dimanche 20 février 2011

Merodon equestris, un Syrphe.Comment utiliser les nervures des ailes pour déterminer un insecte.

En voilà un Syrphe que l’on rencontre facilement dans les jardins. Pourquoi ? Les narcisses sont des fleurs bien répandues et la larve de ce Syrphe se nourrit dans le bulbe qui  est en piteux état ensuite.
L’adulte vit entre une à quatre semaine, pond ses œufs sur les feuilles des narcisses, à peine éclos la larve va s’installer dans le bulbe. Cette vie larvaire constitue l’essentiel de sa vie puisqu’elle va durer jusqu’au printemps suivant.

L’insecte adulte est cette jolie mouche, puisque Merodon equestris fait partie des Diptères, de la famille des Syrphes.
                                                        Merodon equestris, mâle.

Très poilu, j’ai d’abord pensé à la Volucelle bombylans, cette Volucelle déguisée en bourdon. Mais il manquait un détail très important à mon exemplaire pour cela. Les Volucelles ont une zone sombre sur les ailes. Mon exemplaire a les ailes parfaitement transparentes. Volucelle bombylans a les antennes plumeuses, là non plus mon exemplaire n’est pas le bon !
J’étais sur une fausse piste ! Mais ce sont les ailes qui me donneront la clé de l’énigme. Les ailes des insectes ont une série de nervures qui permettent de les distinguer les uns des autres. Avec ces nervures les entomologistes ont établi des codes .Et voici ce que j’ai lu :
« on a la R4+5 infléchie en "U" (comme dans la tribu des Eristalini), mais en plus la transverse MP1a est récurrente, c.a.d. qu'elle ferme la cellule r4+5 avec un angle obtus. Ceci suffit à en faire un Merodon. »
Le texte est tiré de ce message du site insecte .org



Pour certains c’est très clair ! Pas pour moi.
Alors j’ai continué pour savoir ce que signifiait ces R4+5 ……MP1a…
Le net est un monde plein de ressources et quelques instants plus tard , j’avais trouvé sur une page un code un peu mieux illustré.

Et l’étape suivante fut donc la mise en image de ces mystérieuses R4+5…..
J’avais heureusement une photo qui m’a permis de redessiner en couleurs les différentes nervures des ailes.


Aile de Merodon equestris.La  couleur est dû au fait que transparente, on voit l'insecte et la fleur qui se trouve par dessous!





En rouge : la vena spuria qui est toujours présente chez les syrphes : c’est un vestige d’un ancien pli de l’aile. Elle ne mène nulle part. Elle est caractéristique des Syrphes !!
Ensuite en vert la fameuse R4+5(R = radiale)
On voit qu’elle est incurvée .Elle forme un U bien reconnaissable même quand l’insecte est en vol. Chez les Volucelles elle est rectiligne !
Et il nous manque encore la traverse MP1a : elle est colorée en bleu.
Pour le plaisir j’ai mis en jaune Cu A1a  qui traduit en langage clair, signifie une  traverse qui ferme la  nervure cubitale et la nervure anale.
Grâce à ces diverses recherches je suis donc sûre de l’identité de Merodon equestris.
Cherchant à vérifier une dernière fois si mon travail était correct, j’ai fait une recherche en anglais, langue que je ne maîtrise pas .Et je suis tombée sur ce site qui me semble bien intéressant :Il propose des outils pour dessiner la nervation mais aussi toutes une série de photos d’ailes ! Et voici celle qui nous intéresse aujourd’hui .Voilà c’est bien un Merodon equestris qui s’est promené dans le jardin

Ouf ! Enfin nous en avons fini avec les ailes !
Passons à la suite .
Mâle et femelle chez la plupart des Syrphes se reconnaissent à la disposition des yeux .La première photo est bien celle d'un mâle(yeux jointifs).
Plus loin une femelle : les yeux sont nettement séparés.
Une femelle de Merodon equestris.On voit que l'aile n'est pas plane mais avec du relief

Sachez encore que l’on peut distinguer plusieurs formes de ces Merodon equestris à partir de la couleur de leur pilosité.
Mais c’est un sentier que je n’ai pas encore exploré !
Ce sont les Narcisses sur le point de fleurir dans le jardin qui m'ont conduit à faire ces recherches .Un jardin , est une source inépuisable de richesses!!

15 commentaires:

  1. Photos étonnantes et tellement plus intéressantes informations. Diane

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  2. toujours très enrichissant, quelle merveille, le tout est d'ouvrir l'oeil maintenant, voir les deux :)

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  3. Ohlala c'est beau la technique ;) en Tout cas ces ailes sont bien jolies !

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  4. Ah, ces identifications!
    Certaines peuvent rendre dingue!!
    Superbe ton Syrphe!
    Il faut bien le regarder à 2 fois car il ressemble (probablement exprès!) à certaines grosses tachinaires!
    Mais comme tu l'expliques si bien, les ailes ont tout plein à nous raconter!!
    bravo pour ce gros travail!
    "Lepinet" m'a fait bosser, rectifiant des lépido et en retour, je le fais bosser à m'aider pour certaines ID!!!
    C'est pourquoi j'ai un peu délaissé les visites des blogs!
    Mais nous pensons bien à vous!
    Bisous et bonne journée!

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  5. Tu viens encore de franchir une étape importante dans la compréhension des clés. C'est très généreux de ta part de nous transmettre ce qui t'a demandé de longues recherches.
    Sans doutes moins motivée que toi, mais surtout moins studieuse, ces termes compliqués me font remettre à plus tard de nombreux messages et mes bestioles restent au fond du DD !

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  6. Chapeau pour ta persévérance et pour ce passionnant article qui ouvre des horizons insoupçonnés sur l'identification. Merci également Lucie pour le lien anglais que je me suis empressé de mettre dans mes favoris.

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  7. Et l'éristale, c'est la même chose ? Les éristales, qui sont des mouches butineuses, font-elles partie des syrphes ? Je m'y perds...

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  8. Oui, le genre Eristalis fait parti des Syrphidés ;-)

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  9. merci tout plein pour ce topo qui va me servir souvent

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  10. ceci dit avec des ailes chevauchantes ....

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    1. Il faut essayer de les convaincre de prendre la bonne pause!

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  11. merci Lucie
    je ne fais pas assez appel aux clés, trop peu de vocabulaire et de connaissances encore pour m'y retrouver
    je parcours le plus souvent le site de Alain Ramel, et rien que pour les diptères, entre autres, le nombre de pages est affolant - c'est souvent très long pour moi

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    1. Je te rassure c'est la même chose pour moi, je connais , à force de passer beaucoup de temps à chercher et surtout à photographier les détails remarquables, quelques insectes. Mais il en existe tant que plusieurs vies ne suffiraient pas!
      Et parfois les photos ne permettent pas de voir ce qui important et d'autres part il faut pour certains insectes passer au stade de la dissection! Alors, on se contente de jolies photos.
      Pour les insectes de mon jardin et je suis surprise du nombre que je vois , j'essaie de les photographier dans un mini studio. Cela donne parfois des séances épiques avec certains qui sautent , d'autres s'envolent! Et surtout qu'il faut d'abord les attraper dans la nature, les mouches ne sont pas mes copines dans ce domaine!!

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Votre avis sur ce sujet m'intéresse;je lis toujours les commentaires avec beaucoup de plaisir, ...même si je n'y réponds qu'occasionnellement.