mercredi 1 octobre 2014

Pause!


L’automne est toujours une saison un peu nostalgique, l’été s’en va et avec lui bon nombre de ces beaux insectes qui auront animés nos prairies.

Je vais vous laisser avec ce bon souvenir d’une matinée ensoleillée sur un de mes sites favoris.

Papillon Gazé (Aporia crataegi)sur chardon
Comme les insectes nous allons faire une pause.

 Ce petit mot est aussi l’occasion de remercier mes visiteurs qui, en me laissant un commentaire complètent mes informations à travers leur vécu ou leur ressenti. C’est aussi grâce à eux que je suis encouragée à observer, et à m’émerveiller de ces petites beautés qui,  chacun  et chacune jouent leur rôle  dans la grande partition de la Nature.

Que l’automne vous apporte à tous et à toutes d’agréables moments à passer dans notre belle nature !

jeudi 25 septembre 2014

Himacerus(Aptus) mirmicoides, larves, adulte


Voici une petite punaise, moins d’un centimètre, présente partout en France, quasiment toute l’année et un excellent auxiliaire du jardinier, tout pour plaire!

Himacerus (Aptus) mirmicoides, adulte

 
 Himacerus mirmicoides, mirmicoides  quel drôle de nom, n’est-ce pas ?
Mais cela ne signifie-t-il pas  «  en forme de fourmi » ?

Très juste ! Cependant la photo de la punaise ne montre en rien une forme qui rappelle la fourmi !

Patience, patience….

Himacerus ( Aptus) mirmicoides appartient à l’ordre des Nabidae à la sous-famille des Nabinae

Comment les reconnaît-on ? Au collet, nettement marqué du pronotum, on voit bien le sillon(flèche).

Himacerus (Aptus) mirmicoides, adulte, le sillon du collet bien marqué.


 

La forme la plus répandue est brachyptère, les ailes ne recouvrant pas l'abdomen, mais il existe aussi des formes  macroptères ou intermédiaires. Le corps est recouvert d'une pubescence courte argentée sur mon exemplaire.
Le scutellum présente une large bande noire au milieu. Le second article des antennes présente un anneau brun, les fémurs  sont annelés, les tibias portent un anneau près de la base et sont assombris au sommet. Voilà pour l'adulte.
 
Maintenant la réponse à notre première interrogation : la forme de fourmi est celle des larves

Voici une larve au stade V
Himacerus (Aptus) mirmicoides,larve au stade V, mangeant un cercope.

Partons de la larve. C’est en regardant de près cet insecte qui ressemblait à une grosse fourmi que j’ai vu son rostre et immanquablement je me   suis interrogée. Quelle  punaise pouvait avoir une larve évoquant la fourmi et c’est ainsi que je suis arrivée à mirmicoides et donc Himacerus(Les Myrmicinae étant une grande famille des fourmis).
Himacerus (Aptus) mirmicoides,larve au stade V

 La couleur générale est brun sombre, brillante. le thorax est  caché par les embryons d’ d’hémélytres sombres  éclaircies à l’apex très nettement(3).Les angles postérieurs du pronotum sont blancs(2). Les antennes sont jaunes clairs.
La flèche 1 indique le collet du pronotum des Nabinae.

 

Et en élevant la larve j’ai pu vérifier mes hypothèses grâce à l’ouvrage de Jean Péricart, Nabidae, disponible sur le net.

Remontons encore un peu le temps. Les punaises passent par 5 stades avant d’être adultes. Voici maintenant une larve au stade III.

 
Himacerus (Aptus) mirmicoides,larve au stade III

Chez Himacerus mirmicoides au stade III, ce qui est distinctif c'est la paire d' épines que portent les segments deux et trois du thorax(indiquée par la flèche).

Les antennes sont sombres.
Himacerus (Aptus) mirmicoides,larve au stade III dévorant un puceron

Sur cette photo de profil nous retrouvons les épines thoraciques et on voit une pilosité dispersée. Elle sera moindre au stade V.

Dans mon introduction je disais qu’Himacerus mirmicoides était une excellente amie du jardinier.

 C’est un insecte très polyphage : pucerons ( voir photo ci-dessus) chenilles , œufs d’insectes comme ci-dessous des oeufs de punaises Graphosoma italicum,  cercope (photo3)…
Himacerus (Aptus) mirmicoides,larve au stade III, on voit les épines thoraciques et l'intérêt de l'insecte pour les œufs d'autres punaises.


Présent toute l’année, l’adulte hiverne dans la litière. Nous avons tous de bonne chance d’apercevoir cette punaise dans nos jardins !
Toutes mes informations sont tirées de Jean Péricart, les Nabidae,  Faune de France, disponible sur le net .

 

jeudi 18 septembre 2014

Beosus quadripunctatus, larve au dernier stade et adulte.


