dimanche 12 juillet 2015

Paysandisia archon : méfiance !


Il est rare que je me méfie d’un insecte !
Mais celui –ci est à surveiller.
Paysandisia archon , mâle

Nous étions assis en train de prendre notre repas sur la terrasse quand j’ai vu en contrebas dans le jardin voleter un grand papillon et ce en pleine chaleur de midi. C’est relativement rare surtout qu’il n’y avait pas de fleurs à proximité. De loin j’ai pensé à un Tabac d’Espagne , mais j’ai été intriguée au point d’aller chercher les jumelles et j’ai vu un grand papillon ressemblant à un Sphinx. Je vois dans le jardin le Sphinx du liseron  ou Le Sphinx livournien , mais jamais en plein soleil à l’heure de midi, heures où ils se cachent sous la végétation.

Paysandisia archon ,profil

Après l’avoir photographié, j’ai cherché parmi les papillons de la famille des Sphingidés européens car son allure générale et le petit crochet en haut de l’antenne me faisait penser à cette famille.
Paysandisia archon , antenne avec son crochet terminal

Ce n’est que par hasard que je suis alors tombée sur une photo et son nom : Paysandisia archon et les qualificatifs qui l’accompagnent : le ravageur des palmiers !          Ce n’est pas un Sphinx mais il appartient à la famille des Castniidae, dont il est le seul représentant.
Nous n’avons pas de palmiers dans le jardin, mais il y en a dans le voisinage et les papillons sont recensés sur la commune qui  informe et aide les propriétaires concernés.
Le papillon observé est un mâle, la femelle dispose d’un ovopositeur. J’ai regretté de ne pas avoir pu le capturer car après les quelques photos faites, il s’est envolé dans un vol circulaire extrêmement rapide.
Nous surveillons notre jardin au cas où nous en verrions d’autres ce qui n’a pas été le cas jusqu’à aujourd’hui.
Paysandisia archon , beau mais malvenu pour les palmiers

L’histoire de ce beau papillon  argentin est celle d’une introduction malencontreuse et comme il n’a pas de prédateurs chez nous, ses ravages sont plus importants que dans sa zone d’origine.
Une excellente vidéo:



lundi 6 juillet 2015

Chlorophorus glabromaculatus, larves et adultes.

Au mois d’avril de cette année, j’ai rangé sous l’arbre de Judée des petites branches que j’avais coupées à la fin de l’été précédent. En les manipulant je me suis rendue compte que l’une d’entre elles avait une « tenue «  différente, plus molle. Elle s’est d’ailleurs brisée très facilement.
J’ai vite compris qu’elle était «  habitée » !
Larve Chlorophorus glabromaculatus dans sa loge à l'intérieur de la branche de l'arbre de Judée

En la brisant j’ai vu les locataires. Des larves blanches dodues sans pattes. Une tête , du moins des mandibules qui m’ont indiqué une tête.  Une larve faite de segments circulaires de taille décroissante de la tête à la queue, si on peut dire. Ce ver de couleur crème était au centre de la branche qui faisait environ 2 cm de diamètre. Le centre de cette branche était réduite en poudre fine.
J’ai remis la larve en place et refermée la branche. J’avais vu qu’il y avait plusieurs larves dans cette branche d’environ 25cm.
Larve Chlorophorus glabromaculatus tête dirigée vers le bas.

J’ai placé le tout dans une boite transparente mais fermée, que j’ai laissée à l’extérieur sur la terrasse.. De temps  en temps, j’ouvrais la boite et je retournais les branches, à part de la fine poussière de bois rien n’était visible. A ce stade j’ignorais ce qu’allaient devenir les larves.

Avec la canicule du début de juillet je fais comme tout  le monde et je cherche la fraîcheur sur la terrasse. Et j’entends un petit bruit. Cela vient de ma boite contenant les bouts de branche de l’arbre de Judée. Je vais enfin savoir qui squatte les branches que j’ai mises à l’abri.

Plein de poussière blanche voilà Chlorophorus glabrobromaculatus.

