samedi 2 août 2014

Pispistelles communes: on a chaud!


Dans le jardin certains habitants sont discrets, ils attendent le crépuscule pour s’animer. C’est le cas de ces petites chauves- souris, les Pipistrelles. Dès la fin du printemps elles reviennent loger à proximité de nos lieux de vie, soit sous le toit, soit dans un abri que je ne découvre souvent que par hasard, au cours d’un nettoyage d’un coin reculé je trouve des petites crottes caractéristiques.

Je suis contente de les voir car comme vous le savez elles sont très utiles et consomment de nombreux insectes. En ce moment, quand je les vois le soir voler devant mes fenêtres, je les invite à chasser le moustique tigre qui est loin d’être un visiteur désiré !
Pipistrelle commune remontant le long d'un mur.

 Cet après- midi, par un temps très mitigé nous avons eu la surprise de trouver 2 de ces petites chauves- souris en des endroits inhabituels. L’une sur une contre marche de l’escalier a remonté le long du mur pour aller se coller sous les tuiles du toit. La seconde, s’est posé sur le sol de la terrasse en étalant ses ailes pour dissiper la chaleur toute relative de l’après- midi.
Les ailes étalées au sol à l'ombre, la Pipistrelle essaie de se rafraîchir.

En m’approchant très tranquillement nous avons fait quelques photos.  Ce fut l’occasion de voir certains  détails de ce petit mammifère (4, 5cm pour la longueur mesurée du corps.) Il s'agit de Pipistrelle commune, la plus petite de nos chauve-souris.
La chauve -souris n'a aucune intention agressive, elle a chaud!

La tête en premier, on voit les oreilles bien grandes pour un si petit animal. Vous savez que cet animal se dirige avec une très grande précision en évitant les obstacles par un éclairage très réduit.

J’en ai fait l’expérience plusieurs fois quand sur la terrasse, le soir venu elles rejoignaient leur nid sous les tuiles en m’évitant soigneusement mais en passant très près de moi. Comme je bougeais, elles adaptaient leur vol.

Ces grandes oreilles jouent le rôle d’un sonar captant l’écho d’un ultra son émis par la chauve souris et  réfléchi par l’obstacle, ou la proie.

Pipistrelle commune au sol.
 

Par prudence, je ne touche jamais une chauve- souris, si je dois la manipuler je mets des gants. C’est une mesure de précaution car elles ne sont pas agressives. Rappelons que toutes sont protégées.
Quelques  infos ici

De grandes oreilles et de petits yeux peu visibles.
 

Etalée sur le sol l’une d’elles nous montre  cette membrane qui relie les doigts de sa main et qui lui sert d’aile quand elle vole.

On peut voir les différents doigts bien séparés et munie d’un ongle solide  dont le mammifère se sert pour se déplacer en s’accrochant aux parois verticales(photos 1 et2).
Détail de la membrane qui sert d'aile aux chauves-souris.

Les pattes arrières quant à elles montrent des doigts bien groupés .On voit cette peau qui  fait le tour du corps de la chauve- souris en partant du pouce gauche en incluant tous les doigts de la main , ceux du pied gauche, de la queue  puis  pied droit et doigts côtés droit.
Comme d'habitude, le soir venu, elles se sont envolées pour leur chasse nocturne.

Une petite suite à cette publication. Grâce aux visiteurs du blog  j'en ai appris davantage sur ces petits visiteurs nocturnes.
Voici un lien vers une émission diffusée par Arte , Xenius , "Peut-on encore sauver les chauves souris?" qui dure 26 minutes et parle à la fois de la grave mortalité qui touche des espèces en Amérique du Nord et des problèmes que connaissent les chauves souris allemandes et européennes, liés à la modification et du climat et de leur milieu.
Merci à Laval Roy et à Hervé Martin de leur intérêt et de leurs informations!

dimanche 27 juillet 2014

Des abeilles qui dorment : Anthidium florentinum fait la grasse matinée accrochée dans la salicaire


Les Anthidium florentinum sont fidèles année  après année, sur la salicaire qui pousse dans un coin du jardin.
Anthidium florentinum, accroché à la salicaire,  en train de dormir

C’est l’endroit où elles viennent se nourrir, où les mâles attendent les femelles, bref un lieu très couru !
Voici l'abeille qui a la position la plus extraordinaire, tête en bas.

