samedi 15 janvier 2022

Dieckmanniellus nitidulus : petit charançon qui aime la salicaire

 

Voici un tout petit insecte, il fait moins de 2 mm. Ce petit coléoptère fait partie de la grande famille des charançons. Ils sont toujours difficiles à identifier, mais quelques grandes familles se reconnaissent à la vue de quelques marqueurs : la forme générale, celle du  rostre, des antennes (coudées ou non), des pattes avec épines ou  non, de la forme des ongles etc..

Dieckmanniellus nitidulus est manipulé avec  mon pinceau tant il est petit.*


Ce petit sujet a les antennes coudées, avec une massue de 3 articles, le pronotum à la base aussi large que les élytres, puis fortement rétréci vers l’avant.

Un autre détail qui dans son cas à de l’importance, je l’ai trouvé sur la salicaire. Or les Nanophyidae, sa famille, sont inféodés à cette plante.

La minuscule patte agrandie pour voir les 2 ongles soudés*


Pour avancer dans la détermination, il faut regarder les ongles de ces ce minuscules charançons : on y voit que la patte se termine  par 2 ongles « soudés » jusqu’à plus de la moitié de leur longueur.

Autres détails :

  •  la base du rostre est fortement carénée
Un rostre caréné , des fémurs avec deux petites dents*


  • Les fémurs portent deux petites dents, on les voit bien sur la photo de face.

 A l’ensemble de ces caractères  il faut ajouter la couleur :

  • extrémité du rostre et tête noirs ;
  • une tache noire sur la suture en avant du milieu
Le dessous du corps noir*


  • de longues soies blondes, plus serrées sur la tête, on les voit bien sur le dessous, les pattes. Sur le pronotum et les élytres elles forment deux fascies
De longues soies claires sur la tête*


  • la massue de 3 articles : les deux premiers transverses, le dernier pointu est 2 fois plus long que large
Une massue antennaire avec 3 articles bien distincts*


Voici les principaux détails qui décrivent Dieckmanniellus nitidulus. Il existe des variantes dans les couleurs surtout. Le charançon vit sur les Lythrum, salicaria chez nous mais plus fréquemment L hyssopifolia.

Les larves se développent dans les tiges. On voit l’adulte d’avril à septembre, ensuite il hiverne.

Informations issues de : Gaëtan du Chatenet : Coléoptères phytophages d’Europe, tome 3

*Photos grandies 3 fois

 

samedi 8 janvier 2022

Osmia bicornis, (anciennement Osmia rufa) ou l'Osmie rousse, mâle et femelle

 

J’observe les abeilles solitaires depuis de nombreuses années et l’une des espèces printanières , l’Osmie  cornue a fait l’objet de plusieurs billets. Petit à petit je me suis intéressée à d’autres espèces et quand je voyais une abeille ressemblant à l’Osmie cornue, je passais mon chemin. C’est ainsi que j’ai raté la présence d’une autre Osmie lui ressemblant:l’Osmie bicornis (anciennement O. rufa).

Osmia bicornis mâle

 

Le printemps dernier fut l’occasion de la rechercher un peu mieux parmi les nombreux butineurs qui se sont régalés sur les fleurs de la consoude officinale ou de l’ajuga reptens qui proposaient un véritable festin à de nombreux insectes !


Osmia bicornis femelle


Osmie bicornis est une abeille printanière, mais elle est un peu plus tardive qu’O. cornuta et au mois d’avril et de mai, les deux espèces cohabitent.


Cependant certains critères visibles aident à les différencier :

  • Les femelles : les 2 espèces sont porteuses de petites cornes sur la face : ces excroissances sont parfois cachées par la pilosité de la face.
    Osmia bicornis femelle sur fleur de consoude officinale
  • Il faut regarder l’abdomen .O. cornuta l’a complètement roux, tandis que bicornis a les derniers segments noirs.
A gauche la bien connue O. cornuta, à droite O.bicornis.


Le thorax de  O.cornuta est recouvert de poils noirs, beige pour  O.bicornis


Le mâle a les articles des antennes beaucoup plus longues que larges, les poils du front sont jaunes (blancs pour O. cornuta)

Comparaison entre les 2 mâles 

 

Détail de l'antenne de l'Osmie bicornis mâle : on compte 13 articles et ils sont plus de 2 fois aussi longs que larges


Petit rappel : les Osmies présentent 2 cellules cubitales 
à l’aile antérieure et un pulvillus entre les griffes.

