jeudi 27 mars 2014

Cassida vittata ou Casside à bandes


Beta vulgaris ! quel nom pour un légume : la blette ou bette .

C’est bien Beta vulgaris  une des clés qui m’a permis avec une bonne certitude d’identifier la jolie Casside que voici.

En cueillant ces légumes j’ai régulièrement la surprise d’y trouver des locataires variés, chenilles, coléoptères…


Cassida vittata adulte

C’est ainsi que cette semaine j’y ai trouvé Cassida vittata. Il existe de nombreuse cassides, et elles présentent une difficulté supplémentaire : leur couleur évolue tout au long de leur vie. Il faut attendre 2 à 3 semaines pour que l’insecte atteigne sa couleur définitive.
Cassida vittata: à l'automne elle est peu colorée

Ce qui explique que celles que j’avais trouvées dans mes légumes à l’automne était très peu colorées car c’était des « jeunettes ». Celle que j’ai ramassée en début de semaine présente la coloration adulte. Ce qui signifie qu’elle est apte à se reproduire.

La  bande verte très marquée comprise entre les interstries 2 à 5 est un caractère important.E t justifie ainsi son nom: Casside à bandes

Les marges, c’est-à-dire tout le pourtour de la casside qui, lorsqu’elle est au repos cachent ses pattes, sa tête, ses antennes, sont translucides.La flèche sur la première photo indique les marges des élytres.

La taille est comprise entre 4,6 à 6,5mm.

La forme est en ovale régulier sans bosse marquée sur le pronotum ou le les élytres.
Cassida vittata : le pronotum cache la tête

Les marges sont obliques contrairement à d’autres espèces où elles tombent verticalement.On le voit surtout sur le devant du pronotum et la partie postérieure des élytres.

En m’aidant d’un site allemand qui nous présente un nombre important de cassides avec les plantes sur lesquelles elles vivent, un détail difficile à observer me conforte dans ma détermination.
Ponctuation des élytres de Cassida vittata

Les élytres sont ponctuées, ces points forment des lignes régulières et entre la ligne 3 et 4 vient s’insérer une autre ligne.
La tête : on y voit ses 2 gros yeux et les antennes sous un pronotum translucide

Je vous disais que la casside était adulte. J’en ai eu la preuve en regardant avec beaucoup de soin la feuille de blette que je lui avais laissée en nourriture. Ce matin j’y ai trouvé quelques œufs soigneusement collés sur le support ! La nouvelle génération est en route .
Oeuf de Cassida vittata

En petits nombre ces cassides font bien quelques trous dans les feuilles de blettes mais ne mettent pas en péril la plante.

C’est une casside qui se nourrit sur les chenopodiacées (dont la blette fait partie) et les caryophyllacées(par exemple les silènes) et les composés(exemple les anthemis). Elle a des goûts variés.  Elle est nuisible aux cultures de betteraves.

Cassida vittata sur la feuille de blette, à l'automne.

vendredi 21 mars 2014

Mniotype solieri, La Xyline provençale, de l'oeuf à l'adulte en passant par la chenille.


C’est comme souvent, une histoire qui s’étale sur plusieurs mois
Mniotype solieri au mois de novembre.

Nous sommes à l’automne, le 9 novembre pour être précise. Je trouve un petit papillon sur la barrière de piscine, c’est le soir, et le papillon ne s’envole pas à mon approche. Je décide de le mettre à l’abri pour la nuit. Le lendemain matin une séance photo pour essayer de lui donner un nom. Il n’est ni grand ,ni particulièrement beau. Des couleurs sombres, des dessins d’où il est difficile de faire ressortir des lignes dominantes. Grâce au forum  Le monde des insectes (insecte.org) on arrive à son nom Mniotype solieri, probablement. Mnioptype sûrement mais ensuite il existe un petit doute pour être sûr que ce soit solieri, mais peut être aussi spinosa. C’est en effet une espèce méridionale.
Mniotype solieri une Noctuelle aux couleurs sombres..

Le lendemain surprise, dans le fond de la boîte, des petits grains.

Vous aurez sans doute deviné, mon papillon était une femelle et elle a pondu toute une série d’œufs.
Oeuf frais pondu de Mniotype solieri

Ces œufs vont passer par différents stades avant d’éclore.
Oeuf de Mniotype solieri, après 2 jours.

Au départ, ils sont transparents puis de jolis dessins rougeâtres apparaissent 2 jours plus tard. A la fin de la maturation( le 25 novembre) ils semblent plus sombres.
Je les trouve magnifiques avec ces côtes perlées qui partent du sommet. Ces œufs sont collés au support et l'envers qui n'a pas besoin d'être vu, est lisse.
Oeuf de Mniotype solieri, après 2 jours, l'envers du décor.

