lundi 8 janvier 2018

Danaus plexippus : papillon, chenille, chrysalide, en Australie.

Une série de rencontres qui  petit à petit complètent le puzzle du cycle de vie de ce papillon mythique.
Danaus plexippus, femelle sur eucalyptus

Quand nous sommes arrivés dans la partie sud ouest de l’Australie, nous nous sommes rapprochés d’un climat méditerranéen. Nous y avons rencontré des plantes  que je connaissais comme  les bougainvilliers ou  les agapanthes , mais aussi d’autres endémiques australiennes.
C’est avec plaisir que j’ai reconnu le grand monarque en divers endroits et sur diverses plantes.
Danaus plexippus, sur agapanthe

Adulte, le papillon se nourrit sur une grande variété de plantes.
J’avais déjà vu ce beau papillon dans les îles Canaries , ce qui m'a permis de le présenter.
Et cette fois j'ai rencontré une femelle , sur la photo du haut , où elle butine sur un eucalyptus, et plusieurs mâles.La femelle présente des nervures plus épaisses, tandis que les mâles ont une marque épaissie sur la nervure proche du corps.
Danaus plexippus, mâle

Et en voici un autre sur un bougainvillier, plante  familière de nos régions.
Danaus plexippus, sur bougainvillier


Episode 2
J‘ai trouvé un jour une plante dont les fleurs m’intriguaient. En essayant de la photographier, j’y ai vu une belle chenille, puis une seconde et une troisième, et même une quatrième.
 Danaus plexippus : chenille  se nourrissant sur Gomphocarpus fruticosus, ses filaments noirs sont  plus courts.

Il n’y avait que cette plante qui était parcourue par les chenilles.
Et quelles chenilles !
Rayée de noir et de jaune, avec des lignes incomplètes, et surtout des « extensions » à l’avant et à l’arrière du corps de la chenille. Deux filaments noirs qui ne sont pas des antennes se trouvent sur le 2ème et le 11ème segment. Ceux proches de la tête étaient plus grands ; mais la longueur de ces filaments variaient selon les individus.
 Danaus plexippus : chenille  se nourrissant sur Gomphocarpus fruticosus

Difficile de voir quelle est la partie avant, il faut chercher les vraies pattes et on voit ainsi la tête avec le même décor que le reste du corps.
La plante sur laquelle j’ai trouvé les chenilles est Gomphocarpus fruticosus, une Asclepiadaceae.
Gomphocarpus fruticosus, voici les fleurs qui ont attiré mon attention!


On la trouve aussi en France autour du bassin méditerranéen.


 Danaus plexippus : chenille avec ses filaments noirs plus grands à l'avant qu'à l'arrière

Après une recherche sur le web , mes chenilles sont celles du grand monarque ! Et elles se nourrissent quasi exclusivement de plantes de cette famille
Ce sera ma seule rencontre avec ces chenilles. Nous verrons encore bien des monarques dans le quart sud ouest de Western Australia.

Episode 3 .
A la fin de notre voyage nous séjournons près de Perth dans le parc naturel de Serpentine.
Nous y verrons de nombreux monarques et sur un pied de ce faux cotonnier une chrysalide. Mal photographiée à cause du vent, de la localisation de la chrysalide, la photo permet de  la voir  solidement fixée sous une feuille.
Chrysalide de Danaus plexippus

Nous aurons ainsi sur plusieurs centaines  kilomètres croisé ce papillon, sa chenille et sa chrysalide.Les pièces du puzzle se sont ainsi petit à petit complétées.

Infos complémentaires :
« En Australie, où il n'est établi que depuis , un siècle, le Monarque effectue une migration vers les régions de Sydney et de Cambden, preuve que ce comportement aide le Monarque à s'adapter et à exploiter efficacement de nouveaux territoires. »

Autre  document une fiche d'élevage . 



lundi 25 décembre 2017

Bonnes fêtes de fin d'année à tous!


En cette période de vœux, je vous souhaite, amis lecteurs, que la Nature soit pour vous source de curiosité, de découvertes et  d'émerveillement!

mardi 26 septembre 2017

Un bel automne!

Sympetrum de fonscolombii

L'automne est là, je vous souhaite à tous de belles observations !
C'est l'heure de faire une pause pour moi! 

lundi 18 septembre 2017

Haltichella rufipes, petit hyménoptère parasite, utile au jardin!

Le monde des hyménoptères est extrêmement varié, depuis les plus gros bien colorés et  impressionnant par leur taille, à certains petits et discrets dont nous ignorons l’essentiel.
Mon sujet fait partie de ces derniers.
Haltichella rufipes, en avant toute!*

Recueilli surnageant sur la piscine ce n’est que sous l’œil grossissant de mon objectif qu’il a révélé tous ses détails.

Peu de couleurs, il est surtout noir, mais avec une chitine joliment et régulièrement ponctuée, ainsi qu’une fine pilosité claire.
Haltichella rufipes, au repos  après le bain*

Pas de longues pattes mais des tibias à l’apex roux ainsi que les tarses (d’où l’adjectif rufipes)et surtout des fémurs arrières épaissi !

Un gastre en forme d’amande, de jolies antennes qui peuvent se rabattre entre les yeux et surtout deux pointes qui prolongent le scutellum.


Haltichella rufipes, les deux épines du scutellum*

Ce sont ces deux pointes qui permettent d’identifier Halchitella rufipes.
C’est un hyménoptère de la grande famille des Chalcididae(3500 espèces). Ils parasitent des larves de diptères, lépidoptères ou coléoptères en limitant la prolifération de certains insectes ravageurs.

