mercredi 20 mars 2019

Carcharodus alceae, Hespérie de l’alcée, La Grisette : chenille et imago


Nous avons différentes "mauves" dans le jardin. La mauve sylvestre est la plus récente mais la lavatère ponctuée est très présente depuis de nombreuses années, ainsi que la mauve en arbre.
Il n'est donc pas étonnant d'y trouver et la chenille et le papillon liés à cette famille.. 
La chenille
De couleur grise, je l’ai remarquée à cause de sa grosse tête bien noire et de son joli collier jaune.
On retrouve ce jaune , un peu moins marqué autour des stigmates.

Carcharodus alcaea , chenille, sur son lit de soie

J’ai trouvé la chenille sur des feuilles de mauve sylvestre.
Pour se protéger , elle tisse un filet de soie, très lâche qui ne la cache pas entièrement.Ci-dessous une chenille qui vient de muer: on voit encore l'enveloppe  et la capsule céphalique du stade précédent de la chenille.

Carcharodus alcaea , chenille après mue dans son filet de soie

Elle est répandue partout chez nous et en Europe, jusqu'au 50 degré de latitude nord..

 Reste du filet de protection de la chenille

Le papillon.
Il n’est pas remarquable par ses couleurs.Sur l'aile antérieure des marques blanches , où il n'y a ni écailles ni poils.

Carcharodus alcaea, imago tout neuf!

Comme toutes les Hespéries, il a un corps trapu et une grosse tête,de gros yeux et des antennes bien espacées complètent le portrait.

Carcharodus alcaea, détail des écailles et des poils de l'aile

La couleur du gris au brun roux; sur la photo du dessus on voit que les ailes sont recouvertes de poils longs plus clairs et en -dessous les écailles plus colorées.

Carcharodus alcaea, vue du verso de l'aile

Les bords de l’aile postérieure sont intacts, ils sont ainsi à l’émergence. ce découpage explique le nom du papillon qui signifie "avec des dents".Le dessous  des ailes est plus clair .

Carcharodus alcaea,gros yeux sur grosse tête
Les gros yeux placés latéralement sur la tête, et les antennes insérées à proximité et bien écartées caractérisent la famille.

Carcharodus alcaea, butinant sur lavande.
Il existe plusieurs générations par an(3 ou 4), c'est en juin -juillet que j'ai vu mes sujets. C'est la lavande ici qui sert à nourrir le papillon adulte alors que les chenilles préfèrent les malvacées.
Mais on peut les voir à partir du mois d'avril! 
C'est bientôt le moment d'ouvrir l’œil!
Observation du 22 mars 2019: j'ai vu mon premier sujet aujourd'hui dans le jardin!



mardi 12 mars 2019

Le petit nacré, Issoria lathonia, un papillon qui aime les violettes


Avec le beau temps quasi continu que nous avons ces dernières semaines, les papillons reprennent leur vol pour certains comme le Citron et le Vulcain, d’autres naissent comme le Moro Sphinx ou diverses Piérides, ainsi que le Tircis.

Petit nacré, Issoria lathonia,  femelle se chauffant au soleil

Et voici qu’hier j’en aperçois un que je n’avais jamais vu dans le jardin, bien qu’il soit commun et déjà rencontré en d’autres lieux !
Le Petit nacré ,Issoria lathonia se rencontre de mars à octobre en 3 générations successives, il se rencontre dans toute l’Europe et migre jusqu’en Angleterre  ou le Nord de la France au printemps.
Petit nacré, Issoria lathonia, le nacré du revers de ses ailes

Mon sujet est une femelle, le fond est orangé et verdâtre en se rapprochant du corps. L’extrémité de l’aile antérieure est différente de celle du mâle : après la ligne de points noirs on trouve des petites zones plus claires presque jaune au lieu de l’orange.
Petit nacré, Issoria lathonia,  femelle se nourrissant, photo de l'été passé

C’est surtout le revers des ailes avec de grandes taches nacrées qui justifie son nom. L’aile antérieure en possède des petites situées à l’apex uniquement.
L’aile postérieure présente de grandes taches nacrées, une rangée d’ocelles entourées de noir, puis une rangée de taches nacrées en bordure.

