mardi 15 novembre 2016

Anthocoris nemoralis, encore une punaise amie du jardinier !

Cette petite punaise, elle fait entre 4 et 5mm, se trouvait sur de vieilles fleurs d’Eupatoire chanvrine, qui pousse sous une rangée d’arbres.
J’ai eu un peu de mal à savoir dans quelle famille la ranger. Son cuneus m’a orienté en premier lieu dans la famille des Miriadae. Ayant passé en revue toutes les photos du site insecte.org qui les présente, j’ai bien dû chercher ailleurs.
Anthocoris nemoralis*

C’est ainsi que je suis arrivée à la famille des Anthocoridae, bien moins nombreuse que celle des Miriadae.
Anthocoris nemoralis, mesure moins de 5mm*

Ensuite toujours avec les photos du site et un livre de la Faune de France disponible sur le net :
Hemiptères, Anthocoridae, Cimicidae, Microphysidae, par Jean Péricart j’ai trouvé le nom et quelques renseignements concernant cette petite punaise.
Anthocoris nemoralis, un rostre court , de 3 articles*

Anthocoris nemoralis
  • Son rostre compte 3 articles.
Anthocoris nemoralis, ocelle et détails des antennes de 4 articles*

  • Ses antennes 4 articles de couleur sombre, brune ou noirâtre, avec la base et l’extrémité du second article clair, ainsi que l’extrémité du 3ème
  •   Son pronotum au collet bien délimité.
Anthocoris nemoralis, hémélytres avec un cuneus*

 Les hémélytres sont très importants à observer :
1.       on y voit un cuneus (partie triangulaire apparaissant distincte dans la zone sclérifiée de l’hémélytre)

Anthocoris nemoralis, détail des  hémélytres:1:clavus;2:endocorie ;3:exocorie;4:cuneus.*

2.        les hémélytres  sont mats, sauf l'exocorie et le cuneus brillants, une  fine pubescence claire semi-dressée recouvre l’ensemble
3.       la membrane des hémélytres est  brunâtre avec une tache basale et deux latérales blanches, pouvant confluer en délimitant des taches brunes diversement découpées.
4.       clavus mat, roussâtre au milieu, plus ou moins rembruni ailleurs.

Anthocoris nemoralis, petite punaise discrète et bien utile.*


Elle présente souvent deux générations par an, les adultes hivernent.
L’insecte vit souvent dans les arbres, essentiellement des feuillus où les psylles, pucerons et chenilles de petits papillons servent de nourriture.
C'est en cela que c'est un auxiliaire du jardinier.Et elle est vendue dans le cadre de la lutte biologique contre pucerons et acariens pour protéger les arbres fruitiers.
Vous trouverez des liens en tapant son nom sur le web.

*images grossies 3 fois 

mercredi 9 novembre 2016

Clanoptilus rufus, coléoptère aux couleurs bien voyantes.


Rouge et noir, ce petit coléoptère est bien visible sur les herbes vertes au printemps. Mais c’est sa taille moins de 1cm et sa tendance à rester à l’intérieur des herbes qui le rend plus difficile à apercevoir.
Clanoptilus rufus, femelle

J’en vois depuis plusieurs années toujours au moins un exemplaire printanier dans mon jardin Je n’ai vu que des  femelles et toujours quand elles se promènent en hauteur sur les herbes.
Clanoptilus rufus, femelle, vue de l'abdomen  rouge avec des marques noires

Clanoptilus rufus se reconnaît à plusieurs détails et permet d’éviter la confusion avec un autre insecte lui ressemblant Anthocomus rufus.

Tous deux portent le qualificatif de rufus, ils sont en effet tous les deux rouges mais voici les détails à observer :
Clanoptilus rufus, femelle, vue dorsale
  • ·         la taille : Clanoptilus rufus environ 8mm (Anthocomus rufus : 4-5mm)
  • ·         le pronotum : la plus grande largeur se trouve vers le milieu pour Clanoptilus rufus ( vers l’avant pour Anthocomus rufus)

Clanoptilus rufus, vue de la face couleur ivoire

  • ·         la tache sombre, verte tirant sur le noir : chez Clanoptilus rufus , elle n’atteint pas le rebord antérieur du pronotum( chez Anthocomus rufus oui)
  • ·         L’apex des élytres est arrondie pour Clanoptilus rufus en sachant que pour les mâles, cet apex est  « déformé », mais chez Anthocomus rufus , les élytres sont davantage en pointe.

  • ·         On voit bien sur ces même élytres, des poils noirs dressés.
Clanoptilus rufus femelle se promenant sur une feuille de cirse


  • Comment vit cet insecte ? C’est un polyphage qui se nourrit tantôt de pollen, mais aussi de petits pucerons ou même de cadavres de petits insectes..

D’ailleurs ces belles mandibules couleur ivoire semblent à même de croquer bien  des carapaces.

