mardi 30 juin 2009

La lavande reçoit de nombreux visiteurs: papillons, insectes et même de toutes petites araignés.

Retour au jardin pour ce message !
La lavande est magnifiquement en fleurs dans les jardins et dans les collines méditerranéennes.
J’aime beaucoup cette plante aux nombreuses vertus et au parfum si subtil. Elle me rappelle des souvenirs d’enfance et des parfums de vacances ! …. C’est en regardant tout ce qui va et vient autour de cette plante que l’idée m’est venue de vous présenter quelques- uns de ses visiteurs.
Et ils nombreux !
Ses petites fleurs attirent papillons, abeilles, bourdons et guêpes, mais aussi des embusqués qui y attendent leur nourriture !

Hespérie de l'alcée

Voici un papillon sans grand éclat, l’Hespérie de l’alcée(Carcharodus alceae). Pour lui trouver son nom, j’observe bien le détail des dessins de ses ailes et un des repères qui attire mon oeil sont les 3 petites taches blanches qui se trouvent à l’extrémité de l’aile antérieure.
Et voici quaujourd’hui en le regardant virevolter dans la lumière je me rends compte que ces taches blanches sont transparentes ! Je regarde alors mes photos d’un peu plus près et le détail permet de voir que ces endroits sont dépourvus d’écailles.
C’est en fait l’absence « de tuiles » qui donne cette couleur !

Détail de l'aile montrant le manque d'écailles sur les taches blanches

Un autre visiteur de la lavande présente une livrée flamboyante qui lui vaut d’ailleurs son nom : le Flambé(Iphiclides podalirius).

Le Flambé

Ce grand papillon visite souvent les arbres fruitiers en fleurs, mais aussi les lavandes.
Son déguisement est intéressant : ses ailes sont ornées d’yeux en trompe l’œil. L’attention des prédateurs est ainsi attirée par le bout des ailes, qui n’est pas un organe vital pour l’insecte.
Et mon visiteur de ces jours-ci a déjà échappé à une mort prématurée en y laissant un but de sa belle décoration. Mais cela ne l’empêche pas de continuer à virevolter et de se régaler en attendant d’assurer sa descendance et d’avoir accompli son rôle.

Flambé ayant perdu le bout de son aile postérieure.


L’Azuré porte queue est de petite taille mais facilement reconnaissable à la petite queue qui orne son aile postérieure. Il peut être confondu avec le brun du pélargonium qui est un nuisible pour les pélargoniums ! Le brun ne présente pas ces jolis reflets azurés qui donnent son nom à Lampides boeticus.

L'Azuré porte queue aux couleurs en harmonie avec les fleurs de lavande!

Ce joli papillon est commun surtout dans le sud et on pense que les populations des régions nord de la France sont issues de migrations.


Une petite touffe de poils qui le distingue des autres azurés.

Ces insectes colorés et légers nous surprendrons toujours par leur capacité à parcourir des distances importantes !
La lavande sert aussi parfois de dortoir ! C’est le cas pour cette Anthidie, une grosse abeille solitaire qui accrochée par les mandibules ! Elle dormait tranquillement ! Ayant des doutes sur sa santé je l’ai un peu chatouillé, elle est sortie doucement de sa léthargie et a repris ses activités qui consistent en cette saison à « draguer les filles » ce qui lui a valu le surnom très mérité à mes yeux de dragueur de la lavande. (c’est ainsi que je donne des petits noms à ceux que je vois avant d’aller, plus sérieusement consulter la documentation permettant de leur donner leur nom scientifique ! Cela fait quand même plus sérieux !!) Il considère la lavande comme son territoire et surveille les femelles qui viennent y butiner ! Et ensuite, il n’est ni galant ni tendre. Il se considère tellement propriétaire des lavandes qu’il tourne autour de ma tête avec des bzzz bzzz sonores censés m’impressionner !!

L'Anthidie a choisi la couleur lavande pour son repos!

La partie terminale de son abdomen est pourvue de crochets et il s’en sert pour maintenir fermement sa partenaire.

Des crochets solides pour maintenir sa partenaire.


