lundi 17 août 2015

Stictocephala bisonia , Membracide bison, une larve épineuse

Un petit tour au jardin après une pluie d’orage réserve parfois de jolies découvertes.
Ce fut le cas avec cette larve.

Collée à une épine de Cirse, elle était entourée d’une goutte d’eau.
 Larve de Stictocephala bisonia sur mon doigt

Une première photo sur l’index de ma main vous donne une idée de sa taille : environ 7mm.
Gentille, elle est restée dans ma main et nous avons cheminé ensemble jusqu’à ma terrasse où je lui ai proposé une séance photo, au soleil, avec un support que je pensais lui plaire.
Larve de Stictocephala bisonia sur une fleur de carotte

La larve est celle d’un petit membracide : Stictocephala bisonia, originaire du continent américain mais présent de longue date chez nous.
Larve de Stictocephala bisonia sur une fleur de carotte posée à l'envers!

C’est surtout son aspect qui est étrange. Les membracides présentent une excroissance qui part au-dessus de la tête et se prolonge au-dessus de la partie dorsale de l’abdomen. Bien des hypothèses sont formulées sur « l’utilité «  de cet appendice : caisse de résonnance, ailes modifiées ….
Larve de Stictocephala bisonia  tête en bas

La larve que j’ai rencontrée présente déjà les amorces de cet étrange casque.

Pour le mettre davantage en évidence j’ai changé d’objectif et tenté de photographier l’animalicule en grossissant davantage, jusqu’à trois fois. Pour ce faire il faut que la bestiole soit bien sage car tous les réglages sont manuels et la profondeur de champ diminue avec le grossissement.
Larve de Stictocephala bisonia  grossie 3 fois

 C’est dire qu’il faut beaucoup de patience pour le sujet prenne la pose, parfois un bon repas est un atout. D’autrefois il faut attendre que l’insecte fatigué de monter et de descendre, se repose un instant.
Ma chance avec Stictocephala bisonia, c’est qu’il ne saute pas, ce que fait avec beaucoup de constance l’adulte.
Larve de Stictocephala bisonia  grossie 3 fois, détail de la photo précédente

Je me suis amusée avec une photo dont j’ai fait des crops successifs pour montrer les détails de l’insecte.
Larve de Stictocephala bisonia  grossie 3 fois, détail de la photo ci-dessus

On voit nettement que l’excroissance est distincte de la tête, dont  elle est séparée par une suture bien visible juste au-dessus de l'oeil sur la photo ci-dessous.
Larve de Stictocephala bisonia  grossie 3 fois, détail de l'oeil

On voit aussi latéralement l’ébauche des futures ailes. Ce qui me fait penser qu’il s’agit d’un stade larvaire assez proche de la mue finale. Le plus surprenant ce sont ces scoli qui parcourent le dos, la tête, le casque.

Un lien  avec des infos très intéressantes sur les membracides.

Et voici enfin ce que deviendra cette larve hérisson! Quelle différence n'est-ce pas!
Stictocephala bisonia, adulte 

dimanche 9 août 2015

Bicolorana (Metrioptera) bicolor, mâle et femelle, de petites Decticelles

Voici une sauterelle qui porte bien son nom : Bicolorana bicolor.
Bicolorana bicolor mâle

Verte et brune. Ce sont les couleurs idéales pour se dissimuler dans les hautes herbes en ce mois d’août qui a déjà bien « bruni » certaines plantes par manque d’eau.
Bicolorana bicolor mâle, dans la végétation

Nous sommes à 1200 m d’altitude c’est la raison pour laquelle j’ai trouvé cet orthoptère très au sud du pays dans les Alpes maritimes. Car on la rencontre  dans toute l’Europe occidentale, sauf des Pays Bas et de la moitié ouest de la France. Elle aime les expositions ensoleillées.
Bicolorana bicolor, anciennement Metrioptera bicolor est une Decticelle. Les Decticelles se caractérisent par la présence d’une paire de plantules libres sur la dernière paire de pattes (visibles sur la photo ci-dessus).
Bicolorana bicolor femelle

La coloration typique de Bicolorana bicolor est essentiellement verte: les lobes  du pronotum sont entièrement d’un beau vert. Une ligne brune parcourt  part de derrière la tête, le dessus du pronotum et se prolonge sur la partie dorsale de l’abdomen. Cette partie est visible du fait de la forme macroptère de l’insecte : les tegmina, ailes supérieures sont courtes et ne couvrent pas l’intégralité de l’abdomen.Ils sont de couleur verte et transparents.