Chlorophorus glabromaculatus , encore plein de poussière du bois qui a abrité sa vie larvaire

Je le vois régulièrement dans le jardin, je sais donc maintenant où se développe sa larve.
Chlorophorus glabromaculatus , détail de la tête pleine de poussière de bois.

Les adultes émergent à cette époque et de juin à août ils sont visibles.
Après une toilette rigoureuse, mes coléoptères, vont passer à l’activité la plus importante de leur vie d’adulte : la reproduction.

Chlorophorus glabromaculatus , détail de la tête du mâle après toilette
Dans la branche que j’avais prélevée, il y avait 4 mâles et une femelle. Comment le voit-on ? La taille de la femelle est légèrement plus grande que celle des mâles.
Chlorophorus glabromaculatus ,couple, la femelle plus massive et plus grande que le mâle
Ensuite la femelle va pondre ses œufs dans une fissure d’une branche  morte qu’elle trouvera et ils mettront un à deux ans avant de se transformer en adulte que nous pourrons voir se nourrissant sur les fleurs.
 
Chlorophorus glabromaculatus ,  des yeux très échancrés , pour laisser passer les antennes.

On peut rencontrer ce joli Cérambycidé dans tout le pays.

vendredi 12 juin 2015

Petite pause!




Belles observations à tous, amis lecteurs!

mardi 9 juin 2015

Baris timida,Malvaevora timida , un autre amateur de malvacée.

En observant les poinçonneurs sur les lavatères j’ai eu la surprise d’observer un troisième larron, bien plus discret et surtout en moins grand nombre sur ces mêmes plantes.
Malvaevora  timida,caché dans la lavatère ponctuée

Il s’agit d’un coléoptère de la grande famille des charançons. Certains d’entre eux sont colorés, poilus, ridés, striés, ponctués, une grande variété de présentation chez ces petites bêtes.
Celui-ci, outre sa discrétion (d’où son nom de timida) est modestement vêtu : un simple tissu noir mat, ponctué deci-delà !
J’ai trouvé souvent au moins un individu sur chaque pied de lavatère  ponctuée et, on peut dire qu’il s’agit de sa plante hôte.
Il appartient à la famille des Baris qui comptent environ 150 espèces dans la région paléarctique. C’est bien sûr grâce à sa plante préférée et au travail de Monsieur Hoffmann que j’ai pu lui trouver son nom.( Faune De France n°- 59-Coléoptères Curculionides)

Malvaevora  timida,noir avec des tarses et des antennes rousses*

Les Baris en général présentent des élytres laissant le pygidium* à découvert,et le rostre séparé du front par une impression transversale profonde.
(Pygidium=partie dorsale du dernier segment abdominal).
Malvaevora  timida,l'impression qui sépare le front du rostre, bien difficile à voir à l'oeil nu et même à photographier*

 Dans la famille des Baris notre mangeur de Lavatère ponctuée est le seul à avoir les ongles connés :  au nombre de deux, ils sont presque soudés jusqu’au bout(alors que dans les autres cas ils sont libres)

Malvaevora  timida, ongles connés*


Malvaevora timida est noir mat, seules les antennes sont rougeâtres  et les tarses ferrugineux. Il mesure entre 4 et 5mm.

Son corps est glabre.
Mais il présente points et stries répartis sur le corps. La description précise aide à conforter l’identification

·        Prothorax subcarré jusqu'à son brusque et fort rétrécissement antérieur(3), le disque à ponctuation fine régulière, assez espacée; la ligne médiane lisse, obsolète.(1)



Malvaevora timida  détails à observer*

·        Écusson imponctué, entier ou sillonné au milieu.(2)

·        Rostre épais, arqué, empâté en dessous , assez finement et densément ponctué en dessus, la ponctuation des bords latéraux 3 fois aussi forte et alignée,scrobes fortement infléchis en dessous, très obliques, non visibles sur les côtés, sauf en avant(photo ci-dessous)
Malvaevora timida un rostre épais, des scrobes très infléchis en -dessous*

 Funicule antennaire épais, ses articles progressivement élargis, devenant transversaux.