D’autres insectes plus étranges et surtout plus discrets s’installent aussi sur la lavande.

Je n’ai vu que pendant 2 ou 3 jours cette étrange punaise :Phymala monstrosa visible sur cette ancienne communication.

Mais il faut dire que son camouflage le rend bien difficile à observer !

D’autres « affûteurs » sont là : les araignées chasseuses ! Rassurez- vous, elles sont petites, peu visibles, ce qui est une condition pour la réussite de leur activité ! Eh oui, il faut bien manger !
Voici l’araignée Napoléon(Snaema globosum) ainsi nommée à cause du dessin du célèbre empereur qui figure sur son dos !
De couleur blanche, jaune(surtout dans le sud de la France) ou rouge(surtout dans le nord de la France, mais il y a des exceptions, la preuve celle ci est d’un beau rouge !) elle ne mesure que quelques millimètres.

Araignée Napoléon en surveillance derrière les fleurs.

Je n’avais jamais remarqué son existence jusqu’à la lecture d’un petit article que lui a consacré le journal La Hulotte. Bien écrit et illustré, je me suis mise à regarder avec un œil plus précis les fleurs et j’y vois souvent notre Napoléon des corolles à l’affût !
Pour ne pas choquer les âmes sensibles ( dont je suis) je n’ai pas mis ses captures ! Ici la belle butineuse ne sait pas à quoi elle a échappé et retourne à la ruche son travail accompli !
Mais hélas ce n’est pas toujours le cas !
Voici une autre chasseuse très active et matinale ! La rosée est rare dans notre région et sèche vite ! Cette image nous montre que de bon matin, Misumena Vatia, est à son poste !

Matinale , Misumena Vatia, ne craint pas de se mouiller!
Cette petite araignée a des capacités très intéressantes : on l’appelle aussi l’araignée caméléon. Elle varie sa robe en fonction des fleurs qu’elle habite à l’aide des pigments de sa peau. C’est une fonction dont ne sont capables que les femelles adultes.
Elle possède des pigments jaunes qui sont visibles sous sa peau quand elle est sur une fleur jaune, mais qui sont stockés dans des glandes à l’intérieur de son abdomen si elle la quitte. Si elle reste longtemps sur une fleur blanche, ces pigments sont évacués avec ses crottes ! Donc elle ne peut plus redevenir jaune en retournant sur une fleur de cette couleur. Une araignée avec les yeux noir brillant ( comme celle de l’image) ne peut plus changer de couleur !
Ces informations intéressantes sont extraites et traduites par mes soins de l’ouvrage « Kosmos Atlas Spinnentiere Europas », de l’excellent entomologiste Heiko Bellmann.

D’autres locataires considère la lavande comme une résidence estivale ! La sécheresse conduit ces petits escargots à se mettre à l’abri des prédateurs éventuels en s’installant en hauteur et en obturant leur coquille par un opercule translucide. A la prochaine pluie, ils se remettront en quête de nourriture !

A l'abri des prédateurs sur une belle fleur.

Ici sur la lavande ils ne risquent pas la visite des grives, grandes consommatrices de petits escargots : elles font le tour des piquets et autres tuteurs garnis de ces appétissants gastéropodes qu’elles dégustent sans assaisonnement aucun !
Bien d’autres insectes s’attardent sur la lavande, à vous de les découvrir et de les identifier !
C’est une activité très agréable pour les vacances que je vous souhaite excellentes!

mercredi 24 juin 2009

Pingouin torda: naissances sur l'île de May(Ecosse)

