dimanche 13 janvier 2019

Euleia heracleii,mâle et femelle de mouches (ravageurs ) du céleri




Je me suis beaucoup intéressée à observer et à étudier les hyménoptères de mon jardin. C’est un monde vraiment passionnant et y consacrer toute une vie ne serait pas suffisant. Mais j’ai aussi bien d’autres visiteurs dans le jardin .
Les mouches  y sont aussi bien présentes et certaines d’elles sont  caractéristiques et identifiables.
Euleia heracleii mâle, la flèche indique le côté du mesonotum*

Voici la petite  mouche du céleri : Euleia  heracleii. Ainsi nommée parce que ses larves s’attaquent au céleri de nos jardins, mais pas uniquement. Elles se nourrissent des tissus végétaux et causent des dégâts dans les cultures de céleri.
Euleia heracleii mâle vue dorsale*

Chez moi c’est sur l’ache des montagnes que j’en vois les traces.Les larves minuscules minent les feuilles qui deviennent brunâtres et la photosynthèse ne s’effectuant plus correctement, cela ralentit la croissance de la plante.
L'adulte mesure de 4 à 6mm.
Euleia heracleii détail de l'aile*

Elle fait partie des Téphritides, de très nombreuses espèces reconnaissables aux dessins de leurs ailes entre autres. La nervure  sous costale rejoint la nervure costale par un coude.

Les femelles ont un ovopositeur entouré par une gaine conique sclérifiée.

Euleia heracleii  femelle avec son ovopositeur court

Elle se rencontre sous 2 formes.

La forme printanière a le thorax, le scutellum et l’abdomen noirs.Mais les pattes et les balanciers ainsi  que les côtés du mesonotum(partie centrale du thorax) son clairs.
Euleia heracleii détail de la tête*

La forme estivale a le thorax et l’abdomen orangé en plus.Je ne l'ai jamais observé dans le jardin .

Les deux générations ont de beaux yeux verts et les parties claires: pattes, balanciers, côté du mesonotum( voir photo du haut) identiques.La tête présente une arista bien développée et quelques soies frontales.

Euleia heracleii détail de la tête vue de face*




Je photographie ces mouches depuis longtemps dans le jardin, mais en consultant mes dossiers je vois surtout des mâles.Heureusement que j'avais vu une femelle en 2015!
Euleia heracleii femelle  léchant une feuille humide

 C'est elle qui me sert pour l'illustration.
Cela fait des années que j'en vois une ou deux au mois de mars ou avril , mais cela n'empêche pas mes plants de prospérer avec une ou deux feuilles attaquées que je coupe limitant la prolifération des indésirables!

*Images agrandies 3 fois

mardi 8 janvier 2019

Bombus terrestris mâles et dernières ouvrières en hiver.


C’est la fin de saison pour les bourdons. Ils sont pourtant encore très nombreux à venir se régaler sur les fleurs du Bibacier du Japon. Une chance pour moi, car ils sont d’actifs pollinisateurs. Grâce à eux, nous aurons des nèfles au printemps !
Bombus terrestris trio de mâles sur les fleurs du bibacier, en hiver

Mais comme je le disais, c’est la fin de la colonie, mâles et ouvrières vont petit à petit achever le cycle de leur vie. A l’abri, la nouvelle reine attend le printemps pour se mettre à pondre et commencer une nouvelle colonie. Ainsi, le matin,  des individus pas bien réveillés et peu vaillants se laissent cueillir facilement.
Bombus terrestris mâle léchant sa goutte de miel, un excellent moyen de le faire poser devant la toise

Cela me permet de mieux observer un joli petit mâle, je dis petit car il est des 3 occupants de la colonie, le plus petit. Ouvrières et bien sûr la reine sont plus grands.Plusieurs mâles  se sont présentés sur le rebord de ma fenêtre cherchant un abri derrière les volets.
Détail des antennes de Bombus terrestris: 13 articles =mâle

Pour le récompenser et aussi le maintenir devant mon objectif, rien de mieux qu’une goutte de miel.
Comme chez bien d’autres hyménoptères de la famille des Apidae, le mâle a 13 articles aux antennes.

Les Bombus sont difficiles à différencier mais Bombus terretris est  le seul mâle à avoir une face avec une pilosité complètement noire.
Détail de la langue de Bombus terrestris

Il sera aussi très content de me montrer sa langue longue. Elle est guidée par un fourreau dont elle dépasse. Souple à l’extrémité, et terminée par un faisceau de poils, elle est plus longue que celle notre belle abeille mellifère et lui permet de visiter des fleurs très différentes  où le nectar est difficile d’accès.
Bombus terrestris ouvrière encore active en janvier.

