dimanche 26 juin 2016

Donacie thalissina(Donacie vert d’eau), des bijoux des milieux humides.

J’ai davantage l’habitude de parcourir la garrigue que de me promener dans un milieu humide,  plus rare.
Au bord d’un petit lac dédié à la pêche, à 1100 m d’altitude j’ai rencontré nombre de ces beaux coléoptères aux couleurs superbes, métalliques et brillantes.
Donacia thalassina , couple.

A leur allure j’ai d’abord cherché dans la famille des Cerambycidae pour me rendre compte finalement que ces insectes étaient des Donacies, appartenant à la famille des Chrysomelidae, formant la sous-famille des Donaciinae.
Donacia thalassina, Donacie vert d'eau

Ils comptent une quarantaine d’espèces liées au milieu aquatique. Ils sont adaptés à ce milieu avec la présence d’une pubescence ventrale hydrofuge.
J’ai rencontré ces insectes sur des herbes, à proximité de l’eau.. Ce sont les larves qui sont aquatiques. Les œufs sont pondus sous l’eau, les larves se nourrissent des racines et des tiges des plantes aquatiques, sous l’eau.
Donacia thalassina, autre couple

J’ai eu bien des difficultés à déterminer quelle espèce s’en donnait à cœur joie sur les plantes en bordure de ce petit plan d’eau.
La couleur des individus varie entre le doré, le cuivré, le pourpré.
Mais tous les individus que j’ai vus et photographiés, ne présentaient qu’une seule de ces couleurs brillantes et antennes et pattes étaient bien noires.
Donacia thalassina, un pronotum bien particulier

Ensuite, le pronotum est bien particulier : il est presque carré et nous montre une bosse avant les angles antérieurs qui sont saillants et divergents.
Les antennes, ont le premier article presque aussi long que le second et le troisième réuni.
Détail du pronotum avec les angles antérieurs divergents(flèche) et ses  bosses.*

Les élytres fortement ponctuées se terminent par un arrondi vers l’extérieur.
Les stries sont creusées et ponctuées, les interstries ridées en travers ce qui donne cet aspect chagriné.
Une courte strie se trouve après le scutellum et elle est  bien creusée.
Les fémurs postérieurs portent une dent près de l’apex chez les deux sexes.

Donacia thalassina , fémurs postérieurs avec une dent près de l'apex*
L'ensemble des critères distinctifs étant réunis j'en suis arrivée à mettre un nom sur mes sujets: Donacia thalassina, ou Donacie vert d'eau.

On peut observer ces beautés près des plans d’eau entre mai et juillet, ces insectes sont assez commun en France et en Europe.
Donacia thalassina ,  un bel insecte brillant.*
Lorsque j’ai photographié ces insectes dans les herbes il y avait beaucoup de vent et j’ai été étonnée de la « bonne tenue » des insectes sur leur support. 
Lorsque j’ai voulu en enlever un pour l’examiner j’ai été étonné de la « forte adhésion » de l’insecte sur son herbe et même ensuite dans ma boite d’observation, il me fallait insister pour déplacer le sujet. C’est vraiment un des insectes que j’ai rencontré qui se tenait le plus fortement grâce aux soies qui font office de « scratch » sous les tarses.
Donacia thalassina une forte densité de soies hydrofuges sur la face ventrale*

De même l’épaisseur des soies hydrofuges sous l’abdomen permet aux insectes de se poser sur les plantes aquatiques sans problème.
La nature est bien faite ! J’en suis à chaque fois plus émerveillée !


Infos extraites de : Coléoptères phytophages d’Europe,  tome 2, Chrysomelidae, Gaëtan du Chatenet, NAP éditions

*images grossies 2 fois

mercredi 22 juin 2016

Euplagia quadripunctaria, Ecaille chinée, chenille, chrysalide, imago




Voici un papillon que je vois dans le jardin, il aime les haies de mes voisins dans lesquelles il se dissimule le jour.
Euplagia quadripunctaria, Ecaille chinée, imago nouveau-né

Hier matin, je l’ai vu tout neuf éclos d’une chrysalide que j’avais ramassée ce printemps lorsque je bêchais le jardin. Enterrée à faible profondeur et ne sachant à qui elle appartient, je l’ai mise dans un récipient transparent avec un fond de terre.
Euplagia quadripunctaria,vue aile postérieure

 C’est ainsi que j’ai eu la surprise de la voir, conformément au calendrier de son espèce qui précise qu’elle est visible à partir du mois de juillet et jusqu’à la mi-septembre. Elle a choisi de naître le jour de l’été, quelle bonne idée!

Ecaille chinée, Une petite tête avec de grands yeux noirs et des antennes fines.
C’est un papillon très caractéristique avec ses ailes noires zébrées de blanc beige pour les ailes antérieures, celles que l’on voit le plus souvent.
Les  ailes postérieures rouges orangées dans mon exemplaire, sont ornées de quelques gros points noirs.
Ecaille chinée, les ailes, recouvertes de grandes écailles qui se détachent facilement*

Le dessus de l’abdomen est orangé parsemé d’une rangée de points noirs bien alignés. Le dessous est beige clair avec 3 rangées de boutons, non de points noirs ! Un joli costume.