Le pingouin torda est un alcidé comme le macareux moine et le guillemot.
Ces 3 oiseaux de mer viennent nicher sur les côtes, quelques-uns en France mais davantage en Grande Bretagne, Ecosse et sur les côtes du pourtour atlantique !
Après avoir vu deux couples parmi les nombreux macareux de l’île de Lunga, nous sommes allés voir les oiseaux de l’île de May au Sud-Est de l’Ecosse. Proche de la côte cette île est une réserve ornithologique et compte près de 200 000 oiseaux nicheurs et reçoit 7000 bipèdes en tant que visiteurs chaque année !
Mais, le port est exposé Est et le vent d’Est qui souffle souvent et fort, rend son accès aléatoire ! Après 3 échecs au mois de mai nous avons refait des tentatives en juin dont certaines ont été couronnées de succès ! La visite vaut le voyage !
Comme je vous ai présenté le pingouin torda précédemment je vais continuer à vous raconter sa vie !
Sur May, les pingouins torda sont en nombre et occupent la partie assez haute des falaises. Ces falaises basaltiques, sont bien résistantes, et très recherchées par de nombreux nicheurs. D'autant plus que la mer alentour est riche de nourriture.


Falaise côté mer, photo prise depuis le bateau qui fait la liaison Anstruther- île de May.
L'image donne une petite idée de cette densité. Le noir du basalte est recouvert de déjections blanches et chaque point noir et blanc représente un oiseau, essentiellement des guillemots ou des pingouin torda, ce qui donne l'impression d'une photo en noir et blanc .

Ce qui est aussi remarquable, c’est de voir des couples qui couvent encore leur unique œuf, ( de forme conique)d’autres dont le poussin né est encore recouvert de duvet et enfin certains, dont le jeune ressemble déjà fort à l’adulte.


A deux étges diffrents, un pingouin encore en train de couver tandis que le poussin est déjà bien vif chez l'autre couple!

J'ai réussi à voir le rare moment où l'adulte retournait son oeuf, opération périlleuse ,l'oiseau agissait avec beaucoup de délicatesse. De forme conique , il roule moins facilement. D'autant plus qu'ici il est un peu calé par une pierre. L'oeuf est déposé à même le sol et l'adulte le couve soigneusement.
Et ce n'est que plus tard en regardant mes images que j'ai vu , à l'étage supérieur le poussin visible aussi pendant ce court moment.

Un seul oeuf soigneusement couvé.

Un crop de l'image précédente pour mieux apercevoir l'oeuf tacheté , sa partie plus ronde tournée vers l'intérieur de la petite cavité qui sert de nid. On peut voir sur le dos de l'oiseau des taches blanches dues aux déjections des occupants des étages supérieurs!


Un poussin sous haute surveillance!
Et à certains endroits la crise du logement est flagrante ! Certains ont réussi à accaparer une toute petite plate-forme où la petite famille peut vivre à l’aise, mais il faut défendre son domicile ! D’autres sont tellement à l’étroit qu’il n’y a plus de place pour le second adulte !


Une belle famille

Un couple bien à l'aise, papa et maman fiers de leur petit qui a déjà une livrée ressemblant aux adultes.
Les couples restent fidèles et passent leur vie ensemble.

Il n'y a pas de place et papa est sur un étroit bout de rocher!

Ici, la vie est difficile!
Pour protéger le poussin du risque important de chute sur ces falaises escarpées, l’un des 2 adultes est toujours présent, le second faisant parfois d’une voix forte des recommandations (malheureusement n’étant pas experte en langage pingouinesque, je ne peux vous donner la teneur exacte des échanges vocaux !)

Sous l'aile protectrice !

On voit que l'adulte tient à peine sur sur petit bout de falaise mais les ailes étalées servent de garde-fou pour un petit encore couvert de duvet gris clair.

Un poussin collé contre le mur et protégé par l'adulte sur un espace des plus restreint!

Pare- soleil pour protéger un poussin coincé sur un espace minimal!

Les ailes maternelles protègent aussi du soleil qui peut chauffer les falaises , pas question de chercher un meilleur endroit, il faut donc supporter au mieux!
Et pendant la plus grande partie de la journée, les petits sont invisibles, bien cachés sous l’aile maternelle ou paternelle, les 2 parents s’occupant avec soin de leur unique descendant !
Malgré tous ces soins, des œufs tombent à l’eau, une ponte de remplacement a lieu. Quand il s’agit du poussin, hélas il n’y a pas grand recours !

Il y a toujours un adulte avec le poussin!