Ce matin en travaillant au jardin, j’ai trouvé sur le sol, dans la végétation deux larves de punaises au stade V , c’est-à-dire le dernier stade avant que l’insecte ne mue en imago


Beosus quadripunctatus,larve au dernier stade, sur une fleur de menthe
Nous sommes mi- septembre et ces larves ont encore le temps de muer et de passer ensuite l’hiver au stade adulte. Les adultes  passeront la mauvaise saison au sol et reprendront leur cycle au printemps.

L’an passé j’avais élevé une de ces larves.

Voici donc la présentation de Beosus quadripunctatus,une punaise de la famille des Lygaeidae.
Beosus quadripunctatus, adulte sur des feuilles de menthe

Commençons par identifier l’adulte. La documentation est plus détaillée.

Pour vérifier l’identité de mon exemplaire je me suis servie de la Faune de France numéro 84c de Jean Péricart disponible gratuitement sur le net, volume 3 des Lygaeidae.

Il existe 2 Beosus en France, maritimus qui est plus répandu et quadripunctatus, plus  méditerranéen.

Les deux se ressemblent beaucoup. En commun ils présentent :

  • diatone ( largeur de la tête yeux compris ) plus large que la partie antérieure du pronotum, voir photo 4
  • article 2 des antennes nettement plus long que le diatone
  • pronotum un peu plus large que long, nettement rétréci d’arrière en avant, champ antérieur noir, champ postérieur clair(photos de l'adulte)
  • hémélytres clairs avec une large tache noire
  • profémur (fémur antérieur) armé d’une grande dent suivie de petites(dernière photo)
  • taille inférieure à 8mm
Beosus quadripunctatus adulte issu de l'élevage


 Quadripunctatus est très présent dans mon jardin il se reconnait en premier lieu à la couleur : les parties claires sont d’une belle couleur rouge brique.(Chez maritimus les couleurs de ces parties sont plus jaunâtres)

Maintenant passons à la larve. . Comment sait-on qu’elle va muer et devenir adulte bientôt. ?
Beosus quadripunctatus larve au dernier stade dans le jardin, la flèche indique le diatone

En observant à la suite de pronotum ses moignons d’ailes .La forme est bien évocatrice et en relief. Avec cela l’insecte ne peut pas voler, mais l’adulte sera pourvu d’ailes bien opérationnelles.
Beosus quadripunctatus le cercle montre la tache noire qui distingue quadripunctatus de maritimus

Cette larve mesure environ 7   mm. Elle est joliment colorée et en la photographiant légèrement grossie on se rend compte que le pronotum qui semble plat et en fait bosselé !Deux petites rondeurs séparées par une dépression, le tout bordé par un mince trait clair.
Beosus quadripunctatus détail de la tête et du fémur antérieur avec sa "dent"

C’est en l’élevant que j’ai obtenu la confirmation qu’il s’agissait bien de Beosus quadripunctatus.
La larve de Beosus quadripunctatus se distingue de celle de maritimus par la présence d’une seule tache noire entre les deuxièmes et troisièmes  aires évaporatoires (celle de maritimus a en plus une tache noire entre la première et la seconde aire évaporatoire).

Que mangent ces Beosus quadrimaculatus ?

 Des graines de plantes diverses, trèfles, luzernes, armoises, silènes, toutes plantes que l’on peut facilement trouver dans une prairie. Ces punaises ne s’en prennent donc absolument pas à nos plantes potagères.

 
 

mardi 9 septembre 2014

Geocoris erythrocephalus, une punaise à tête élargie!


 

Voici une petite punaise de la famille des Lygaeidae. Petite,Geocoris erythrocephalus  fait environ 5 mm.
Geocoris erythrocephalus, grossie3 fois

Facilement reconnaissable grâce à cette tête plus large que le pronotum à cause de ses gros yeux placés latéralement. Elle porte bien son nom : erythrocephalus signifiant tête rouge.

 
Geocoris erythrocephalus, détail de la tête avec ses yeux débordant largement.

Tête et pattes  rouges contrastent avec  le reste du corps  d’un noir brillant.Pronotum et élytres d’un noir brillant sont très régulièrement ponctués. C’est une punaise qui débarrasse les plantes de certains autres petits insectes indésirables :
Geocoris erythrocephalus, dans les chardons

« les larves et les adultes ont pour proies principalement les acariens, les psylles, les pucerons et les thrips sur les arbres fruitiers, la vigne et les cultures légumières. » ici 
Geocoris erythrocephalus, cherchant des proies sur les feuilles des chardons.

 Je la vois au printemps sur les blettes, les chardons où elle trouve de quoi se nourrir.
C’est la seule représentante des GEOCORIS avec ces couleurs bien visibles dans la végétation.

mardi 2 septembre 2014

Lasiocampa quercus: oeuf, chenille, cocon, chrysalide.


