lundi 30 juillet 2012

Liorhyssus hyalinus: éclosion des punaises


En observant les insectes qui visitaient la jolie lavatère ponctuée qui pousse dans le jardin, j’avais observé sur des fruits en formation, ces petites « graines » qui bien sûr, n’en étaient pas.
Sur le fruit en formation , des petits oeufs bruns de forme ovoïde.

Je savais qu’il s’agissait d’œufs et probablement d’œufs de punaises. Pour les avoir bien observés je savais aussi qu’il ne s’agissait pas de ceux du Graphosom italicacum. Je pense que les œufs d’autres pentatomides leur ressemblent  et je les exclue aussi.Ce sont probablement des Liorhyssus hyalinus.

Après une première observation, in situ, j’ai été bien déçue de ne plus rien revoir sur la plante quelques jours plus tard. Comme je crains de ne pas retrouver exactement  l’endroit où se trouve ces minuscules œufs je mets en général une marque sur la tige avec ce qui se trouve dans ma poche, un bout de ficelle ou plus simplement une pince à linge.. Probablement ces œufs auront été consommés.

De petites punaises déjà nées et au fond , les bâtonnets rouges!

J’ai revu il a peu ces œufs sur  autre fleur desséchée, mais cette fois j’ai cueilli la tige et l’ai mise dans un verre d’eau sur la terrasse. Et avant- hier soir en préparant la table pour notre souper, j’ai vu des petits points marrons sur ma fleur .C’était le moment de sortir l’appareil .

D’abord j’ai vu des petites larves de punaises avec un abdomen rouge vif et le haut du corps brun, elles étaient déjà bien mobiles mais restaient groupées sur la fleur sèche.
Des oeufs  et des jeunes punaises: abdomen rouge, tête et pronotum brun.

En y regardant de plus près on voit bien le rostre plus long que le corps c’est le cas chez les punaises au stade 1

Pur rappel, ces petites punaises vont muer 5 fois avant d’atteindre leur forme adulte.

Une punaise, toute rouge encore, s'extraie de son oeuf.


Ensuite j’ai vu un bâtonnet rouge dans le groupe des œufs fixés sur la plante et en utilisant un grossissement plus important j’ai vu qu’il s’agissait d’une punaise en train de s’extraire de son œuf. A l’œil nu, on voit quelque chose de rouge, étroit et allongé. Il s’agit d’une punaise, elle est toute rouge à l’émergence, très rapidement elle sort de son œuf et hop, s’avance sur la fleur, elle reste rouge quelques heures. Ce matin il n’y avait que des punaises à l’abdomen rouge, le reste étant brun.Elles ont toutes pris leur couleur de jeunes punaises !
1 et 2 : le rostre, très long plus long que le corps..3 : un oeil.

Ce qui m’a intrigué c’est la manière dont s’ouvre cet œuf. J’ai vu sur des œufs encore intact deux minuscules perles, situées l’une sur ce qui me semble être le couvercle et l’autre sur la partie arrière de l’œuf.
Vu " de loin ",on voit deux petites punaises s'agiter d'avant en arrière pour sortir de leur oeuf.Antennes et pattes sont bien visibles. 

Il me semble que ces  deux « boutons » soient reliés par un fil interne .Mon idée est qu’à l’éclosion le jeune insecte, repousse le couvercle de forme ovoïde, la charnière finit par céder.
Détail de ces beaux oeufs avec leur "perles".La flèche indique le fil reliant les deux perles charnières

En tout cas c’est encore un émerveillement pour moi devant la finition et la délicatesse de ces minuscules œufs (moins d’un mm). En photographiant œufs et insectes à un grossissement entre 3 et 5 fois, je me suis aussi rendu compte de l’étonnante disposition des petits poils qui recouvrent le calice le la lavatère.  Rien n’est fait dans le désordre, partant d’un centre les poils rayonnent au nombre d’une dizaine autour de ce  centre .D’une longueur égale ils ressemblent à des étoiles de mer ou des soleils,  c’est selon !  
Détail de la pilosité de la lavatère.

 Et pour conclure cette page voici maintenant une jeune punaise Liorhyssus hyalinus  âgée de 24 heures..
Bien en forme, elle découvre son domaine, le rostre très long, dépasse l'abdomen.Ce ne sera plus le cas à l'âge adulte!

Je reviendrai sur cette punaise abondante dans le jardin cette année.Je ne voulais pas manquer de vous faire partager quasi en direct ces naissances!
L'essentiel de ces images est obtenu en grossissant de 3 à 5 fois ce que l'on voit.Les insectes font environ 1 à 2 mm.
Pour voir les images en grand, il faut cliquer!

vendredi 27 juillet 2012

Milesia crabroniformis, la Milésie faux frelon, le plus grand Syrphe de France.