Voici un poussin qui prend déjà des allures de grand : sur sa tête apparaissent des plumes noires!Mélangées au duvet clair cela lui donne un air curieux!D'ailleurs c'est un petit curieux mais pas question de le laisser s'aventurer au bord de la falaise!!Maman ou papa veille.

Bientôt il quittera la falaise qui l'a vu naître.

Et voilà , il ressemble aux adultes , bientôt il quittera la falaise pour n'y revenir que dans 3 ou quatre ans , voire plus quand à son tour, il fondera sa famille!
Les prédateurs que sont les goélands s’emparent aussi des poussins laissés sans surveillance. Seuls 18% des pingouins atteignent l’âge de 5 ans, l’âge de la reproduction se situant entre 4 et 6 ans.
J'ai vraiment été impressionnée par la vie et les moeurs de ce petit alcidé .

samedi 13 juin 2009

Pingouin torda : un pingouin qui vole!

Une surprise nous attendait cette année lorsque nous nous sommes rendus sur l’île de Lunga sur la côte ouest écossaise !
Jamais je n’avais vu le pingouin torda encore appelé le petit pingouin, de son nom scientifique Alca torda ! C’est aussi un oiseau qui vient seulement à terre pour nicher ! Comme ceux présentés dans les fiches précédentes : le fulmar boréal ou le fou de Bassan.
Parmi l’importante colonie de macareux, nous avons pu observer 2 couples de torda !En effet leur densité est bien moins nombreuse que les autres espèces qui nichent sur ces îles.

Debout sur ses tarses, le pingouin torda a travaillé à son nid .

Il est possible de le rencontrer en France : 10 à 20 couples nichent aux Sept Iles. Mais pendant l’hiver, ils sont en mer, le long de nos côtes et ils préfèrent une eau n’excédant pas 20 mètres de profondeur. Ils pénètrent en Méditerranée et jusqu’en Corse ! Mais je dois hélas dire, je n’en ai jamais vu en mer !
Cette page signale qu’il est possible de le voir dans le port de plaisance de Brest tous les hivers .


La fine ligne blanche part de l'oeil pour rejoindre le bec:c'est son costume nuptial.

Le pingouin torda atteint 40 cm et peut peser entre 620 et 890 g!
Pourquoi pingouin ? Il marche sur les tarses et n’est pas très doué sur le sol,mais à la différence des manchots, le pingouin torda vole.

Le pingouin torda est le plus rare et le plus menacé des oiseaux de mer français !

Ils sont victimes et de la pollution et des filets de pêche.

Ces précieux renseignements sont tirés de l’excellent ouvrage « Le macareux moine et autres alcidés d’Europe » de Laurent Cocherel et Sylvain Mahuzier , Delachaux Niestlé,2008.


Rassurez-vous, ce n'est pas le nid, mais un point d'observation à l'ombre, d'où la difficulté d'en avoir une belle image!

Le seul œuf pondu, est en forme de poire de telle sorte qu’il ne dévale pas la pente de l’étroit nid. Les pingouins vus sur cette île sont en plumage nuptial, c’est un fin trait s’étend du bec à l’œil ce qui lui donne son air si élégant.Dommage que je n’aie jamais pu photographier l’intérieur du bec, d’un jaune intense !

Détail de son bec décoré de blanc et jaune à l'intérieur.

Souhaitons que les habitants des côtes françaises puissent encore longtemps voir ce bel oiseau au large pendant l'hiver!

mercredi 10 juin 2009

Fulmar boréal (fulmaris glacialis): un nez trés particulier

L’an passé je suis allée en Ecosse pour voir les macareux moine ! Sur leur site de nidification j’ai photographié des oiseaux blancs que je prenais pour des goélands.

Rentrée à la maison je regarde avec soin mes photos et je vois que mes goélands ont des drôles de nez !
C’étaient des fulmars boréaux !
Quel est donc ce nez qui lui vaut de la part des Ecossais le surnom de « double nez » ?

"Double nez" couvant seul moyen de le voir à terre!