C’est sur le Bibacier que se poursuivent mes observations.
Parmi les nombreux visiteurs j’ai eu beaucoup de mal à trouver des ouvrières avec leurs corbeilles emplies de pollen.
Détail d'une patte arrière d'ouvrière avec sa collecte de pollen (jaune =bibacier).

Mais en voici une ou deux. Je me demande d’ailleurs pour qui elles travaillent. Sans doute que le froid n’étant pas encore assez intense, certaines d’elles continuent à alimenter le couvain.Avec une récolte jaune, l'origine vient du bibacier, blanc la collecte se fait sur les bourraches.
Détail d'une patte arrière d'ouvrière avec son espace destiné à collecter le pollen

On voit bien ici , l’une d’elle au repos, me permet quelques images puis elle prendra un vol rapide pour disparaître à mes yeux.
Bombus terrestris une ouvrière sur une fleur de bourrache

Je n’ai jamais trouvé de nid dans mon jardin,(ils sont dans le sol) les bourdons parcourent  sans doute un certaine distance pour alimenter les larves.
Bombus terrestris le nez dans les  fleurs d'un cirse. 

En ces jours ensoleillés d’hiver méridional, je suis toujours étonnée de trouver autant de bourdons encore actifs, et je vois essentiellement des mâles, repérés à cause de leur petite taille. Hier j'ai vu ce qui me semblait être une reine, mais sans autre individu à ses côtés on ne peut guère apprécier sa taille.Il reste encore quelques fleurs au jardin , c'est grâce à elles que ces jolis nounours ailés trouvent à se nourrir sur leurs derniers jours! 
Les bourdons terrestres sont devenus de précieux auxiliaires pour nous nourrir puisque on les élève et on le vend pour polliniser des cultures en serres (tomates par exemple).





mardi 1 janvier 2019

Pour commencer l'année : du bleu!


Pour commencer l’année 2019, voici le bleu !
Bleu comme le ciel d’une belle matinée pleine d’espoir.
Bleu comme le bleu tendre de la fleur de lin, de la nigelle, de la phacélie ou celui  plus soutenu des campanules.
Bleu pour vous souhaiter une année 2019 avec un ciel sans nuages (ou juste quelques-uns pour nous donner des pluies rafraîchissantes)



Doux bleu de la lavande qui sert de support à la mue de la belle Decticelle splendide (Eupholidoptera chabrieri)



           Une Halicte se nourrit sur le lin 



         La Piéride butine au coeur de cette belle inconnue pour moi!



      Dans la Phacélie voici la grosse Xylocopa, aux ailes déjà un peu ébréchées!



    Une belle butineuse sur l'élégante Nigelle de Damas.
Les papillons l'aiment, même si j'en ignore le nom .Ici, Charcharodus  alceae.




Moi j'aime les campanules , cette femelle juvénile de la Decticelle splendide l'apprécie aussi..Elle visite la belle clochette de la campanule carillon cadeau de notre amie botaniste!


Ici Agapanthia cardui qui a dû se tromper en croyant être sur un chardon , alors qu'il s"agit d'une campanule à fleur de pêcher, chouchou de mon mari! 


Une laitue montée en graines nous a offert cette riche floraison qui a fait le bonheur (et une belle récolte de pollen) pour de nombreuses Halictes en particulier.
Belle année 2019!

dimanche 23 décembre 2018

De la couleur pour finir l'année!


Pour finir l’année, j’ai choisi la couleur. Couleurs des diverses fleurs qui attirent les insectes. Certains n’en choisissent qu’une et y restent fidèles. C’est souvent le jaune qui attirent une grande variété.
Halicte de la scabieuse se nourrissant.

Mais il y en a bien d’autres.
Je laisse pousser presque toutes les plantes qui veulent bien fleurir dans le jardin .Mais j’en ajoute  dont j’aime la couleur ou pour varier les formes des fleurs afin que chacun y trouve de quoi se nourrir.
Lepture porte coeur et Clairon des abeilles se partageant les ressources de la fleur de panicaut

C’est souvent sur une fleur que je repère le nouveau venu dans mon environnement et ensuite pour le besoin de l’identification je le photographie de plus près. Ce qui permet d’en voir les détails bien sûr mais élimine son cadre de vie !
Jeune phanéroptère nana explorant la fleur de la lavatère ponctuée.

