jeudi 11 février 2016

Goeland d’Audouin, un endémique méditerranéen


Voilà un oiseau dont les études montrent que le nombre a sérieusement augmenté ce qui est une bonne nouvelle( d’habitude, c’est hélas, l’inverse que l’on constate) entre les années 1970 et 1990.

Goéland d'Audouin en bord de mer Méditerranée.
C’était un goéland rare , il est toujours protégé mais l’essentiel de sa population se concentre sur peu de sites, celui du delta de l’Ebre en étant le principal.

On le rencontre sur d’autres sites au bord de la Méditerranée, en particulier en Corse où l’on essaie de protéger les petites colonies. C’est une espèce endémique de Méditerranée.
Goéland d'Audouin  prêt à s'envoler

Nous sommes allés à sa rencontre dans le delta de l’Ebre.
Goéland d'Audouin à l'envol, il n'aime pas poser pour la photo!

Comme toute colonie nicheuse, il ne faut pas s’approcher des zones où les oiseaux sont installés. Nous y étions au moment de leur installation et ceux que nous avons vus à une certaine distance avait fait un bon choix ! 
Une des zones de nidification: en arrière plan l'activité des salines.

Nous sommes dans une vaste zone de salines et les oiseaux avaient choisi des digues peu élevées entre des bassins. La courte végétation qui recouvrait ces zones les mettait à l’abri des regards et l’eau les protégeait des prédateurs terrestres. Nous y étions au mois d’avril c’est dire que la nidification n’avait pas commencé.
En couple

Le Goéland d’Audouin est plus petit que le Goéland leucophée : 48cm contre 58cm,son plumage gris est aussi plus pâle. La pointe des ailes est noire, le reste du corps blanc. Les pattes grises et surtout le bec rouge assez sombre avec une barre noire sont des caractères les différenciant.
Les intrus ne sont pas les bienvenus

Comme la colonie est suivie on rencontre certains oiseaux bagués.
Nous avons assisté à des différents entre oiseaux : il s’agit simplement de la défense d’une petite zone de digue « réservée » par un couple.
En voilà un de chassé!

 Les intrus sont alors violemment chassés d’abord par des avertissements sonores avant qu’ils n’aient posé la patte au sol. 
Encore un autre!

Si l’intrus ose se poser on lui indique alors par la manière forte qu’il est prié d’alors voir ailleurs et ce sans attendre. D’ailleurs il a vite compris et n’insiste pas: chacun chez soi !
Ouf! Viré!


Ce fut un plaisir de voir cette colonie se porter à merveille dans cet environnement relativement protégé même si l’activité humaine n’est pas loin : les salines fonctionnent bien et l’été la plage immense n’est pas loin. Lorsque nous y étions l’endroit était désert et les oiseaux profitaient de la plage pour se nourrir ! 
Goéland d'Audouin bagué.

vendredi 5 février 2016

Capucins bec de plomb : bien installés dans les alentours du jardin.

Ces petits oiseaux échappés de captivité se sont bien implantés sur la Côte d’Azur !
 
Capucin bec de plomb sur le cotonoaster
D’abord sur la zone côtière de Nice à Cannes, les voilà maintenant présents dans l’arrière- pays et dans mon jardin.
Capucin bec de plomb dans le noisetier

Depuis 2 ou 3 ans je les voyais de temps en temps faire un passage dans le jardin. Depuis l’an passé je sais qu’ils nichent dans les alentours.
Capucin bec de plomb  toujours dans le noisetier

Cet hiver je les ai vus quasiment tous les jours. Ils ne viennent pas à la mangeoire, les graines de tournesols sont bien trop grosses pour eux.
Capucins bec de plomb se nourrissant sur le plumet de l'herbe de la pampa.

 Ils furètent dans les buissons, sur les noisetiers et sur les plumets des herbes de la  pampa. C’est d’ailleurs pour eux (et les rainettes méridionales) que je laisse ce pied dans le jardin.
En couple dans le noisetier

Dès le mois de décembre bien doux que nous avons eu je les ai vus d’abord se nourrir en petits groupes : ils sont alors 5 ou 6 qui s’appellent et « discutent » de leur voix si fluette et reconnaissable.
En famille sur l'herbe de la pampa

La buvette sert aussi de point de rencontre entre espèces différentes : on peut ainsi se rendre compte de la petite taille de ces oiseaux, ils sont plus sveltes que les petites mésanges bleues, même si leur longue queue fine leur donne une allure allongée. C’est bien sûr leur bec large, gris de plomb, qui en fait des granivores essentiellement.
Capucin bec de plomb et Mésange bleue , à la buvette

Déjà à cette époque on préparait le nid, j’ai ainsi vu à deux reprises un oiseau ramasser une plume, sans doute de tourterelle turque qui en se chamaillant continuellement, perdent parfois une de leurs petites plumes.

Capucin bec de plomb, la buvette sert aussi de bain!

