jeudi 14 juillet 2011

Cyrtarachne ixoides, une araignée qui va à la pêche.

Toutes les personnes qui vivent en bord de mer connaissent cette technique qui consiste à dérouler une longue ligne munie d’hameçons et d’appâts. Au bout d’un certain temps, le pêcheur ramène cette ligne et décroche les poissons qui y ont mordu.



Cyrtarachne ixoides s'en va récolter le fruit de sa "pêche nocturne"



Que vient donc faire cette technique de pêche dans un article consacré à une araignée ?
Eh bien ce matin en regardant Cytarachne ixoides, c’est à cette technique que j’ai pensé. L’araignée parcourt un long fil qui relie une feuille du plaqueminier à une grande herbe située à 1m50 à une hauteur d’environ un mètre depuis le sol.
De ce fil principal, pendent des fils annexes. Nous sommes le matin, des moucherons sont collés sur ces fils. Je suppose donc que ces fils devaient être gluants et ainsi retenir les moucherons qui se sont aventurés dans ce secteur.
C'est ainsi qu'apparaît la récolte au matin: des moucherons englués sur ses "fils-piège"
L’araignée avance et dès qu’elle arrive près d’un de ces fils annexes, elle le remonte et se saisit de sa prise. Elle continue de remonter le fil, car il y souvent deux ou trois moucherons prisonniers. Qu’en fait-elle ?

Une fois remontée, la prise est assemblée aux précédentes
J’ai pensé un moment qu’elle allait les consommer sur place et donc rester un peu tranquille pour que je puisse lui tirer le portrait. Pas du tout, elle assemble les moucherons les uns après les autres pour en faire une boule qu’elle fait tournicoter avec ses pattes et hop, elle passe au fil suivant.
 Je tire, je prends ma prise, je continue à tirer .
Tout le fil est remonté, je passe au suivant...


Le paquet est bien ficelé pour être transporté sans perte.
Et quand toutes les prises sont rassemblées, elle se déplace en sens contraire sur ce long fil de liaison entre les plantes et rejoint son refuge : en –dessous de la feuille de plaqueminier.

En passant dans le jardin une demi-heure plus tard, il n’y a plus aucune trace de la « pêche » nocturne. Cachée à l’ombre, sous la feuille, il ne lui reste plus qu’à consommer tranquillement le fruit de cette chasse originale.
Retour vers un abri sûr
Après avoir assisté à ce spectacle étonnant il me fallait en savoir un peu plus sur cette araignée originale à plus d’un point
Son corps aussi ne ressemble à aucune autre araignée que je rencontre dans le jardin.
Sous la feuille, maintenant Cyrtarachne ixoides va déguster son repas.
Elle fait environ 5 mm, pas plus. Ce qui frappe c’est la largeur de son abdomen, bien plus large que long, la large bande claire située en avant (qui complique bien la prise de vue au flash indispensable puisque toute la scène se situe à l’ombre) Il s’agit en fait d’une araignée plus fréquente en Corse mais assez rare chez nous Cyrtarachne ixoides( sans doute une femelle) sur laquelle j’ai trouvé peu de renseignements.

3 commentaires:

  1. Vous avez des points communs l'araignée et toi... La patience, la précision... Et ainsi vous parvenez à atteindre vos objectifs, qui eux sont très différents...
    Je viens de poster un commentaire sous les fous de Bassan, je me demande s'il est bien enregistré, au lieu du message habituel, j'ai eu une invitation à m'inscrire sur Blogger... Tu me diras...

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  2. Cette araignée a tout pour réussir son coup mais sa beauté laisse à désirer...elle me fait penser aux tiques, de loin, avec de méchantes aventures!

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  3. Article très intéressant sur une araignée que l'on connaît peu pour ne pas dire pas du tout !... Merci à toi aussi pour ton commentaire sur nos agapanthes...
    Richard

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Votre avis sur ce sujet m'intéresse;je lis toujours les commentaires avec beaucoup de plaisir, ...même si je n'y réponds qu'occasionnellement.