jeudi 25 juin 2020

Des rhinocéros dans le jardin : Oryctes nasicornis mâle et femelle!


Hier matin j’entends mon mari me dire « j’ai un joli cadeau pour toi », en revenant de la piscine !
Oryctes nasicornis mâle un superbe coléoptère

En effet, il me montre ce superbe insecte. Pas besoin de chercher à l’identifier, il n’y en a qu’un comme cela dans nos contrées. Oryctes  nasicornis est le second plus gros coléo de nos régions tempérées après le grand Lucane cerf-volant.

Oryctes nasicornis sous la toise 4 bons centimètres!

C’est la première fois que je vois un mâle, bien plus spectaculaire que la femelle que j’avais vue en 2010 ! Déja sa rencontre m'avait laissé un jolis ousvenir!

Voici la femelle photographiée dans le jardin au petit matin de juillet 2010.

Il vit dans le bois en décomposition ou à défaut maintenant dans le compost à condition qu’il y ait feuilles et un peu de bois(ou les déchets de scieries, mais par chez nous il n'y en a pas).Dans le jardin, il y a des espaces avec  des branchettes , des petits morceaux de  taille des arbres qui se décomposent tranquillement et qui offrent sans doute nourriture et abri à ce petit monde.

Oryctes nasicornis mâle 

L’Oryctes vole très bien, il est plutôt nocturne ce qui le  laisse souvent  inaperçu.
Avec ses 4 cm, notre exemplaire fait partie des grands sujets. Nous en avons profité pour faire une séance photo. 
Une belle corne pour ce mini rhinocéros!

Gentil , mon sujet n’a pas cherché à s’envoler. Il sait sans doute que c’est le soir qu’il sera libéré pour continuer sa vie dans le jardin ! 
A quoi sert donc ce grand nez? A soulever son adversaire quand il lutte avec un congénère ...pour la conquête d'une femelle.
 
Détail des petites sculptures des bords latéraux du pronotum.
On le rencontre dans toute l’Europe sauf dans les régions très au nord.. Sa larve a besoin de 2 à 3 ans pour se développer en consommant le bois en décomposition puis en se nymphosant dans le sol.


Tête de la femelle : ses excroissances sont bien plus modestes!

Rencontré ces jours -ci, notre sujet est sans doute tout frais émergé. Il vivra sans doute l'été , pour rencontrer une femelle et se reproduire.Il est fidèle à sa région de naissance, sa descendance trouvera encore de quoi se nourrir chez nous!
Et pour finir encore une photo de ce bel insecte.

Oryctes nasicornis mâle dans un décor créé pour la photo.




               La femelle Oryctes nasicornis de 2020 à la toise, une beau specimen.

Et le lendemain de notre trouvaille du mâle, j'ai recueilli, toujours sur la piscine cette femelle. Elle semblait totalement inerte et il aura fallu attendre plusieurs heures au sec, pour qu'elle se remette à bouger. Et je peux dire qu'elle s'est bien remise! Elle n'a pas arrêté de courir pendant que je tentais de lui tirer le portrait!



Pour mieux connaître ce bel insecte voir cette page.











samedi 20 juin 2020

Holopyga fastuosa, une guêpe coucou dans un habit somptueux!

Voici encore une beauté rencontrée au fond du jardin dans les hautes herbes.
C’est cette fois la couleur rouge qui a attiré mon regard..

Holopyga fastuosa, un costume rutilant*

La première chose que j’ai essayé de voir à la photo c’est son abdomen pour y chercher les épines qui m’auraient orientées vers une Chrysis.
Et non ! Pas d’épines !
Et après avoir bien photographié  son abdomen …j’ai cherché la petite incision qui m’aurait orienté vers les  Omalus de la publication précédente, il n’y a rien qu’un bel abdomen bien rond et si joliment brillant !

Un tergite 3 avec une belle rondeur sans épine ni incision*

En navigant sur les photos de la galerie d’insectes.org, à partir des couleurs de mon sujet je m’oriente vers les Holopyga.
Pourquoi ?
L’insecte mesure 7 mm, ce qui élimine certaines familles plus petites, il n’y a ni incision , ni dépression , ni dents au dernier segment abdominal. Et le scutum ne comporte pas de zone lisse.

Le détail des griffes au grossissement 5*

En lisant diverses publications, il est précisé que ce sont les griffes multi dentées des pattes antérieures qui permettent d’être sûr que ce soit Holopyga.
Ce fut difficile de le montrer mais c’est bien visible.