 Environ 15 jours après la ponte,  de minuscules chenilles en sortent. J’aurais la chance d’en voir une qui mange la coquille de son œuf c’est son premier repas !
Chenille néonate de Mniotype solieri mangeant la coquille de son œuf.
 
Ce qui explique qu’ensuite il ne reste plus  de traces. Cela donne aussi à cette minuscule chenille le temps de chercher la nourriture végétale adéquate.
Chenille néonate de Mniotype solieri encombrée par  la coquille de son œuf.

Une autre restera encombrée de la coquille et je l’aiderai à s’en débarrasser, mais il faut une bonne loupe pour voir cela .

Les photos sont grossies au minimum 3 fois pour découvrir ce minuscule monde.
Chenille  Mniotype solieri après son premier repas. Comme elle est incolore on voit la nourriture végétale qui traverse son abdomen!

 J’avais lu que les chenilles de Mniotype solieri étaient polyphages, qu’elles se nourrissaient de diverses plantes basses. J’ai commencé à leur proposer des herbes en choisissant les feuilles les plus tendres. Et cela a bien fonctionné. Les jeunes chenilles ont grossi, grandi et mué. Il faut environ 14 jours pour passer d’un stade au suivant. Aux deux premiers stades on voit des soies sur la chenille, ensuite elle est glabre.

Chenille Mniotype solieri  stade 2

Aux 3 premiers stades elles sont vertes.
Chenille Mniotype solieri  stade 2, joliment verte avec des soies noires.
 
Et au mois de janvier à la quatrième mue elles sont devenues brunes. Ce fut étonnant de voir la chenille de verte le soir, se retrouver le lendemain brune.
Chenille Mniotype solieri  stade 3

 

 Voilà après être restées joliment vertes , les chenilles deviennent plus foncées puis  changent de couleur. Elles se nymphosent dans le sol pour attendre d’éclore au mois de mai.


Le changement de couleur se fait progressivement.
Au dernier stade, juste avant la nymphose j’ai remis les chenilles en liberté dans un coin abrité du jardin.
 
 
Voici la chenille Mniotype solieri, devenue brune, au dernier stade.
 
Elle se nymphose dans le sol. Le papillon est peu visible car il s'alimente de nuit et ses couleurs sombres aident à le dissimuler..
 
 

vendredi 14 mars 2014

Phlogophora meticulosa (la Méticuleuse),chenille et imago.


 Le 8 mars 14,au soir une nouvelle   naissance.

Ce n’est pas une nouvelle venue dans le jardin. Mais cette fois elle m’a offert de nouvelles images. La chenille a été trouvée en novembre et s’est rapidement transformée en chrysalide.
Phlogophora meticulosa, juste après l'émergence

C’est le 8 mars au soir que j’ai vu  le papillon qui venait de se dégager de son enveloppe. Quelques gouttes de liquides encore présents dans le fond du bac attestait de l’évènement.

Et le comportement du papillon aussi. Celui-ci a gardé ses ailes dressées et n’a jamais voulu me montrer leurs  parties dorsales. Il avait besoin de  les sécher ainsi que l'importante pilosité  qui recouvre son abdomen.
Phlogophora meticulosa, je sèche!!

On peut ainsi observer les élégantes découpes de ses ailes.

Elle s’était libérée en découpant une « porte » dans son enveloppe, ce que l’on voit sur la photo
Phlogophora meticulosa,chrysalide découpée et vide.

Je l’ai laissé tranquillement dans son bac.

Le lendemain matin, je l’ai trouvé dans une position normale. La Méticuleuse est maintenant prête à prendre son envol.
Phlogophora meticulosa,l'imago le lendemain matin

J’avais trouvé la chenille  dans mes mélisses, à l’automne, en début novembre et elle avait passé l’hiver sous forme de chrysalide chez moi.
Phlogophora meticulosa,jeune chenille

Les chenilles sont assez communes sans marque bien distinctives et peuvent être vertes ou brunes. On remarque une ligne médio-dorsale blanche discontinue, des bandes latérales claires.
Phlogophora meticulosa, chenille

Dans la nature, les chrysalides s’enterrent dans le sol. Elles ont un aspect brun et comme l’enveloppe vide nous le montre, mesurent moins de 2cm.
L’an passé, une Méticuleuse était né dans mes élevages mais un bon mois plus tard (ici). Le papillon nocturne est présent en 2 générations et immobile pendant la journée, il est  bien discret dans la végétation.
Posée sur le rebord de la fenêtre, elle attendra la nuit pour s’envoler !

 


Phlogophora meticulosa,papillon prêt à s'envoler.


mardi 11 mars 2014

Osmia cornuta: le grand ménage.


