dimanche 17 juillet 2016

Xylotrechus stebbingi, un coléoptère originaire d’Asie.

Dans mon jardin je rencontre des insectes qui viennent parfois de loin ! En voici  un qui, depuis plusieurs années s’est installé dans les départements du bord de la Méditerranée.
Xylotrechus stebbingi, roux avec une pilosité blanche

Originaire d’Asie( Inde et Tibet) , Xylotrechus stebbingi, a été observé dans le département des Alpes maritimes en 1993. Depuis il a atteint celui de l’Aude.Cette étude analyse son parcours.
C’est en débitant les branches  sèches d’un prunier que j’ai vu dans l’herbe un coléoptère que je ne connaissais pas.
Toujours curieuse de savoir quels sont mes visiteurs il a été invité dans ma boite et via une séance photo me voilà avec un insecte que je case dans la catégorie des Cerambycidae , en voyant ses yeux bien échancrés et le second article de ses antennes très courts.

Mais cette fois mon fidèle Coléoptères phytophages d’Europe de Gaëtan du Chatenet ne répondra pas à mes interrogations. C’est en épluchant toute la série des Cerambicydae de la galerie du monde des insectes que je trouverai ma réponse, à la page 18 !

Xylotrechus stebbingi, une carène frontale et des yeux échancrés*

Il existe en France plusieurs Xylostrechus dont les larves vivent dans les arbres morts, les troncs abattus, chacun ayant une préférence pour une ou plusieurs espèces.
Xylostrechus stebbingi, a aussi ses préférences mais apparemment il s’est bien adapté à ce qu’il trouve : chez moi, des branches desséchées du prunier ; ailleurs on cite souvent le mûrier platane ou d’autres bois tendres.
L’insecte mesure environ 14 mm, son tégument est roux avec une pilosité blanchâtre plus ou moins dense.

Xylotrechus stebbingi,pronotum avec quelques zones glabres*

Le front recouvert de poils court présente une carène entre les yeux(photo2).
De petites zones arrondies, glabres ornent le pronotum de forme cylindrique, la vue de dessus en montre deux bien visibles, une autre est plus latérale.
Les élytres présentent  plusieurs zones de pilosité blanche : une à la base, une autre à l’apex et deux fascies caractéristiques : l’une  démarre à la base des élytres formant un arc jusqu’au milieu, la dernière est une ligne droite élargie près de la suture.
Xylotrechus stebbingi, des poils plus denses sur la face ventrale*

Toutes les pattes sont rousses recouvertes de poils blancs. Le dessous du corps est aussi recouvert d'une pilosité blanche plus dense.
Xylotrechus stebbingi, apex des élytres un  peu rétréci et recouvert de poils 

Voilà encore un insecte que l’on peut voir en cette saison estivale à proximité d’arbres avec des branches sèches, le mûrier platane étend celui qui le plus souvent cité. Chez nous il est totalement absent du paysage proche de mon jardin !

 * images grossies entre 2 et 3 fois

7 commentaires:

  1. Un coléoptère venant d'Asie , tes descriptions sont si précises qu'on doit pouvoir le reconnaître facilement si on le trouve .
    Quelle patience pour chercher le nom de ce coléoptère ,.
    Tu en as fait de très belles photos .
    Bises

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  2. Bonjour,
    Oui, tu as énormément de patience et une passion dévorante. Tes articles sont toujours bien documentés et tes photos superbes.
    Je parlais de ton blog et de tes photos avec une amie qui elle commence à faire de la macro. Je lui disais d'aller sur ton blog.

    Elle me dit que pour faire d'aussi belles photos tes insectes sont morts et congelés. Est-ce exact ?

    Bon début de semaine, bon lundi Voisine du Sud/sud. Je t'embrasse

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    1. Bonjour Elisa,
      Des insectes morts se recroquevillent et à moins d'être un expert entomologiste pour les "étaler " sur des plaquettes, ce que je ne sais pas faire, on ne peut pas leur donner un aspect qui permettent de détailler tous leurs aspects!
      J'ai surtout beaucoup de patience et je fais et refais des séances de photos avec l'insecte en mouvement pour en tirer quelques-unes exploitables.
      J'ai aussi quelques "trucs" pour calmer un insecte: lui fournir à manger, le toucher avec un pinceau, ce qu'il n'aime pas et certains s'arrêtent alors pour faire une toilette minutieuse...Voilà quelques explications de mes images et aussi un bon objectif , cela aide!
      J'aime beaucoup les voir courir sous mon objectif et nos" conversations " sont parfois bien cocasses! Je ne les touche pas et ne les prends pas en main sauf certains très gros et solides, par peur de les abîmer.Il y a bien des moyens de les observer sans les tuer!

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    2. Merci beaucoup pour tes explications que j'apprécie.
      Je ne te voyais pas congeler des insectes mais j'ai préféré te demander car mon amie me faisait douter tellement elle était affirmative.
      Je te souhaite un bon dimanche. La pluie a fait du bien. Je t'embrasse ...."ta Voisine"

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  3. Bravo pour cette belle belle obs, Lucie!
    Encore un inconnu pour moi, un envahisseur qui vient... d'Inde et du Tibet...
    Probablement dans des bacs floraux ou des légumes!
    Je te fais confiance pour les découvrir!!
    Très jolis clichés; bien sûr qu'on peut les prendre en photo correctement sans les tuer, j'espère seulement que sa larve ne fait pas de dégâts comme certains qui sont mal venus dans nos régions. Mais s'il ne s'attaque qu'au bois mort, ce doit être très limité.
    Belle fin de semaine et bizzzz à vous deux :)

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  4. Coucou Lucie,
    Vraiment super top ton article, chaque fois je suis admirative devant les détails que tu nous offres sous tes macros, et de plus toujours super documenté.
    Merci et bisous à toi

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  5. Il faut que tu sois vraiment douée pour arriver à réaliser des photos comme tu le fais. Également pour trouver l'information lorsque tu rencontres un insecte inconnu de toi. Tu as toute mon admiration. Au Québec, nous connaissons depuis quelques années la présence massive du Scarabée japonais (Popillia japonica), originaire de l’est de l’Asie (principalement des grandes îles du Japon). J'ai été surpris d'apprendre dans la littérature que l'espèce a été introduite en Nouvelle-Écosse (partie est du Canada) dès 1939. Je n'en avais jamais parlé avant 2015. Cet insecte fait beaucoup de dégâts en mangeant toutes les feuilles d'un arbre. Elle n'est heureusement pas présente à la grandeur du Québec, mais c'est quand même inquiétant.

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Votre avis sur ce sujet m'intéresse;je lis toujours les commentaires avec beaucoup de plaisir, ...même si je n'y réponds qu'occasionnellement.