Clanoptilus rufus vue de la tête*

Je les ai rencontré dans les herbes, et une des images montre une femelle avec son ovopositeur sorti, je suppose qu’elle pond dans les inflorescences de cette herbe.
Clanoptilus rufus femelle en ponte

Les larves se développent au pied des herbes.
Je n’ai vu ces insectes qu’au printemps, essentiellement au mois de mai. Je suppose qu’il n’y a qu’une génération par an.

Clanoptilus rufus femelle détail de la tête, avec une pilosité blonde*

Cette espèce est donnée  du Midi, des coteaux secs. La partie de mon jardin où je les vois est bien orientée au soleil mais ce n’est pas la partie la plus sèche, la présence d’herbes assez hautes y maintient une petite humidité surtout matinale.
*images grossies 3 fois

vendredi 4 novembre 2016

L'Arbousier, Arbustus unedo, offre gîte et couvert à de nombreux invités.


Fin octobre, il reste peu de fleurs au jardin. C’est dire si les butineurs apprécient celles offertes par un arbuste méditerranéen : l’arbousier.

Arbustus unedo offre asile et nourriture à beaucoup de visiteurs.
Gonocerus insidiator, toujours présent sur l'arbousier.

J’avais déjà présenté ce méditerranéen que j’aime beaucoup en 2010 lorsque je parlais de la punaise Gonocerus insidiator qui y loge toute l’année !

Chenille de Charaxes jasius, bien loin de sa taille définitive, il faudra attendre le printemps pour qu'elle se transforme!

Mais c’est surtout la chenille du Pacha à deux queues, Charaxes jasius que j’y cherchais et que j’ai trouvé enfin , en 2013. Et depuis j’y trouve au moins un exemplaire soit en automne, pour éclore au printemps ou en été pour la génération de fin d'été qui se développe bien plus rapidement.. Ce qui est le cas en cette fin d’octobre 2016. Cela me fait toujours un grand plaisir !
Chenille de Charaxes jasius fixée sur la feuille de l'arbousier peu visible avec sa couleur verte

C’est aussi l’occasion d’y observer les autres visiteurs.
Bourdon terrestre avec une abondante récolte de pollen

Les oiseaux consomment les fruits mais si je les entends et les entrevois, pas de photos, ils aiment bien trop leur tranquillité et s’envolent trop vite.
Bombus terrestris , une reine, reconnaissable à sa grande taille. On voit le pollen sur ses pattes arrières munies de "corbeilles"

Dès le premier rayon de soleil 3 grosses reines de Bombus terrestris se régalent. Elles font quelques réserves pour l’hiver. Elles seules hivernent et assurent la pérennité de l’espèce.
Détail de la langue du bourdon qui va chercher pollen et nectar à l'intérieur de la "clochette" de l'arbousier

 Bien couvertes, elles ne craignent pas la fraîcheur matinale ni les heures tardives.Ce sont les premières à table, et tous les matins si certaines sont indifférentes à ma présence, l'une d'elle fait le tour de ma tête en bourdonnant, m'indiquant que ma présence est peu souhaitée! Mais ni elle , ni moi sommes impressionnées! 

Xylocopa violacea, mâle

Xylocopa violacea, est aussi présente, j’y vois des mâles surtout !
Bombus pascuorum, couvert de grains de pollen

Bombus pascuorum, le bourdon des champs.

Et voici maintenant un inconnu, aperçu une seule fois.Un beau bourdon, de belle taille mais mes recherches n'ont pas abouties.Peut-être un autre xylocope.... Si un gentil lecteur le connaît....
Bourdon inconnu
Des syrphes aussi s’y restaurent : Eritalinus taeniops ,
Eristalinus taeniops aux beaux yeux rayés

 mais aussi Eristalis tenax, qui y vient de temps en temps se nourrir.
Eristalis tenax, se régale aussi!


      

Et les papillons sont nombreux: c’est leur incessant ballet qui a attiré mon attention.
Vulcain , exemplaire ayant déjà bien vécu.

 Le Vulcain ,  Vanessa atalanta qui est visible tout l’hiver par chez nous est présent en nombre. J’ai eu jusqu’à 5 papillons dans mon champ de vision.

3 papillons butinent non loin les uns des autres.
Vanessa atalanta détail de la trompe allant chercher le nectar au fond du calice.

Plus étonnant, une belle dame, Vanessa cardui,  est venue trois jours de suite aux heures les plus chaudes en visite. 
Vanessa cardui, fin octobre , sur l'arbousier.
Mais ensuite je ne l’ai plus revue.

Prière de ne pas déranger!

Des mouches utilisent les feuilles comme reposoir pour penser à la pérennité de l'espèce.

La petite saltique Icius subinermis, à côté d'une arbouse, un peu plus grosse qu'une cerise

Et quand il y a des butineurs il y a aussi des petits malins qui comptent  surprendre un étourdi ou un gourmand moins attentif : un mâle de saltique :Icius subinermis.

