vendredi 30 janvier 2015

Le Loriquet versicolore (Varied loriket), petit et très coloré !


 
Nous sommes dans le Queensland, nous avons quitté Townsville sur la côte et comptons rejoindre le territoire du nord et la côte ouest. Nous nous arrêtons à Richmond une petite bourgade célèbre sur la route des dinosaures.

Le camping est situé à proximité d’un lac plan d’eau aménagé pour de nombreuses activités. Le cadre est superbe.


Loriquet versicolore dans un eucalyptus
5h45 heures du matin, je fais le tour des environs. Et voici que j’entends un groupe de loriquets cachés dans le feuillage d’un eucalyptus. Ils « discutent » de leur petites voix aiguës comme le font les loriquets en groupe Et ils attendent! Quoi donc ?

Des Loriquets versicolores en attente, au petit matin
Cachée et patiente j’attends et en voilà un qui descend au sol, puis deux puis tout un groupe. Placée trop loin je ne vois pas ce qu’ils y cherchent !

Groupe de Loriquets versicolores descendus au sol
Vous l’aurez deviné : l’eau !

Et petit à petit les oiseaux s’approchent et boivent dans ce mince filet d'eau caché entre les cailloux. Mais très peureux fuient dès que l’on approche !

Les plus curieux s'avancent !
Ces petits loriquets, 18cm, sont magnifiquement colorés et se reconnaissent aux " lunettes "  blanches bien marquées autour des yeux, ainsi qu’aux  " bésicles" qu’ils portent sur le nez !Ils se nourrissent de nectar et de fruits, ils  se déplacent en groupe pour trouver  les sources de nourriture et se retrouvaient le matin à ce point d'eau. Une fois que tout le monde aura bu on s'envole bien loin!  

Loriquet versicolore buvant
Une large tache rouge orne le front des mâles, chez la femelle elle est moins marquée. L’essentiel du dos est vert, le ventre plus clair.
A l'ombre on voit mieux les nuances de couleurs de son plumage
 
C’est à l’ombre que l’on observe le mieux les belles couleurs du Loriquet versicolore. C’est un endémique du nord de l’Australie, nous l’avons rencontré ici puis à Katherine, plus à l’ouest.
Pour en savoir davantage sur le Loriquet versicolore!
 

mercredi 21 janvier 2015

Les scinques boivent aussi!


 

Voici deux autres rencontres inattendues.

La première :nous sommes dans le Wheatbelt au Nord Est de Perth.
Nous cherchons des fleurs, la saison est certes un peu tardive, la sécheresse qui sévit depuis plusieurs année n’est pas très favorable.

Mais, grâce aux fiches distribuées dans un centre d’information nous projetons de faire un circuit qui associe divers milieux, forêt claire et végétation basse. Il a été valorisé par des acteurs locaux et y ont participé des enfants de l’école.
Des artistes ont représenté des animaux de la forêt !
 
Il fait comme toujours bien chaud et l’endroit est désert, il est sans doute plus fréquenté en hiver et au début du printemps. L’endroit est chargé d’histoire. On y trouve dans la partie boisée des vestiges d’un parcours de transhumance qui menait en 5 grandes étapes les animaux(moutons essentiellement et bœufs) depuis l’intérieur des terres vers la côte pour y être transporté par bateau.
Une belle chenille, bien visible au moins!

On y voit en particulier les restes des anciens enclos pour parquer les bêtes le soir et surtout ce qui était indispensable, l’abreuvoir. En fait une grande mare ! Elle est toujours là sans doute alimentée par les rares pluies gardées en place  par une couche imperméable..