J’ai ainsi assisté au spectacle très complexe de la récupération de ce précieux duvet. En survolant un petit enclos l’oiseau repère le  dans l’herbe : il ne se précipite absolument pas. Il fait un large détour, s’approche et s’installe sur une petite barrière qui surplombe la zone stratégique. Il observe longuement les alentours et soudain, plonge et hop ! repart avec son précieux butin ! 
Capucin bec de plomb avec sa précieuse plume

Si en décembre les plumets du pampa servent de rassemblement familial pour se nourrir, il en va différemment ces derniers jours.
Au nourrissage!

 Maintenant ils servent à la cérémonie du cadeau : il faut cueillir un brin  et ensuite le tendre à sa chère moitié qui en comprend en général la signification, l’acceptation du cadeau est en général suivi de l’accouplement.
Monsieur cueille un "bouquet" pour la belle , en retrait à gauche!

Pour l’instant je n’ai vu que la première phase de la cérémonie. Même si le nid est prêt il vaut mieux encore attendre pour fonder une famille, l’hiver n’a pas encore dit son dernier mot !
Un cadeau pour moi! Oh! J'arrive!


J’aime beaucoup la présence de ces petits oiseaux qui originaires d’Inde, ont un jour été « libérés » dans la région et depuis se sont installés en s’insérant dans la faune locale sans nuire aux autres oiseaux présents dans notre région.

Des histoires plus anciennes des Capucins bec de plomb dans le jardin :

samedi 30 janvier 2016

Roselin githagine, un oiseau aux douces couleurs!(Bucanestes githagineus, Bouvreuil githagine)

L’intérieur de l’île volcanique de Lanzarotte est consacrée partiellement à de l’élevage extensif. En hiver on trouve alors de petits enclos pour nourrir les chèvres. Les pierres d'origine volcanique abondent dans cet univers semi désertique et elles servent de matériel pour la construction de ces murs.
Roselins githagines en petit groupe 

C’est en regardant le sommet de l’un de ces enclos circulaires que nous les avons aperçus : tout un groupe de  Roselins githagines.
Ces petits oiseaux de la famille des Fringillidés, comme notre Pinson des arbres ou le Verdier d’Europe, ou encore le magnifique Bouvreuil pivoine, ne mesurent guère plus de 12à 15cm.
Le  plumage rosé  essentiellement sur la poitrine peut sans doute justifier son nom de Roselin. Son bec est aussi de cette couleur tirant vers l’orangé. La tête est grise comme le côté de l’abdomen, le ailes et le dos  sont davantage bruns.
 
Roselin githagine , de la taille d'un Pinson des arbres.
Le large et puissant bec nous indique que c’est un granivore. En effet ces oiseaux attendaient que les chèvres se retirent pour chercher les graines tombées du foin que celles-ci broutaient.

Roselins githagines , dans l'enclos des chèvres, on voit les crottes au premier plan

Nous rencontrerons, toujours en petit groupe de 5-6 oiseaux, les Roselins le long de la route se nourrissant sur les herbes poussant dans le fossé. On voit bien qu’ils ont machouillé de l’herbe, ayant oublié de s’essuyer le bec !
Roselin githagine au bec barbouillé!

Ils vivent surtout en Afrique et en Asie, les îles Canaries étant le seul territoire européen où ils nichent. C’est à Lanzarotte et à Fuerteventura que l’on a le plus de chance de les voir.On peut les rencontrer très exceptionnellement en Europe.
Ils aiment les zones caillouteuses, les ravines sèches,les falaises ou les cultures abandonnées. Ils nichent d’ailleurs dans les trous de murs, à l’abri de rochers ou au sol.
Roselin githagine , le dos est davantage brun que rose


Ces petits oiseaux nous ont laissé de très bons souvenirs de nos promenades dans ces paysages où les arbres sont quasi absents  et la végétation si rare. 

Pour mieux les connaître :une page qui leur est consacrée ici

lundi 25 janvier 2016

Courvite isabelle !(Cursorius cursor, cream coloured courser)

Quel beau titre n’est-ce pas ?
Hélas, vous ne verrez pas la belle Isabelle, du moins pas telle que l’on peut l’imaginer !
Courvite isabelle à Lanzarotte, dans un paysage semi-désertique

Sous ce beau nom se cache un très bel oiseau de la famille des Glaréoles. Bien adapté aux régions désertiques, nous l’avons rencontré aux Iles Canaries, en particulier à Lanzarotte, en hiver. Nous avons eu beaucoup de chance car l’espèce si elle y est présente, est discrète.
Courvite isabelle au milieu des cailloux d'origine vocanique

Avant de partir j’avais fait une recherche sur les oiseaux présents dans l’île, les zones qu’ils fréquentent, leur allure, pour  être capables de les reconnaître de loin. Ce n’est qu’ensuite que je peux tenter une approche patiente et discrète.
L’île de Lanzarotte est touristique mais on y trouve encore des milieux naturels en se rendant dans le centre de l’île, loin des complexes balnéaires. En hiver surtout on peut marcher dans des paysages semi-désertiques comme sur la photo du dessous !D’origine volcanique ces couleurs sombres sont celles du décor naturel.
Courvite isabelle à Lanzarotte, paysage typique du centre de l'île

