vendredi 11 août 2017

Des guêpes oui, mais aux modes de vie bien différents!

Elles se ressemblent, nous font un peu peur car certaines piquent ( si on les embête) mais elles ont des mode de vie bien différents.J'en ai observé plusieurs espèces qui viennent sur le fenouil aux heures les plus chaudes.
Je n'ai pas cherché à les identifier dans le détail, mais déjà leur appartenance à des familles différentes informe sur leur mode de vie souvent bien original.
Guêpe poliste mâle avec ses antennes recourbées au bout.

Certaines comme les plus grandes sont de guêpes bien reconnaissables :  avec une belle taille de guêpe, de jolis dessins et elles ont une vie sociale bien organisée, une reine, des ouvrières .... Les guêpes ont leur deux ailes qui ne se séparent pas, ce qui donnent l’impression d’avoir des ailes très étroites .
 
Guêpe poliste mâle, détail de la face.
Ici ce sont des Polistes(dominulus sans doute) qui viennent se nourrir des sucs du fenouil.

Guêpe poliste femelle.

Le mâle avec ses antennes enroulées à l’avant, les femelles les ont droites. Elles vivent en société et  construisent des nids à base de végétaux.

Guêpe de la famille des Eumenes.
Les autres qui suivent sont toutes des guêpes solitaires.

Les Eumenes sont des guêpes à la taille longue et fine. En fait le premier article de l’abdomen est très long et très étroit, le second globuleux. Ce sont des insectes solitaires.
Guêpe de la famille des Eumenes, un abdomen au profil particulier

Les dessins aident à la détermination. Ce sont des guêpes maçonnes  qui construisent des nids en forme d’amphores et nourrissent leurs larves avec des chenilles. L’œuf est pondu dans le fond de l’amphore, la nourriture est apportée ensuite puis l’amphore est fermée.

Les Cerceris sont des guêpes de la famille des Crabronidae. On trouve en Europe une vingtaine d’espèces.
Cerceris femelle, 5 seg.mets à l'abdomen.

Les adultes sont nectarivores mais leurs larves sont carnivores. Chaque espèce de Cerceris choisit ses proies parmi une ou quelques espèces précises (coléoptères souvent, par exemple des charançons).
Cerceris mâle, espèce différente de la précedente, mâle avec 6 segments bien visibles à l'abdomen

 Les femelles creusent leur nid dans le sol.Le dernier article de l’abdomen, plat, sert de pelle pour rejeter le sable lors du creusement de sa galerie.Les mâles ont un segment de plus à l'abdomen.


Lestica clypeata femelle fait aussi partie de la famille des Crabronidae. Son nid se trouve dans du bois mort et ses larves sont nourries de papillons  adultes souvent de la famille des Crambidae.
Lestica (clypeata, probable), guêpe qui nourrit ses larves avec des papillons.

Toutes jaunes et noires elles sont en en accord avec les fleurs du fenouil. Et  elles jouent toutes un rôle dans l'équilibre  des insectes qui visitent nos jardins.


dimanche 6 août 2017

Amegilla albigena, mâle et femelle

C’est à  la suite de cette image prise ce matin que je publie (enfin) cette page pour présenter cette petite abeille solitaire que je vois tous les étés dans le jardin .
Amegilla albigena femelle.

Amegilla albigena appartient  à la grande famille des Apidés.Le genre Amegilla comprend rien moins que 260 espèces dans le monde et 26 dans la région ouest paléarctique où nous nous trouvons.
C'est grâce à une clé russe traduite en français que je suis enfin sûre de son identification.
De plus je n’ai quasi jamais vu cette abeille posée. En vol elle est vraiment très très rapide : j’ai à peine le temps d’appuyer sur le déclencheur qu’elle est déjà ailleurs. De plus elle bourdonne, disant sans doute clairement que je n’ai pas ma place autour des fleurs qu’elle butine.
Pourquoi est-elle si rapide : elle a une langue longue, qu’elle ne rentre pas en allant d’une fleur à une autre et elle est ainsi prête à recueillir la goutte de nectar et hop à la suivante !
 
