux !
Il faut donc bien ouvrir les yeux lorsque l'on se promène!

samedi 11 septembre 2010

Mantes à gogo dans la garrigue: Mantes religieuses et Ameles decolor!

Arrivées au stade adulte, les mantes sont très actives car la saison de la reproduction est courte ! Et elles se déclinent sous toutes les couleurs ! Vertes et beiges pour les plus grandes que sont les mantes religieuses, petites et grises pour les moins connues que sont les Ameles decolor !


Mante religieuse femelle de couleur beige!

Dans ma promenade à travers la garrigue en ce début du mois de septembre, j’ai pu observer plusieurs mantes ! D’abord la religieuse(Mantis religiosa), la plus connue dont l’expansion vers le Nord du pays est avérée ! Les femelles, bien plus grandes que les mâles ne volent pas ! Elles sont plus grandes que les mâles et leur abdomen gonflé montre leur fonction reproductrice ! Elles se rencontrent sous deux formes ! Couleur beige d’abord, celle-ci se cachait à proximité des cailloux et de la végétation basse.


Une belle femelle de couleur verte, qui vient sans doute de pondre!

Un peu plus loin une jolie femelle qui venait sans doute de pondre. Dans sa position caractéristique d’attente ! Immobile, elle est capable de passer de longs moments à guetter tout ce qui bouge dans son environnement ! Mais gare au criquet, à la mouche ou au moucheron qui se pose à proximité de ses pattes ravisseuses !


Un beau mâle qui prend une pose très élégante!

Le mâle quant à lui a attiré mon attention en s’envolant et en se posant sur cette brindille bien dégagée ! Son vol est aisé, rapide et élégant ! Il le faut pour conquérir une belle qui n’aura pas de bonnes intentions à son égard !


Difficile à voir sur le fond gris des pierres calcaires qui parsèment la garrigue!

Et déjà au mois d’août j’avais observé la présence de nombreuses petites mantes grises, peu visibles, les petites Ameles decolor, des mantes plus méridionales !
La femelle se déplace rapidement dans les bouquets de thym desséchés ou les herbes basses ! Avec des moignons d’ailes, elle ne peut pas voler !


Moins de 3cm pour cette petite Ameles decolor femelle!

Pour vous montrer sa petite taille (moins de 3cm) le l’ai laissé se promener sur mes doigts ! C’est toujours un repère très utile pour moi ! A la maison je peux toujours mesurer le doigt qui me sert de référence ! Je passe un bon moment avec ces petites bestioles qui se promènent sur ma main et que je peux regarder à loisir. Certaines rechignent parfois à quitter ce support inhabituel !!


Un joli mâle dont les ailes recouvrent l'abdomen ! Il vole très bien !

Ce matin- là j’ai rencontré un mâle, lui vole très rapidement et fait des déplacements de plusieurs mètres ! C’est ainsi qu’il a attiré mon attention !


Dans une pose classique d'attente, on peut admirer ses ailes qui brillent au soleil!

Heureusement qu’il a ensuite pris gentiment la pose ! Et ses ailes sont vraiment longues et brillantes sous le soleil !

Je ne résiste pas à vous mettre la première image de cette matinée ! Arrivée en haut de la colline , je pose mon sac et j’admire le paysage ! En le reprenant, un joli phasme se promenait dessus ! Et après un petit tour sur ma main, j’ai eu du mal à le convaincre de retourner sur un support qui lui convienne mieux !


Le phasme commun , Clonopsis gallica au soleil du matin!

L’automne n’offre pas l’exubérance des journées estivales dans nos prairies, mais c’est la saison où bien des insectes, après de nombreuses mues, arrivent au stade adulte ! Ce bref moment de leur vie qui est le plus important puisqu’il s’agit de préparer leur descendance .

jeudi 9 septembre 2010

Nezara viridula ou Palomena prasina, ne pas confondre!

Encore une histoire d’invasive qui prend petit à petit la place d’une autochtone inoffensive ! Ou comment Nezara viridula, la punaise du soja originaire d’Afrique , prend la place de Palomena prasina qui ne fait pas grand mal à nos cultures !



Palomena prasina , adulte.

Le monde des punaises comprend de nombreuses espèces qui vivent dans nos végétaux ! Certaines sont plus visibles que d’autres, la plupart ne font que peu de dégâts mais Nezara viridula, quand elle s’installe dans les plants de tomates peut occasionner des dégâts ! Elle est polyphage , s’attaque aussi aux aubergines, poivrons, concombres. C’est donc l’occasion de vous présenter ces deux hétéroptères !


Nezara viridula, de 3 à 5 points blancs et des membranes vertes!


Ce sont des punaises vertes toutes deux, qui se distinguent visuellement par deux détails :
Nezara virudula a 3 petits points blancs(parfois5!) bien visibles à la limite du pronotum sur la partie dorsale, sur l’écusson.
• La partie membraneuse des ailes est verte chez Nezara et bien sombre chez Palomena .
Pour les deux adultes la distinction est facile !

Chez moi,les Nezara, sont partout et bien sûr aussi dans le potager (où elles sont expulsées, ma tolérance ayant des limites !)
Je les observe en nombre sur ou plutôt sous, les grandes feuilles des tournesols !
A la naissance, quand elles sortent de leurs tonnelets comme les Graphosomes italicum , elles restent groupés pendant un jour ou deux ! Elles sont d’abord brunes et très rapidement deviennent noires et muent une première fois ! A partir de ce moment, elles se dispersent et vont se nourrir au détriment de nos légumes !! Une autre message montrera les différentes évolutions de cette punaise qui est présente en grand nombre dans le jardin en cette fin d’été !
Elles prennent ensuite de très jolies couleurs, sans doute pour essayer de nous charmer et d’éviter d’être virées de leur support !!