Voici un diptère, une mouche en fait,  impressionnante. Elle est de belle taille et avec ses couleurs voyantes, rouge pour les pattes, du jaune  au brun en passant par l’orange, elle ressemble à un frelon ! Elle en a en plus la taille puisque l’insecte fait entre 20 et presque 30 mm.
Milesia crabroniformis vient se nourrir sur les lavandes en fleurs

Mais ce n’est pas un frelon, même pas une guêpe et cet insecte n’a absolument pas la possibilité de piquer.

Comment en être sûr ?
C'est la tête qui nous dit qu'il s'agit d'un syrphe, certes très grand, mais inoffensif.

D’abord le frelon ne vient jamais se nourrir de nectar. Quand il visite une fleur, c’est en chasseur pour y débusquer une éventuelle butineuse qui fera son repas ou celui de ses larves.

Milesia crabroniformis, vient comme beaucoup de Syrphes adultes se régaler du nectar ici sur ces belles lavandes qui fleurissent à 1700 m d’altitude au – dessus de la haute vallée du Var.Sur les   pentes qui surplombent la rivière  des forêts touffues expliquent sa présence.  En effet je n’avais jamais vu cet insecte dans la garrigue. Ici, il trouve le bois mort dans lequel sa larve se développe, en particulier le bois de bouleau en décomposition.
Milesia crabroniformis  orné d'un dessin brun sombre sur le pronotum

C’est un mâle les yeux se touchant en un point, ceux des femelles ne se rejoignent pas.
Les antennes (1) arrondies et surmontées d'un pinceau fin  et une langue volumineuse et extensible (2) nous indiquent un Syrphe.

Extrêmement mobile, il reste sur les fleurs et se déplace en allant d’une fleur à l’autre. Sa taille et son poids font pencher les fleurs, tout bouge ! Que c’est difficile d’avoir une image bien nette ! L’insecte se soucie peu du spectateur, une fois rassasié, hop, il prend son vol et s’en va bien loin .Je ne le reverrais pas de toute l’après –midi !
Un vrai frelon avec des antennes allongées formées de plusieurs articles, un pronotum avec le V rouge et un abdomen se terminant en pointe.

Afin de ne pas les confondre voici Vespa crabro, le Frelon. On voit  que ses antennes sont bien différentes. Et c’est un insecte qui dispose de solides mandibules pour décortiquer ses proies ou creuser les fruits dont il se nourrit en fin d’été.Celui-ci nettoyait ses antennes bien différentes de celles des Syrphes.
Je suis comme vous, je préfère voir un faux frelon !

jeudi 19 juillet 2012

Des œufs déguisés en cône de pin chez les coléoptères Clytra quadripunctata et Cryptocephalus bipunctatus.


Les insectes femelles assurent avec beaucoup de soin l’avenir de leur espèce et pour ce faire emploient des stratégies diverses.

Nous connaissons tous différentes méthodes utilisées pour assurer la survie de l’œuf. Les abeilles assurent par divers moyens une réserve de nourriture, les punaises pondent les œufs sur des feuilles où les larves se nourriront, les sauterelles mettent les œufs dans le sol ou des tiges de végétaux, certains syrphes pondent à proximité d’une réserve de pucerons….

Voici deux coléoptères utilisant des méthodes originales, l’œuf est dissimulé à l’intérieur d’une protection modifiant son aspect. Il s’agit d’abord de Clytra quadripunctata et ensuite de Cryptocephalus bipunctatus.
Accrochée à un brin d'herbe, la femelle Clytra quadripunctata maintient son oeuf  protégé dans cette enveloppe.

Voici une femelle Clytra quadripunctata(7-11mm) en train de pondre .Elle maintient son œuf avec ses pattes arrières. La forme bizarre en cône de pin est en réalité un œuf entouré d’une protection faite de sécrétions qui lui donne ces aspérités.

Leur rôle sera utile pour le transport de cet œuf.

A la fin de sa ponte, elle s’envole.
Les  pattes arrières ne lâcheront jamais l'oeuf.

La suite de l’histoire est sans image. L' insecte va déposer cet œuf enrobé à proximité d’un nid de fourmis. C’est alors que, trompées par cet aspect mais aidées par les aspérités de l’œuf, les fourmis se chargent de le transporter dans leur nid. Là, cette larve vit dans un étui, se nourrit des restes végétaux dans la fourmilière, l’étui étant une solide protection. On dit  que la larve est myrmécophile.