Petit nacré, Issoria lathonia, autre photo dans la garrigue

Pourquoi ai-je trouvé ce papillon dans mon jardin? Tout simplement parce que de nombreuses violettes y poussent. Souvent sous les arbustes ou au milieu d’autres plantes comme les iris, discrètes, elles s’accommodent  de peu .

Petit nacré, Issoria lathonia, au sol

Bien qu’observant, surtout au printemps , les violettes je n’y ai pas trouvé de chenilles car ce sont elles qui en font leur nourriture. L’adulte se voit le plus souvent au sol se réchauffant, c’est ainsi que je l’ai vu hier.

Petit nacré, Issoria lathonia, se nourrissant.

L’imago, lui trouve sa nourriture sur  les diverses fleurs à sa disposition selon la saison. Il se trouve aussi dans des habitats très variés. Nous l’avons rencontré dans les garrigues et même en altitude au-dessus de 1000m.

Celui-ci, un peu fatigué, a fait une pose au creux de ma main!


samedi 2 mars 2019

Hylaeus variegatus, femelle et mâle, des abeilles à masques.


Voilà des abeilles, plus petites et différentes de la plupart de celles rencontrées dans le jardin.
Elles sont dites à langue courte. Elles ne peuvent donc se nourrir que sur certaines fleurs.
De plus elles n’ont pas d’outils de recueil de pollen : ni corbeille sur les tarses, ni brosses ventrales.
Le pollen est transporté dans leur jabot. Elles butinent sur des fleurs où le nectar est facilement accessible : des apiacées de préférence. Elles sont dites « abeilles à masques » à cause des taches de couleurs claires qu’elles portent sur la face, le masque des mâles étant plus important que celui des femelles.
Hylaeus variegatus, femelle sur panicaut

Depuis toujours j’ai du fenouil et des carottes  sauvages dans le jardin. C’est sur le fenouil que j’en vois épisodiquement. Mais cela fait deux ans que j’ai planté un pied de panicaut dans mon coin « fleurs bleues ». Et cela a attiré  davantage  de ces abeilles dites primitives. Au moins deux espèces s’y nourrissent mais elles sont difficiles à identifier sachant qu’il en  existe au moins une cinquantaine d’espèces en France.
La plus facile à reconnaître est Hylaeus variegatus objet de cette page. C’est encore grâce à un document trouvé sur le net que j’ai pu avancer. : H.H. Dathe - 1980 - Les espèces du genre Hylaeus en Europe.
Voici les éléments de la clé qui ont permis de mener à l'identification de la femelle


  •       Gastre(abdomen) rouge à la base
  •       Scutellum noir ou taché de blanc aux angles latéraux.

Hylaeus variegatus, femelle , scutellum avec deux taches blanches
  •      Face avec taches claires. Pattes noires tachées de blanc.
  •      Dépression des tergites avec de nettes bandes de cils. Tergite 1 à ponctuation grossière et franges latérales
Hylaeus variegatus, femelle , franges du tergite 1 blanches

  •      Mésopleures à ponctuation grossière et ridée, intervalles brillants. Clypéus généralement noir. 

 
Hylaeus variegatus, femelle ,face , clypeus noir
Taille comprise entre 6,5 et 7,5 mm.

Mais il existe une certaine variabilité dans l’espèce. C’est pourquoi on parle du «  groupe variegatus ».
Hylaeus variegatus, femelle, se nourrissant

Le mâle

Pour identifier un mâle ( 7 articles au gastre(abdomen), 13 articles aux antennes) la méthode la plus sûre consiste à extraire et examiner les genitalias.
Ce n’est pas ma méthode, elle est réservée aux spécialistes.

Alors j’essaie de m’y retrouver en examinant les photos.
Je pars du principe que si j’ai des femelles bien identifiées, les mâles qui se promènent dans le jardin appartiennent aux mêmes espèces.
Quels sont les critères pour reconnaître un mâle de Hylaeus variegatus ?