Holopyga fastuosa dans une attitude de repos*

Ensuite j’ai trouvé  sur l’excellent site chrysis.net, une description complète. Il s’agit bien d’Holopyga fastuosa. (Les noms ont varié entre amoenula, generosa..) Je préfère la version du site qui me semble le plus complet.
Les couleurs sont minutieusement détaillées:
  •  par exemple les pattes avec des hanches bleu vert, des tibias  d’un  vert plus clair alors que les tarses sont bruns.

Holopyga fastuosa en mouvement*

  • les ailes assombries avec la nervure médiane fortement courbée, presque à angle droit.
  • les segments de l’abdomen rouge doré avec d’intenses ponctuations  qui varient légèrement sur les différents tergites . 

Holopyga fastuoosa détail de l'espace inter occellaire.*

  • La tête aussi comporte du violet autour des yeux et une ligne un peu enfoncée reliant les ocelles « jumelles ».
  • Le relief des différentes parties du corps avec des sculptures et des ponctuations variables sont précisément décrits .

Holopyga fastuosa, détail des sculptures du pronotum*

Cette guêpe qui rappelons-le,  parasite d’autres hyménoptères ( des guêpes qui font leur nid dans le sol ) vit dans toute l’Europe.
Holopyga fastuosa,autre vue de sa tête  des nuances de couleurs superbes.*

 Mais son mode de vie est peu connu

L’adulte fréquente les fleurs c’est ainsi que je peux les voir dans le jardin. C’est un des insectes les plus beaux que j’ai eu l’occasion de voir sous mon objectif.

* Photos grossies entre 3 et 5 fois

vendredi 12 juin 2020

Omalus aeneus,bel hyménoptère bleu!


Ce joli hyménoptère d’un bleu vert rutilant se promenait dans les herbes au fond du jardin.
Dans le jardin voilà Omalus aeneus sur une  feuille , elle apparaît bien petite

A son allure un peu rondouillarde, ses couleurs rutilantes j’ai pensé à un Chrysidae. En effet ces guêpes parasites ont souvent ces belles couleurs éclatantes.

Omalus aeneus femelle  vue de près.*

En le regardant de plus près j’ai observé l’apex de son abdomen, il n’y a pas de dents, pour moi qui ne suis pas spécialiste et qui retient un critère par famille, j’ai su qu’il ne s’agissait pas d’un Chysis. Sa taille est d'environ 6 mm.
Il m’a fallu aller chercher  ailleurs et la couleur m’y a aidé. Beaucoup de ces guêpes ont un abdomen en partie rouge et peu sont entièrement bleu à bleu vert. En parcourant la galerie de insecte.org, c’est Omalus aenus qui lui ressemble le plus.

Apex de l'abdomen  avec son incision*

Il s’agit maintenant de vérifier les critères qui permettent d’en être sûre.

Sur ce site, outre les magnifiques photos, j’ai  trouvé des descriptions qui me confortent dans mon identification .
  •          En particulier la ponctuation sur le scutum , très fine ou inexistante.(il existe  O.puncticollis avec une ponctuation plus importante)
Cette sculpture en forme de fer à cheval est aussi caractéristique*

  •          La marge apicale du 3eme sternite avec une incision centrale, dont les angles sont rognés
  •          Une très fine pilosité courte sur le mésoscutum (voir flèche sur la photo dessous)

La pilosité courte, plus courte qu'ailleurs, sur le mésoscutum*

C’est une femelle elle est entièrement bleue ou bleu vert, le mâle est dorsalement noir.

Omalus aeneus, des ponctuations très différentes sur la tête, le scutellum et le postcutellum*

Mais ce qui m’a le plus étonnée c’est le mode de vie de cette guêpe coucou.
Elle parasite des guêpes du genre  Pemphredon qui entassent des pucerons dans leur nid pour nourrir leur larve.
Omalus aeneus a trouvé une stratégie qui ressemble au cheval de Troie : elle pond un œuf sur  un puceron. Puceron transporté par la guêpe Pemphredon dans son nid. Le tour est joué,  l’œuf de la guêpe coucou est en place pour dévorer les provisions et l’œuf issu du travail de Pemphredon lethifer.

Omalus aeneus, une belle guêpe coucou*

En découvrant cette belle guêpe , j’aurais appris qu’il existe des guêpes (Pemphredon lethiger par exemple) qui nous débarrassent  de certains pucerons, et d’autre part qu’Omalus aeneus est une super maligne qui a trouvé le moyen de nous débarrasser des pucerons en faisant faire le plus gros du travail à d’autres ! 
C’est pour cela qu’observer ce tout petit monde est plein de surprises !
*Images grossies au moins 3 fois

dimanche 7 juin 2020

Des bébés sauterelles

En ce jour de la Fête des mères, je vous propose quelques images de bébés....mais sauterelles que j'ai vus  cette semaine au jardin.
Certaines des Sauterelles du jardin ont déjà bien grandies(en particulier le Grande Sauterelle verte) d'autres  naissent plus tardivement .
C'est le cas des deux espèces du billet. J'ai été étonnée d'en voir beaucoup à différents endroits du jardin .
Ces tout petits n'ont encore jamais mué(il leur faudra le faire au moins 5 fois) 

Sur une plantule de la terrasse. J'ai sans doute apportée l'oeuf avec la terre prise sur le compost!


Un regard coquin pour cette jeune Decticelle: Pholidoptera griseoaptera (probable).

Une autre sur une fleur sèche de pissenlit au milieu de la pelouse prairie.


Dans le fond du jardin , la nature est encore bien plus à l'aise, y pousse qui veut!

Sur les feuilles d'un orme champêtre apporté par les oiseaux, une mini sauterelle aux très grandes antennes. C'est la future Phaneroptera nana , ma copine de fin de saison! 

Celle-ci a choisi une feuille de mélisse à un étage plus bas!


Et voici l'acrobate de la famille sur une tige d'herbe sèche pour diparaître dans les prêles!
Bon dimanche à tous! 

vendredi 5 juin 2020

Acantholyda hieroglyphica , la Lyde du Pin


Encore une trouvalille sur la piscine. En la regardant avec ses couleurs  jaune-orange et noires et ses ailes couchées sur le dos, je me suis dit : encore une tenthrède. Et puis un détail m’a conduit à y regarder de plus près : son unique antenne, très longue et fine.
Premier soin , nettoyer ses antennes, même s'il n'en reste qu'une.

C’est ainsi que le sujet de cette publication a eu droit à sa séance photo.
Chez les Tenthrèdes le nombre d’articles aux antennes est vraiment important, certaines n’en ont que 3, d’autres 7 et d’autres encore bien plus. L’insecte mesure environ 15mm.

Acantholyda hieroglyphica, des ailes jaunes avec une tache sombre

Grâce à l’ouvrage de  Berland, Faune de France 47, Hyménoptères Tenthredoïdes, j’ai pu identifier cet individu.

Pour arriver à la famille des  Pamphiliidae, il faut regarder  :
  • les antennes sont insérées au-dessus du clypeus (jaune, on le voit encore mieux sur la dernière photo)
  • le 3ème article est normal
  • Acantholyda hieroglyphica, des pattes avec des éperons qui jouent un rôle important dans la détermination.

  • la cellule radiale est divisée par une nervure transversale (difficile à voir)
  • le bord postérieur du pronotum est droit (pas arqué)

    • 1: un seul éperon préapical au tibia I. 2:les 2 éperons apicaux.*


  • tibia I avec 2 éperons apicaux, corps large
  • articles des antennes simples

  • Nous voici bien dans la famille des Pamphiliidae
    Ensuite on continue le jeu de piste
    • les griffes sont dentées
    • le tibia I , toujours lui , a un éperon préapical( pas 2)
      Des griffes dentées, bien difficiles à voir !*

    Nous sommes dans le genre Acantholyda, il s’agit d’aller à l’espèce.
    • Les ailes sont hyalines ou jaune avec une tache noire sous le stigma
    • les ailes sont jaunes, l’abdomen est noir aux deux extrémités  nous voici avec A. hieropglyphica.
    Acantholyda hieroglyphica


    La larve vit sur les pins où elle s’enferme dans un filet avec d’autres larves. Elle peut occasionner des dégâts sur les jeunes arbres.La photo ci-dessous montre les taches jaunes sur le clypeus et entre les yeux qui sont aussi caractéristiques .
    De redoutables mandibules!*

    L’adulte a une durée de vie très courte, une dizaine de jours.

    On rencontre cet insecte dans tout le pays, 2 autres espèces lui ressemblent beaucoup, mais A .hieroglyphica est la moins présente.
    On trouvel’adulte au mois de mai et sa durée de vie est courte, environ 10 jours.
    *Images grossies 3 fois

    dimanche 24 mai 2020

    Anogcodes seladonius un joli mâle tout vert!


    Voici un joli coléoptère tout vert comme souvent, repêché sur la piscine.
    Je commence par regarder s’il ne ressemble pas à l’un ou l’autre que j’avais déjà vus dans mon jardin. Car année après année les mêmes sujets y vivent.
    Il ressemble beaucoup à Chrysanthia viridissima.
    Anogcodes seladonius mâle, les 3 détails qui aident à la détermination.

    Mais je suis surprise par l’importante pilosité blanchâtre que je vois. Cela m’incite à vérifier les critères qui identifient C. viridissima. De plus en regardant mes images je vois une dent sur la face interne du fémur de la seconde paire de pattes. Ce détail apparaît à la lecture  d’un billet sur insectes.org.