Détail des cellules cubitales à l'aile antérieure

  

Osmie bicornis mâle sur la toise


Cette photo qui présente un mâle sur la toise(13mm environ) permet de distinguer des parasites, des acariens  qui peu nombreux ne sont pas une gêne, mais parfois leur grand nombre empêche l’abeille  de voler.

Acariens sur l'abeille


Les autres petits points sont des grains de pollen dont la couleur , et la taille, la forme…varient en fonction de la plante butinée.

Autre matériau transporté: des grains de pollen qui iront se poser sur une autre plante


C’est une abeille répandue dans toute l’Europe. La femelle butine sur de nombreuses variétés de fleurs, vole de mars à juin , ici c’est début mai que je la rencontre.

Une belle abeille qui participe à la pollinisation de nos plantes! Merci! 

 

vendredi 10 décembre 2021

Coaebus florinus, un richard doré ou le Bupreste des branches du chêne

 

 Les buprestes sont environ 130 espèces en France, surtout  présents dans la partie sud.. 

Coraebus florentinus*


Les adultes viennent sur les fleurs mais ce sont les larves qui font des dégâts dans le bois, elles ont en plus une grande longévité comme c’est le cas pour notre espèce, entre 20 mois et 4 ans.

Le genre Coroebus est devenu depuis peu Coraebus, notre espèce est aussi connue sous le nom de Coraebus fasciatus.

Un pronotum au bord ondulé*


Il fait partie de la famille des Agrilinae  qui ont le scutellum acuminé postérieurement. 

Un scutellum acuminé*


L’insecte mesure environ 15 mm et ses jolies couleurs m’ont posées bien des problèmes pour les rendre avec vraisemblance.

Allongé, Coraebus florentinus mesure plus de 15mm*


Les deux fascies qui ornent le dernier tiers  des élytres sont très belles. Avec ces couleurs, elles   justifient  le nom de « richard » donné à la famille des Buprestes.

Tout le dessus du corps est finement ponctué, le dessous et les pattes sont vert brillant.

Vue dorsale avec ses fascies dans le dernier tiers des élytres*


Avec ce décor on ne peut pas le confondre avec un autre.

Une tête dorée avec de grands yeux noirs!*


C’est un insecte commun dans les deux tiers sud de la France, on voit les adultes de juin à octobre. Il cause des dégâts sur chêne vert et chêne liège surtout dans les plantations où la larve s’installe dans la pousse terminale.

Cette page est très explicite

 Source infos  : Gaëtan du Chatenet : Coléoptères phytophages d’Europe.

*Images grossies 3 fois


dimanche 5 décembre 2021

Anaesthetis testacea, un petit longicorne

 

Voici un petit coléoptère trouvé lors d’une sortie à 1000 m d’altitude.

Une face qui fait un angle droit avec le sommet de la tête, voici Anaesthetis testacea *


Avec ses longues antennes et ses yeux profondément échancrés c’est un Cerambycidae. Et plus précisément un Laminae. Souvent  ceux –ci ont une dent sur les côtés du pronotum, ici ce n’est pas vraiment le cas, on voit cependant un léger renflement.

Un léger renflement sur les côtés du pronotum*


La tête, les antennes, les pattes et le scutellum sont noirs. Les élytres sont fauves. Les élytres sont rebordées en arrière , profondément ponctués, avec une pilosité rase. 

Elytres rebordés en arrière , ponctués avec une courte pilosité*


Un détail difficile à voir, les premiers articles des antennes sont ciliés en dessous. Le premier article est plus court que le troisième et le quatrième.

Détail des antennes *

Détail des cils sous les articles des antennes .

Antennes ciliées en dessous*


On le trouve sur les branches mortes de nombreux feuillus où il se tient immobile le jour, il vole au crépuscule. Certains de ces feuillus sont attaqués par le bupreste Coraebus florentinus qui fera l’objet d’un prochain article.

Un petit coléoptère qui fait moins de 10 mm (sans les antennes!)


C’est un petit coléoptère qui ne dépasse pas 10 mm, on le trouve partout en France et aussi  dans bien des zones en Europe. Chez nous , il est plus commun dans le centre et le sud du pays, on le voit de mai à août.

Des yeux très échancrés*


Sources:

  •  Gaëtan du Chatenet :Coléoptères phytophages d’Europe, NAP
  • F. Picard: Coléoptères Cerambycidae, Faune de France, 20
*Images grossies 3 fois