vendredi 12 juin 2015

mardi 9 juin 2015

Baris timida,Malvaevora timida , un autre amateur de malvacée.

En observant les poinçonneurs sur les lavatères j’ai eu la surprise d’observer un troisième larron, bien plus discret et surtout en moins grand nombre sur ces mêmes plantes.
Malvaevora  timida,caché dans la lavatère ponctuée

Il s’agit d’un coléoptère de la grande famille des charançons. Certains d’entre eux sont colorés, poilus, ridés, striés, ponctués, une grande variété de présentation chez ces petites bêtes.
Celui-ci, outre sa discrétion (d’où son nom de timida) est modestement vêtu : un simple tissu noir mat, ponctué deci-delà !
J’ai trouvé souvent au moins un individu sur chaque pied de lavatère  ponctuée et, on peut dire qu’il s’agit de sa plante hôte.
Il appartient à la famille des Baris qui comptent environ 150 espèces dans la région paléarctique. C’est bien sûr grâce à sa plante préférée et au travail de Monsieur Hoffmann que j’ai pu lui trouver son nom.( Faune De France n°- 59-Coléoptères Curculionides)

Malvaevora  timida,noir avec des tarses et des antennes rousses*

Les Baris en général présentent des élytres laissant le pygidium* à découvert,et le rostre séparé du front par une impression transversale profonde.
(Pygidium=partie dorsale du dernier segment abdominal).
Malvaevora  timida,l'impression qui sépare le front du rostre, bien difficile à voir à l'oeil nu et même à photographier*

 Dans la famille des Baris notre mangeur de Lavatère ponctuée est le seul à avoir les ongles connés :  au nombre de deux, ils sont presque soudés jusqu’au bout(alors que dans les autres cas ils sont libres)

Malvaevora  timida, ongles connés*


Malvaevora timida est noir mat, seules les antennes sont rougeâtres  et les tarses ferrugineux. Il mesure entre 4 et 5mm.

Son corps est glabre.
Mais il présente points et stries répartis sur le corps. La description précise aide à conforter l’identification

·        Prothorax subcarré jusqu'à son brusque et fort rétrécissement antérieur(3), le disque à ponctuation fine régulière, assez espacée; la ligne médiane lisse, obsolète.(1)



Malvaevora timida  détails à observer*

·        Écusson imponctué, entier ou sillonné au milieu.(2)

·        Rostre épais, arqué, empâté en dessous , assez finement et densément ponctué en dessus, la ponctuation des bords latéraux 3 fois aussi forte et alignée,scrobes fortement infléchis en dessous, très obliques, non visibles sur les côtés, sauf en avant(photo ci-dessous)
Malvaevora timida un rostre épais, des scrobes très infléchis en -dessous*

 Funicule antennaire épais, ses articles progressivement élargis, devenant transversaux.

·        Élytres presque aussi larges que le prothorax à la base, finement striés ponctués; interstries très larges, plans, avec, en leur milieu, une ou deux lignes de très petits points alignés .
Malvaevora timida , vue des stries des élytres et des points du prothorax.*

Répandu et assez commun dans la région méditerranéenne, notamment sur le littoral.
Malvaevora timida , élytres striés, interstries ponctuées finement .*


Les Malvacées présentent des locataires bien  variés, de quoi faire de belles observations!

*images grossies 3 fois

vendredi 5 juin 2015

Argynnis paphia forme valesina, Tabac d’Espagne, chenille, chrysalide, imgo

Les chenilles de Tabac d’Espagne aiment les violettes et au printemps j’en trouve dans le jardin.
C’est ainsi que j’ai à plusieurs reprises recueilli une chenille au dernier stade, que j’ai vu la chrysalide mais jamais le papillon car j’étais absente au moment de l’émergence.
Cette fois, j’ai tout vu !
Et si dans le jardin j’avais observé cette forme particulière de femelle Argynnis paphia je n’avais jamais de bonnes images.
Voici l’histoire de cette femelle  Argynnis paphia forme valesina en 4 dates.