Amegilla albigena femelle en vol d'approche.
Les années précédentes je la voyais sur les fleurs du lantana. Cette  année ce sont les fleurs du gaura qui sont visitées.
C’est une abeille qui mesure entre 10 et 12mm environ. Elle a l’aspect trapu  d’un gros nounours avec un pronotum recouvert d’une pilosité abondante allant du beige au gris en passant par le brun clair. On y distingue des poils plus sombres et plus longs de manière clairsemée.
L’abdomen présente des bandes plus claires au bas des tergites sombres. Chez la femelle, le tergite 5 présente en plus latéralement de longs poils blancs visibles sur certaines photos.
Amegilla albigena femelle détail de la face comparée au schéma extrait de la clé russe.

Mais c’est grâce à la clé russe traduite et surtout au dessin de la face des abeilles tant mâles que femelles que je suis enfin sûre de l’identification de mes belles visiteuses de l’été.
Amegilla albigena , femelle en vol

Ce sont en effet des abeilles estivales que l’on voit dans les régions méridionales chez nous. Elles n’ont pas de préférence pour butiner, ici comme déjà dit ce sont les lantanas et les gauras qui ont leur préférence, ces plantes sont toujours présentes dans le jardin, ce qui explique sans doute la permanence de leurs visites.
Amegilla albigena , femelle en vol, chargée de pollen sur les pattes postérieures.

La particularité de la face est vraiment importante pour être sûre de l’identité :clypeus et  aire frontale avec un dessin clair en forme d’ancre. Il y a alors deux espèces qui présentent un tel dessin ;  A.quadrifasciata et A. albigena..
 Pour  A. albigena il est précisé dessin blanc de la face n’allant pas jusqu’au milieu de l’œil, labrum plus court que large. .
( A.quadrifasciata  est plus grand et le tarse postérieur est  couvert de poils noirs).
Amegilla albigena ,mâle se nourrissant sur du lantana.

J’ai ensuite retrouvé dans mes dossiers dans la rubrique « à identifier », ce beau mâle  et là aussi c’est grâce au dessin présent dans la clé que mon beau nounours a trouvé son nom !
Sa face est entièrement blanche.
Amegilla albigena ,mâle détail de la face comparée au schéma de la clé russe

Sur un grand nombre d’images que je possède de ces abeilles il n’y en a que 2 ou 3 qui permettent de voir ces détails décisifs. Avec leur rapidité c’est un vrai sport que de les photographier.
Amegilla albigena ,mâle nez dans le lantana.

C’est une abeille solitaire qui fait son nid dans le sol.
Amegilla albigena ,mâle: j'arrive!!


C’est encore la saison pour les voir autour de nous.
En plus de la clé russe voici un site qui apporte aussi des infos sur cette abeille ainsi que sur la zone où l'on peut la trouver .

mercredi 26 juillet 2017

Ceratina cucurbitina, une petite abeille de la famille des Xylocopinae

Les abeilles qui se nourrissent sur les différentes fleurs qui poussent dans le jardin sont un sujet de photographie , mais aussi à l’origine de recherches patientes pour connaître un peu mieux leur vie.
Ceratina cucurbitina femelle dans une fleur de melon.

C’est ainsi que j’ai découvert cette année cette petite abeille toute noire qui se faufilait tout au fond des fleurs de melons.

Je ne plante que rarement des melons mais cette année c’est le cas et comme ils sont près de l’endroit où pousse la lavatère ponctée qui sert de dortoir aux beaux mâles de  Tetralonia malvae j’ai observé leur manège.
Ceratina cucurbitina femelle, on voit sa langue encore sortie.

Il me fut très difficile d’en avoir des photos assez détaillée pour les identifier, d’autant plus que 2 espèces différentes visitaient ces fleurs.
Voici donc Ceratina curcurbitina, vous me direz que pour se nourrir sur des fleurs de Cucumis melo, de la famille des cucurbitacées, elle porte bien son nom.
Ceratina cucurbitina femelle se nettoyant l'antenne.