Voici une page d’explication sur ce mode de reproduction.

Cryptocephalus bipunctatus.

Voici une scène surprise au printemps dernier. Cryptocephalus bipunctataus(4-6mm) est un joli petit coléoptère aux couleurs bien visibles, rouge avec deux taches noires sur chaque élytre, la plus grosse étant bien ronde.
Cryptocephalus bipunctatus, petit coléoptère utilise la même méthode

C’est un insecte commun que l’on peut rencontrer partout en France, en mai et juin, on le trouve sur de nombreux feuillus.
C’est d’ailleurs sur un arbuste, dans la garrigue que j’ai vu cette femelle tenir avec ses pattes arrières son œuf qui présente le même aspect que celui de madame Clytra.

Mais la femelle Cryptocephalus bipunctatus abandonne  ensuite son œuf sur la feuille et s’envole tranquillement.
 On se tient sur le bord de la feuille et l'oeuf est expulsé.Cela dure une bonne minute.

Cet aspect dans un premier temps protège l’œuf. Ensuite la larve se développe et se cache dans un étui, fait de débris végétaux ou même de ses propres excréments. Elle sera mobile et   se promène avec sa protection sur le dos.
Cela ne ressemble pas un oeuf, mais c'est bien un oeuf!

Je ne sais pas quel sera son aspect, mais pour vous donner une idée d’une larve dans un étui, voici celle-ci surprise se nourrissant sur des Echinops ritro(Oursin bleu) en août dernier.
Voici une larve dans un étui, la tête sort pour se nourrir.

Il existe une grande diversité chez les insectes pour assurer la protection de leur descendance!
A la demande de Claudie, l'oeuf de la jolie Cryptocephalus bipuntatus.Il ne mesure qu'un à deux millimètres, même avec sa "garniture"

vendredi 13 juillet 2012

Anthidium florentinum, des femelles cueilleuses de coton.


L’été est une saison où l’activité des abeilles est à son maximum.
Butiner, recueillir du pollen pour nourrir ses futures larves, leur préparer un nid où elles seront à l’abri pendant la mauvaise saison, voilà de quoi occuper la journée des abeilles solitaires femelles.

Après la découpeuse de feuilles, voici maintenant la cueilleuse de coton ou même de soie !

Nous sommes dans la famille des Anthidies, ces grandes abeilles jaunes et noires qui peuvent impressionner mais qui ne s’en prennent jamais à nous. Les mâles nous tournent parfois autour car nous sommes des intrus dans leur territoire et ils nous le font savoir mais renoncent vite devant les géants que nous représentons pour eux.
Les femelles fécondées d’Anthidium florentinum qui visitent mon jardin année après année, depuis la fin du mois de juin,sont bien occupées.
Elles utilisent différents matériaux prélevés sur des végétaux.
Au travail dans les fleurs desséchées du cirse.

J’ai observé cette année le travail de l’une d’elle sur les fleurs sèches du cirse commun.

L’an passé c’était sur le cinéraire maritime qu’elle recueillait de quoi faire un nid douillet pour ses larves.

L’abeille arrive en survolant les différentes fleurs qui sont en fin de floraison et déjà bien sèches. Son choix  faist,le prélèvement commence. Avec ses mandibules , elle tire, elle tire sur les aigrettes qui surmontent les graines. On sent parfois l’effort tant elle est inclinée sur la fleur.
Anthidium florentinum tire bien fort pour détacher les aigrettes soyeuses.

Et avec ses deux paires de pattes avant elle rassemble son petit baluchon. Les pattes arrières la maintiennent fermement sur la fleur.
Sur les capitules sèches des cirses il suffit de tirer fermement pour en retirer les aigrettes soyeuses qui feront une jolie enveloppe pour son œuf et sa réserve de pollen.
L'abeille ramène les fibres végétales  sur son ventre pour en faire une petite boule.

Le tout étant placé dans une tige creuse, un  trou étroit ou comme j’ai vu faire sous ma table de terrasse où hélas le travail fut totalement vain, le petit tube étant dirigé vers le sol et tout retombait sous la table. Elle s’est pourtant échinée deux jours avant de renoncer.

Cette année c’est la première fois que je vois la femelle Anthidium florentinum prélever ces jolies aigrettes.
On voit les mandibules bien écartées pour saisir les aigrettes sèches de la fleur.

L’an passé, elle avait jeté sa préférence sur les tige laineuses du cinéraire maritime.

Là le travail est différent. Les tiges et les feuilles sont recouvertes de poils laineux. Ce sont eux que prélève l’abeille en raclant avec ses puissantes mandibules tiges et feuilles. Et une fois rassemblés, ils forment une petite boule semblable à du coton.
Perchée sous la fleur du cinéraire,Anthidium florentinum a déjà bien travaillé.

