vendredi 30 mai 2014

Iberodorcadion molitor( Dorcadion molitor), le Dorcadion meunier .


Nous avons trouvé ce joli coléoptère se promenant au soleil sur des cailloux dans une zone  bien connue sur le plateau de Caussol(06), celle de l’embut.
Avec son pronotum orné de deux pointes et ses rayures bien visibles on reconnait vite un Dorcadion (maintenant Iberodorcadion).
Iberodorcadion molitor, aime se promener sur les cailloux au soleil

Dans cette  sous-famille (Lamiinae), le front est vertical, les yeux sont profondément échancrés, les antennes y étant insérées.
Iberodorcadion molitor, des yeux échancrés enserrant les antennes

 
En France on rencontre 3 d’espèces:
*Arenarium , uniquement en Savoie
*Fuliginator, dans toute la France, c’est le plus commun, reconnaissable  à sa tête et son thorax dépourvu de pilosité.
*Molitor, le plus méridional, mais que l’on rencontre jusqu’en Côte d’or. Les larves vivent dans le sol et se nourrissent de racines de graminées.

Je vais donc essayer de vous présenter  Iberodorcadion molitor  en m’aidant de la description faite par Gaëtan du Chatenet ,dans  Coléoptères phytophages d’Europe.
Iberodorcadion molitor, rayé de blanc sur les élytres, au pronotum avec 2 protubérances latérales.

L’insecte est noir essentiellement recouvert d’un  d’une pubescence brun noir avec des lignes blanches.
Iberodorcadion molitor exemplaire héraultin , montrant la rayure blanche sur le front

 La tête en majeure partie blanchâtre, avec une tache brune entre les antennes que divise une étroite bande blanche. Cette bande blanche est bien visible sur l’exemplaire ci-dessus que j’ai vu dans l’Hérault. Celui que j'ai vu à Caussol a perdu en partie cette pilosité.

 Le Prothorax  présente sur chaque   côté  une bande de poils blancs ; sur le dessus deux fines zones de poils blancs encadrent une zone lisse et glabre.
Iberodorcadion molitor  pronotum avec une zone glabre noire encadrée de poils blancs

Les élytres en partant de la suture bordée de blanc présentent  une courte bande de  poils toujours blancs puis dans la zone de l’épaule, une longue bande et la dernière sur le côté inférieur . Ces deux longues bandes blanches se rejoignent à l’apex.
Les antennes sont souvent à partir du second article, annelées de blanc.
J’ ai trouvé deux exemplaires à deux endroits déjà cités dans les observations, l’un dans le 06 sur le plateau de Caussols, et l'autre dans l'Hérault.
On peut remarquer certaines petites différences entre ces deux exemplaires. Cela se voit bien lorsque l'on regarde la bande claire sur les élytres. Sa longueur est différente. Iberodorcadion molitor  de l'Hérault a cette bande courte(image4), tandis que l'exemplaire de Caussol a cette bande plus longue. La couleur des pattes varie aussi: rougeâtre pour la photo 4 et noirâtre pour l'exemplaire de Caussol 

Pour connaître les différentes sous espèces c'est ici

Un beau coléoptère à l'allure bien reconnaissable
 

Cet insecte est plutôt méditerranéen, mais un exemplaire a été trouvé  dans le Buech  et encore plus au nord en Côte d’or.
 

 

 

 

lundi 26 mai 2014

Cryptocephalus fulvus, cryptocephale fauve, un minuscule coléoptère.



Voilà un autre Crytocephalus qui se promenait sur des feuilles de mélisse dans le jardin.
Cryptocephalus fulvus femelle*

Je surveillais les végétaux de cette zone du jardin car déjà l’an passé j’y avais vu ces minuscules coléoptères. Minuscules c’est le mot car  Cryptocephalus fulvus  fait moins de 3 mm. Mais sa jolie couleur beige claire se voit bien sur les feuilles vertes. Le déplacement de l’air occasionné par mes mouvements même si je m’approche avec beaucoup de lenteur, envoie un signal immédiatement suivi d’un sauve-qui-peut général et les insectes disparaissent sous les feuilles et dans la végétation dense ….ce qui donne l’impression qu’il n’y a personne !
Cryptocephalus fulvus  en bas et rugicollis en haut, désolée pour la qualité , convaincre 2 insecte de rester dans le même plan , c'est difficile!*

Cryptocephalus fulvus , présente des détails qui permettent de l' identifier :

- La base du pronotum et des élytres, le  scutellum et  la suture des élytres  sont étroitement bordés de brun.