·        Élytres presque aussi larges que le prothorax à la base, finement striés ponctués; interstries très larges, plans, avec, en leur milieu, une ou deux lignes de très petits points alignés .
Malvaevora timida , vue des stries des élytres et des points du prothorax.*

Répandu et assez commun dans la région méditerranéenne, notamment sur le littoral.
Malvaevora timida , élytres striés, interstries ponctuées finement .*


Les Malvacées présentent des locataires bien  variés, de quoi faire de belles observations!

*images grossies 3 fois

vendredi 5 juin 2015

Argynnis paphia forme valesina, Tabac d’Espagne, chenille, chrysalide, imago

Les chenilles de Tabac d’Espagne aiment les violettes et au printemps j’en trouve dans le jardin.
C’est ainsi que j’ai à plusieurs reprises recueilli une chenille au dernier stade, que j’ai vu la chrysalide mais jamais le papillon car j’étais absente au moment de l’émergence.
Cette fois, j’ai tout vu !
Et si dans le jardin j’avais observé cette forme particulière de femelle Argynnis paphia je n’avais jamais de bonnes images.
Voici l’histoire de cette femelle  Argynnis paphia forme valesina en 4 dates.

Chenille Argynnis paphia forme valesina, avant dernier stade

Le 4 mai je trouve une chenille, bien reconnaissable à ses scoli répartis régulièrement sur la longueur, les deux  premièrs plus importants et courbés vers l’arrière, terminés par une pointe noire. Bien nourrie de feuilles de violettes ( 1 grande feuille par jour), elle se porte bien. Puis elle arrête de s’alimenter avant de muer deux jours plus tard.
Chenille Argynnis paphia forme valesina,  dernier stade

 C’est le  17 mai qu’elle mue une dernière fois, on voit sa tête noire. Sur le dos, deux belles bandes claires encadrent une zone brune plus sombre. Les côtés sont marbrés. Elle remange de très bon appétit. Et je suis surprise qu’elle s’arrête si vite !
Chrysalide    Argynnis paphia forme valesina

Le 21 mai elle fait sa chrysalide.  Cette chrysalide avec ses pointes ivoires, irisées , brillantes  est caractéristique. Elle s'est attachée tête vers le bas au couvercle de sa boite d'élevage.
J’ai lu que le stade nymphal durait entre 2 et 3 semaines On peut dire que mon exemplaire est quelqu’un de pressé, elle met à peine 13 jours pour devenir adulte !
Imago,    Argynnis paphia forme valesina, à côté de son enveloppe

Le 3 juin elle émerge et encore là elle se montre impatiente, dès que je la sortirais de sa boîte de naissance elle montre des velléités d’envol me laissant juste le temps de quelques images pour l’admirer. Le temps étant au beau fixe, j’ouvre la fenêtre et la jolie dame papillon part à la conquête de son nouvel espace !
En quoi Argynnis paphia forme valesina est-elle différente de la forme nominale ?
Femelle    Argynnis paphia forme valesina 

Le recto est  gris brunâtre et les dessins qui sont normalement noirs sont bruns.La bordure parait  même verdâtre. Tout semble moins net  et moins tranché,on ne voit pas la couleur orange qui les fait repérer de loin dans les prairies.
J’ai aussi trouvé que cet exemplaire était plus petit que les femelles normales, mais ce n’est qu’une appréciation sur cet individu.
Femelle    Argynnis paphia forme valesina , vue de dessous


Pourquoi est-ce une femelle?
Elle ne présente pas de lignes sur la face supérieure de l'aile antérieure (voir la photo signalée en rappel).
Femelle    Argynnis paphia forme valesina des dessous brillants!!

Mais la saison des Tabac d’Espagne est bien au rendez-vous puisqu’on peut les voir depuis fin mai à septembre presque partout en Europe

Pour la beauté de l'insecte: un détail de la structure de l'aile
Une petite information sur l'origine du nom valesina pour cette forme extrait de ce site précieux

valesina : adaptation du nom Le Valaisien donné par Engramelle (1779) à une forme observée en Suisse. Papillons d'Europe n°15 ter page 316,II du 3ème supplément. (...) Ses ailes sont d'un gris très sombre délicatement voilé de verdâtre.


Rappel : Ici présentation de la chenille
Une autre présentation de la chenille avec surtout une photo d'un mâle de forme nominale