Haltichella rufipes, vue ventrale: tout est bien rangé!*

L’insecte mesure autour de 4 mm. C’est un des Chalcididae les plus répandus en France, on le trouve dans les espaces forestiers  par exemple. Chez moi, cet espace se résume à une haie de noisetiers.
Haltichella rufipes, vue de face, de grands yeux!*

Haltichella passe inaperçu sur la mousse ou la litière, c’est un  parasite de larve de Lagria hirta (très présent dans les herbes dans mon jardin) mais aussi de  Ptilinus pectinicornis, qu’il vaut mieux ne pas croiser.

Haltichella rufipes, après le bain ,on essaie  avec les pattes sur l'abdomen!*

Mais à son actif aussi des microlépidoptères  tels que :
- Grapholita molesta (tordeuse orientale du pêcher)
- Lobesia (Polychrosis) botrana(ravageur de la vigne).

Ce petit hyménoptère que j'ai trouvé début avril est donc bien utile dans un jardin pour réguler la population de quelques indésirables.

Pour rappel j'avais déjà rencontré un autre Chalcidien :Brachymeria femorata,  et c'est sa ressemblance avec lui qui m'a orienté vers cette famille.

 * Images grossies autour de 3 fois



mardi 12 septembre 2017

Cerceris arenaria , cercéris des sables, une belle guêpe prédatrice de charançons.

En observant la piscine j’y ai vu, essayant de nager une belle guêpe. Après repêchage (en général  je tends une longue perche et l’insecte n’hésite pas) je peux mieux l’observer. Les ailes un peu mouillées empêchent  le vol, c’est ce moment qui me permet de faire des photos.La bestiole après avoir observé l’environnement, s’occupe plus de sa toilette et de la remise en état de ses ailes que de moi.
Cerceris arenaria femelle, environ 14 mm.

C’est une femelle : on compte 5 segments au gastre, (6 segments pour les mâles).Le gastre était le nom donné à l’abdomen des hyménoptères.
Ensuite c’est un Cerceris : son aile antérieure présente 3 cellules cubitales dont la seconde est pétiolée( une petite nervure est présente à l’avant)et le fémur 3 est tronqué. Le premier segment abdominal est beaucoup plus étroit que le second. Cette famille fait partie des Sphecidae, des guêpes fouisseuses..
Cerceris arenaria femelle, détails à observer en particulier un gastre à 5 tergites.

Les Cerceris sont plus de 200 dans la zone Paléarctique, 26 en France .
On commence à les classer en 2 grands groupes : ceux présentant un gastre de type régulier : les taches noires et jaunes toujours dans le même ordre sur tous les segments , c’est le cas de mon sujet : du noir dans la partie antérieure, du jaune dans la partie postérieure( pour le type irrégulier cela varie).
Cerceris arenaria femelle, un fémur III, tronqué à l'apex.

Ma  femelle est assez grande, elle mesure près de 14mm et appartient à une espèce bien répandue partout  en France.
Cerceris arenaria femelle, vue dorsale, ailes levées prête à s'envoler.

Il existe des documents disponible sur le net.Je me suis servie de :
Hyménoptères Sphecidae d’Europe occidentale, volume 2, Faune de France , volume 82, de Jacques BITSCH ,Yvan BARBIER, Severiano Fernández GAYUBO, Konrad SCHMIDT,Michael OHL.
Il est important de savoir si on a un mâle ou une femelle car la clé de détermination est différente.
Mais ce sont surtout les dessins du gastre qui m’ont orientée.Mon exemplaire est un Cerceris arenaria. J'ai utilisé la description fournie pour conforter mon identification.
Voici ce qui est dit de la tête :
 -tête très large vers le bas, les bords internes des yeux divergents vers le bas
- bord interne de la mandibule avec une petite dent et, en avant, une dent plus grande dont la pointe est tournée en angle droit vers l'intérieur.
Cerceris arenaria femelle, détail de la tête, avec ses yeux divergents vers le bas et la lamelle en 1

Ensuite :
 -aire médiane du clypeus plus large que longue ;
immédiatement au-dessus de son bord antérieur, se trouve une lamelle dirigée
un peu obliquement vers l'avant et qui recouvre au milieu le bord antérieur
du clypeus.
 Le bord antérieur de la lamelle est arrondi, ou tronqué, ou échancré.
A l'extrémité de l'abdomen ,l'aire pygidiale est  très large, peu rétrécie vers l'arrière, le bord postérieur tronqué avec des angles arrondis.
A observer aussi les peignes sur les tarses de la première paire de pattes( en 2 sur la photo ci-dessus.)
 
Cerceris arenaria femelle, vue de face, avec ses mandibules pourvues de dents.
La femelle fait des nids verticaux dans le sol, elle en expulse la terre avec son pygidium dont elle  se sert comme d’une pelle.Elle creuse sur 20 cm de profondeur.
Cerceris arenaria adulte est floricole, j’en ai vu plusieurs sur les fleurs de fenouil au mois d’août. Mais depuis quelques jours je n’ai pas encore trouvé où elles se cachent !!
La femelle paralyse des charançons de diverses espèces qui seront placés dans des cellules du nid pour alimenter les larves. Voilà donc encore une auxiliaire du jardinier. On la rencontre de mai à septembre, ce serait en juillet qu’elles seraient les plus nombreuses.
Cerceris arenaria femelle,une guêpe bien utile au jardin.

Son mode de vie est aussi présentée dans le Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe de Hans Bellmann.

Il y précise que Cerceris arenaria nourrit sa progéniture avec Brachyderes incanus, un ravageur du Pin.
Une bien belle guêpe!