Cryptocephalus fulvus  tête de la femelle avec sa tache sombre entre les antennes.*

- La tête est  jaune, le vertex (=front) bordé de brun en arrière, et chez la femelle une tache foncée plus ou moins étendue entre les yeux.

- Le pronotum parfois roussâtre, ce qui est le cas chez moi,  avec une tache oblique et plus foncée  de chaque côté de la base. Mais souvent on voit des exemplaires avec un pronotum plus clair

-Les élytres présentent aussi une bande brune plus étroite sur la suture  et une  longue bande sur le 7ème interstrie.

Cryptocephalus fulvus   tache sur le pronotum et bande brune sur les élytres*


La description est extraite de: Coléoptères phytophages d’Europe, tome 2 Chrysomelidae,   Gaëtan du Chatenet,  NAP Editions

J’ai eu la grande surprise d’observer la ponte de la femelle que j’avais prise dans le jardin. Je fais toujours très rapidement les photos après la capture pour remettre l’insecte dans son milieu. Quand je l’ai installé sur une feuille verte pour la séance de pose j’ai vu ce minuscule insecte utiliser ses pattes arrière pour soutenir sa ponte. Tout comme la scèneprécédemment décrite avec Cryptocephalusrugicollis. La ponte est entourée d’une enveloppe de résidus la faisant ressembler à une crotte.

Cryptocephalus fulvus  en ponte, la patte arrière tienne l'œuf et le font tourner pour le détacher de l'abdomen*


Mais ce qui m’a le plus surpris c’est la fin .Saisissant son œuf ainsi dissimulé entre les 2 pattes postérieures, la femelle l’a envoyé loin d’elle….il est tombé au bas de la feuille.

Et j’ai vu cela 2 fois. Je peux en conclure que c’est un moyen de disséminer ses œufs dans la végétation. Ce ne sont là que des observations ponctuelles. J’espère en apprendre petit à petit davantage sur le mode de vie de ces minuscules coléoptères.


Cryptocephalus fulvus  en ponte, prête à "envoyer" son oeuf dissimulé dans des débris de déjections.*


Cryptocephalus fulvus est répandu en Europe, on le rencontre tant sur les végétaux (labiés, composés, ombellifères, légumineuses ) que les arbres, saules, peupliers , noisetiers et ce d’avril à septembre. A nous d’ouvrir l’œil !

 * Photos grossies 3 fois.

 

vendredi 23 mai 2014

Cryptocephalus rugicollis,Cryptocephale à corselet rugueux


Dans la famille des Cryptocéphales, ces petits coléoptères qui cachent leur tête, voici Cryptocephalus rugicollis. Je les ai trouvé dans mon jardin sur les fleurs jaunes et dans la garrigue à plus de 1000 m aussi sur des fleurs jaunes.Leur taille est comprise entre 4 et 5mm. L'allusion au corselet rugueux vient de l'aspect du pronotum , finement ridé sous sa fine pubescence blanche.
Cryptocephalus rugicollis avec une tache noire sur le calus huméral.

Ils présentent un certain nombre de caractères communs et quelques variantes ! Tous ont la tête, les antennes, les pattes, le scutellum, le dessous noirs !

Seules les élytres sont jaunes, ocre. Mais elles sont bordées très finement de noir sauf sous les épaules(comme l'indique la flèche sur la première photo).
Cryptocephalus rugicollis pubescence blanche sur le corps et le front

Tous présentent une fine pubescence blanche dressée sur tout le corps (un peu plus visible sur le front), ce qui est un caractère remarquable de cette espèce.
Cryptocephalus rugicollis avec le calus huméral et une tache allongée sur les élytres.

Au niveau de l’épaule on voit un calus, c’est difficile à rendre même sur photo, on le voit mieux sur celle de dessus.

Maintenant les variantes.