1.Le scape est élargi, blanc sur sa moitié environ

Hylaeus variegatus, mâle avec son masque blanc

2.Le masque est blanc, au-dessus du clypeus, une dépression arrondie.

3. Des dessins blancs sur les mandibules, le labre.

Hylaeus variegatus, mâle détail de la face

Le document utilisé présente pour chaque espèce, un schéma de la tête du mâle et de la femelle.

C’est extrêmement utile et facilite grandement la tâche.
 
Hylaeus variegatus, mâle détail des tergites
4.Les tergites sont éclaircis au bord et ponctués.
Le mâle est un peu plus petit que la femelle, mesurant de 5,5 à 7 mm.
On rencontre ces petites abeilles dans toute l'Europe avec quelques variations selon les régions.
J'ai rencontré mes exemplaires du mois de juin à début août.
Elles nichent dans des vieilles  tiges de ronces par exemple. C'est encore un bel exemple de la grande diversité qui existe dans le monde des abeilles sauvages .

mardi 19 février 2019

Rhodanthidium septemdentatum, des abeilles résinières


Certains hyménoptères ont des modes de vie surprenants. Les abeilles sauvages utilisent des supports très différents pour abriter leurs œufs. Certaines utilisent des tubes végétaux, d’autres construisent des urnes, et voici maintenant une espèce qui utilise des coquilles d’escargot.

Rhodanthidium septemdentatum,le mâle environ 14 mm.

Ce fut la découverte faite en photographiant deux belles abeilles trouvées comme souvent sur la piscine au mois de mai dernier.
An matin j'ai d'abord rencontré ce très beau mâle, jaune et noir.
En utilisant mes récentes connaissances , compter le nombre de sternites(7), et celui des articles des antennes,(13) j’arrive à dire qu’il s’agit d’un mâle.

Rhodanthidium septemdentatum, mâle, tête, antennes aux 13 articles

L’observation des nervures et des cellules de l’aile  nous indique qu’il appartient  à la sous famille des Mégachilinae avec deux cellules cubitales..
Avec cette couleur noire et jaune, et un aspect peu velu, on s’oriente vers le genre Anthidie.
Rhodanthidium septemdentatum, mâle, détail des derniers tergites

Grâce à un document trouvé sur le net : Terzo et Rasmont : clé des  genres apoïdes d’Europe, j’en arrive à Rhotanthidium : en me servant en particulier de ces détails :
  •          tergite 7 toujours avec 3  fortes dents apicales ,
  •          tergite 6 avec la marge apicale souvent allongé en forme de langue tronquée et surplombant le tergite 7.

Maintenant il s’agit de préciser l'espèce
Depuis peu on trouve en ligne un ouvrage très intéressant et que je trouve très facile à utiliser :
Fauna helvetica, Apidae 4 par F. Amiet, M.Herrmann,A.Müller,R.Neumeyer.
En suivant la clé des mâles Anthidium, on arrive facilement à la solution. C’est sur les détails du tergite 7 que se fait la détermination. Et sans comprendre l’allemand, grâce aux excellents schémas, on y arrive facilement.
  •  On voit clairement le tergite 7 avec sa configuration particulière , très différent des autres sujets .
    Rhodanthidium septemdentatum, mâle, détail des tergites 6 et 7 très particuliers
  • En y ajoutant le clypeus entièrement jaune , Rhotanthidium  septemdentadum est reconnu.

Pour vérifier la détermination , je me suis aussi servi d’un autre ouvrage suisse( merci chers voisins),Hyménoptères du Valais, par E. Frey-Gessner, ouvrage bien plus ancien,  qui précise :
  • La prolongation intermédiaire du septième segment de l'abdomen est très forte, courbée, tronquée au bout, des deux côtés une épine effilée, rouge au bout.(bien visibles sur la photo ci-dessus)

Dans la même journée, j’ai trouvé une femelle, hélas en piteux état(environ 12 mm).
Son abdomen, avec 6 sternites en est la preuve. Le dernier bien différent de celui du mâle : mais on y trouve 2 taches jaunes.