Episode 2

Il s’agit maintenant de passer aux choses sérieuses !
Hier donc, à peine née madame Osmie est vigoureusement courtisée et sans doute fécondée.
Que fait-elle alors en ce beau dimanche ensoleillé ?

Eh bien, elle cherche un logis pour héberger sa future descendance. Pas de temps à perdre !

Osmia cornuta transportant des débris dans ses mandibules.

Il y a deux appartements vacants, les tubes de dessous la fameuse table de la terrasse. Mais, ils sont encombrés des résidus des précédents locataires. Qu’à cela ne tienne, tout l’après- midi, on gratte, on pousse des débris à l’extérieur et on essaie de se débarrasser de cette maçonnerie qui operculait le logis.
Osmia cornuta: une ménagère énergique.

Le spectacle est plein de suspense.

D’abord il y a au moins 3 femelles pour seulement deux appartements et celles qui ont été les premières occupantes sont obligées de veiller à ne pas se faire piquer le logis. Il y  aura des rencontres un peu musclées quand une nouvelle venue s’introduit dans le logis que nettoie la titulaire. C’est à reculons que la seconde sortira !

Pour résoudre cette grave crise du logement je propose un morceau de bambou qui sera vite inspecté et gratté afin de le rendre compatible au logement d’une future famille d’Osmie.
Madame Osmie ressort bien sale de son futur logis.

Ensuite un mâle viendra se pointer devant chacun des tubes en train d’être nettoyé ! Le naïf croyait sans doute qu’une beauté Osmie toute fraîche allait en sortir. Après s’être fait sèchement repousser, il se présente près du tube numéro 2 où de belles antennes lui redonnent espoir !
Un mâle attend l'arrivée de la ménagère.
 
 Et hop encore une fois c’est sèchement que la dame lui fait comprendre que c’est trop tard ! Fallait être là hier ! Encore raté.En y regardant de près, je constate qu’il s’agit du mâle aux triongulins déjà très agressif le jour précédent et évincé.
Le mâle aux triongulins attend, sans succès.

Ensuite mes deux ménagères affairées emploient des techniques différentes pour faire le ménage à fond.

Toutes deux rentrent la tête la première. Il faut ensuite se retourner pour utiliser les puissantes mandibules afin de décrocher ce qui colle au tube et en particulier cette couche de mortier. L’une se retourne à l’intérieur du tube car je vois ses antennes s’agiter près de l’ouverture.

La seconde après être rentrée tête la première constate que cela ne va pas, elle ressort et cette fois rentre en marche arrière pour fignoler son ménage !

Il faut dire que j’ai passé près de deux heures à les observer. Jamais je n’avais vu autant d’Osmies s’affairer sous cette banale table qui fait leur bonheur depuis maintenant plusieurs années(depuis 2008 je les photographie à cet endroit).

Un tube de bambou testé mais ensuite abandonné.

 

Les dernières observations

Lundi le travail continue. Et surprise, dans le tube numéro 1, l’industrieuse abeille apporte déjà du pollen. C’est dire qu’elle est en train de pondre et d’approvisionner ses futures larves en nourriture.

Le tube en bambou est abandonné.

J’avais placé un morceau de cardère sous la table de manière horizontale. J’y ai vu une abeille y rentrer et l’ai entendu gratter à l’intérieur, ce sera peut-être un futur nid.

En résumé :

Jour 1 : naissance et accouplement

Jour 2: nettoyage du nid

Jour 3 : ponte

Je ne sais pas exactement quelle est la durée de vie de l’Osmie cornue, je les vois actives chez moi jusqu’à la mi-avril. On l’estime à six semaines pour les femelles et une quinzaine pour les mâles. Il faut dire qu’ils ne sont utiles que pour la fécondation qui intervient après la naissance et qu’ils ne participent en rien à la suite des opérations.
C'est un réel plaisir de voir cette belle abeille vivre à nos côtés.

 

 

 

lundi 10 mars 2014

Osmia cornuta: du rififi sur la terrasse


Episode un : le mariage express.

Cela fait déjà une dizaine de jours que la première Osmie cornuta mâle est née. Cela se passe toujours et depuis plusieurs années sous la table de ma terrasse. Tous les 4 trous sont occupés  par les pontes effectuées par des Osmie cornuta au printemps dernier.

Et en voyant un mâle tournicoter sur la terrasse j’ai compris. Un des opercules était percé. Et dans le jardin proche je voyais parfois le mâle passer à toute allure à la recherche d’une âme sœur. Il revenait aussi régulièrement sur la terrasse.

Vous savez que la femelle lors de sa ponte place des mâles près de la sortie de son nid. Les mâles sortent avant les femelles.
Osmia cornuta: 2 mâles convoitent une femelle.