Les exemplaires de mon jardin ne présentent pas de taches noires sur les élytres ( photo2).

Les exemplaires d’altitude présentent des taches noires plus ou moins nombreuses( Photos 1 et 3). L’espèce type doit présenter 3 taches : une sur le calus huméral (ce qui le cas pour un de mes exemplaires), une  plus petite entre celle-ci et la suture et une troisième plus allongée en arrière du milieu.

 

Cryptocephalus rugicollis femelle avec son oeuf en préparation.
Ces coléoptères présentent en outre la particularité de pondre leurs œufs dans une enveloppe faite de petites écailles, l’œuf au centre. Une fois sèche, cette enveloppe la fait ressembler à une petite crotte comme celle que dépose les chenilles de divers papillons sur les végétaux dont elles se nourrissent.


Voici maintenant madame Cryptocephalus rugicollis en train de préparer son œuf. Cela dure un certain temps.On voit d’abord la femelle avec cette petite excroissance qui pendouille au bout de l’abdomen. Dérangée, elle cherche un autre propice pour finir sa ponte. Elle a besoin de ses pattes postérieures , d’abord pour tourner l’œuf et son enveloppe sans doute pour finir l’enveloppe de façon régulière et ensuite la détacher de son abdomen.

 
Oeuf visible au centre de l'enveloppe boursouflée, de moins d'un mm.

La femelle que j’ai observé à ensuite simplement posé son œuf sur la feuille .Elle a répété l'opération une dizaine de fois mais avec plusieurs heures d'intervalle. Une ponte dure entre 15 et 30 minutes.

 On trouve ces coléoptères sur les composées, les  fleurs jaunes entre mars et juillet dans une large zone méditerranéenne. En France celle-ci atteint la Loire mais évite le littoral atlantique.

mardi 20 mai 2014

Ptosima undecemmaculata, bupreste noir avec onze taches orange.


Le printemps et la floraison des arbustes de la garrigue en particulier celles des prunelliers, permet d’observer de beaux insectes.

C’est le cas des Buprestes dont les imagos se nourrissent sur ces arbustes.

Ptosima undecemmaculata, un joli bupreste

Noir avec des taches oranges c’est ainsi qu’il m’est apparu. Tout est dans le nombre et la disposition des taches. J’avais déjà photographié  le Bupreste à 8 taches  ainsi que celui à 9 taches….sur ce même site.


Ptosima undecemmaculata sur aubépine, à 1000métres d'altitude.

Ptosima undecemmaculata appartient à la sous famille des  Polycestinae dont la famille des Ptosima compte peu d’individus, mon guide n’en cite qu’un et pas Ptosima undecimmaculata alors que mon exemplaire est bien présent en fait en France

Quels sont les caractères visibles de cette famille :

Ptosima undecemmaculata  détail de la bordure cannelée du pronotum

*Une étroite bande cannelée à la base du pronotum, très visible sur la photo .J’aime beaucoup voir ces minuscules détails sur un insecte qui fait moins de  15 mm.

Sur la photo on bien bien la différence entre le pronotum cannelé et le bord des élytres lisses. On peut aussi voir entre les 2 élytres le minuscule scutellum en forme de triangle.

Ptosima undecemmaculata  détail du lobe élytral

*La base des élytres possède un lobe qui s’étend sur la partie ventrale, ce détail est plus difficile à voir, c’est aussi là que se cachent les taches jaunes qui nous font arriver à onze, pour justifier le nom de l’insecte . il y 8 taches sur les élytres( les 6 bien visibles et les 2 que l'on ne voit pas dans la vue de dessus) et 3 autres: 2 sur le pronotum, la dernière sur le front.

Ptosima undecemmaculata  détail des taches antérieures des élytres

Vous remarquerez que l’insecte est couvert d’une fine pilosité claire, bien plus abondante sur la face avant de la tête. Tout le corps est ponctué.
C’est le moment de bien observer ce qui se passe sur les arbustes en fleurs, prunelliers mais aussi les autres rosacées tels les églantiers, les aubépines.

dimanche 18 mai 2014

Oenopia conglobata, une coccinelle rose.