C’est aussi un dortoir ! En effet au petit matin, je trouve sur les coins encore tardivement à l’ombre plusieurs individus en plein sommeil. Leur manière de dormir est assez étonnante. L’insecte s’accroche à la plante avec la seule force de ses mandibules. Sur certaines photos on voit bien que les pattes ne servent à rien.
Mouillée de rosée , Anthidium florentinum continue son roupillon.

Même l’humidité nocturne ne fait pas lâcher prise à l’insecte.
Anthidium florentinum, les pattes ne servent pas pendant le sommeil

En l’observant on s’aperçoit aux légers mouvements de l’abdomen que l’abeille « respire ». Lorsque ces mouvements s’accélèrent, le réveil n’est pas loin. C’est l’élévation de la température ambiante qui agit comme déclencheur. Bien sûr quand le soleil les réchauffe directement plus question de faire la grasse matinée. Les demoiselles sont déjà en train de butiner sur les fleurs avoisinantes , mais au soleil!
Anthidium florentinum,  accrochée  tout au  bout de la plante.

Il est remarquable que les dormeurs de la zone la plus ombragée passent davantage de temps accrochés ainsi et au repos, que ceux d’une zone plus ensoleillée qui ont un réveil plus matinal.

 
Anthidium florentinum,  dormeur au milieu des fleurs.
Cela fait maintenant plusieurs matins que je trouve 3 à 4 individus chacun sur un bout de plante différents bien ensommeillés vers 8 heures du matin, la preuve que personne ne vient troubler leur sommeil!

 Des publications antérieures concernant ces belles abeilles:
Des femelles cueilleuses de coton ici
La vie des Anthidies sur la salicaire ici

vendredi 25 juillet 2014

Gaurotes virginea thalassina ( Carilia virginea), coléoptère aux élytres bleu métallique.


 Voici un autre Cerambycidae trouvé sur les ombelles aux environ de 1800 m. Dans la sous- famille des Lepturinae  Gaurotes  virginae,s'appelait anciennement Carilia virginae.
Gaurotes virginae thalassina, adulte se nourrissant sur les ombellifères.
 
Sur les fleurs blanches, voir du bleu métallique et du rouge attire le regard. Il m’aura fallu quelques acrobaties pour suivre ce coléoptère dont la taille varie entre 8 et 12 mm.

Gaurotes virginae thalassina

C’est un insecte de montagne où il peut être commun, ai-je lu. Mais aussi des régions boréales puisqu’on le trouve jusque dans les pays scandinaves.On le rencontre en France,  dans la partie est du pays, des Alpes  à la Lorraine.

Gaurotes virginae thalassina au pronotum rouge orangé.

L’espèce Gaurotes virginea n’a pas le pronotum rouge mais noir, les élytres bleues et l’abdomen orangé.
Gaurotes virginae thalassina, on aperçoit l'abdomen rouge orangé
 
 J’ai vu pour ma part une variante de cette espèce,  Gaurotes virginea thalassina, qui elle a ce joli pronotum rouge orangé. L’abdomen que l’on aperçoit est aussi de cette couleur.
Gaurotes virginae thalassina, tête, antennes et pattes noires.
 
 Dans la région que je parcours, les Alpes maritimes, les deux espèces cohabitent, il en est de même en Lorraine. On trouve ces coléoptères dans les prairies à la lisière des bois ( ce fut mon cas) sur les ombellifères, composés, ronces et grandes gentianes.
Gaurotes virginae thalassina se déplaçant rapidement sur les ombelles et volant très bien.
 
 La larve se développe dans le bois décomposé de conifères et probablement de feuillus.. On peut les voir de juin à août.

dimanche 20 juillet 2014

Polysarcus denticauda, Barbitiste ventru, une grosse sauterelle indolente.