Ce sont des glandes qui lui permettent de rejeter le sel par ces tubes placés sur le dessus du nez ; il peut ainsi boire de l’eau de mer. Car cet oiseau vit en mer toute l’année et comme les macareux, ou fous de Bassan, ne vient à terre que pour nicher !

En vol au-dessus de sa zone de nidification

Il se nourrit en mer, en volant à la surface de l’eau ; il suit les chalutiers et mange les déchets de poissons rejetés par les bateaux.
Et lors de mon voyage de cette année croyez moi j’ai su reconnaître le fulmar au premier coup d’œil !
Le voici en vol sur la Côte est de l’Ecosse !
Il niche sur les falaises qui bordent cette côte !

Les falaises de San Andrew, les petits points blancs sont des fulmars en train de couver.

Nous avons été voir la plus importante colonie de cette zone à San Andrew, ville célèbre pour son université, ancienne et réputée, et ses terrains de golf !
Ce jour-là il pleuvait, il ventait à un point que j’ai dû me faire aider par mon mari pour tenir l’appareil de façon à avoir quelques images correctes ! Le fulmar quant à lui mérite le qualificatif de maître du vol que lui attribue les Ecossais ! Il atterissait sans trop d’encombre sur les replats étroits qui composent l’abri pour son nid très sommaire où un unique œuf est pondu ! Ses ailes longues et étroites lui donnent une aisance incomparable pour voler.


Couple qui semble paisible, mais attention , il ne faut pas s'en approcher!

Le fulmar représente un danger pour les autres oiseaux, en particulier le macareux.
« L’estomac du fulmar secrète une substance huileuse particulièrement redoutée des autres oiseaux de mer : en cas de menace ou d’agression, il peut cracher cette mixture grasse jusqu’à 1 m de distance ! Ce crachat constitue un véritable danger car il affecte irrémédiablement l’imperméabilité des plumes. »’Le macareux moine et autres alcidés d’Europe, Laurent Cocherel, Sylvain Mahuzier, Delachaux et Niestlé, 2008

Les macareux ne s'approchent pas des fulmars dont ils craignent le crachat visqueux!

Les discussions entre fulmars sont parfois bruyantes !

Ces mimiques font partie de la parade!

Mais ils finissent toujours par se réconcilier!!!

Ne sont -ils pas beaux !

Cependant observer la vie de ces couples sur les falaises reste un moment particulier :leur parade et leurs échanges sont toujours mouvementés .

Vue d'une falaise : chaque petite plateforme est occupée.

dimanche 7 juin 2009

Ascalaphes : insectes entre libellules et papillons!

Ascalaphes et Odonates !
Un peu de pub pour un site contributif auquel je participe très modestement !Je me consacre aux ascalaphes, ces magnifiques insectes de l’ordre des neuroptères, entre libellules et papillons.C'est sur le site Libellules et ascalaphes du sud de la France.
Ne voulant pas interrompre ma série sur les oiseaux écossais , je vous invite à prendre connaissance des espèces d’Ascalaphes que l’on peut voir en ce moment dans une grande moitié sud du pays.
Vous trouverez d'autres images sur le site ainsi que des informations complémentaires.
Voici le plus commun, le plus répandu : l’Ascalaphe longicornis (Libelloides longicornis)

Un mâle de Libelloides longicornis
L’Ascalaphe soufré , Libelloides coccajus, le plus abaondant.
Femelle ayant déjà connu quelques rencontres malencontreuses
  
Le plus petit et le plus rare car limité à la frange méditerranéenne : l’ascalaphe loriot, Libelloides ictericus


                                                      Une femelle d'ascalaphe loriot.

Bonnes observations de ces magnifiques insectes!

mercredi 3 juin 2009

Eider à duvet : un canard précieux!

Les premiers Eiders que j’ai vus se trouvaient sur une plage battue par les vagues de la mer du Nord. Bien entendu nous avons avons d’abord vu les mâles : un gros canard noir et blanc se voit de loin !
Puis en y regardant de plus près nous avons aperçu sa tête avec ses « cheveux verts », qui lui donnaient une drôle d’ allure. C’est ce qui nous a permis de l’identifier.