 

Dans la série des coccinelles voilà Oenopia conglobata, qui à mes yeux, présente la couleur la plus étonnante : rose.
Oenopia conglobata sur sa feuille d'arbousier

A la lumière du jour ce rose est vraiment soutenu.

Aussi appelée coccinelle zigzag (on le voit sur la photo la montrant vu de l’arrière) Oenopia conglobata est liée aux arbres, en particulier aux feuillus, et aussi au lierre. Je l’ai trouvé dans l’arbousier mais ce n’est pas son arbre favori, en fait elle est sans doute tombé du chêne qui le surplombe. Comme beaucoup d’autres elle se nourrit de pucerons.


Dans cet exemplaire, les 7 taches qui décorent son pronotum sont bien séparées. Mais il peut arriver qu’elles soient collées. L’insecte mesure environ 5mm.
Oenopia conglobata , le zig zag visible sur les taches arrière

Elle vole très bien comme toutes les coccinelles et la préparation au décollage permet de voir ses ailes membraneuses sombres. Les élytres sont bordées d’une ligne de minuscules points le long de la suture assombrie, la nature ayant toujours le souci du détail !

Oenopia conglobata  prête pour le décollage
Avec cette couleur si particulière elle n’est pas difficile à reconnaître.

jeudi 15 mai 2014

Propylea quatuordecimpunctata : une coccinelle avec des points ..carrés!


 

En ce moment, au jardin, c’est elle que je rencontre le plus. Petite, elle fait entre 3,5et 5mm.


Propylea quatuordecimpunctata 
Déroutante, elle a des aspects variés, surtout dans la disposition et la taille des marques noires.
Propylea quatuordecimpunctata  vue de près.

Mais sur chaque élytre elle a 7 taches ce qui donne son nom de Propylea quatuordecimpunctata, aussi appelée coccinelle à damiers. La jointure des élytres est en générale noire. Le dessin sur le pronotum varie beaucoup.
Propylea quatuordecimpunctata , au dessin du pronotum et des élytres  différent

Photographiant cette coccinelle quasi quotidiennement en ce moment vous verrez sur les différentes photos ces variations. Mais les taches du pronotum ont une constante , elles sont au nombre de 6 , 4 davantage groupées et 2 isolées, une  à droite et l’autre  à gauche ; mais parfois elles sont collées les unes aux autres comme sur la photo annotée.
Propylea quatuordecimpunctata , couple, les dessins différent

Autre particularité on voit bien le scutellum, ce petit triangle noir situé à la base des élytres contre le pronotum (2) sur la photo annotée

Autre détail , le canthus,un tout petit angle dans le bas interne de l’œil  est marqué (1).

Propylea quatuordecimpunctata , des détails à observer.
J’ai trouvé ces infos grâce à ce lien
qui lui-même les as reprises de l’Atlas des Coccinelles de la Manche 2003 - Yves Le Monnier et Alain Livory.
Merci à ces précieux observateurs.
Propylea quatuordecimpunctata , couple, les dessins sont semblables.

Cette coccinelle est bien présente partout en France. Elle mange des pucerons, comme on peut le voir sur cette photo !
Propylea quatuordecimpunctata à table
 
Avec les différentes coccinelles qui font des pucerons leur plat préféré nous avons de précieux auxiliaires au jardin !

Propylea quatuordecimpunctata , œufs frais pondus
Un petit souvenir laissé par un couple pendant un cours séjour en ma compagnie! Les œufs fixés par leur base sur la boite qui a servi au voyage!

mardi 13 mai 2014

Cryptocephalus bameuli , petit coléoptère noir relevé d'un peu de jaune!


Voici un petit insecte de la vaste famille des coléoptères.

Cryptocephalus bameuli, une femelle

C’est un Cryptocephalus, qui appartient à la famille des Chrysomelidae, des phytophages. Les Cryptocephalinae ont la tête peu visible, vue de dessus on dirait qu’elle est cachée sous le pronotum. Il faut souvent être patient pour bien la voir. Ils sont de formes cylindriques, les élytres se terminant aussi en arrondi  .Leur taille varie de 1,5 à9 mm.
Cryptocephalus bameuli, une femelle vue de dessus, on ne voit pas la tête.*

J’ai rencontré celui-ci dans la garrigue à 1000 mètres d’altitude folâtrant avec d’autres insectes sur des aubépines. Noir, ce sont les petits traits jaunes  sur les côtés de son son pronotum et de ses élytres qui ont attiré mon intérêt.Ces détails sont souvent de précieux indicateurs pour identifier l'insecte.