Chenille Argynnis paphia forme valesina, avant dernier stade

Le 4 mai je trouve une chenille, bien reconnaissable à ses scoli répartis régulièrement sur la longueur, les deux  premièrs plus importants et courbés vers l’arrière, terminés par une pointe noire. Bien nourrie de feuilles de violettes ( 1 grande feuille par jour), elle se porte bien. Puis elle arrête de s’alimenter avant de muer deux jours plus tard.
Chenille Argynnis paphia forme valesina,  dernier stade

 C’est le  17 mai qu’elle mue une dernière fois, on voit sa tête noire. Sur le dos, deux belles bandes claires encadrent une zone brune plus sombre. Les côtés sont marbrés. Elle remange de très bon appétit. Et je suis surprise qu’elle s’arrête si vite !
Chrysalide    Argynnis paphia forme valesina

Le 21 mai elle fait sa chrysalide.  Cette chrysalide avec ses pointes ivoires, irisées , brillantes  est caractéristique. Elle s'est attachée tête vers le bas au couvercle de sa boite d'élevage.
J’ai lu que le stade nymphal durait entre 2 et 3 semaines On peut dire que mon exemplaire est quelqu’un de pressé, elle met à peine 13 jours pour devenir adulte !
Imago,    Argynnis paphia forme valesina, à côté de son enveloppe

Le 3 juin elle émerge et encore là elle se montre impatiente, dès que je la sortirais de sa boîte de naissance elle montre des velléités d’envol me laissant juste le temps de quelques images pour l’admirer. Le temps étant au beau fixe, j’ouvre la fenêtre et la jolie dame papillon part à la conquête de son nouvel espace !
En quoi Argynnis paphia forme valesina est-elle différente de la forme nominale ?
Femelle    Argynnis paphia forme valesina 

Le recto est  gris brunâtre et les dessins qui sont normalement noirs sont bruns.La bordure parait  même verdâtre. Tout semble moins net  et moins tranché,on ne voit pas la couleur orange qui les fait repérer de loin dans les prairies.
J’ai aussi trouvé que cet exemplaire était plus petit que les femelles normales, mais ce n’est qu’une appréciation sur cet individu.
Femelle    Argynnis paphia forme valesina , vue de dessous


Pourquoi est-ce une femelle?
Elle ne présente pas de lignes sur la face supérieure de l'aile antérieure (voir la photo signalée en rappel).
Femelle    Argynnis paphia forme valesina des dessous brillants!!

Mais la saison des Tabac d’Espagne est bien au rendez-vous puisqu’on peut les voir depuis fin mai à septembre presque partout en Europe

Pour la beauté de l'insecte: un détail de la structure de l'aile
Une petite information sur l'origine du nom valesina pour cette forme extrait de ce site précieux

valesina : adaptation du nom Le Valaisien donné par Engramelle (1779) à une forme observée en Suisse. Papillons d'Europe n°15 ter page 316,II du 3ème supplément. (...) Ses ailes sont d'un gris très sombre délicatement voilé de verdâtre.


Rappel : Ici présentation de la chenille
Une autre présentation de la chenille avec surtout une photo d'un mâle de forme nominale


dimanche 31 mai 2015

Ceutorhynchus melanostictus, petit charançon sur menthe



L’histoire commence lors de mon tour de jardin préparatif demon billet pour le 1er Mai.
Ceutorhynchus melanostictus, couple sur menthe à feuilles rondes

J’ai trouvé ces minuscules charançons sur la menthe à feuilles rondes. Il y en avait plusieurs.
Ils sont si petits qu'il est difficile d’en voir les critères qui permettent de les identifier.
Ceutorhynchus melanostictus, couple sur menthe à feuilles rondes, le mâle un peu plus petit que la femelle

J’ai donc pris le problème à rebours. Chaque espèce de charançon vit sur une espèce particulière de plantes. Grâce au volume 62 de Faune de France, Coléoptères Curculionides(Troisième Partie) ,par Adolphe Hoffmann, j’ai trouvé les charançons vivant sur la menthe à feuilles rondes.

Trois apions et Ceutorhynchus melanostictus sont nommés.
Comme nos insectes ne sont pas des apions ( reconnaissables en général aux antennes non coudées), la piste Ceutorhynchus melanostictus me semble bonne
Je vais, à partir de la description minutieuse de l'insecte, vérifier si nous sommes bien en présence des petits Ceutorhynchus melanostictus(Ceutorynchus =je cache mon rostre;melano stictus marqué de points noirs)
Ceutorhynchus melanostictus, agrandi 3 fois

Allure générale

Long. : 2,5-3 mm. Suboblong, faiblement convexe, noir, mat, revêtu de squamules(squamules =poils transformés en écaille. petites écailles)  linéaires blanchâtres, jaunâtres ou grises et d'autres plus foncées, brunes, formant quelques taches sur les élytres; en outre des squamules plus épaisses, cendrées ou blanches condensées sur les bords latéraux (....)du prothorax, formant,sur les élytres, un dessin assez vague comprenant: une ligne suturale interrompue après le milieu par une tache brune, une fascie antérieure à peine tranchée et rarement entière partant de la base du 2e interstrie, descendant vers le milieu sur le 6e interstrie et remontant très obliquement sous l'épaule (cette fascie parfois réduite à la tache basale du 2e interstrie), soulignée en avant et en arrière d'une étroite partie foncée;