Le travail est assez long car les fibres végétales ne se détachent pas facilement.
La femelle , mandibules écartées entasse sa précieuse récolte sur son abdomen .

Et une fois la boule d’une taille jugée suffisante on s’envole.
Prête pour l'envol.Parfois la récolte tombe, mais l'insecte essaie alors de la récupérer.

Je n’ai jamais vu une abeille partir avec très peu de récolte. Concentrée sur son travail, elle ne l’abandonne pas et se laisse approcher, bien sûr sans geste brusque. C’est un spectacle que j’admire chaque fois que j’ai l’occasion de le voir. L’instinct dicte à ce petit insecte le matériau et la manière appropriée pour le recueillir afin de préparer sa descendance.


lundi 9 juillet 2012

Lavatère ponctuée, une invitée de marque dans le jardin.


Tous les ans je laisse pousser dans ou deux endroits du jardin, une grande annuelle que je nommais "mauve sauvage".. Elle apparaît en avril et commence à fleurir en juin. Je l’aime beaucoup à cause de ces nombreuses fleurs roses délicatement striées d'un rose plus soutenu. Perchées au bout d’un long pédoncule elles oscillent légèrement au moindre souffle d’air. Mais bien sûr aussi parce qu’elle sert d’habitat, de refuge et de nourriture à de nombreux insectes.

Je me suis enfin décidée à faire une recherche sur l’identité de cette plante et voilà qu’il s’agit de la Lavatère ponctuée, une plante protégée dans notre région. C’est dire que je suis doublement ravie de voir cette belle dans mon jardin.

De plus il s’agit aujourd’hui de mon 500 ème message sur ce blog. Normal donc d’avoir pour sujet cette plante que l’on trouve aussi sur les bords des chemins et les lieux incultes de notre région.

Parmi les insectes qui lui rendent visite, j'aime beaucoup voir les sauterelles. Ce sont en ce moment où la lavatère atteint une belle taille et compte de nombreuses fleurs, les juvéniles de Phaneroptera nana. C’est une sauterelle « tardive ».En ce moment bien des sauterelles sont déjà adultes, nous avons déjà suivi l’Ephippigère provençale, la grande sauterelle verte aussi a fini son développement, la belle Eupholidoptera chabrieri promène ses superbes couleurs dans les herbes.
Au fond de la fleur, une sauterelle juvénile de Phaneroptera nana.

Phaneroptera nana se rencontre au tout premier stade de son développement ici. Elle pourrait être confondue avec Leptophyes punctatissima, mais celle-ci n’est pas présente dans mon jardin.

Phaneroptera nana est d’abord toute verte et ne présente pas d’ébauches d’ailes.
Avec ses grandes pattes, Phaneroptera nana, au second stade ne craint pas le vide!

Au second stade, la couleur change un peu et on voit ainsi cette couleur plus rougeâtre(adulte, elle présente une ponctuation rousse) et surtout on voit une ébauche d’ailes. C’est actuellement le stade atteint par ces élégantes sauteuses. Quand on pense qu’une fois adultes leurs ailes dépasseront des tegmina (les ailes du dessus) et déborderont largement l’abdomen. Dans leur allure ce sont les pattes arrières démesurées qui attirent le regard. Je les verrai adultes vers la fin août.
Une toilette s'impose après un sommeil passé dans la fleur, tirer la langue est indispensable.

Dans les fleurs de la lavatère je rencontre parfois le matin des dormeurs ou des dormeuses !  C’est le cas de cette abeille solitaire dont j’ai du mal à déterminer l’espèce. Elle y dort et le matin lorsque le soleil la réchauffe, elle commence par une petite toilette qui comprends aussi des exercices d’étirements y compris de la langue.
La scolie hirsute cherche l'entrée de la fleur et sa source de nourriture.

Et voici maintenant toujours dans la famille des hyménoptères le plus gros visiteur de la fleur : Scolia hirta, la scolie hirsute. Elle fait près de 2cm et avec ses couleurs jaunes et noires impressionne, mais elle est  inoffensive.
Impressionnante mais inoffensive, la scolie ne pense qu'à se nourrir.

La femelle pourvue de fortes mandibules est un parasite des larves de  Scarabéidé vivant dans le sol, en particulier de certaines cétoines. Avec ses mandibules la scolie perce la larve et y pond un œuf qui se nourrira de ladite larve.
Oedemera nobilis , femelle, les fémurs postérieurs sont "normaux"

Bien d’autres insectes visitent la jolie fleur : cet Oedemere nobilis y fait une rapide visite. Ici une femelle dépourvue des grosses cuisses qui caractérise le mâle.
Tout au fond, Orthocephalus saltator trouve de quoi se rassasier.