Icius subinermis, mâle.

Ce ne fut qu'une brève apparition , l'araignée est vite allée se cacher sous les feuilles où elle est plus à même de surprendre les imprudents!

Plus surprenant un de mes vieux copains arboricoles perché dans les feuilles,  impassible à tout ce remue ménage.
Rainette méridionale, Hyla meridionalis, présent toute l'année dans le jardin.
J'espère que ce catalogue, en forme d'hommage à Arbustus unedo, arbuste méditerranéen, si bien adapté à notre climat, vous aura un peu dépaysé en ce début d'automne.
Vanessa atalanta, beau papillon presque tout neuf,  qui passera l'hiver en notre compagnie. 

Quand les fleurs de cet arbre n'offriront plus de nourriture, j'ai dans un autre endroit du jardin , un second arbousier qui prendra le relais car actuellement aucune de ses nombreuses fleurs n'est éclose. La nature est bien faite!


vendredi 28 octobre 2016

Aporophyla nigra, la Noctuelle anthracite

En voici encore un, qui a voulu se faire connaître.
Aporophyla nigra, Noctuelle anthracite, mâle

En début de semaine, à 11heures du matin il se tenait sur la barrière de piscine, bien en vue et immobile.
Immobile car, il venait sans doute d’émerger. Dans ce cas l’insecte  est handicapé car il n’est pas encore fin prêt pour le vol !. Il lui faut d’abord se sécher et attendre que la chitine durcisse. 
Aporophyla nigra, Noctuelle anthracite, mâle ses ailes postérieures sont  blanches 
.
C’est un nocturne et d’habitude il est peu visible le jour où il se trouve une cachette un peu plus discrète.
 
Détail des écailles, de formes et de tailles différentes.
Après quelques recherches il s’avère qu’il s’agit d’Aporophyla nigra. Nigra se justifie par ses couleurs très sombres .Les bords de la tache réniforme sont bordés de jaune. Ces marques jaunes sont plus ou moins importantes.
La tache réniforme bordée partiellement de jaune

Le papillon est un mâle : ses ailes postérieures sont blanches, chez les femelles elles sont gris brun et éclaircies vers la base.

Vue de l'aile antérieure qui caractérise un mâle.

Il vole en septembre,  octobre ce qui correspond à ma trouvaille, mais parfois on l'apercevoir jusqu'en décembre; il n'y a qu'une génération par an.   
Aporophyla nigra est de taille modeste, entre 4 et 5 cm d’envergure.

Aporophyla  nigra et son œil sombre! 

Les larves se nourrissent sur les plantes basses aussi variées que les trèfles, oseille, ou diverses Poacées. 

Cette Noctuelle  semble bien répandue partout en France et presque dans toute l’Europe. 

vendredi 21 octobre 2016

Vibidia duodecimguttata, la coccinelle à douze points.

Juste pour le plaisir de revoir au jardin cette petite coccinelle que j’ai déjà présentée ici sous une forme moins répandue. C’est sous le chêne sur des feuilles de Clematis vitalba que je l’ai trouvée, car elle est plutôt arboricole.

Vibidia duodecimguttata, orange avec des points blancs.*

La voici telle qu’elle se présente  habituellement avec ses 12  points blancs sur fond orange
Je crois que tout le monde aime les coccinelles. Elles ont une bonne bouille et font du bon travail au jardin. Celle-ci mange des champignons:  oh , pas ceux que vous allez cueillir pour en faire une fricassée, non ceux bien plus petits et insidieux qui s’en prennent à nos légumes.
Vibidia duodecimguttata, avec ses douze points, 6 sur chaque élytre*

Minuscule, elle fait environ 4mm(entre 3,1 et 4,9mm pour être précise) , elle n’en présente pas moins des détails intéressants :
  • des épaules bien marquées
  • un pli élytral important à l’apex , une gouttière fine tout autour des élytres(2)
Vibidia duodecimguttata, les détails à observer*

  • douze taches sur les élytres qui lui donnent son nom.  
En outre, ses yeux sont visibles devant le pronotum transparent et l’avant de son pronotum est presque rectiligne (1)(ce qui permet de la distinguer des espèces ressemblantes comme les Calvia)

Vibidia duodecimguttata,tête  une fine pilosité sur la tête, un pronotum transparent*


Elle est mycophage, et se nourrit principalement de mildiou, mais aussi de ceux responsables de l’oïdium. Elle aime les zones xéro-thermophile et exploite les feuillus tels que les Quercus ( chênes), mais aussi les Acer(érables), Crataegus(aubépines) et même les conifères. 
Vibidia duodecimguttata vue de face.*

On la  trouve  jusqu’en Belgique, en Grande Bretagne, Pays Bas...

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