Rhodanthidium septemdentatum,femelle avec ses 6 sternites

La partie jaune de la face est réduite à la zone entre la base de l’antenne et l’œil, le clypeus est noir. Les mandibules présentent 2 dents et une longue partie rectiligne.
Rhodanthidium septemdentatum,femelle avec ses mandibules à 2 dents

Les pattes sont rougeâtres ainsi que l’écaille qui couvre l’insertion de l’aile(photo1) et  la brosse ventrale.(photo5) .
Rhodanthidium septemdentatum,femelle se nettoyant la langue

Son mode de vie est intéressant : elle fait son nid dans des coquilles vides d’escargot et elle bouche les cellules à l’aide de résine, d’où son nom d’abeille résinière. C’est chez Fabre, souvenirs entomologiques   que l’on en apprend davantage sur le choix des coquilles, la mise en place de l’œuf et de sa réserve de pollen, l’operculation de l’alvéole avec de la résine prélevée sur des conifères . En général , l’abeille installe deux loges dans une coquille, la plus petite au fond réservée à une femelle, la plus grande en avant à un mâle qui dans cette espèce est plus grand que la femelle.
Des petits débris ferment la loge avant d’être close par un des cailloux cimentés avec de la résine. Souvent la loge n’atteint pas le bord extérieur de la coquille et il est bien difficile de deviner la présence ou non des œufs. De plus ces coquilles sont dissimulées sont différents débris végétaux ou pierreux.
Rhodanthidium septemdentatum,patte antérieure du mâle avec un outil à l'apex du tibia, dont je ne connais pas l'usage: probablement outil de nettoyage des antennes.

J’ai beaucoup regretté  que ma femelle ne survive pas à son bain prolongé dans la piscine. J’ai découvert avec grand plaisir la présence dans le jardin de cette espèce . J’ai ramassé nombre de coquilles  vides d’escargot et je les mettrais à disposition dans le jardin au printemps en espérant qu’elles servent à ces belles Anthidies.




mercredi 13 février 2019

Nemotelus pantherinus mâle


J’ai rencontré cette jolie petite mouche une unique fois dans un milieu préservé à 900m d’altitude. Ce blanc pur est la couleur d’une importante partie de son abdomen,il contraste avec le noir profond du reste du corps.
Nemotelus pantherinus mâle , une tête projetée en avant.

Posé sur cette belle astéracée que j’appelle marguerite par incapacité de lui trouver son identité réelle, elle a attiré mon regard.

Ce fut facile de lui trouver son nom, elle fait partie des Stratiomyidae , avec cet abdomen élargi. Mais les mouches de cette famille  sont souvent colorées et brillantes( voir ici). Elle appartient au genre Nemotelus avec la tête projeté en avant en forme de museau, cet aspect est un peu visible sur la photo numéro 1.
Les ailes  sont couchées sur l’une sur l’autre comme des ciseaux.

Nemotelus pantherinus mâle, un abdomen aplati et  bien blanc

Pour se nourrir elle déplie sa trompe comme on le voit  ici

Nemotelus pantherinus mâle, se nourrit en dépliant sa trompe.

Les  antennes  comprennent le scape, le pédicelle puis le flagellum formé de plusieurs segments courts et larges et du dernier fin et long.

Nemotelus pantherinus mâle, détail des antennes

Je ne saurai donner la taille de la mouche mais comparée ici aux Clytes des nerpruns on voit qu’elle est bien plus petite, autour de 5mm.

Nemotelus pantherinus mâle, en compagnie d'un couple de Clytes des nerpruns

Nemotelus pantherinus aime les zones un peu humides, il y a avait un filet d’eau qui coulait au pied du champ.
Il y a un fort dimorphisme sexuel: les femelles ont l’abdomen noir avec les côtés blancs.
Les deux sexes ont les balanciers bien blancs.C'est au mois de juin que j'ai rencontré cette belle petite mouche.



samedi 19 janvier 2019

Acanthiophilus helianthi, une femelle.