Voici une jolie sauterelle bien rondouillette que j’avais déjà rencontrée il y a deux ans presque dans la même zone. Connaissant sa présence j’ai cherché dans les endroits qu’elle aime : des buissons de framboisiers sauvages, des coins parsemés de hautes orties. Et bien dissimulé dans la végétation, j’ai trouvé ce mâle trahi par les mouvements de certaines feuilles qui plient sous son poids. Je l'ai invité , poliment, à choisir un support plus élégant pour la pose photo!
Polysarcus denticauda, mâle , dernier stade larvaire

Cet orthoptère fait partie la famille  Phaneropterinae dont le genre Polysarcus compte deux espèces : denticauda et scutatus.
Polysarcus denticauda,femelle adulte

Denticauda sans doute à cause  de l’oviscape de la femelle, denticulé à l’extrémité. La femelle est encore plus massive que le mâle .



Polysarcus denticauda, femelle adulte, ovopositeur denté à l'apex.

Ci-dessous une larve de mâle au dernier stade. Comment s’en rendre compte : les ailes ne sont pas encore apparentes sous le pronotum.
Polysarcus denticauda,mâle juste avant de muer.

Au stade adulte, elles dépassent chez le mâle ( pas chez la femelle) sous le pronotum en forme de selle. Ces ailes colorées en jaune ne servent pas au vol. L’insecte marche plus qu’il ne saute dans la végétation.
Polysarcus denticauda,mâle  adulte, juste après la mue

Parmi les caractères distinctifs de l’espèce on observe la plaque sous génitale du mâle bifide , elle remonte entre les cerques et les dépasse. Chez l’espèce voisine Polysarcus scutatus, la plaque n’atteint pas l’apex des cerques. Ce détail se voit très bien à l’œil nu.
Détail des cerques de Polysarcus denticauda, ils enserrent la plaque sous génitale nettement bifide.

Autre différence, plus délicate à voir, le fastigium du vertex 2,5 à 3 fois large comme le premier article des antennes. Alors que chez scutatus elle est  plus élargie vers l’avant et ne fait au plus que 2 fois la largeur du 1er article des antennes. Précisons que scutatus est plus rare.
Polysarcus denticauda détails de la tête, vue de face de l'insecte se nourrissant.

D’après diverses lectures, Polysarcus serricauda  ne  "descend" pas en dessous de 700m. C’est une espèce des montagnes mais on la rencontre en France, en Suisse et le sud de l’Allemagne.

Polysarcus denticauda mâle adulte avec son pronotum en forme de selle et sa plaque sous-génitale bifide.

 Elle aime les hautes herbes dans lesquelles elle se dissimule et exclusivement végétarienne,dont  elle se nourrit.

Larve au dernier stade de femelle. L'ovopositeur n'est pas encore bien "denté"

La végétation les protège et bien piquante, elle  tient les importins à distance!

jeudi 17 juillet 2014

Musaria nigripes, un Cerambicidae noir et rouge.


 
En cet été aux débuts plus frais que d’habitude, la prairie alpine est magnifique. Des fleurs, des couleurs et des insectes. Une beauté !Nous sommes aux alentours de 1700m d’altitude.
Portant des noms variés, tels que Musaria nigripes,Phytoecia nigripes,  Musaria affinis, Phytoecia bipunctata, la   Phoécie à pieds noirs mesure entre  9 et 16mm.

Musaria nigripes ou Phytocea nigripes cherchant à se cacher dans l'herbe.


Ce sera l’occasion de rencontrer ce Cerambycidae dans l’herbe cherchant à échapper à mon appareil photo.

Musaria nigripes , de dos avec son pronotum orné de rouge et de 2 points noirs.
Pourtant il est vraiment très beau. Noir et rouge !

Les pattes ( sauf les tarses) et l’extrémité de l’abdomen sont rouges. Sur le pronotum un disque rouge avec deux callosités noires.

Musaria nigripes  de profil, on voit la pointe de l'abdomen rouge ainsi que les tarses noirs.
L'adulte est phytophage on le rencontre sur les ombellifères et la larve se développe dans leurs tiges et leurs feuilles.

Musaria nigripes antennes face et mandibules noirs.
On le rencontre en montagne, des Vosges aux Alpes et aux Pyrénées de mai à juillet.