Hier l’action s’est accélérée. Pas moins de 3 mâles bourdonnaient sur la terrasse. Et c’est alors qu’une femelle est sortie. Je peux vous dire que l’action a été rapide. Un mâle, pas galant pour deux sous ,ne lui a laissé aucune chance de s’échapper. Il l’a agrippée et ne la lâchera plus pendant les deux heures où le couple restera sur la terrasse.
Osmia cornuta: 2 mâles convoitent une femelle qui est à gauche.

Mais le plus drôle pour moi, sans doute pas pour Dame Osmia cornuta, ce fut d’être la convoitise des autres  mâles. Un des deux reste à distance, il vient de temps en temps voir le couple mais résigné ( j’interprète , n’est-ce pas) volera plus loin attendant sans doute une autre compagne.
Renversant! On voit la brosse ventrale de la femelle

Mais voilà que Monsieur numéro deux passe à l’offensive. Il se jette sur le mâle gagnant et s’en suit une vrai baston, hélas impossible à mettre en image. Résultat le couple se retrouve les 4 fers en l’air, en fait sur le dos.

J’observe que l’agresseur est porteur de clandestins , vous savez ces triongulins qui profitent des abeilles pour se faire transporter.

La dernière photo permet aussi de voir que la femelle est pourvu d’une brosse ventrale pour récolter le pollen dont elle fera une pelote pour nourrir ses futures larves. Les mâles n’en ont pas besoin et en sont dépourvu. Leur pilosité est moindre que celle des femelles.
Jamais je ne renonce, c'est la devise du mâle numéro 2

Ma terrasse est déjà recouverte du pollen des nombreux cyprès qui se trouvent dans le voisinage. Alors je propose un support plus agréable aux deux protagonistes.
Je vois qu'on ne veut pas de moi, mais je reviendrai!

 
Mais cela n’empêche nullement le même mâle (on le reconnait à ses passagers clandestins , les triongulins) de vouloir à tout prix participer à la fête. Sans succès, le mâle numéro 1 se débarrasse vite fait de l’intrus.
Vu de face, on voit bien les puissantes mandibules de la femelle J’attire votre attention sur ce détail, vous verrez qu’elles lui seront très utiles par la suite.
De face, mâle avec sa face blanchie par une forte pilosité et femelle aux puissantes mandibules.
On observe aussi la différence bien visible entre mâle et femelle. Le mâle est pourvu d’une importante pilosité blanche qui permet de le reconnaître facilement.
Essayons de quitter ce lieu trop fréquenté!
Il fera plusieurs tentatives de décollage pour essayer d’emporter la femelle en des lieux plus sûrs.
Madame s'accroche et l'envol échoue

 
Une fois le calme revenu, je laisse mon petit couple au soleil sur la terrasse. Ils resteront bien enlacés encore une heure avant de disparaître dans la nature.
Enfin seuls!

Les épisodes des années précédentes sont à lire ici :

 

La suite dans une prochaine publication !

 

samedi 8 mars 2014

Aelurillus v- insignitus , une magnifique saltique


Minuscule , 4 mm,  voilà la taille de ce petit mâle de saltique.
Aelurillus v- insignitus  se chauffant sur sa pierre
 

Nous sommes sur de grosses dalles de grès bien exposées au soleil de ces premiers jours de mars, dans la plaine des Maures. Les pluies de l’hiver ont fait verdir les mousses et les petits espaces favorables à la végétation.
Aelurillus v- insignitus  dans ce décor miniature coloré: mousses, sédum

J’observe les premiers narcisses, toujours aux mêmes endroits les mieux exposés. Et posé sur un petit morceau de ce grès rouge une petite araignée. Le temps que j’approche mon objectif, elle a sauté au milieu de la végétation voisine.  Ses pédipalpes recouverts de longs poils blancs et le dessin de son céphalothorax m’ont intriguée et j’ai essayé de suivre ses déplacements.
Aelurillus v- insignitus  de dos.

C’est ainsi que d’abord j’ai vu le dessus de son corps. L’abdomen est noir traversé en son milieu par une zone très claire en forme de flèche dirigée vers l’extérieur. Le céphalothorax lui, noir sur les bords, porte un dessin plus complexe.
Aelurillus v- insignitus  des yeux émeraudes sous un V frontal

Mais c’est quand je l’ai vu bien de face que j’ai été ébahie : des yeux émeraudes. Des yeux multiples comme toutes les saltiques mais d’un vert profond. J’ai trouvé cela magnifique. Et en suite ce V sur le front fait de longs poils beiges clairs qui lui donne son nom.
Aelurillus v- insignitus  des yeux émeraudes magnifiques.

Ce n’est pas une araignée rare, elle aime les endroits pierreux,  mais  bien ensoleillés et chauds, peu végétalisés. On la trouve dans les abords des  secs des fleuves alpins,  les dunes, les landes sableuses, les falaises et ce dans une grande partie de l’Europe.