Ecaille chinée,vue ventrale avec ses beaux boutons noirs bien alignés

Notons encore derrière la tête petite avec ses yeux noirs assez gros, porte un petit col noir souligné de blanc et d’orange. L’élégance faite papillon !
Ecaille chinée, détail de la tête*

Sa chrysalide est lisse, brune et c’est dans le sol que s’opère la métamorphose.
La chrysalide , vide dans son léger cocon de soie, ici sur une feuille sèche, mais souvent dans le sol. Sur le côté on aperçoit la capsule céphalique de la chenille.

J’avais déjà à plusieurs reprises rencontré sa chenille.
Ecaille chinée, chenille avec ses grosses verrues orangées et sa ligne blanche sur le dos

 Elle vit dans les herbes basses du jardin mais  se nourrit aussi sur des arbres, des arbustes.
Ecaille chinée, chenille , la tête est noire brillante
 En élevage, je la nourris avec des feuilles de pissenlit et cela fonctionne très bien. Je rencontre la chenille au printemps et le papillon adulte émerge au début de l’été.
Ecaille chinée, chenille ,noire avec des verrues orangées

Ses gros poils servent à lui faire un léger cocon dans lequel la chenille glabre alors, se cache pour se transformer d’abord en chrysalide puis en papillon adulte.
Ecailles chinées , à deux,un triangle presque équilatéral

Les photos faites sur les fleurs de tournesol datent du mois de septembre des années passées.
Ecailles chinées , chacun pour soi!

C’est un papillon dit nocturne mais qui vole aussi le jour, se cache souvent comme dit plus haut dans la végétation. On le rencontre partout en Europe dans des lieux humides et boisés jusqu’à 2000 mètres d’altitude. Il est dit assez commun.

 Avec ses couleurs  caractéristiques  il ne devrait pas échapper à vos observations.

Infos tirées de Papillons de nuit d’Europe, Patrice LERAUT NAP éditions
*Photos grossies 3 fois

samedi 18 juin 2016

Satyrium ilicis(Thécla de l'yeuse), chenille, chrysalide, imago

Dans un de mes bacs d'élevage, j'avais une petite larve que je nourrissais avec de tendres feuilles de chêne. Et au matin du 8 Mai j'y trouve cette belle chenille verte semblable à ces chenilles de petits Lycanidae qui sont élevés dans les fourmilières.
Je n'ai pas vraiment compris ce qui s'est passé, mais sûrement en apportant sa nourriture à ma pensionnaire , j'ai introduit cette locataire qui se tenait discrètement sous les feuilles.

Satyrium ilicis, chenille au  dernier stade de développement
Qu'est devenue ma première larve? Je n'en ai pas trouvé trace.

Mais qui était cette chenille ?

Satyrium ilicis, chenille dernier stade, une petite tête noire

Je ne sais toujours pas qui est mon inconnue. Mais je continue à la nourrir avec des feuilles tendres de chêne. Elle n’est toujours pas très grande, j’ai bien du mal à voir sa tête noire et brillante. 
Satyrium ilicis, chenille dernier stade, trapue, verte et une fine pilosité rousse!

Mais elle est verte avec des petits polis roux  très fin et répartis sur tout le corps.
Satyrium ilicis, chrysalide

Le 25 mai elle est transformée en chrysalide, qui ne dépasse par 15mm. Elle est claire ponctuée de petites taches noires éparses  et de tailles variées.
Je me pose bien des questions car je ne reconnais  pas les différents éléments que l’on voit sur une chrysalide de papillon : les ailes, les antennes, la tête. La chrysalide est davantage « rondouillarde » que celle des papillons que j’observe le plus souvent.
Satyrium ilicis, chrysalide avant émergence, la flèche indique le lien qui la retient à son support!

Le 3 juin, elle a changé de couleur, elle est beaucoup plus sombre. Je me dis que je connaîtrais bientôt la clé de ce mystère. En effet en fin de matinée, un beau Thécla de l’yeuse est fièrement posé dans son bac.

Satyrium ilicis, image fraîchement émergé.

Et c’est bien un papillon qui dans la nature est soignée par les fourmis ( Camponotus aethiops, Crematogaster schmidti par exemple).
 Mais ce mode d’élevage n’est pas indispensable pour toutes les espèces, ce qui apparemment est le cas pour mon espèce.  (Infos extraites de Guide des papillons d’Europe et d’Afrique du Nord , Tom Tolman Richard Lewington.)
Satyrium ilicis, des yeux cernés de blanc
Les Théclas se reconnaissent à cette façon de ne quasi jamais étaler leurs ailes, on ne voit donc que le recto des ailes. L’aile postérieure est caractéristique avec sa petite excroissance et ses taches  rouges finement soulignées de noir et de blanc. Une ligne blanche suit la marge extérieure et une autre est plus à l’intérieur de l’aile.
Satyrium ilicis, détail de l'aile.