 Dessous assez densément recouvert de squamules courtes, arrondies, blanchâtres.
Ceutorhynchus melanostictus, agrandi 3 fois, pour montrer sa taille inférieure à 4mm

Détails
  •  antennes brunes, plus rarement testacées;les deux premiers articles subégaux, les trois derniers subglobuleux; massue ovale.
  • pattes noires, sauf les tarses roux l'onychium rembruni. (Onychium :  Dernier tarse qui porte les ongles (ou griffesPattes assez élancées, squamulées; fémurs fortement et aigûment dentés; tibias arqués à la base; ongles dentés

  •  Rostre courbé, assez robuste, subcylindrique, égal au prothorax (mâle) ou à la tête et au prothorax réunis(femelle), mat ou peu luisant, ponctué-rugueux, striolé (=strié)à la base, le sommet moins sculpté, pubescent.


Ceutorhynchus melanostictus, agrandi 3 fois, vue de dessus avec les dessins caractéristiques: la tache brune sur la ligne suturale et la fascie interrompue.

  •  Tête squamulée subdéprimée.
  •  Prothorax légèrement transversal, subconique ses côtés subparallèles en arrière, largement mais peu resserré derrière le bord antérieur qui est médiocrement relevé, les tubercules anguleux, la base bisinuée, le disque sillonné sur sa ligne médiane, creusé devant l'écusson, la ponctuation assez forte, serrée, rugueuse.
    Ceutorhynchus melanostictus, agrandi 3 fois, permet de voir en particulier les ongles dentés.
  • Élytres étroits, à peine arqués et faiblement convergents, le calus huméral saillant,oblongs, assez rugueux, l'apical effacé; stries assez étroites, ponctuées, squamulées; interstries 2 à 3 fois plus larges que les stries, plans, chagrinés. 
Ceutorhynchus melanostictus, agrandi 3 fois, fémurs fortement dentés

En conclusion , l'auteur ajoute :espèce assez variable de forme et de revêtement, mais reconnaissable à son corps allongé et à ses fortes dents fémorales.Il existe en effets au moins 3 formes différentes décrites par l'auteur.

Les adultes sont bien visibles sur les menthe à feuilles rondes , mais aussi sur d'autres menthes et des labiacées, dans toute la France, de mai à juillet, dans les prés un peu humides, les bois, les fossés.

Juste bien ouvrir l'oeil car ils ne sont pas bien grands, mais si amusants à observer avec leur petite trompe et leur manteau de laine même en été!





mardi 26 mai 2015

Promenade dans la garrigue

Pour changer un peu des fiches consacrées uniquement aux insectes, je vous emmène en promenade dans la garrigue.
Nous sommes le lundi de Pentecôte et  à 1000 mètres d’altitude dans une végétation typiquement méditerranéenne.A vol d'oiseau nous sommes à une dizaine de km de la grande bleue.
 C’est bien sûr une zone pentue faite de gros blocs de calcaire qui se sont plus ou moins décomposés et au milieu desquels un peu de terre s’est accumulée. Par –ci par-là de petits espaces plans, un sentier qui navigue entre les arbustes rabougris de chênes, de prunelliers, mais peu d’arbres. En cette saison c’est une foison de couleurs : le thym fleurit, les coussins d’euphorbes épineuses prennent leur jolie teinte jaune vert, les vesces, les vipérines se mettent au violet, et le jaune des potentilles  et des nombreuses astéracées éclaire le paysage. De  petites merveilles se découvrent en avançant dans ce décor paisible.

Juste en face de la place place où nous nous garons un accueil coloré:
Coquelicots au milieu des vesces.
Clanoptilus arnaizi se régale
Je scrute les fleurs jaunes car elles sont abondamment visités par bon nombre d'insectes.
Perdu dans la végétation un bel Orchis pyramidalis

Il mérite bien une image en solo!
Sur une tige , Agapanthia cardui m'observe, moi aussi!



Un beau liseron
Le géranium sanguin que je trouve toujours entre les gros blocs calcaires.
De plus avec un bel azuré, à cause du vent celui-ci ne bougera pas de son petit abri!
Du lin à feuille de soude, j'y cherche toujours une mouche un peu particulière mais ce sera un coléoptère tout poilu de la famille des Dasytides.


Lathyrus latifolius, la Gesse à larges feuilles propose sa superbe fleur
Neotinea tridentata  presque à la fin de sa meilleure forme!
Juste avant l'averse qui mettra fin à la promenade, une beauté que je suis heureuse de retrouver année après année dans ce secteur: La Zygène nevadensis interrupta.
Zygène nevadensis interrupta, sur des vesces presque à ras du sol , à cause du vent!
C'est ainsi que se clôture notre agréable promenade!