Début juillet j’ai trouvé à la limite de mon jardin , une
bourgade !
Oh non pas un joli village comme nous en avons tant ici et
là dans notre beau pays !
Il s’agit d’un regroupement d’abeilles solitaires qui ont choisi ce
bout de terrain de 30 cm sur 20 cm pour y creuser leurs nids dans le sol. Cette
bourgade comprend au plus fort de son activité(début août) une trentaine
d’entrées.
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| Vue de la bourgade, les butineuses rentrent couvertes de pollen.On peut en compter une douzaine. |
J’ai observé la vie de cette bourgade pendant plus de 2
mois. Mais cela ne donne pas d’images spectaculaires. Je me suis familiarisée
avec le rythme des abeilles en les
regardant plusieurs fois par jour, il faut dire que le spectacle se déroulait à
10 pas de ma cuisine ! Il me faudra attendre le milieu du mois d’août pour
être sûre de l’identité des butineuses, c’est-à-dire à l’émergence des mâles .
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| Vue rapprochée de 3 abeilles revenant au nid |
Je vais essayer de vous faire partager cette observation qui
constitue à mes yeux la plus intéressante de cet été 2018.
Chaque entrée correspond en principe à un nid. Mais selon
des espèces il peut y avoir une entrée commune et ensuite plusieurs
appartements ; chacun d’eux appartenant à une abeille particulière.
Que se passe-t-il dans ces nids. Une femelle arrive chargée
de pollen, elle se glisse dans le trou d’entrée et ce qui se passe ensuite est
à imaginer. Heureusement certains observateurs
peuvent expliquer la suite. L’abeille a creusé des alvéoles dans
lesquelles elle va mettre sa boulette de pollen et ensuite y pondre un œuf.
L’alvéole est ensuite refermée. Pour avoir vu travailler des Osmies par
exemple, il faut plusieurs voyages pour fabriquer la boulette de pollen
nécessaire à la future larve.
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| Une femelle couverte de grains de pollen, la rendant difficile à identifier |
J’ai vu pendant plus d’un mois, uniquement des femelles bien
couvertes de pollen, jaune pour la plupart rentrer prestement dans l’ouverture
visible en surface. Je n’en ai vu, qu’une seule chargée de pollen blanc. Les
Halictes sont souvent polylectiques, elles butinent diverses familles de
fleurs.
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| La voici toute propre et avec le dernier tergite fendu qui permet de dire qu'il s'agit d'une femelle de la grande famille des Halictes |
Au cours de mes observations j’ai fini par remarquer la
présence de gardiennes.. Je voyais en permanence des antennes pointées à l’entrée de l’ouverture. Quand une
butineuse arrivait, cette gardienne redescendait dans le couloir pour laisser
passer l’arrivante.
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| Les "surveillantes " à leur poste |
En relisant Fabre, j’ai découvert leur rôle. Il s’agit de
vieilles femelles qui surveillent l’entrée pour défendre le nid contre les
abeilles coucous ! Vous savez ces abeilles (ou ces oiseaux) trop
feignasses pour récolter de la nourriture pour leur descendance et qui profitent
du travail d’une autre pour pondre leur œuf en douce quand la travailleuse est
partie par exemple. La gardienne ne cède le passage qu’à la propriétaire
légitime du nid ! Elles m’ont semblé très efficaces ces gardiennes, quand
je pointais le nez au-dessus de leur entrée , elles se reculaient dans le
couloir descendant , mais remontaient vite à leur poste de vigie.
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| Une bourgade active: 1 entrée ouverte, 2 femelle revenant au nid, 3 gardienne à son poste. |
Quand la chaleur montait vers 12, 13 heures, la plupart des
accès étaient bouché avec du sable, comme si rien ne s’était passé. J’avais
remarqué que vers ces heures, nombre de fleurs jaunes avaient refermé leur
corolle et je pense que c’était cela qui imposait le repos à ces vaillantes
travailleuses.
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| En ressortant du nid, la femelle est débarrassée de l'essentiel du pollen |
Le lendemain vers 6h 30, beaucoup de trous étaient à nouveau
ouvert et l’activité reprenait.
Bien des jours ont passé à ce rythme.
La suite de cette histoire fera l'objet d'un second billet!
La suite de cette histoire fera l'objet d'un second billet!






