Larve de Nezara viridula(forme torquata) au dernier stade, peu avant la mue!

Nezara apparaît sous deux formes, la forme normale que l’on voit sur la première photo et une forme appelée torquata avec cette jolie bordure beige !
Voici une punaise au dernier stade, je l’avais repérée dans le jardin et ses couleurs m’indiquaient qu’elle n’allait pas tarder à muer ! En effet, avant la mue, l’insecte ne se nourrit plus et une couche d’air décolle l’enveloppe externe et on aperçoit, par transparence les couleurs du nouvel adulte La flèche sur la photo indique une zone déjà bien « décollée »! La mue n’a pas durée une demie- heure et l’adulte une forme torquata est apparue.


Un adulte tout neuf, de Nezara viridula forme torquata!

Sa couleur définitive n’est pas encore acquise, on devine encore le rose sous la bordure qui va devenir plus opaque et beige ! C’est ainsi que l’adulte passera l’hiver ou il deviendra de plus en plus sombre pour se dissimuler dans la végétation !


Larve au stade 5 de Palomena prasina.

La larve de Palomena prasina est plus discrète et reste dans les tons verts qui sont ceux de l'adulte! On peut noter cependant une jolie bordure beige qui fait le tour du pronotum et de l'abdomen!


Palomena prasina au dernier stade larvaire! Sa chitine est loin d'être lisse!

Ici, les petites flèches indiquent les orifices de ces glandes odoriférantes qui servent de défense à l'insecte!Adultes elles seront sous l'abdomen et beaucoup moins visibles!

En regardant sous les feuilles des végétaux , vous avez des occasions de voir ces punaises qui vivent leur vie dans la discrétion ! Et ces nouveaux adultes chercheront bientôt un abri pour passer les mauvais jours!

lundi 6 septembre 2010

Gonocerus insidiator: une punaise sur l'arbousier.

Après la Punaise arlequin , que l’on rencontre en abondance partout en cette saison, voici un hétéroptère au « design » plus original et à la localisation plus sudiste.


Gonocerus insidiator sur une arbouse, le fruit fait environ 1cm de diamètre.

C’est une punaise inféodé à Arbustus unedo, l’arbousier. C’est dans cet arbre méditerranéen qui n’a pas besoin d’arrosage en été, dont les feuilles vertes persistantes décorent le fond du jardin que je l’ai surprise ! L’arbousier a d’autres vertus, sa croissance lente ne nécessite pas d’entretien et ses fruits, les arbouses, ressemblent aux fraises, le goût en moins (on l’appelle aussi l’arbre aux fraises).Fleurs et fruits se succèdent toute l’année et les oiseaux se régalent de ces fraises qui mûrissent à l’automne ! Accessoirement cet arbre est aussi l’hôte de la chenille du Pacha à deux queues(Charaxes jasius), un superbe papillon(que j'attends toujours!!) !


Larve aux premiers stades, minuscule sur son fruit nourricier!

Cette punaise aussi ne manque pas d’originalité avec ses deux pointes dressées sur le bord de son pronotum, c’est ce détail qui a attiré mon attention. Il existe 3 variétés de ce Gonocerus en France. Voici une page pour les identifier.



Presque adulte, la larve fera encore au moins une mue! On voit très bien ses futures ailes!


Toujours sur l’arbousier j’ai rencontré des juvéniles ! Leur taille et l’avancement de la grandeur et de la netteté de l’ébauche des ailes permet de les classer !
Les larves ont sur le dos des points sombres qui sont les orifices de leurs glandes odoriférantes . Au stade adulte ceux -ci se situent sur la partie ventrale de l’abdomen.




Je pique dans l'arbouse avec mon rostre!


Ce sont des insectes munis d’un rostre qui sert à leur alimentation ! Piqueur et suceur voilà la méthode pour se nourrir !
Au repos le rostre se « range » dans un creux sous l’abdomen.
En action, c’est une gouttière composée de plusieurs pièces : deux canaux superposés ont deux usages différents ! Ces canaux , appelés stylets, servent le premier(canal salivaire) à piquer la feuille ou le fruit, y injecter de la salive ! Cette salive prédigère la matière végétale et la liquéfie. Le second stylet (canal alimentaire) aspire alors la nourriture. On parle alors de digestion extra orale.



On aperçoit le stylet séparé de la gouttière qui le supporte au repos.



On remarque que la punaise est toujours en « harmonie » avec son support !

Ce qui m’étonne toujours ce sont mes rencontres quasi quotidiennes avec un insecte presque au même endroit de l’arbousier ! Il en va de même pour beaucoup d’insectes qui , dépourvus d’ailes se choisissent un quartier résidentiel et y demeurent ! Deux branches, dix feuilles et 3 arbouses suffisent ainsi au développement de notre petit Gonocerus insidiator !



Adulte Gonocerus insidiator sur Pittosporum tenuifolium.



L’adulte ailé voit enfin son monde s’élargir ! Et explore le reste de l’arbre et s’en va même ailleurs puisque j’ai rencontré un adulte sur un Pittosporum tenuifolium.