Aujourd'hui c'est l'inverse: le cadre est privilégié , le détail moins présent, mais l'habitude permet de nommer les visiteurs!
Une multitude d'anthaxies du millefeuille sur la grande marguerite
Une de mes favorites au jardin , apportée depuis ma résidence précédente et qui a fleuri année après année, j'aime la forme régulière de ces grandes marguerites.
Un papillon  demi-deuil en se nourrit aussi sur la lavatère ponctuée
Une invitée dans le jardin . Un plant un jour dont la graine fut sans doute apportée par le vent ou un oiseau et qui s'y plait depuis pour mon plus grand plaisir, j'aime ce rose tendre souligné de lignes plus soutenues de la lavatère ponctuée.
Bombyle hottentot, bien installé!
Le coeur jaune de cette inconnue attire ce bon gros et inoffensif Bombyle hottentot.
Encore une  jeune phanéroptère nana bien installée!
Parmi les insectes juvéniles , les sauterelles sont toujours spectaculaires. A cause de leur longues et mobiles antennes qu'il faut faire rentrer dans le cadre.

C'est avec cet échantillon coloré que je vous souhaite amis lecteurs de belles fêtes de fin d'année!

jeudi 13 décembre 2018

Deleproctophylla dumesti, l'Ascalaphon du midi, mâle et femelle.

Une petite précision: pour être averti d'une publication, l'abonnement ne fonctionnant pas ou plus, il est nécessaire de choisir "suivre ce blog par e-mail " cela fonctionne!
Merci ! 

Parmi les insectes que j’ai rencontrés j’ai une admiration particulière pour les Ascalaphes , cette famille de Névroptères  entre fourmilion et papillon qui se rencontre surtout dans les régions plus méridionales de notre pays.
C’est encore une fois grâce à Pierre06 que nous aurons le plaisir de voir ce bel insecte assez localisé à la bordure méditerranéenne.
Deleproctophylla dumesti se rencontre essentiellement dans les départements bordant la Méditerranée.
Deleproctophylla dumesti , femelle avec un reste de "phylla"

 Je me suis interrogée sur ce curieux nom et la réponse vient du web! Il peut se décomposer en  procto =anus et phylla = feuille(bien sûr chez nos amis grecs, les Anciens de plus).
Pour illustrer cela il faut trouver une femelle et de plus qui vient d’être fécondée. On voit alors à l’apex de l’abdomen, une pièce supplémentaire, en forme de feuille. Elle est laissée par le mâle après la copulation( il s'agit du spermatophore durci).
Je n’ai vu qu’une seule femelle avec les restes de cet appendice.

Deleproctophylla dumesti , femelle 

La femelle avant la rencontre avec  son Roméo présente déjà un apex d’abdomen assez particulier.
Grâce aux explications d’un membre du forum insecte.org voici ce que l’on peut voir.
 
Deleproctophylla dumesti , femelle détail de son abdomen
 Les tergites sont numérotés:
  • tergite 6, 
  • tergite 7 (le plus étroit),
  •  tergite 8 : aplati et élargi latéralement, prolongé vers l'apex et recouvrant partiellement le tergite 9, dont on voit les extensions latérales (les petites ailes claires)
  •  et enfin, la pièce bifide qui correspond à l'ectoprocte.(anus projeté à l’extérieur).

Deleproctophylla dumesti ,mâle

Le mâle quant à lui se reconnait à ce qui ressemble à des cerques , qui n’en sont pas là aussi il s’agit de l’ectoprocte, une pièce bifide.

Deleproctophylla dumesti ,mâle, détail des yeux

Ce qui est remarquable chez cet Ascalaphon, ce sont ses yeux en 2 parties, dont la partie dorso- frontale, sensible aux UV, qui lui serait utile pour détecter  des proies ou des partenaires sur fond de ciel bleu.
Deleproctophylla dumesti ,mâle, vue dorsale
Les antennes sont remarquables terminées par une massue striée et colorée.
Voici un sujet chez qui elles ont subi sans doute un problème !
Deleproctophylla dumesti ,mâle,mes antennes sont originales, non?

 Des discussions ont eu lieu sur le forum pour connaitre l'identité exacte des ces Ascalaphons car , en général, l'espèce  dumesti, n'a de taches que sur les ailes postérieures. Mais après analyse par un spécialiste il s'avère que ces exemplaires qui ont aussi les ailes antérieures tachées appartiennent bien  à dumesti!

On ne rencontre cet insecte que sur une période limitée entre juin et juillet.
J'espère que nous aurons encore longtemps l'occasion de voir das notre environnement ces beautés discrètes!