Petite, autour de 8 mm, cette abeille appartient à la famille des Xylocopa comme Xylocopa violacea. C’est dire qu’elle installe son nid dans des tiges de diverses plantes comme les ronces, les carottes sauvages....
 En France, elle niche également dans des tiges de Daucus carota, Dipsacus sp., Euphorbia characias , Foeniculum vulgare , Sambucus nigra  et Vitis vinifera .

Ceratina cucurbitina femelle la marque  blanche allongée sur le clypeus.
Comme beaucoup de ces plantes sont présentes chez moi ou autour il n’est pas étonnant que je la vois.Mais je ne l’avais jamais vu en si grand nombre et sur ces fleurs bien particulières. Les femelles collectent le pollen sur de nombreuses  autres fleurs .

Ceratina cucurbitina est la seule de son genre à ne pas avoir de reflets bleus, elle est vraiment noire on précise bien « Corps noir, sans reflet métallique » .Ces abeilles contrairement à bien d’autres sont presque glabres ; elles présentent une marque blanche sur le lobe pronotal, le labre des mâles, le clypeus et les genoux.
Ceratina cucurbitina, femelle vue de profil

 Mes exemplaires sont des femelles, la tache sur le clypeus est de forme rectiligne(chez le mâle, elle est triangulaire).
Elle creuse  les tiges sèches de bien des  végétaux cités plus haut, y dépose un cylindre de   pâté pollinique, y dépose un œuf, une cloison et on recommence.
Elles sont présentent en grand nombre dans la partie méditerranéenne de l’Europe, atteignant en France sa limite nord. Au- delà du 45eme parallèle sa présence diminue nettement.
Ceratina cucurbitina,  femelle couverte de grains de pollen.

 Les femelles sont très nombreuses en juillet( cela correspond à mes observations), Les mâles sont plus printaniers ; on peut rencontrer les deux sexes de mars à octobre.

Il y a de nombreuses infos sur le net à leur sujet, l’étude la plus complète étant celle de :
Révision des Xylocopinae (Hymenoptera : Apidae)
de France et de Belgique par 
Michaël Terzo, Stéphanie Iserbyt & Pierre Rasmont.(disponible sur le net).
Le début est en anglais mais l’essentiel est en français.
Ici,  d'autres infos.





jeudi 20 juillet 2017

Pterolepis (Rhacicleis) poneli, une femelle dans les fleurs.


En octobre 2015 j’avais trouvé un mâle de Pterolepis poneli dans le jardin. Ici sa présentation détaillée.


Hier soir en arrosant mes bacs de fleurs, j’ai dérangé madame ! Et c’est avec grand plaisir que je la retrouve dans le jardin cette fois bien plus près de la maison.
Pterolepis poneli  femelle sur une fleurde dimorphoteca

C’est l’occasion de la remettre à l’honneur.
Elle aime les fleurs  puisque c’est là qu’elle se cache. Je pense aussi que la terre des bacs est bien plus meuble que celle du jardin où la sècheresse rend le sol bien dur.
Pterolepis poneli  femelle détail des plantules libres  des pattes arrières

Elle est adulte et c’est bien une decticelle avec ses plantules des pattes arrières. De plus ce qui permet de déterminer le genre Pterolepis , ce sont les plantules libres très grandes, de la taille du premier tarse. Vous remarquerez que la dame a perdu la chaussure de l’une de ses pattes arrière mais cela ne l’empêche en rien de sauter merveilleusement bien ! D’ailleurs pendant que je jetais un œil sur mes dernières images elle s’est échappée dans la végétation environnante !
Pterolepis poneli  femelle : un fin liseré clair autour du pronotum.

Autre caractéristique de la femelle de Pterolepis Rhacicleis poneli, un mince liseré clair se note sur le bord du pronotum. Ses grandes pattes sauteuses sont aussi marquées de sombre.
Pterolepis poneli  femelle une ligne sombre sur les pattes sauteuses.

L’insecte n’est jamais de coloration verte.
Pour la femelle le détail significatif  pour la distinguer des autres Rhacocleis, est la plaque sous génitale qui est plus large que longue.
Pterolepis poneli  femelle : détail de la plaque sous génitale.


C’est une sauterelle  qui est connue des départements du bord de la Méditerranée, mais qui est en expansion dans la moitié sud du pays.
Pterolepis poneli  femelle : de très longues antennes.