De la même famille que la précédente, les Téphritides, voici une autre mouche, Acanthiophilus helianthi, liée  aux  Astéracées.


Acanthiophilus helianthi, femelle, aux ailes peu marquées.


Appelée aussi mouche du carthame, plante absente dans mon jardin où elle se contente de la catananche bleue (Catananche caerulea) ou des bleuets.

C’est une femelle reconnaissable à cet ovipositeur bien plus long  que chez la précédente espèce.
Acanthiophilus helianthi, femelle, oviscape sorti

Ses ailes sont peu marquées avec de faibles dessins.
Grâce à la Faune de France numéro 28, publiée en 1934 de E. Séguy, consacrée aux Diptères Brachycères, j’ai  trouvé une description de mon sujet.

Acanthiophilus helianthi, femelle,se nettoyant les pattes.

La tête est jaune, les antennes aussi, les orbites , la bande médiane frontale présentent une pruinosité blanche .
Acanthiophilus helianthi, femelle,devant la fleur de catananche bleue

L’essentiel du corps est gris recouvert d’une pubescence courte..
Les pattes sont rousses, très claires sur mon sujet.

Acanthiophilus helianthi, femelle sur une tige de prêle

 L’oviscapte très long, subégal aux quatre derniers tergites.
Sa taille oscille entre 4,5 et 6mm.

Acanthiophilus helianthi, femelle prête à pondre dans le capitule 

 Les larves se développent dans les capitules floraux. C'est pourquoi la femelle observe et se promène sur les capitules floraux comme ci-dessus.

On trouve l’adulte en juillet août, plus souvent dans les régions sud de l’Europe, mais aussi ailleurs.


dimanche 13 janvier 2019

Euleia heracleii,mâle et femelle de mouches (ravageurs ) du céleri




Je me suis beaucoup intéressée à observer et à étudier les hyménoptères de mon jardin. C’est un monde vraiment passionnant et y consacrer toute une vie ne serait pas suffisant. Mais j’ai aussi bien d’autres visiteurs dans le jardin .
Les mouches  y sont aussi bien présentes et certaines d’elles sont  caractéristiques et identifiables.
Euleia heracleii mâle, la flèche indique le côté du mesonotum*

Voici la petite  mouche du céleri : Euleia  heracleii. Ainsi nommée parce que ses larves s’attaquent au céleri de nos jardins, mais pas uniquement. Elles se nourrissent des tissus végétaux et causent des dégâts dans les cultures de céleri.
Euleia heracleii mâle vue dorsale*

Chez moi c’est sur l’ache des montagnes que j’en vois les traces.Les larves minuscules minent les feuilles qui deviennent brunâtres et la photosynthèse ne s’effectuant plus correctement, cela ralentit la croissance de la plante.
L'adulte mesure de 4 à 6mm.
Euleia heracleii détail de l'aile*

Elle fait partie des Téphritides, de très nombreuses espèces reconnaissables aux dessins de leurs ailes entre autres. La nervure  sous costale rejoint la nervure costale par un coude.

Les femelles ont un ovopositeur entouré par une gaine conique sclérifiée.

Euleia heracleii  femelle avec son ovopositeur court

Elle se rencontre sous 2 formes.

La forme printanière a le thorax, le scutellum et l’abdomen noirs.Mais les pattes et les balanciers ainsi  que les côtés du mesonotum(partie centrale du thorax) son clairs.
Euleia heracleii détail de la tête*

La forme estivale a le thorax et l’abdomen orangé en plus.Je ne l'ai jamais observé dans le jardin .

Les deux générations ont de beaux yeux verts et les parties claires: pattes, balanciers, côté du mesonotum( voir photo du haut) identiques.La tête présente une arista bien développée et quelques soies frontales.

Euleia heracleii détail de la tête vue de face*




Je photographie ces mouches depuis longtemps dans le jardin, mais en consultant mes dossiers je vois surtout des mâles.Heureusement que j'avais vu une femelle en 2015!
Euleia heracleii femelle  léchant une feuille humide

 C'est elle qui me sert pour l'illustration.
Cela fait des années que j'en vois une ou deux au mois de mars ou avril , mais cela n'empêche pas mes plants de prospérer avec une ou deux feuilles attaquées que je coupe limitant la prolifération des indésirables!