 
 

Voici maintenant le début de l’histoire  racontée dans le précédent article.

En Octobre 2013, j’ai inspecté avec beaucoup de soin les arbousiers de mon jardin dans le but d’y trouver des chenilles de Jason ( voir ici)
Lasiocampa quercus:  jeune chenille du 14 octobre

J’y ai trouvé une autre chenille. Celle de Lasiocampa quercus. Comme la chenille était sous l’arbousier placé sous le grand chêne, naïvement j’ai pensé que c’était par erreur qu’elle se trouvait là, tombée par l’effet du vent. Et je lui ai proposé des feuilles de chêne qu’elle a dédaignées. Bon , elle était sur l’arbousier donnons-lui des feuilles d’arbousier . C’était la solution.

Quelques jours plus tard, je trouve une autre chenille sur un arbousier bien éloigné du chêne. Pas de doute la chenille se développe aussi sur l’arbousier. En me documentant je lis que Lasiocampa quercus se nourrit non seulement des feuilles du chêne et de l’arbousier mais de bien d’autres feuilles telles les Ronces, l’Aubépine, les Saules et bien sûr les Chênes.
Lasiocampa quercus:   chenille du 28 octobre après la mue

En fait son nom de quercus(chêne) vient de l’apparence du cocon fabriqué par la chenille pour la nymphose : brun , ovale, il ressemble à un gland !

C’est donc maintenant le rythme classique, la chenille mange, grossit et mue ! Les différences d’apparences existent, petit à petit la pilosité augmente, de longs poils blancs sont plus nombreux.
Lasiocampa quercus:   chenille du 28 octobre après la mue avec son ancienne enveloppe à droite.

Trouvée le 14 octobre, elle mue le 28 octobre, puis le 25 décembre.
Lasiocampa quercus:   chenille du 25 décembre après la mue, les longs poils noirs ont disparus

Les longs poils noirs dressés sur le corps de la chenille aux premiers stades disparaissent.

L’hiver a passé tranquillement. La chenille a continué a mangé au ralenti.

Le 17 février : une nouvelle mue, l’avant dernière. Les soies recouvrent tout le dessus du corps il est difficile d’en apercevoir la couleur, rouille à très sombre. Seuls les stigmates blancs se voient bien. La tête peu visible, brun roux mouchetée.
Lasiocampa quercus:   chenille au dernier stade

Le 10 mars c’est la dernière mue. La chenille atteint une belle taille, entre 6 et 7cm. C’est la période où elle a bon appétit.
Lasiocampa quercus:    tête de la chenille au dernier stade

Le 19 avril c’est la nymphose.

Première étape, elle fabrique un cocon en se « déshabillant ». Elle arrache les poils qui la recouvrent avec ses mandibules et forme un abri ovale qui petit à petit devient plus opaque. J’avais vu pour une autre chenille, le tortillement de la chenille pour donner une belle forme régulière au cocon.
Lasiocampa quercus:    cocon

L’intérieur du cocon est lisse, visiblement il y a un" liant" qui fixe les poils entre eux..J'ai lu que la chenille fabriquait une sorte de soie qui associé aux poils  solidifie le cocon

Ce n’est qu’après formation de ce cocon et donc cachée à nos yeux que s’opère la nymphose la chenille se transforme en chrysalide et abandonne sa vieille enveloppe à l’intérieur du cocon.
Lasiocampa quercus:    intérieur du cocon

La chrysalide n’est pas visible. Certaines chenilles font des cocons plus fins qui permettent de la voir à l’intérieur ; pour le Bombyx du chêne rien n’est visible.

En découpant le cocon après l’émergence j’y ai trouvé la chrysalide où l’on voit bien les différentes parties du futur papillon et au fond le reste de la chenille, on reconnaît en particulier la capsule céphalique. C’est dans cet espace restreint que s’opère la métamorphose.
Lasiocampa quercus:   reste de la chrysalide trouvée à l'intérieur du cocon après l'émergence du papillon.

A partir de ce moment il me faudra attendre environ 4 mois pour voir émerger le papillon adulte.
Lasiocampa quercus, reste de la chenille trouvée à l'intérieur du cocon après l'émergence du papillon. On voit bien que les longs poils qui la recouvraient sont absents.

Par curiosité pour avoir une idée du cycle complet voici une photo d’un œuf de Lasiocampa quercus pondu par une femelle issue de cet élevage.
Lasiocampa quercus : œuf

Il est rond sans aspérité visible moucheté avec une petite dépression au centre.

Le cycle peut recommencer :  dans quelques semaines les jeunes chenilles se nourriront sur différents feuillus pour donner à l’été prochain ces jolis papillons bien discrets.