Le Scinque rugueux au bord de la mare

Cet endroit bien que très ombragé, attire de nombreux visiteurs. Ce fut une réelle surprise pour nous de  découvrir à cet endroit  ce drôle d’animal. Ce n’est pas un lézard mais un scinque en fait un de ses cousins, Tiliqua rugosa, le Scinque rugueux.
Présentation du Scinque par les scolaires
 
 Il a la particularité d’avoir la langue bleue .Nous l’avons vu dans différents endroits au cours de notre voyage( avec sa langue bien bleue!) mais jamais au bord de l’eau. En le voyant sur le terrain bourbeux aux abords de cette mare jamais je ne me serais doutée de ce qu’il allait faire. Je voulais le photographier et pensant l’obliger à rester sur place je me suis placée devant lui de sorte qu’il ne puisse pas rejoindre le couvert de la végétation. Il n’est resté immobile qu’un instant et à ma très grande surprise, il a pris la fuite…..dans l’eau !
Scinque rugueux nageant

J’ai été tellement surprise que je n’ai pas une photo nette ! Il s’est mis à nager très correctement et efficacement pour rejoindre les broussailles qui émergeaient de l’eau sur la rive en face de nous. J’ai vraiment eu des craintes, ne lui  connaissant pas cette aptitude ! Eh bien il a parcouru les 15 mètres de la largeur de la mare sans encombre mais il lui a fallu quand même reprendre son souffle ensuite.
Scinque rugueux au soleil

Puis lentement il reviendra sur la terre ferme pour se mettre au soleil et se réchauffer !

 

Deuxième rencontre avec des « lézards », en fait toujours des scinques, au bord de l’eau. Nous sommes à Penguin Island, une île en face de Rockingham, au sud de Perth. Personne n’y habite c’est une magnifique réserve naturelle.On peut y venir en ferry et y passer la journée à la découverte des petits pingouins , des sternes, de la colonie de pélicans ou bien profiter des plaisirs de la baignade dans des eaux transparentes.

Près du débarcadère, un coin pique-nique et non loin , caché dans la végétation, une buvette …pour les animaux .
Egernia kingii buvant

Là, nous verrons un cousin de notre premier scinque, Egernia kingii,( King's Skink). Il s’approche de la buvette et s’y abreuve tranquillement à condition de ne pas être dérangé par des curieux !
Ici on le voit buvant en sortant bien sa langue, on dirait qu'il lape comme les chats!
 
 Nous étions à cet endroit en fait pour y voir un bel oiseau : Buff banded rail, Gallirallus philippensis, le râle tiklin


Râle tiklin entre ombre et lumière bien dissimulé
 

Il s’approchera furtivement de l’abreuvoir et c’est en attendant qu’il  sorte des broussailles que je verrai le scinque venir boire. Et j’aurai la photo des 2 espèces qui se retrouvent à s’abreuver en sachant que le scinque ne dédaigne pas de manger les œufs des oiseaux, mais adultes, l’un ne craint rien de l’autre espèce !

Râle tiklin et Egernia kingii buvant au même abreuvoir.

samedi 17 janvier 2015

Les kangourous s'abreuvent.


Nous sommes dans la péninsule de Dampier au Nord ouest de l’Australie occidentale. Pourquoi ?

Je cherchais le site des pétroglyphes dont j’ai trouvé mention dans mon guide de voyage et grâce à une fiche éditée par la municipalité de Dampier nous avions des indications pour en trouver quelques –uns.
C'est dans ce chaos minéral que se cachent les pétroglyphes et les kangourous!

La péninsule est connue pour ses sites industriels on y trouve des mines de fer, une énorme usine d’ammoniaque, une usine de gaz liquéfié. Peu d’indications par contre pour trouver le site des pétroglyples. Après nous être rendu par erreur dans la très jolie baie de Hearsons Cove, nous avons trouvé la gorge étroite où sont signalés des pétroglyphes visibles. En effet nous avons vu des gravures sur les  énormes roches rougeâtres empilées. Nous marchions en silence, impressionnés par ce défilé, pensant à ces hommes qui avaient vécu là bien avant notre époque. Le petit document disait que jadis cet endroit était « en eau », ce qui dans une zone sèche explique la présence humaine.
Kangourou buvant dans une petite flaque au centre du défilé.

Et avançant dans un défilé se rétrécissant nous fûmes surpris de voir devant nous un grand kangourou.