Petit groupe d'Eiders , il y a 2 femelles à trouver!

Bien sûr il s’agit de sa parure nuptiale, nous sommes au printemps et c’est la saison des amours, il faut se faire beau !

Mâle s'ébrouant, on peut apercevoir la densité des plumes de ses ailes.

Les Eiders sont de gros canards plongeurs !En hiver on peut en voir sur les côtes atlantiques et de temps en temps quelques individus en Méditerranée !
On l’appelle eider à duvet , pourquoi ?
En Islande et en Norvège, les femmes allaient prélever le duvet laissés dans le nid par la femelle, après le départ des petits, pour en faire des rembourrages d’édredon ou de vêtements chauds pour l’hiver !Avant l’invention des fibres synthétiques , les vêtements de ski ou de montagne, les sacs de couchage comportant des plumes d’eider étaient le top !
D’ailleurs le mot édredon vient de l’anglais eider down, duvet d’eider !
C’est dire le pouvoir isolant du duvet , c’est à dire les petites plumes qui se trouvent entre les plumes de couvertures et la peau.
Une marque de vêtements de montagne porte d’ailleurs ce nom( elle a été racheté en 2008 par Lafuma)


Un beau mâle!

Voilà quelques informations concernant ce précieux duvet !(récoltées sur un site islandais vendant des couettes rembourrées avec du duvet d’eider)

"Les propriétés extraordinaires du duvet d 'Eider sont dans sa cohésion et son moelleux : il est composé de fils plus fins que des cheveux humains et sa légèreté est considérée comme un luxe dans le domaine de la literie .
Le duvet d'eider est unique. Son importante isolation thermique est le résultat de l'adaptation de l'eider à l'océan très froid autour du cercle polaire. Il régule la température et l'humidité bien mieux que d'autres matériaux.



Une femelle au plumage bien discret.

Le duvet d'eider est une matière entièrement naturelle et extrêmement résistante Le ramassage du duvet ne cause aucun dommage à l'environnement des canards – Ils ne sont ni déplacés ni retenus d'aucune manière.
Les canards reviennent sur les mêmes lieux de nidification d'année en année .
Comme exploitants d'eider, nous protégeons soigneusement les eiders qui ont choisi notre terrain , puisque nous comptons sur leur retour sur nos terres chaque année pour fournir une récolte de valeur , renouvelable et sans risque pour l'environnement .
Il est généralement admis que le duvet d'eider est le matériau d'isolement biologique le meilleur au monde ."
La couette de 140*200 cm est vendue 2499 dollars Us !
Donc Mesdames qui possédez une de ces couettes, gardez-là précieusement !



Un joli couple!

La vie des Eiders au printemps
Nous avons aperçu les Eiders en petits groupes , le long des côtes rocheuses de l’Ecosse. C’est un migrateur qui
niche dans l’Atlantique nord, jusqu’à la limite de la banquise. L’hiver il vient se réchauffer le long des côtes françaises .
Jamais nous n’avons vu plus de 10 individus, et les femelles toujours difficiles à voir !
Mais il est noté qu’ils puissent former des communautés bien plus importantes.

Portrait d'un canard plongeur qui a un profil de tête bien particulier
A la fin de notre périple écossais nous avons eu la chance de voir des canetons !
Un groupe de 7_8 adultes, mâles et femelles ensemble, gardaient une dizaine de canetons !Cela avait l’air d’une petite crèche familiale, tout le monde s’occupant des petits ! On ne pouvait absolument pas savoir qui étaient les parents des uns ou des autres !

Tout petit on suit maman et on plonge pour se trouver à manger!!

De temps en temps une petite dispute éclatait entre les mâles et tout se calmait très vite.

Des petits qui ne craignent pas l'eau froide.

Tout petit, les canetons sont aussi peu visibles que leur mère, mais tout ce petit monde reste en mer, même s' ils ne s’éloignent pas de la côte !

Voilà de futurs producteurs de précieux duvet pour les belles couettes islandaises!
Souhaitons leur longue vie, puisque ce canard peut vivre jusqu'à l'âge de 18 ans!