Elle aime les ronciers, les haies, les maquis .C'est assez étonnant que je la trouve si près de la maison mais autour de chez nous il y a bien des refuges où la petite faune vit tranquillement.

La voici du haut de sa fleur àadmirer les environs avant de disparaître dans la végétation!Elle est aussi appelée la sauterelle opportuniste.

Pterolepis poneli  femelle
Infos d'identification extraites de :
 Cahiers d'identification des Orthoptères de France, Belgique, Luxembourg et Suisse; Editions Biotope, Eric Sardet, Christian Roesti, Yoan Braud.

jeudi 13 juillet 2017

Je dors dans des draps roses: Tetralonia malvae mâle

J’ai dans certains coins du jardin des pieds de lavatère ponctuée(Lavatera punctata) qui poussent là où ils veulent .

J’ai ces derniers jours le plaisir d’y trouver des endormis ! C’est joli de voir des insectes aux longues antennes (aussi longues que le corps)et le popotin qui s’agite au rythme de leur respiration dans une jolie fleur rose tendre.

Tetralonia malvae mâle endormi dans la fleur de lavatère ponctuée

Ils sont si bien endormis que j’en ai promené un depuis mon jardin jusqu’à ma table de photographie. C’est ainsi que j’ai pu l’identifier.

Tetralonia malvae mâle vu de profil

Avec ses longues antennes, il y a deux familles concernées : Les Eucera et les  Tetralonia.

Les Eucera volent essentiellement au printemps et ont deux cellules cubitales ( voir ici .)

Tetralonia malvae mâle avec les détails à observer.

Notre dormeur fait partie des Tetralonia avec ses 3 cellules cubitales (Voir les flèches ci-dessus.)
Autre détail important, les petites dents latérales sur le tergite 7(encerclées). De même les tergites 2 et 3 sont remarquables avec leurs bandes blanches à la fois à la base et à l’apex du tergite.

Les mâles ont le clypeus jaune, les femelles noir.

Il s'agit de Tetralonia malvae lié aux fleurs de la famille des Malvacae.

Tetralonia malvae mâle le dormeur du soir, prêt pour passer une nuit tranquille.

Une  fois identifié, j’ai voulu vérifier si l’insecte passait vraiment la nuit dans la fleur. Au cours de  ma tournée du soir j’ai bien trouvé ce sujet qui après une toilette rapide s’est cherché une position confortable pour n’en plus bouger.C'est disons la position habituelle de ces dormeurs.

Vous remarquerez sur les côtés de la fleur des petites incisions. J’en aurai l’explication un autre matin où j’ai trouvé celui-ci, accroché par les mandibules sur un pétale de la fleur.
Tetralonia malvae mâle accroché par les mandibules.

 Et hier matin encore une autre position pour celui-ci qui a bien passé toute la nuit ainsi : il est même mouillé et l’on voit à côté des grains de pollen, des minuscules gouttelettes de rosée( ce qui est rare par chez nous).

Tetralonia malvae mâle accroché par les mandibules couvert de rosée et de grains de pollen.

Et les femelles ? Eh bien elles n’ont pas le temps de prendre la pose, elles volent de fleur en fleur avec une extraordinaire rapidité. Elles rassemblent du pollen et exclusivement du pollen de malvacée, pour en nourrir leurs larves. On dit alors qu’elles ont un comportement oligolectique.

Tetralonia malvae mâle bien  accroché par les mandibules.

 Le nid est creusé dans le sol.  C'est une espèce d’Europe du sud, qui s’aventure parfois plus au nord puisqu'on la trouve en Allemagne .

Tetralonia malvae mâle accroché par les mandibules couvert de rosée et de grains de pollen, vue de près..
On ne rencontre qu'une génération par an et elle est estivale; chez moi cela fait 15 jours que je les vois, on devrait les voir essentiellement en juillet août.
Une page en allemand fort intéressante.




Je ne résiste pas à rajouter cette photo faite ce soir! Bien qu'il y ait d'autres fleurs disponibles ces deux mâles ont décidé de faire chambre commune!