*Images agrandies 3 fois

mardi 8 janvier 2019

Bombus terrestris mâles et dernières ouvrières en hiver.


C’est la fin de saison pour les bourdons. Ils sont pourtant encore très nombreux à venir se régaler sur les fleurs du Bibacier du Japon. Une chance pour moi, car ils sont d’actifs pollinisateurs. Grâce à eux, nous aurons des nèfles au printemps !
Bombus terrestris trio de mâles sur les fleurs du bibacier, en hiver

Mais comme je le disais, c’est la fin de la colonie, mâles et ouvrières vont petit à petit achever le cycle de leur vie. A l’abri, la nouvelle reine attend le printemps pour se mettre à pondre et commencer une nouvelle colonie. Ainsi, le matin,  des individus pas bien réveillés et peu vaillants se laissent cueillir facilement.
Bombus terrestris mâle léchant sa goutte de miel, un excellent moyen de le faire poser devant la toise

Cela me permet de mieux observer un joli petit mâle, je dis petit car il est des 3 occupants de la colonie, le plus petit. Ouvrières et bien sûr la reine sont plus grands.Plusieurs mâles  se sont présentés sur le rebord de ma fenêtre cherchant un abri derrière les volets.
Détail des antennes de Bombus terrestris: 13 articles =mâle

Pour le récompenser et aussi le maintenir devant mon objectif, rien de mieux qu’une goutte de miel.
Comme chez bien d’autres hyménoptères de la famille des Apidae, le mâle a 13 articles aux antennes.

Les Bombus sont difficiles à différencier mais Bombus terretris est  le seul mâle à avoir une face avec une pilosité complètement noire.
Détail de la langue de Bombus terrestris

Il sera aussi très content de me montrer sa langue longue. Elle est guidée par un fourreau dont elle dépasse. Souple à l’extrémité, et terminée par un faisceau de poils, elle est plus longue que celle notre belle abeille mellifère et lui permet de visiter des fleurs très différentes  où le nectar est difficile d’accès.
Bombus terrestris ouvrière encore active en janvier.

C’est sur le Bibacier que se poursuivent mes observations.
Parmi les nombreux visiteurs j’ai eu beaucoup de mal à trouver des ouvrières avec leurs corbeilles emplies de pollen.
Détail d'une patte arrière d'ouvrière avec sa collecte de pollen (jaune =bibacier).

Mais en voici une ou deux. Je me demande d’ailleurs pour qui elles travaillent. Sans doute que le froid n’étant pas encore assez intense, certaines d’elles continuent à alimenter le couvain.Avec une récolte jaune, l'origine vient du bibacier, blanc la collecte se fait sur les bourraches.
Détail d'une patte arrière d'ouvrière avec son espace destiné à collecter le pollen

On voit bien ici , l’une d’elle au repos, me permet quelques images puis elle prendra un vol rapide pour disparaître à mes yeux.
Bombus terrestris une ouvrière sur une fleur de bourrache

Je n’ai jamais trouvé de nid dans mon jardin,(ils sont dans le sol) les bourdons parcourent  sans doute un certaine distance pour alimenter les larves.
Bombus terrestris le nez dans les  fleurs d'un cirse. 

En ces jours ensoleillés d’hiver méridional, je suis toujours étonnée de trouver autant de bourdons encore actifs, et je vois essentiellement des mâles, repérés à cause de leur petite taille. Hier j'ai vu ce qui me semblait être une reine, mais sans autre individu à ses côtés on ne peut guère apprécier sa taille.Il reste encore quelques fleurs au jardin , c'est grâce à elles que ces jolis nounours ailés trouvent à se nourrir sur leurs derniers jours! 
Les bourdons terrestres sont devenus de précieux auxiliaires pour nous nourrir puisque on les élève et on le vend pour polliniser des cultures en serres (tomates par exemple).