Bicolorana bicolor  femellle, un oviscapte court et brun

On retrouve un trait brun sur l’extérieur du fémur de la dernière paire de pattes, genoux et tibias eux aussi sont colorés .
J’ai eu la chance dans un petit coin herbeux au bord d’un tout petit ruisseau à sec de trouver d’abord le mâle et un peu plus loin la femellle..L’un et l’autre ne sont pas bien grand, moins de 2cm.
(♂ 14-17 mm | ♀ 15-18 mm | oviscapte 5-7 mm).

Bicolorana bicolor  , les cerques du mâle, dentés dans leur partie terminale

Les cerques du mâle sont dentés dans la dernière partie
Bicolorana bicolor  , femelle vue ventrale

L’oviscapte de la femelle court, brun, est fortement incurvé vers le haut. La plaque sous génitale, plus longue que large, est fendue, les lobes très aigus.
Bicolorana bicolor  , femelle , des sternites plans et une plaque sous-génitale fendue dans sa partie terminale.


C’est en ce moment que l’on peut voir les adultes, présents de juillet à septembre.

mardi 4 août 2015

De drôles de mouches dans le jardin !


Les mouches sont bien nombreuses autour de nous et nous ne les voyons pas toujours d’un bon œil, à juste titre  pour certaines.
En voici deux, au contraire qui nous sont utiles  au jardin.
La première, en fait sur la photo elles sont deux :la prédatrice et le « repas » .
Les mouches sont des Diptères, elles n’ont que 2 ailes et on voit souvent un vestige de la seconde paire d’ailes, sous forme de balancier. C’est un bon moyen de vérifier qu’il s’agit de mouches et non de guêpes ou d’autres insectes qui nous font peur !
De qui s’agit-il ? Surprise avec son repas cette mouche fait partie  des Asilides,  des mouches à moustaches qui sont prédatrices d’autres insectes , voici Choerades fimbriata.
Choerades fimbriata, avec sa proie

La moustache qui surplombe le rostre sert de protection au cas où « le repas » ne serait pas d’accord et aurait la mauvaise idée de piquer ou s’en prendre à son prédateur.
Voici une description qui permet d’identifier cette mouche prédatrice que je vois depuis longtemps dans mon jardin. Les Asilides  se présentent avec un tube suceur( photo ci-dessous) .
Choerades fimbriata, avec sa face caractéristique

 Les pattes sont très velues, elles attrapent les proies en vol et les tiennent fermement. Choerades fimbriata a les pattes avec une pilosité jaune, sur les tarses on trouve des soies noires. Le  thorax noir à pilosité jaune, avec une grande tache triangulaire gris jaunâtre sur les calus huméraux. Elle mesure entre 11 et 17 mm. Sur les tergites une pilosité jaune dorée.
Choerades fimbriata, tache humérale grise cerclée

Description trouvée ici.
Choerades fimbriata mâle aux cuisses postérieures élargies


La proie est une de ces petites mouches (moins de 5mm) au vol peu rapide, de la famille des Psychoides. Les ailes sont courtes et larges. Probablement Clogmia albipunctata à cause des points blancs sur les ailes.
Clogmia albipunctata 

J’ai trouvé un exemplaire mort sur le rebord de la fenêtre et cela m’a permis une photo des ailes grossie 3 fois. Les détails montrent la finesse et la structure de ces ailes.
Clogmia albipunctata , ailes grossies 3 fois

J’ai le même jour rencontré un autre diptère dans le fond du jardin. On voit bien les balanciers le classe dans l’ordre des Diptères.

Stratiomys longicornis

Mais c’est à la base du pronotum que l’on voit un détail très intéressant et qui permettent de le caser parmi les Stratiomyides : la présence de 2 appendices chitineux en forme de poignard (très petit quand même, aucun danger !!) sur le scutellum.
Stratiomys longicornis, 2 dents au scutellum

Ces mouches sont aussi caractérisées par un abdomen aplati moins visible sur Stratiomys longicornis.
Stratiomys longicornis, des beaux  yeux colorés!

Les larves de nombreuses espèces sont aquatiques et détritivores ou prédatrices, d’autres dans le bois pourri ou le fumier

J’avais rencontré il y a quelques années une cousine Stratiomys chamaeleon : les dents du scutellum noircies à la pointe, un petit triangle noir à la base du scutellum, donnent quelques éléments d’identification.

Stratiomys chamaeleon , avec ses dents sur le scutellum!

Les adultes sont d’inoffensifs butineurs de fleurs qui contribuent à la pollinisation de nos jardins.


Source:  Guide des mouches et des moustiques , J.et H. Haupt, Delachaux et Niestlé.

jeudi 30 juillet 2015

Cryptocephalus carinthiacus(sinuatus) joli coléoptère noir et rouge.