Pourquoi voit-on les chenilles au printemps alors que le papillon ne compte qu'une génération? Parce que ce sont les oeufs , pondus en cette saison et encore en été qui vont hiverner et ce n'est qu'au printemps quand la nourriture est disponible que les chenilles commencent leur développement dont j'ai pu observer les dernières étapes ( dernier stade de la chenille et  formation de la chrysalide puis émergence.)


lundi 13 juin 2016

Oedemera barbara, des dames qui aiment les fleurs jaunes

Les Coreopsis sont en fleurs dans le jardin. Et les fleurs d’un jaune éclatant attirent de nombreux insectes qui se camouflent entre les pétales nombreux.
J’y trouve souvent des Oedemea nobilis qui sont les plus connus et répandus parmi ces petits coléoptères rutilants.
Oedemera barbara sur coréopsis, la pointe des élytres brune.*

Mais en ce mois de juin quelques dames Oedemera barbara s’y rencontrent.
Comment les reconnaître ?
A leur allure d’Oedemera d’abord.
Oedemera barbara  des élytres à la pilosité plus claire et  de fines côtes.*

C’est-à-dire une taille autour d’un cm, des élytres à l’éclat métallique parcourus de longue et fines côtes, des gros yeux et la tête dans le prolongement du pronotum. Les appendices mandibulaires sont bien visibles et semblent former un rectangle presque fermé.
Oedemera barbara  détail de la tête*

 Les élytres  se rétrécissent et divergent aussi à l’apex, laissant entrevoir les ailes membraneuses sombres. A la différence de l’Oedemera nobilis de couleur verte, barbara est, dorée .Il existe d’autres Oedemera dorées , mais ici il faut observer l’apex des élytres qui est brun.

Oedemera barbara  les élytres plus courts que les ailes membraneuses*

Les antennes sont rousses et filiformes.
Les pattes rousses ont des fémurs rembrunis dans leur partie proche du genou..
Les femelles, ont les fémurs postérieurs de taille normale, alors que les mâles les ont  enflés. Je n’ai jamais vu que des femelles, j’ai lu que l’on ne rencontrait des mâles que de l’autre côté de la Méditerranée.
Oedemera barbara  vue ventrale: une fine pilosité argentée*

Le dessous de l’abdomen est couvert d’une pilosité argentée assez dense.
Lorsque j’ai « cueilli » ces deux specimens  pour les observer, les deux, ont fait la morte. Je ne les avais pas touchées, simplement j’ai mis la fleur dans une boite.
Oedemera barbara de gros yeux noirs!*
L’avantage c’est que ces dames ont été très sages pendant la séance photo qui m’a permis de bien les observer avant qu’elles ne retournent au jardin où elles pondront sans doute leurs œufs au pied des plantes..
Oedemera barbara se rencontre en France, en Italie, Espagne, Portugal Grèce. Dans le jardin, je les ai toujours rencontrées sur des fleurs jaunes où les adultes se nourrissent de nectar et de pollen.

* images grossies entre 2 et 3 fois

mardi 7 juin 2016

Opisilia caerulescens,(Phytoécie bleuâtre) un joli coléoptère bleu-vert.

Voici un insecte, un joli coléoptère, que je n’aurai jamais vu si je n’avais observé avec minutie  chaque vipérine (Echium vulgare)  que j’ai rencontrée au cours de notre sortie dans la garrigue aux alentours de 1000m d’altitude.
Opisilia caerulescens sur vipérine*

J’y cherchais une punaise que je n’ai pas trouvée. Mais c’est par deux fois que j’ai rencontré Opsilia caerulescens. Sa couleur bleuâtre, presque verte bien éclairé par le soleil, le dissimule parfaitement sur les tiges de la plante.
Opisilia caerulescens détail des yeux très découpés et presque rectangulaires*

Comme pour tous les Cérambycidae, les longues antennes présentent un second article très court.
Les yeux eux aussi sont profondément découpés et la partie inférieure est davantage rectangulaire que ronde.
Opisilia caerulescens détail du pronotum et du scutellum*

Le corps est recouvert d’une pubescence bleu –vert .Elle est plus dense sur le scutellum, le tour des yeux, et  elle forme 3 bandes sur le pronotum, une au centre et deux latérales. En plus de cela l’insecte possède de longs poils noirs sur l’ensemble du corps.
Opisilia caerulescens de long poils noirs en plus de la pilosité bleu vert*

Il mesure plus d’un centimètre (entre 6 et 14mm) antennes non comprises.

 Au soleil, Opisilia caerulescens, s’envole assez souvent quand on touche la plante. Mais le matin on le trouve dissimulé sur les tiges de la vipérine dont ses nourrices les larves (mais aussi d’autres boraginacées.)

Opisilia caerulescens , la couleur varie avec l'éclairage.*

On peut les observer de mai à juillet dans toute la France et une grande partie de l’Europe.
Infos tirées de : Coléoptères phytophages d’Europe de Gaëtan du Chatenet.

* Photos grossies 3 fois