Et voici une punaise Orthocephalus saltator réfugiée au fond de la fleur.On voit ses fémurs postérieurs très épais qui justifient son nom de "sauteur"!
Cette jolie plante est en fleur encore pendant quelques semaines et les insectes pourront encore y trouver bien de quoi se nourrir ou s’abriter.

Avec ce 500 ème message je tiens à vous remercier, vous abonnés et visiteurs de longue date de ce blog, ou visiteurs plus occasionnels qui me faites   le plaisir de parcourir ces pages.

A travers vos commentaires j’ai eu l’occasion de mieux connaître la vie du petit monde des insectes et d’avoir des échanges toujours très intéressants qui m’ont encouragée à poursuivre mes observations, source de bien des émerveillements ! Merci à tous!




mardi 3 juillet 2012

Mégachile versicolor, une abeille solitaire découpeuse de feuilles..


Les abeilles solitaires utilisent plusieurs techniques pour protéger les œufs qui assurent la pérennité de leur espèce.

Nous connaissons bien Osmie cornuta qui utilise des cavités qu’elle cloisonne à l’aide de mortier prélevé et mastiqué et dont elle ferme l’orifice par un solide bouchon. D’autres abeilles utilisent des végétaux en guise de matériaux de construction. C’est le cas de certaines  mégachiles.
Sur la grande feuille de l'arbre de Judée, une abeille découpe un morceau.

Elles vont alors découper des feuilles, qu’elles transportent jusqu’à l’endroit où elles  installent leurs œufs, fabriquent un étui avec le végétal découpé, y pondent l’œuf  sur une petite réserve de pollen.
Une Mégachile reconnaissable auxses deux cellulescubitales de taille égale et à sa brosse ventrale.

J’avais constaté ces découpages sur les feuilles de l’arbre de Judée et bien que passant souvent à cet endroit je n’avais jamais surpris l’abeille en plein travail. Ce fut le cas hier. De bonne heure elle est venue par 3 fois découper un morceau de feuille. Tout est rapide. Le découpage en lui-même se fait en 40 secondes. J’ai eu beaucoup de mal à faire des photos « parlantes ». Bien sûr c’est avec les mandibules que l’insecte travaille. Dans un premier temps, elle inspecte plusieurs feuilles, va et vient, regarde celles qui ont déjà été découpées. Une fois la décision prise, hop, elle entame par le bord de la feuille et les cisailles sont très efficaces. Le découpage fini, je l’ai vu s’élever rapidement vers un très grand cèdre et disparaître à l’intérieur des branches. Sans doute y a-t-elle trouve une cavité faite auparavant par un coléoptère.
Vue de dessous de la brosse ventrale orange essentiellement et noire au bout de l'abdomen.

J’ai lu que cette Mégachile utilise volontiers des feuilles  de rosiers et de prunelliers. J’ai aussi souvent vu des jolis découpages sur les feuilles de mes rosiers.

Pourquoi ai-je identifié l’insecte comme Mégachile versicolor.
Un travail rapide et soigné grâce à de puissantes mandibules.

Les Mégachiles sont des abeilles qui ont des brosses à pollen sur le ventre. De plus c’est dans cette famille que l’on trouve les découpeuses de feuilles.
Les pattes tiennet fermement le morceau découpé, tandis que les "ciseaux" finissent le travail.

Pourquoi versicolor : la taille de l’insecte environ 10 mm.  La couleur de la brosse ventrale : orange avec des poils noirs sur les 2 derniers tergites. Cette brosse, appelée  scopa, est formée de poils raides, orientés vers l’arrière et c’est en se frottant contre les étamines que l’insecte recueille le pollen.. Parfois il est difficile de voir la couleur de la brosse tant elle est couverte de pollen. Ce n’est pas le cas ici, l’insecte travaillant principalement au découpage des feuilles. Je pense que ce n’est qu’ensuite qu’elle est allée chercher de quoi  faire une réserve de nourriture pour la larve qui se développera à partir de l’œuf.
C'est presque fini, l'envol sera rapide ensuite!
J'ajouterai que ce prélèvement de quelques morceaux de  feuilles n'abîment pas l'arbre et ces abeilles solitaires sont toujours très utiles pour nos jardins.
Mes infos proviennent essentiellement de l’ouvrage: Guide des abeilles, bourdons, guêpes et fourmis d’Europe de Hans Bellmann.