Voici un petit coléoptère joliment coloré que j'avais rencontré sur un de mes sites habituels il y a près de 10 ans, puis nos chemins ne s'étaient plus croisés, jusqu'à ce mois de juin.
Sur les noisetiers près de notre endroit de pique-nique, j'en ai vu un puis deux ..
Sur le chêne voisin aussi, mais ils disparaissent bien vite !
Cryptocephalus carinthiacus(= sinuatus) , sur une feuille de noisetier, prêt pour l'envol!

Sa petite taille,(entre 5,5 et 7mm), sa forme arrondie à la tête et à l’extrémité, ses antennes fines et longues et surtout la tête que l'on voit peu,  aident à déterminer l'insecte : un Cryptocephalus.
Avec ses couleurs si particulières : tête noire, pronotum aussi et élytres noirs avec deux jolies fascies rouges cela devait être facile !
Cryptocephalus carinthiacus(= sinuatus) probablement un mâle avec ses antennes si longues.

En effet dans mon guide Gaëtan du Chatenet, Coléoptères phytophages d’Europe , Chrysomelidae, il y a de nombreux représentant de cette famille, ils sont une centaine en Europe, mais peu présentent ces couleurs !

Malgré tout ce ne fut pas facile car les couleurs de l’insecte ne sont pas fidèlement reproduites. Heureusement la description est bien précise.
D’abord les Cryptocephalus présentent :
·        des yeux réniformes , sinués sur le bord interne
·        Un scutellum bien visible
·        Des antennes filiformes qui atteignent au moins la moitié du corps
·        Un pronotum dépourvu de rebord à la base qui est dentée(voir dernière image).
Cryptocephalus carinthiacus(= sinuatus) on voit bien les yeux réniformes, sinués sur leur bord interne avec une petite tache blanche.

Carinthiacus quant à lui présente les détails suivants :
·        Les antennes ont les premiers articles roux
·        Une tache blanche contre le bord interne de l’œil
·        Le scutellum est taché de blanc; ces trois détails visibles sur la photo ci-dessus
·        Les fascies rouges orangées des élytres ont des caractéristiques particulières : la première est plus découpée et n’atteint pas la suture, celle de l’apex s’approche davantage de la suture et des bords.
Cryptocephalus carinthiacus(= sinuatus)détails des fascies rouges


Ces petits coléoptères sont liés aux sapins et aux pins des montagnes présents à proximité des endroits où je les ai trouvés.
Cryptocephalus carinthiacus(= sinuatus)pronotum bisinué à la base, scutellum avec une tache blanche
On peut les rencontrer de juin à août, de  l'arc alpin jusqu'à la Méditerranée.

dimanche 12 juillet 2015

Paysandisia archon : méfiance !


Il est rare que je me méfie d’un insecte !
Mais celui –ci est à surveiller.
Paysandisia archon , mâle

Nous étions assis en train de prendre notre repas sur la terrasse quand j’ai vu en contrebas dans le jardin voleter un grand papillon et ce en pleine chaleur de midi. C’est relativement rare surtout qu’il n’y avait pas de fleurs à proximité. De loin j’ai pensé à un Tabac d’Espagne , mais j’ai été intriguée au point d’aller chercher les jumelles et j’ai vu un grand papillon ressemblant à un Sphinx. Je vois dans le jardin le Sphinx du liseron  ou Le Sphinx livournien , mais jamais en plein soleil à l’heure de midi, heures où ils se cachent sous la végétation.

Paysandisia archon ,profil

Après l’avoir photographié, j’ai cherché parmi les papillons de la famille des Sphingidés européens car son allure générale et le petit crochet en haut de l’antenne me faisait penser à cette famille.
Paysandisia archon , antenne avec son crochet terminal

Ce n’est que par hasard que je suis alors tombée sur une photo et son nom : Paysandisia archon et les qualificatifs qui l’accompagnent : le ravageur des palmiers !          Ce n’est pas un Sphinx mais il appartient à la famille des Castniidae, dont il est le seul représentant.
Nous n’avons pas de palmiers dans le jardin, mais il y en a dans le voisinage et les papillons sont recensés sur la commune qui  informe et aide les propriétaires concernés.
Le papillon observé est un mâle, la femelle dispose d’un ovopositeur. J’ai regretté de ne pas avoir pu le capturer car après les quelques photos faites, il s’est envolé dans un vol circulaire extrêmement rapide.
Nous surveillons notre jardin au cas où nous en verrions d’autres ce qui n’a pas été le cas jusqu’à aujourd’hui.
Paysandisia archon , beau mais malvenu pour les palmiers

L’histoire de ce beau papillon  argentin est celle d’une introduction malencontreuse et comme il n’a pas de prédateurs chez nous, ses ravages sont plus importants que dans sa zone d’origine.
Une excellente vidéo: