jeudi 19 avril 2012

Oxythyrea funesta ( Poda) , le drap mortuaire, un coléoptère qui mange des fleurs !




Le printemps, qui a fait une timide apparition avant de se remettre en sommeil,  a vu certaines de nos fleurs visitées par des insectes habituellement présents en cette saison : les cétoines. Ces insectes sont gros consommateurs de fleurs.

Si certaines d’entre elles sont joliment colorées comme la Cétoine dorée, d’autres attirent beaucoup moins le regard et dévorent les fleurs que nous attendons pour égayer le jardin ou pire nous promettre une récolte de fruits abondante.

La plus commune du moins dans mon jardin, est Oxtythyrea funesta, le drap mortuaire. Deux autres membres de la même famille lui ressemblent : Tropinata hirta et Tropinata squalida. Je vais essayer de les caractériser afin que l’on puisse mieux les reconnaitre.

*Petite précison apportée à la suite de l'interrogation de Philippe Bullot: le nom vernaculaire de l'insecte fait sans doute allusion aux tentures sombres qui marquait la maison , ou la pièce où l'on se recueillait devant un défunt.




Sur une joli fleur de trèfle, Oxythyrea et Tropinota
Et cette photo permet tout de suite de voir que nous avons à faire à deux insectes bien différents.

A gauche Oxythyrea funesta parsemé de points blancs, mais on voit bien les 6 points blancs sur le pronotum, à la manière d’une double rangée de boutons, et sur la droite un coléoptère plus poilu et moins ponctué !

 Commençons par la plus commune et de loin la plus répandue dans mon jardin.
Oxythyrea funesta, 6 points blancs sur le pronotum et 3 dents sur le tibia antérieur dont  deux orientées vers l'extérieur.

Oxythyrea funesta : souvent ponctué de blanc, elle est comme les deux autres, poilue quand l’insecte est jeune, les déplacements et frottements changent ensuite  son aspect. Le caractère le plus facilement visible ce sont les deux rangées de 3 points blancs sur le pronotum ! Facile à retenir : elle a un double boutonnage sur son veston, sauf que les boutons sont sur le dos, mais enfin ce n’est pas grave ! !

Voir ici sur la clé illustrée des Cétoines par PieZo, très facile à utiliser.

Sur le muscaris dans la garrigue: toute fraîche et encore bien poilue.

 Autre caractère bien visible sur le tibia des pattes antérieures nous avons 2 dents orientées vers l’extérieur et une autre vers l’intérieur.
Sur une fleur de renoncule, déjà entamée.

Oxythyrea funesta est phytophage, se nourrit donc de plantes et plus précisément des fleurs. Sur les fleurs l’insecte consomme étamines, pistils et parfois pétales mais bien plus rarement.
En  couple, dans une tulipe.

Il n’est pas sectaire et s’installe aussi bien sur les fleurs cultivées que sur les fleurs sauvages.

Je me suis amusée en l’espace de ces quinze derniers jours à le photographier sur bien des fleurs, je vous en propose un petit catalogue.
Sur une fleur de pommier!

C’est vrai que dans un jardin sur les fleurs des arbres fruitiers je considère qu’il n’a pas sa place, alors le matin quand il est moins véloce, je le ramasse et mes poissons s’en régalent ! C’est souvent sur les fleurs de couleurs claires qu’il aime se rassasier, ce n’est pas malin , c’est là qu’on le voit le mieux !
Sur la spirée.

J’ai lu que dans le sud nous en étions bien pourvu! Les larves se développeraient sur les racines et dans les tas de compost dont elles aident à la décomposition.
En pleine séance de reproduction dans mes iris! Ou mariage sur draps blancs!

Avec sa carapace bien solide il a peu de prédateurs. Voici une tentative insolite.
Attaquée par une Réduve irascible juvénile, sans succès!

Un juvénile de la punaise Rhinacoris iracundus, la Réduve irascible, a tenté de s’en prendre à Oxythyrea funesta. La scène a duré quelques instants. Avec  son rostre, l’attaquant cherche un  coin non protégé pour harponner sa proie. Cela a donné des images cocasses ! Mais la réussite ne fut pas au bout, d’ailleurs la cétoine avait l’air peu intimidé par l’attaquant, elle aurait pu s’envoler mais ne l’a pas fait.La scène se passe sur une fleur de thym serpolet.

Une seconde publication présentera les Tropinata hirta et squalida.

A la suite du commentaire d'un jeune entomologiste qui aime beaucoup les cétoines je rajoute un extrait de son message qui explique le rôle des Cetonidae dans la pollinisation :
"Je tenais a signaler que les cétoines sont des coléoptères pollinisateurs .... certaines plantes ,sont entomophiles ce qui signifie qu'elles ont besoin des insectes pour se reproduire. Ces derniers apportent les grains de pollen de fleur en fleur les fécondant involontairement mais chacun y gagne..... certaines plantes font appellent aux hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes etc) pour les attirer elles ont des couleurs et des odeurs attractives pour ces espèces et sécrètent du nectar, en gros l'énergie est dépensée dans l'attraction de l'insecte. D'autres plantes comme les rosacées (fruitiers, rose, fraisier etc) ont choisi de produire plus de pollen afin d'attirer des insectes qui ne sont pas nectarivores et qui vont se nourrir des pétales et du pollen et je vous le mets dans le mille : il s'agit principalement de coléoptères dont une famille bien spéciale : les Cetonidae (cétoines). "
Merci beaucoup d'avoir si bien expliqué ce rôle particulier!

22 commentaires:

  1. Alors là merci pour le nom de cette bestiole qui ravage par sa gourmandise démesurée fleurs de rosiers, d'iris et bien d'autres, les mettant dans un piteux état.
    J'y vais à la "semelle", seule méthode qui n’empêche rien si ce n'est de calmer mon désarroi!
    Martine de sclos

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Lucie !!!!
      Nous prenons la pince multiprises ou ... la semelle, le matin de bonne heure, lorsque ces bestioles sont endormies.... non mais !!! Les fleurs sont irrémédiablement abîmées ; d'accord @anonyme nous pouvons protéger la pollinisation, mais là c'est le jardin qui est envahi et les roses sont toutes mangées, et elles prolifèrent à vitesse grand V, nous sommes dans le midi et c'est une vraie calamité.

      Supprimer
  2. je dois dire également que ça sent très mauvais lorsqu'on les attrape à la main, il vaut mieux se les laver avant de les tendre pour un baise-main!

    RépondreSupprimer
  3. Ton article est très intéressant, je me demande d'où vient leur nom "drap mortuaire"...

    RépondreSupprimer
  4. Je m'en vais de ce pas voir si je trouve cette cétoine sur les fleurs de la spirée, des iris etc...
    Entre deux éclaircies , mais peut-être qu'elles n'aiment pas l'eau.
    Bises

    RépondreSupprimer
  5. je rencontre souvent la cétoine dorée dans mon jardin mais je n'ai pas remarqué celle-ci...faut dire qu'avec le temps de chien de ces derniers jours, ils ont dû repartir dormir les cétoines!!!

    RépondreSupprimer
  6. Bravo pour les images et le texte explicatif!
    Oui ce nom de drap mortuaire pour un insecte est assez cocasse!
    SUPER BRAVO pour la Réduve attaquant! Quels prédateurs redoubles et elles n'ont pas froid aux yeux! LOL!
    Bises et mes amitiés à vous deux!

    RépondreSupprimer
  7. C'est sûr, ils n'ont pas d'aussi jolis reflets que certains de leurs cousins mais tu sais toujours les mettre en valeur malgré tout.

    RépondreSupprimer
  8. Superbe reportage, surtout avec la réduvie !
    Alors moi je suis comme toi: j'en vois partout, asphodèle, molènes (dans les rosettes pour l'instant), ce matin urospermum dalechampii. "Où n'est-il pas?" serait plutôt la question.
    L'as-tu vu sur l'arbre de Judée, le goinfre? Il m'a permis d'en observer les étamines et le pistil, d'ordinaires cachés)
    Sur mes iris juste au-dessus du compost je n'ai pas pensé à regarder (ils sont foncés), et j'accusais le vent, il y a de quoi, mais si je comprends bien je vais avoir intérêt à déplacer des iris ( le composteur je ne l'imagine pas déplacé très loin). Si c'est le tribu à payer pour avoir un compost qui fonctionne, je vais placer d'autres iris un peu plus loin, et lui offrir plein de fleurs claires aux alentours de la boîte.
    Voir les antérieures de ces gloutons ne marche pas à tous les coups. Je les laisse tranquilles pour avoir la photo, celle que je peux, sans choisir le "plateau de tournage". Il est alors -sauf sur les fleurs plates- le plus souvent comme un cochon dans l'auge, on ne lui voit que le dos et les postérieures qui dépassent.
    Il/elle, d'ailleurs, ça m'embête: utiliser alternativement LA cétoine ou LE drap mortuaire, m'oblige à relire mes accords. Mr et Mme sont-ils aisés à distinguer, à propos ?

    RépondreSupprimer
  9. ils sont bien nombreux en ce moment ici aussi,les boutons d'or en sont quelques fois bien garnis ...Belle série :)

    RépondreSupprimer
  10. j'adore la dernière , belle tentative ;)

    RépondreSupprimer
  11. Magnifique message encore une fois Lucie, et une bonne découverte de ces chtis animaux pour moi!

    RépondreSupprimer
  12. Reportage intéressant sur un coléoptère vorace et assez commun... Je le vois plus fréquemment sur pissenlits. Il dévaste davantage les pistils qu'il ne contribue à la pollinisation. Mais bon, il n'y a pas de petite contribution :-)

    RépondreSupprimer
  13. Ils sont partout et ne semblent pas avoir de préférence pour telle ou telle fleurs.
    L'attaque de la réduve pimente ton message. Je n'ai jamais eu l'occasion d'en observer en train de se servir de son redoutable rostre.

    RépondreSupprimer
  14. Je peux enfin mettre un nom sur cet insecte, merci, intéressante documentation et bien présentée.
    Bonne journée :)

    RépondreSupprimer
  15. Merci Lucie pour ta précision à propos de son nom vernaculaire :)

    RépondreSupprimer
  16. Heureusement, je n'en vois pas trop actuellement dans mon jardin (même très peu). J'aime beaucoup la dernière image de tentative de prédation.

    Cdlt,
    Jma

    RépondreSupprimer
  17. Bonjour, je me présente, Nathan passionné en entomologie et je tenais a signaler que les cétoines sont des coléoptères polinisateurs .... certaine plantes ,sont entomophiles ce qui signifie qu'elles ont besoin des insectes pour se reproduire. Ces derniers apporte les grains de pollen de fleur en fleur les fécondants involontairement mais chacun y gagne, la plante peut procréer, l'insecte se remplie la pense. certaines plantes font appellent aux hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes etc) pour les attirer elles ont des couleurs et des odeurs attractives pour ces espèces et sécrètes du nectar, en gros l'énergie est dépensée dans l'attraction de l'insecte. D'autres plantes comme les rosacées (fruitiers, rose, fraisier etc) ont choisi de produire plus de pollen afin d'attirer des insectes qui ne sont pas nectarivore et qui vont se nourrir des pétales et du pollen et je vous le met dans le mille : il s'agit principalement de coléoptères dont une famille bien spéciale : les cetonidae (cétoines).
    En gros les tuer est un acte d'ignorance. Oui vos fleurs seront moches certes, mais elle se reproduiront, dans ses périodes ou on fait remarqué que les pollinisateurs sont en danger je vous rappelle que la cétoine en est un.... arrêtez de pensez a l'aspect esthétique comme l'humain sait si bien le faire et mettez vous a protéger la nature, elle vous le rendra ....

    cordialement,
    Nathan

    RépondreSupprimer
  18. JE SUIS HORRIFIEE : mes roses blanches et roses claires sont complétement anéanties par des cétoines grises , depuis 2 ans .
    J'ai mis sur les pieds des rosiers, du purin d'orties; serait ce cela?
    mais que faire pour m'en débarrasser?
    je lis sur les commentaires qu'il faut préserver la nature mais là ce n'est plus de la préservation , c'est une catastrophe!
    pourriez vous m'indiquer le meilleur moyen de m'en débarrasser, s'il vous plait
    merci

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Monique,
      Je ne pense pas que le purin d'orties y soit pour quelque chose.
      Le seul moyen c'est de faire un ramassage manuel, le matin à la fraîche quand les cétoines sont encore engourdies et cachées dans les fleurs. Les secouer avec un récipient par en-dessous et les éliminer. En effet quand il y en a trop , il faut intervenir. Maintenant c'est le bon moment avant que les insectes ne se reproduisent! Bon courage!

      Supprimer
  19. en ce qui me concerne, je me suis laissée envahir sans m'en apercevoir par ces petites bêtes il y a quelques années seulement.
    mais j'ai remarqué depuis que, quand on essayait de les attraper, elles se laissaient tomber. je les "cueille" donc dans une bouteille avec un fond d'eau dans laquelle elles se noient, et j'arrive à m'en débarrasser tout doucement. je peux les attraper avec ce système à toute heure de la journée, je pose le goulot sous la cétoine, et le bouchon en dessus, et elle se laisse tomber...dans la bouteille !
    quant à moi, c'est un plaisir de faire le tour de mon jardin et de regarder mes fleurs !!!
    bon courage, il m'a quand même fallu quelques années de patience pour que leur nombre soit trés réduit, mais je ne crois pas que j'arriverais à les éradiquer, mes voisins ne s'occupant pas de ces bestioles.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci du partage de votre expérience! Nous avons tous quelques petits trucs pour limiter un peu la présence de certains indésirables!

      Supprimer

Votre avis sur ce sujet m'intéresse;je lis toujours les commentaires avec beaucoup de plaisir, ...même si je n'y réponds qu'occasionnellement.