Espèce nicheuse à Lanzarotte, l’oiseau est de couleur crème, reconnaissable à ce grand V blanc qui part du dessus de l’œil  jusqu’à la nuque et qui est encadré de noir. Le dessus de la tête est gris. Petit, il mesure de 21 à 24cm, pesant entre 100 et 150gr; les deux sexes  de cet échassier sont semblables.C'est sa couleur claire qui lui a valu son joli nom d'isabelle!
Courvite isabelle,portrait

 Son bec  fin légèrement recourbé est noir, les pattes sont blanchâtres. Bien que présente comme déjà dit à Lanzarotte, l’espèce y est considérée comme rare.
Son nom se justifie par sa manière de se déplacer. Il court sur le sol très vite, puis marque un arrêt et reprend ensuite sa recherche de nourriture. Il n’est pas facile à suivre sur ce sol caillouteux où se déplacer sur les genoux est loin d’être facile ! C’est un insectivore qui peut aussi se nourrir en vol.
Courvite isabelle ,de dos, vue de sa tête si particulière

Courvite isabelle aime ces paysages  semi arides à la végétation très clairsemée. 
Courvite isabelle  dans son milieu

Mais l’urbanisation et  le fractionnement de son habitat le met en danger. Lanzarotte est depuis 1993 réserve de  biosphère par l'Unesco, espérons que cela aidera ce  si bel oiseau !
Pour en savoir davantage sur l''oiseau ,  c'est ici.


mercredi 20 janvier 2016

Glareola pratincola, la Glaréole à collier

Voici un oiseau présent en France, il vient en très petit nombre se reproduire en France, en Camargue et passe l’hiver en Afrique.
Glaréole à collier sur le sable de la plage

C’est attirés par la beauté de l’oiseau et sa possible présence chez nous que nous sommes partis à sa recherche, …en Espagne, en particulier dans le delta de l’Ebre.
C’est en Espagne que ses colonies sont les plus nombreuses. On le rencontre aussi dans d’autres pays du bassin méditerranéen (Turquie, Grèce, Roumanie..)
En France leur nombre est en déclin et l’oiseau est considéré en danger, c’est une espèce protégée.
Glaréole à collier, au printemps

C’est un bel oiseau : glaréole à collier à cause de ce très joli collier qui souligne le beige clair des plumes de sa gorge. Il a la forme d’une sterne avec ses ailes pointues bordées de noir et sa queue échancrée. Son bec rouge se termine en noir brillant, l’œil est souligné de blanc dans sa partie inférieure. L’oiseau a la taille d’un Merle ou d’une Grive (24à 26cm) et pèse entre 70 et 90 grammes.
Pour en savoir davantage, c'est ici
On surveille!


Je souhaitais trouver cet oiseau et nous avions parcouru, dans le delta de l’Ebre les zones où nous étions susceptibles de le trouver. Il faut savoir que l’oiseau revient au printemps en Europe pour nicher. Il cherche alors des milieux ouverts proches de zones où il trouve à manger : des insectes !
C’est dire que lorsque il y a usage d’insecticides pour préserver les cultures par exemple, la glaréole ne trouve pas de quoi se nourrir, elle et encore moins ses petits.
Un milieu qu'elle aime et où elle passe inaperçue!

Nichant au sol dans un nid sommaire, elle est aussi très vulnérable au « piétinage » des troupeaux.
Et comme nous avions cherché le matin et le soir , période où elle attrape les insectes en vol , sans succès, nous avions décidé de nous offrir une promenade le long d’une zone côtière où l’on savait rencontrer laTalève sultane. J’ai toujours beaucoup de plaisir à voir cette belle "poule bleue". Nous fûmes ensuite entraînés à marcher le long de la plage et c’est ainsi qu’elle est venue à moi !
Elle n'est pas seule à chercher de quoi se nourrir sur la plage!

C’est beaucoup dire, mais un couple s’est posé à 50mètres et je l’ai tout de suite reconnue, la belle Glaréole. Maintenant il fallait s’approcher davantage pour la photographier et surtout ne pas l’effrayer !
Dans un premier temps je suis toute heureuse de pouvoir l’observer…enfin. 
C’est bien sûr en me faisant la plus petite possible que progressivement je m’approche. Sur le sable ce n’est pas trop dur, mais il n’y a rien pour me dissimuler et les oiseaux, l’un davantage au bord de l’eau, je le vois à peine, et celui qui est plus près de moi, me surveillent.
Un superbe oiseau de la taille d'un Merle

Petit à petit je progresse et les oiseaux ne s’envolent pas. Si les  oiseaux m’ont bien vue, un couple qui passera sur la plage ne nous  voit pas et continue sa promenade sans se douter de ce qui se passe.
Ce sera hélas un promeneur avec un chien qui fera s’envoler les oiseaux. Ce fut pour moi une très belle rencontre.
Un dernier portrait de profil pour la belle Glaréole à collier.