Cryptocephalus bameuli mesure 5mm environ.  Il est par son aspect peu différent de Cryptocephalus flavipes, bien répandu en France.
Cryptocephalus bameuli, vue de la tête avec le T jaune*

Flavipes, signifiant  pied jaune, il est normal de trouver cette couleur sur notre insecte.

Qu’y a –t-il de jaune ? Les  pattes antérieures et médianes le sont entièrement, les postérieures ont le fémur obscurci mais tibia et tarses sont clairs. Jaune aussi la bordure latérale du pronotum et la partie antérieure de la bordure des élytres, et encore les premiers articles des antennes.

Mais mon insecte n’est pas Cryptocephalus  flavipes, dont les femelles plus facilement identifiables sur photo portent une bordure jaune sur l’avant du pronotum ainsi qu'une tache jaune sur la face plus étendue que sur  C.bameuli.

Comme cela n’est pas le cas de mon sujet, j’ai continué mes recherches et avec l’aide de ce lien, le magnifique schéma qui fait la comparaison entre flavipes et bameuli tout s’éclaire.

En effet on voit bien sur les photos au grossissement 3 fois ce magnifique T jaune qui est entouré de noir. La couleur jaune n’atteint ni le front, ni les yeux ni l’insertion des antennes. C'est ce qui caractérise Cryptocephalus bameuli,  femelle. Les mâles nécessitant la dissection des organes génitaux.
Cryptocephalus bameuli, au repas sur une feuille de rosier, à défaut d'aubépine*

Ce sont d’infinies nuances mais c’est amusant d’essayer de voir ces petites différences. Ces Cryptocephalus sont phytophages et vivent sur les arbres en particulier  les chênes, les genêts et les rosacées.

Cryptocephalus bameuli, nettoie son antenne*

Comme tout insecte qui se respecte après avoir fait un trou dans une feuille tendre de rosier, Cryptocephalus bameuli a fait une toilette minutieuse en commençant par les antennes. Bien tenue par le pied, elle est passée délicatement entre les mandibules. Ensuite une longue séance pour ses nettoyer les pieds ! Bien propre l’insecte, est passé ensuite au repos caché sous la feuille de rosier.
* photos faites au grossissement 3 fois

samedi 10 mai 2014

Choreutis nemorana, la Teigne du figuier


En observant les feuilles de mon figuier, je les ai revues ! Qui donc ?
Choreuta nemorana, Teigne du figuier, chenille au terme de son développement

Eh bien les chenilles de la Teigne du figuier !
Choreuta nemorana, Teigne du figuier, sous son manteau protecteur de soie

Sous leur écran protecteur de soie, elles ont là. Sur le dessus des feuilles, on voit sur de petites surfaces, les feuille abîmées, il leur manque la partie supérieure ce qui correspondrait à la peau, la cuticule et l’épiderme supérieur, ce qui lui donne un aspect mordillé. Ce qui est le cas, les jeunes chenilles grignotent les feuilles, plus âgées, elles les percent.
Choreuta nemorana, détail de la chenille de 3 cm

Ce sont bien les chenilles qui font les dégâts sur les feuilles. Elles ne s’attaquent qu’aux feuilles et pas aux fruits causant donc des dégâts bien minimes.

Elles se protègent en tissant un nid de soie au-dessus de leur tête et peuvent donc tranquillement grignoter les feuilles. Elles sont ainsi moins visibles surtout qu’au terme de leur développement elles ne doivent faire au maximum que 3 cm. La métamorphose s’opère dans un cocon de soie.
Choreuta nemorana, le cocon qui contient la chrysalide

Le papillon hiverne, j’en ai vu au mois de janvier est petit, il mesure 7 mm de long, apparaît de couleur brique. Tête, antennes et pattes sont claires. Ce sont donc ces papillons  qui sont à l’origine des chenilles actuelles.
Choreuta nemorana, le petit papillon
 
Que faire en cas de présence sur un figuier? Si j'en vois trop, je les déloge, et elles servent de nourriture aux poissons. Mais sur un figuier adulte, les dégâts sont vraiment minimes et n'affectent en rien la récolte!