Nous en avions vu auparavant s’enfuyant, comme d’habitude, dans les rochers avec une grande agilité. Que faisait donc ce grand kangourou dans ce défilé?Nous ne pouvions pas voir ce qui l’attirait. Immobiles nous observons et nous voyons : l’animal boit dans une flaque, des gouttelettes tombent de son museau quand il relève la tête. Il se repenche boit, relève la tête, nous regarde .Nous sommes très proches et sommes étonnés, impressionnés de sa confiance. Il nous a très bien vu et comme d’habitude, sans doute avant que ne le voyons. Nous restons une demie heure avec lui. Il s’éloignera un moment puis tranquillement reviendra boire.
On voit sur les caillou les traces d'eau laissées par le kangourou qui s'abreuve
 
 C’est sans doute un des moments magiques de notre voyage. Dans cet endroit isolé, la présence de  cette eau indispensable à la vie aura permis cette rencontre.

Nous aurons une autre occasion de voir, cette  fois en pleine après-midi des kangourous en train de se désaltérer. Nous sommes dans le Kalbarri national park, et marchons à l’ombre sur les bords de la Murchison River. Des éboulis de gros cailloux permettent d’avancer et de se cacher des oiseaux que nous avions vus le jour précédent depuis un « look out »(une plate forme) surplombant la dite rivière. Il fait chaud et nous recherchons l’ombre et un coin d’observation confortable !
Kangourou femelle et jeune buvant dans la Murchison River

La Murchison n’est pas en cette endroit ce que l’on pourrait appeler une rivière : c’est une succession parfois interrompue de grandes flaques d’eau sans courant et souvent isolées les unes des autres.

Et les voilà qui arrivent sur l’autre rive : une femelle et un jeune. Là aussi ils surveillent les environs, puis se  désaltèrent tranquillement.. Nous sommes en train de les photographier quand ils se retournent et regardent longuement derrière eux.
Qu'est-ce qui les intrigue tant?
 
Nous essayons de voir ce qui les intrigue : un nouvel arrivant s’approche de l’eau. C’est un jeune solitaire.
C'est peut-être un copain pour jouer?
 
 La femelle ne se laisse pas distraire et boit mais son jeune, curieux va voir si ce nouvel venu présente un intérêt !
Pas de jeu: le nouveau a aussi soif!

Finalement la rencontre n’aura pas lieu : maman appelle son rejeton et tous deux s’éloignent.
Les photos permettent de voir l'utilité de la queue du kangourou, elle donne un appui solide quand l'animal est au repos, et bien sûr sert de balancier quand il se déplace!

Pour en savoir plus sur le site des pétroglyphes

dimanche 11 janvier 2015

Emeus à la buvette!


Je vous emmène cette fois sur un thème transversal : la nécessité de trouver de l’eau.

Rares sont les animaux qui n’ont pas besoin de trouver un point d’eau pour se désaltérer. Certains ont des besoins quotidiens d’autres peuvent attendre davantage, certains trouvent une partie de leur eau dans leur nourriture, mais l’eau reste indispensable.

Au cours de  voyage nous avons vu dans la nature et de manière plus surprenante dans les campings que nous fréquentions le soir, l’ingéniosité des oiseaux en particulier pour trouver de l'eau.

Dans d’autres endroits le camping met la boisson à la disposition des visiteurs ailés !
C’est l’occasion de vous présenter un des  plus grands des oiseaux  australien : l’émeu.Nous sommes en Australie occidentale, à la pointe du Cap du Nord Ouest, au nord de la ville d’Exmouth.

En voyant ce seau d’eau sous un robinet, l’invitation est claire et les émeus ne s’y trompent pas.
Emeu , adulte en position pour boire.

Voilà le premier qui vient s’abreuver en fin de matinée. Ce qui me surprend c’est l’attitude de l’oiseau ! Il est vraiment dans un position inconfortable et surtout en position de faiblesse. D’ailleurs il sera très prudent avant de venir s’installer et partira dès qu’une voiture passera à proximité.

 
L'eau est indispensable , même s'il faut pour cela prendre des risques!