    Je reprends la clé des Oedemère de France par Sylvain Fadda :
    • yeux peu ou pas échancrés
    • 3 côtes visibles

    Anogcodes seladonius mâle, 3 côtes sur les élytres.

    Nous sommes alors chez les Anogcodes
    • les antennes comptent 12 articles, le dernier étant plus court que l’avant dernier, nous avons un mâle.

    Anogcodes seladonius mâle, détail des antennes*

    •  le fémur médian  présente une dent près de l’apex, c’est ce détail qui m’a orienté.
    • les élytres sont verts, bleus ou dorés, nous voilà avec Anogcodes seladonius


    Anogcodes seladonius mâle, toilette, on revoit la dent sur le fémur II

    Il existe 2 sous espèces, ici, les côtes élytrales  sont bien visibles et le dernier sternite ne présente pas de tubercules ce qui élimine A. seladonius alpinus(plus rare ).Mon sujet est donc A.seladonius seladonius.

    Anogcodes seladonius mâle,  une toilette acrobatique qui montre les sternites et la particularité du dernier

    Grâce à cette belle habitude qu’ont les insectes de faire une toilette très complète celui-ci m’a montré un détail très intéressant de son anatomie : le dernier tergite !

    Anogcodes seladonius mâle, vue du dernier tergite*

    Il est très particulier  beaucoup plus long que les autres , avec deux appendices en forme de feuilles . On les voit en regardant l’insecte par-dessus, c’est d’ailleurs visible sur la première image , mais aussi très souvent on ne l'aperçoit guère.

    Anogcodes seladonius mâle, dernier tergite*

    J’ai trouvé sur le web des extraits de ce volume:
     Fauna ibérica. Vol. 5. Coleoptera: Oedemeridae, Pyrochroidae ...,  
    qui décrit avec beaucoup de détails notre sujet. En fait il s’agit du dernier sternite très fortement entaillé.La photo ci-dessous le montre très bien.
    .
    Anogcodes seladonius mâle, dernier tergite, on voit ici les détails de cette profonde entaille.*

    La femelle d' Anogcodes seladonius a le pronotum rouge, ainsi que l'abdomen. Ce qui justifie le nom vernaculaire d'Oedemère  à corselet rouge.
    Voici une photo retrouvée dans mes dossiers de ...2015!

    Anogcodes seladonius femelle

    Les larves vivent dans le bois pourri du chêne, les adultes visibles de mai à  juillet sont floricoles sur cistes, centaurées,  certains chardons, liserons, brassicacées, gaillets….On les rencontre dans le Centre et le sud du pays, où il est commun en région méditerranéenne. 
    *Images grossies 2 fois

    mardi 19 mai 2020

    Tous dans le jaune!


    Les insectes aiment se promener dans les fleurs jaunes, ils y sont pourtant bien visibles. Mais la gourmandise est sans doute la plus forte.
     Je vous propose une petite promenade sur les fleurs jaunes du jardin.
    Voici les fleurs  que je prends pour des chrysanthèmes des moissons. Elles se ressèment à partir de la prairie fleurie que j’avais installée à cet endroit il y a déjà 2 ans.


    Voici d’abord le plus  drôle Clanoptilus rufus, un sujet sans doute batailleur au vu de l’état de ses antennes  cassées en partie. Un vrai teigneux qui n’a cessé de me garder dans son champ de vision.


    Du vert sur le jaune  Psilothrix viridicoerulea, le dasyte émeraude.


     Il appartient à la sous-famille des Dasytidae . Il est commun, se nourrit sur les fleurs et mesure moins d’un cm.


    Un habitué de la saison, plus ou moins abondant selon les années Exosoma lusitanicum, , le Lupérus portugais, une chrysomèle. 


    L’adulte se nourrit sur diverses fleurs, en particulier les Astéracées , les larves dans les bulbes de liliacées.Tout est bon , le pissenlit attire aussi beaucoup d'insectes!


    Un indésirable, gros mangeur de pétales,  Oxythyrea funesta  sans distinction de couleurs!


    Ce qui a attiré mon regard sur la fleur où se tient cette mouche indéterminée, c'es' le repli du pétale . Souvent cette "construction" abrite un locataire, une petite araignée ou une larve qui s'est préparé un toit!


    La fleur est suffisamment nourricière pour que l'on s'y retrouve à plusieurs , l'abeille, une Halicte femelle, collecte le pollen, le coléoptère  Exosoma lusitanicum, grignote les pétales!


    La jeune sauterelle future grande sauterelle verte a choisi comme berceau les pétales délicates du pavot de Californie! 

    En ces jours où la nature nous offre toute sa splendeur, ouvrons l'oeil!