Choreuta nemorana, une jolie Teigne

C'est un papillon qui se rencontre davantage dans la partie sud de notre pays, mais la culture du figuier se répand, et sans doute la Teigne suit-elle cette culture!
 

dimanche 4 mai 2014

Cucullie de la Scrofulaire, (Cucullia scrophularia), de la chenille au papillon.


Voici l’épilogue de l’histoire commencée en juillet de l’année dernière. Cette sortie dans ma région à 1000mètres d’altitude avait déjà donnée lieu à un article le 26 juillet 2013 consacré à un petit charançon : Cionus-schönherri

 

Le 1er Mai, après de longs mois d’attente j’ai enfin vu le papillon qu’est devenue la chenille aux couleurs vives qui se promenait sur la Scrofulaire.
Chenille de la Cucullie de la Scrofulaire sur la Scrofulaire!

Voici les différents moments de ce développement.
Cucullie de la Scrofulaire, une grosse chenille en fin de développement

Le 1er juillet 2013 de grosses et belles chenilles joliment colorées dévorent joyeusement les feuilles de la scrofulaire. Feuilles, fleurs tout y passe. Elles ont bon appétit, les chenilles.
 Détail de la chenille au dernier stade.
 
 Sur la plante on voit deux stades de la chenille, l’avant dernier où elle est davantage jaune, et le dernier, un fond blanc, de gros points noirs et une ligne latérale d’un jaune bien vif. Bien visible sur la plante !
Cucullie de la Scrofulaire, chenille à l'avant dernier stade

C’est à ce stade que je prélève la chenille et la nourrit quelques jours.
Cucullie de la Scrofulaire, portrait

Très rapidement, le 5 juillet, elle s’enterre et disparait à ma vue. Les lectures m’apprennent que le papillon n’a qu’une génération annuelle.
Cucullie de la Scrofulaire, chenille qui s'enfonce dans la terre
 
 Il faudra donc attendre le printemps de l’année suivante pour voir émerger un papillon. C’est dire que la vie de l’insecte se passe 10 mois sous terre dans un cocon.Dans certaines régions, elle y passe même un second hiver, leur vie sous forme de chrysalide est  bien longue.
Cocon de terre qui contient la chrysalide.

Au mois de mars je suis curieuse et je retourne la terre dans laquelle la chenille avait disparue. J’y trouve un cocon de terre de forme ovale et je l’ouvre pour y découvrir une chrysalide brune.
Chrysalide de Cucullie de la Scrofulaire

Vous aurez sans doute remarqué qu’après la pluie on observe souvent de nouveaux insectes. Cela se comprend. Par ici, le sol sec est très dur et heureusement la pluie ramollissant la terre, les papillons comme cette Cucullie peuvent alors trouver le chemin vers la lumière.
Cucullie de la Scrofulaire,enfin le papillon!

Voici donc ce papillon, la Cucullie de la Scrofulaire. Oh rien d’extraordinaire, bien moins voyant que sa belle chenille. Petit papillon, grisâtre au premier abord, mais en fait on y voit des nuances de beige allant du très clair au brun.
Cucullie de la Scrofulaire,portrait
 
 Comme bien des Noctuelles c’est la houppe, je ne sais d’ailleurs pas comment appeler cette importance de poils qui se dressent sur le dessus de la tête, qui lui donne une allure un peu étrange. Les pattes  sont aussi très poilues. Les gros yeux des papillons nocturnes sont peu visibles cachés par ces poils.
 
Les gros yeux de la Cucullie, papillon nocturne

Le papillon peut être confondu avec une autre Cucullie celle du Bouillon blanc et pour les distinguer, il faut parait-il examiner les genitalias.
Un papillon tout neuf va prendre son envol .

Ici pas de problème, c’est bien la Cucullie de la Scrofulaire puisque c’est sur cette plante que la chenille a été prélevée. Le papillon est visible dans une grande partie de l’Europe à partir du mois d’avril, les chenilles le sont de juin à septembre.
Bonnes observations !