Quelques temps plus tard, je vois une petite famille déambuler dans le camping et je comprends qu’ils viennent boire : un adulte et deux jeunes

Les jeunes ont déjà une belle taille mais pas encore l’aspect définitif de l’adulte.
Adulte veillant sur les jeunes émeus à la buvette

Là aussi, la  prudence est de mise. L’adulte suit les jeunes et scrute attentivement les alentours. L’avancée est très lente, les arrêts nombreux. Les jeunes en avant de quelques pas, papa suivant et surveillant leurs arrières. Car, dans la famille Emeu, c’est le mâle qui s’occupe des jeunes. Madame pond, des œufs très gros bien sûr et Monsieur s’occupe de la suite : couver, nourrir et éduquer la descendance. Les jeunes oiseaux vont rester environ 18 mois avec le mâle. C’est un travail prenant mais que nous avons toujours vu, surtout dans le bush, effectuer avec flegme par ce grand oiseau qui ne vole pas, mais cours très vite !
Portrait de mâle adulte

La présence à ce point d’eau sera l’occasion d’approcher les oiseaux de près sans les effrayer et de leur tirer le portrait . On voit ainsi la différence entre l’adulte et les jeunes : le cou est dégarni, et marqué de blanc.
Jeune émeu âgé de quelques mois.

Les jeunes que nous avons vu sont âgés de plus de 3 mois, car plus jeunes leur plumage est rayé.
Un regard sympathique!

Comme nous étions au printemps dans l’hémisphère sud, nous avons eu l’occasion de voir d’autres familles d’émeus , mais jamais avec cette proximité !

lundi 5 janvier 2015

Aplonis metallica,( Metallic Starling), des oiseaux aux couleurs chatoyantes.


Chez nous en ce moment nous voyons les étourneaux en grandes bandes visiter parcs et jardins.

En Australie, aux alentours de Cairns, dans le Queensland, nous avons rencontrés leurs cousins, Aplornis metallica, localement nommés Metallic Starling. Notre première rencontre fut sonore et visuellement surprenante.
Aplonis metallica, une partie de la colonie

Sonore c’est aisé à comprendre, ces oiseaux vivent en groupes souvent nombreux et communiquent entre eux, on les entend bien !
Aplonis metallica, adulte , yeux rouges, reflets verts métalliques , d'où son nom.

Le long de la petite route qui menait à notre camping, nous avons vu 3 arbres ornés de très nombreux oiseaux qui construisaient leurs nids. Imaginez un arbre de taille moyenne, pas plus de 5 à 6 mètres de hauteur parsemé de nombreux nids clairs en forme de poche tissée avec des herbes sèches principalement. Nous y verrons aussi d’autres matériaux plus colorés tels des fils rouges ou roses !Les oiseaux sont au moins une centaine par arbre.

 
Aplonis metallica, adulte


Et des oiseaux causant, allant et venant autour de ces arbres. Il est extrêmement difficile de faire une photo correcte car il y a toujours des intrus dans le plan visé !
Aplonis metallica,couple


Ces oiseaux paraissent noirs quand on est loin d’eux, seul leur œil rouge est bien visible, mais en s’approchant leurs reflets verts, violets changent en fonction de l’éclairage. Ce sont ces couleurs qui justifient leur nom de « étourneaux métalliques »


Aplonis metallica, construisant son nid sous le regard intéressé des voisins



Seuls les adultes ont ces très beaux reflets, les juvéniles sont plus ternes et surtout ont le ventre blanc strié de noir, à tel point que lors de mes premières photos, je pensais qu’il s’agissait d’une espèce différente.
Aplonis metallica, juvénile


Nous sommes au printemps et les couples s’affairent à la construction de leurs nids. Année après année ce sont les mêmes arbres qui sont utilisés et le grand nombre de nids les uns à côté des autres surprend. Ils sont à des stades différents d’achèvement et les conflits de voisinage ne sont pas rares.
Aplonis metallica,à côté de son nid, presque achevé


J’ai assisté à des chapardages de matériel de construction très musclés ! Le seul juvénile qui s’est aventuré dans cette colonie a commencé à construire un nid : régulièrement un adulte venait lui « piquer » son matériel.
Aplonis metallica, juvénile qui tente en vain, de construire un nid!


Quand ils vont se nourrir ils sont des dizaines à s’envoler , rejoindre une arbre sur lequel ils trouvent des baies ou des fruits , manger en discutaillant et soudain le groupe s’envole rejoindre un autre point de nourrissage.

 
C'est un frugivore contribuant à la dispersion des espèces végétales .

Ces oiseaux sont des migrateurs, en Australie, ils viennent s’installer entre juillet et avril sur les côtes nord est du Queensland, venant de Nouvelle Guinée, pour y nicher.